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Exploration des concepts de motivation intrinsèque et extrinsèque et de leurs impacts sur la performance et le bien-être.

La Motivation : Construction et Analyse

La motivation est un concept central en psychologie, influençant profondément le comportement humain et la persévérance face aux défis.

Définition de la Motivation

La motivation est un processus qui active, oriente, dynamise et maintient le comportement des individus vers la réalisation d’objectifs donnés (Roussel, 2000).

  • Direction : La dépense d’énergie s’inscrit dans le sens d’objectifs identifiés.
  • Intensité : Mesure des efforts physiques, intellectuels et mentaux en fonction des objectifs à atteindre.
  • Déclenchement : L’énergie nécessaire à l’action, provenant de forces internes et/ou externes.
  • Persistance : La continuité des efforts dans le temps pour atteindre régulièrement les objectifs.

Rôle de la Motivation et Théories

Les premières approches théoriques de la motivation ont souvent adopté une vision dichotomique, distinguant motivation intrinsèque et extrinsèque. Ces théories ont évolué, notamment avec la Théorie de l'Autodétermination (Deci & Ryan, 2000).

Motivation Intrinsèque vs. Motivation Extrinsèque

  • Motivation Intrinsèque : Désigne la motivation à réaliser une activité pour elle-même, par plaisir ou intérêt, en l’absence de toute récompense extérieure. On "MOTIVE POUR".
  • Motivation Extrinsèque : Se rapporte aux formes de motivation dirigées par des récompenses, l'argent, la pression sociale, ou d'autres facteurs externes. On "MOTIVE PAR".

La Surjustification (Deci, 1971)

Cette théorie explore l'impact des récompenses sur la motivation intrinsèque.

Les récompenses, qu'elles soient concrètes (argent) ou symboliques (trophée), peuvent diminuer la motivation intrinsèque lors de la réalisation d'une tâche.

Exemple : L'activité des feutres "magiques" (Lieury & Fenouillet, 2006)

  1. L'activité : Des enfants d'école maternelle réalisent des dessins avec des feutres "magiques".
  2. La récompense : Un groupe reçoit un ruban rouge avec une étoile d’or pour ses dessins, et son nom est affiché. Un groupe contrôle ne reçoit aucune récompense.
  3. Mesure de la motivation : Le pourcentage d’enfants choisissant cette activité pendant leur temps libre est mesuré par la suite.
    • Le groupe "ruban" montre une diminution de la motivation à choisir cette activité spontanément.

Théorie de l'Évaluation Cognitive (Deci et Ryan, 1985)

Malgré la controverse, les récompenses peuvent parfois augmenter la motivation extrinsèque.

Les récompenses ont deux fonctions :

  • Fonction informationnelle : Elles renseignent l’individu sur sa compétence.
  • Fonction "contrôlante" : Elles réduisent le sentiment d’autodétermination des sujets, car une perception d'un contrôle externe impacte la perception de l'autonomie et tend à diminuer la motivation intrinsèque.

Évolution du Concept : Le Continuum de la Motivation

La Théorie de l'Autodétermination (TAD) propose un continuum de la motivation, allant de l'amotivation à la motivation intrinsèque, avec plusieurs niveaux de régulation extrinsèque.

Type de Motivation Régulation Degré d'Autodétermination Description Exemple
Amotivation Aucune régulation Très faible Absence d'intention d'agir. Éviter de s’engager.
Motivation Extrinsèque Régulation externe Faible Comportement régulé par des facteurs externes (récompenses, punitions, pression). Faire une activité par peur d'une sanction.
Motivation Extrinsèque Régulation introjectée Modéré Comportement régulé par des pressions internes (culpabilité, fierté, évitement de l'anxiété) ou pour maintenir son estime de soi. Adhérer à ce que l'éducateur dit par souci de ne pas décevoir.
Motivation Extrinsèque Régulation identifiée Élevé Comportement valorisé et perçu comme important pour atteindre un objectif personnel, même si l'activité n'est pas intrinsèquement plaisante. Faire du sport parce que c'est utile à l'atteinte de ses buts (santé, performance).
Motivation Extrinsèque Régulation intégrée Très élevé Les régulations identifiées sont assimilées aux valeurs et besoins de la personne, alignées avec le Soi. S'engager dans des activités organisées ou pro-sociales car elles sont en accord avec ses valeurs.
Motivation Intrinsèque Régulation intrinsèque Maximum Réalisation d'une activité pour le plaisir inhérent à l'activité elle-même. Apprendre par plaisir, par envie, pour le sentiment de maîtrise.

Ce continuum permet de distinguer la motivation autonome (intrinsèque, intégrée, identifiée) de la motivation contrôlée (introjectée, externe).

Impact du Continuum en Contexte Scolaire (Howard et al., 2021)

Une méta-analyse a démontré des corrélations importantes :

  • La motivation intrinsèque : Liée à la réussite et au bien-être.
  • La régulation identifiée : Hautement liée à la persistance.
  • La régulation introjectée : Double rôle, positivement reliée à la persistance et aux buts de performance, mais aussi à l'anxiété.
  • La régulation externe : Associée à une diminution du bien-être, sans lien avec la performance ou la persistance.

Types de Motivation Intrinsèque

On distingue 3 sortes de MI :

  • Par stimulation.
  • Par accomplissement (ou maîtrise).
  • Pour la connaissance.

Un Cas Particulier : L'Autohandicap

L'autohandicap est une stratégie que l'individu met sciemment en place afin de préserver son estime de soi.

  • Estime de soi : Jugement global et affectif que l'on porte sur soi, une évaluation de sa propre valeur. Ex: "Est-ce que je suis quelqu'un de bien?", "Dans quelle mesure je m'aime bien?".
  • Cette stratégie est utilisée dans des situations où les enjeux pour l'estime de soi sont forts, notamment dans les situations évaluatives (sport, école).

Stratégies d'Autohandicap (Jones & Berglas, 1978)

  1. Autohandicap déclaratif : L'individu exprime des doutes ou des excuses avant l'action.
    "Je sais que je ferais mieux d'aller me coucher, j'ai un match important demain. Mais bon, si je gagne, c'est que je suis vraiment doué/e… Si je perds, j'aurai une excuse."
  2. Autohandicap comportemental : L'individu adopte des comportements qui créent effectivement des obstacles à sa performance.
    "Je ne suis pas bien, mais je fais quand même la 'compétition'. Si je perds, on ne peut vraiment pas m'en vouloir."

L'autohandicap peut être plus subtil, se manifestant par des comportements socialement valorisés (ex: surentraînement). L'objectif est de créer des obstacles pour ne pas apparaître comme responsable d'un éventuel échec. Ces stratégies sont étudiées dans le domaine sportif et en Éducation Physique et Sportive (Coudevylle, Finez).

Résultats Clés sur l'Autohandicap :

  • Différence Filles-Garçons : Les garçons (G) montrent plus d'autohandicap que les filles (F).
  • Lien avec les orientations de but motivationnels : L'autohandicap est lié à des orientations de but axées sur la performance (OMS) plutôt que sur la maîtrise (OM), ainsi qu'avec le climat motivationnel perçu.
  • Lien avec les croyances sur la nature de l'habileté motrice : Influencé par les travaux de Carol Dweck sur les mentalités fixe et de croissance.

Synthèse

Comprendre la motivation et ses nuances, du plaisir intrinsèque aux régulations externes, est essentiel. Les concepts comme l'autohandicap montrent comment la psychologie de l'individu met en place des stratégies complexes pour naviguer entre la performance et la préservation de son estime de soi.

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