Architecture Néolithique: Origines et Évolution
10 tarjetasExplore les débuts de l'architecture, de la sédentarisation aux structures mégalithiques, retraçant son évolution et l'impact de la révolution néolithique.
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Histoire de l'architecture et de la construction du néolithique au XVe siècle en Europe et dans le bassin méditerranéen
Ce cours retrace l'évolution de l'architecture et des techniques de construction depuis le Néolithique jusqu'au XVe siècle dans les régions d'Europe et du bassin méditerranéen. Il vise à fournir une compréhension des cadres socio-culturels, des fonctions, des esthétiques et des modes constructifs qui ont marqué les différentespériodes.
Plan du cours
Séance 1 : Introduction, Néolithique et construction des premières architectures (23 septembre)
Séance 2 : Sumer et Égypte (30 septembre)
Séance 3 : Grèce et Étrusque (7 octobre)
Séance 4 : Romain (14 octobre)
Séance 5 : L'architecture paléo-chrétienne (21 octobre)
Vacances
Séance 6 : L'architecture du Haut Moyen Âge (1) (4 novembre)
11 novembre
Séance 7 : Les édifices de cultes du IXe au XVe s. (2) (18 novembre)
Séance 8 : L'architecture militaire et de pouvoir du IXe au XVe s. (25 novembre)
Séance 9 : Les habitats du IXe au XVe s. (2 décembre)
Structure des cours
Chaque séance de cours abordera les points suivants :
Cadre socio-culturel : contexte historique et social.
Les bâtiments, fonctions et esthétiques : types d'édifices, leur usage et leur style.
Les modes constructifs : techniques etmatériaux employés.
Modalités d'examen
L'examen consistera en un partiel incluant :
Des questions de cours sur les connaissances générales.
L'identification de plans types des édifices.
La maîtrise du vocabulaire architectural spécifique (quizz).
Tester vos connaissances en vocabulaire architectural ancien
Un outil interactif est disponible pour tester les connaissances en vocabulaire architectural ancien à l'adresse suivante : quizzmaker.map.cnrs.fr (niveau de difficulté 3, 10 questions, 6 choix).
Plan de la première séance
1. Qu'est-ce que l'architecture ?
L'architecture est définiecomme l'art de concevoir des espaces et de bâtir des édifices. Elle implique la prise en compte de plusieurs éléments :
Des règles de construction (empiriques ou scientifiques).
Des concepts esthétiques (classiques ou nouveaux).
Laforme et l'agencement de l'espace.
Les aspects sociaux et environnementaux liés à la fonction de l'édifice et à son intégration dans son environnement.
Les fonctions des édifices sont diverses : habitable, sépulcrale, rituelle, institutionnelle, religieuse, défensive, artisanale, commerciale, scientifique, muséale, industrielle, monumentale, décorative, paysagère, ou purement artistique.
Le traité de Vitruve expose le principe de la superposition des trois ordres classiques (dorique, ionique et corinthien), et les trois qualités de firmitas (force/pérennité), utilitas (utilité) et venustas (beauté), reliant ainsi la construction, le contexte et l'esthétisme.
2. Pourquoi une histoire de l'architecture ?
L'étude de l'histoire de l'architecture est essentielle pour plusieurs raisons :
Culture générale : Enrichissement des connaissances culturelles.
Sauvegarde du patrimoine : Comprendreet protéger les œuvres architecturales passées.
Source d'inspiration : Puiser des idées et des approches pour la création contemporaine.
Source de l'esprit critique : Développer une analyse rigoureuse des formes et fonctions architecturales.
Les mythes fondateurs / 1 : Les 7 merveilles du monde
Ces merveilles incarnent l'ingéniosité et la grandeur architecturale de l'Antiquité :
Pyramides de Gizeh
Jardins suspendus de Babylone
Temple d'Artémis/Diane (Éphèse)
Mausolée à Halicarnasse
Colosse de Rhodes
Statue de Zeus à Olympie (chryