Arthrose : Signes, Diagnostic et Traitement
Sin tarjetasCe document couvre les signes cliniques, les méthodes de diagnostic et les options de traitement de l'arthrose, incluant les formes primitives et secondaires, ainsi que les approches pharmacologiques et non pharmacologiques.
L'Arthrose : Signes, Diagnostic et Traitement
L'arthrose est la maladie articulaire la plus fréquente au monde, touchant une grande partie de la population et représentant la seconde cause d'invalidité.
Introduction et Généralités
L'arthrose est une altération lente et progressive du cartilage articulaire.
Elle affecte toute l'articulation : cartilage, os sous-chondral, ligaments, muscles péri-articulaires, capsule et synoviale.
Le cartilage articulaire est avasculaire et non innervé, composé de chondrocytes et d'une matrice riche en eau, collagène et protéoglycanes.
L'os sous-chondral, la membrane synoviale et la capsule articulaire sont également impliqués.
Épidémiologie
Concerne 10 % de la population mondiale.
80 % des Américains de plus de 65 ans sont touchés.
Sites principalement atteints : rachis, genoux, hanches et mains.
Physiopathologie
Initialement associée à l'âge et à l'IMC élevé.
Aujourd'hui, de multiples mécanismes sont identifiés, menant à 4 phénotypes : mécanique, métabolique, ostéoporotique, inflammatoire.
Sous l'effet de stress (mécanique, inflammatoire, métabolique) :
Dégradation du cartilage par des enzymes protéolytiques.
Inflammation de la membrane synoviale (synovite).
Remodelage de l'os sous-chondral avec géodes, sclérose et ostéophytes.
Classification
Arthrose primitive
Liée à des facteurs de risque et une susceptibilité individuelle du cartilage.
Trois grands phénotypes : liée au vieillissement, métabolique, post-traumatique.
Arthrose secondaire
Fait suite à des arthropathies destructrices préexistantes (arthrites microcristallines, septiques, rhumatismes inflammatoires).
Facteurs de risque de l'arthrose primitive
Âge : rare avant 40 ans, augmentation marquée après 60 ans.
Surpoids et obésité : surtout pour les articulations portantes (genou, rachis, hanche). Le syndrome métabolique est un facteur de risque indépendant.
Hérédité : polymorphismes génétiques.
Sexe féminin : surtout après la ménopause.
Excès de contraintes mécaniques : port de charges lourdes, microtraumatismes répétés, troubles architecturaux (genu varum/valgum, dysplasie), antécédents de lésions/chirurgies ménisco-ligamentaires ou de fractures articulaires.
Signes Cliniques et Diagnostic (Exemple de la Gonarthrose)
Circonstances de découverte
Gonalgies mécaniques.
Impotence fonctionnelle, instabilité du genou, sensation de dérobement.
Déformation en varus ou valgus.
Interrogatoire
Rechercher : profession, sédentarité, comorbidités.
Mode d'installation : insidieux ou brutal.
Durée des symptômes : au moins 6 semaines, souvent des mois/années.
Caractère de la douleur : rythme mécanique (aggravée par le mouvement, cédant au repos), dérouillage matinal inférieur à 30 min.
Syndrome rotulien (douleur antérieure du genou) : montée/descente d'escalier ou terrain accidenté.
Signe du cinéma : douleur antérieure après position assise prolongée.
Présence de tuméfaction du genou.
Examen physique
Examen systématique et symétrique.
Déformation dans le plan frontal : genu varum, genu valgum, flessum du genou, tuméfaction.
Signe du rabot : craquement/douleur au frottement rotule/condyle fémoral.
Choc rotulien : traduit un épanchement intra-articulaire.
Douleur à la mobilisation (passive et/ou active).
Limitation de la mobilité.
Douleur dans le creux poplité.
Laxité ligamentaire (antéro-postérieure ou latérale).
Examen des articulations sus et sous-jacentes.
Arguments biologiques
Absence de syndrome inflammatoire ou très peu marqué (VS et CRP normales).
Imagerie
Radiographie standard des 2 genoux (face, profil en charge, fémoro-tibiales).
4 stades de l'arthrose selon Kellgren et Laurence :
Stade 0 : normale.
Stade 1 : doute sur ostéophyte.
Stade 2 : ostéophyte net sans pincement.
Stade 3 : pincement évident et ostéophyte.
Stade 4 : ankylose et sclérose sous-chondrale.
Échographie : recherche de bursites, kyste poplité, pincement fémoro-tibial.
Scanner du genou : utile pour lésions anciennes (érosions, construction osseuse), non indiqué sans signe de gravité.
IRM du genou : étude des structures abarticulaires (tendons, ligaments, ménisques).
Formes Cliniques
Selon l'étiologie
Primitive.
Secondaire : connectivites, rhumatismes inflammatoires, arthropathies microcristallines, infections, traumatiques.
Selon la topographie
Arthrose digitale (IPP et IPD), rhizarthrose.
Cervicarthrose, Lombarthrose, Coxarthrose.
Arthrose du coude et des chevilles (souvent secondaire).
Formes évolutives
Congestives (simulant une arthrite septique).
Déformantes.
Grabatisantes.
Le diagnostic différentiel inclut la polyarthrite chronique évolutive, rhumatisme psoriasique, ostéonécrose, tuberculose osseuse, algodystrophie, fracture pathologique.
Traitement de l'Arthrose
À ce jour, pas de traitement curatif ni de traitement ralentissant la progression structurale.
Objectifs du traitement
Réduire les symptômes douloureux et l'impotence fonctionnelle.
Différer la pose d'une prothèse.
Traitement non pharmacologique (fortement recommandé)
Éducation du patient sur la maladie et les objectifs.
Perte de poids en cas de surcharge.
Activité physique :
Exercices supervisés et normés selon l'ACSM améliorent significativement la douleur.
Exercices aquatiques réduisent la douleur, l'enraidissement et facilitent la perte de poids (recommandés par ACR et EULAR).
Modalités thermiques (cryothérapie, chaleur) : recommandées par OARSI et ACR.
TENS (neurostimulation électrique transcutanée) : recommandée par l'OARSI pour effet antalgique à court terme.
Traitement pharmacologique
Antalgiques :
Paliers 1 (paracétamol) souvent dépassés rapidement.
Paliers 2 et 3 : attention aux effets secondaires (digestifs, urinaires, vigilance).
Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) :
Efficaces en cas de poussée congestive.
Risques : complications digestives, cardiovasculaires, rénales.
Utiliser la dose minimale efficace, emploi prolongé déconseillé.
Co-administration avec IPP (inhibiteurs de la pompe à protons).
AINS sélectifs (coxibs) et non sélectifs : prudence chez patients à risque CV. Le diclofénac est l'AINS au profil CV le moins bon, avec l'ibuprofène.
AASAL (Anti-Arthrosiques Symptomatiques d'Action Lente) :
Glucosamine, chondroïtine, piasclédine, diacérhéine.
Sources de divergences : non remboursés en France.
ACR ne les recommande pas ; EULAR est favorable (effet symptomatique, faible toxicité).
Gestes locaux / Infiltrations intra-articulaires
Corticoïdes :
Objectif : augmenter la concentration locale d'anti-inflammatoire et réduire les effets systémiques.
Indiqués pour poussée congestive et épanchements abondants.
Effet limité dans le temps (efficace max 1 semaine, diminue après 3-4 semaines).
Acide hyaluronique (Viscosupplémentation) :
Présent naturellement dans le liquide synovial (lubrification, absorption des chocs).
Aussi rôle de défense immunologique locale et action anti-inflammatoire/anti-nociceptive.
Sa concentration diminue dans l'arthrose.
Protocole classique : 3 injections IA hebdomadaires (parfois 5).
Plasma Riche en Plaquettes (PRP) :
Utilisation récente, aucune recommandation officielle pour l'instant.
Produits sanguins autologues obtenus par centrifugation du sang du patient.
Réservés à un usage local.
Une étude pilote sur 30 patients atteints de gonarthrose a montré : 20% de réduction de la douleur chez 50% des patients et 40% de réduction chez 37% des patients avec 15mg/semaine de Méthotrexate pendant 6 mois.
Conclusion
Forte recommandation pour les traitements non pharmacologiques.
La prescription d'AINS doit être adaptée au profil de tolérance du patient.
Les AASAL restent controversés mais l'EULAR les considère intéressants.
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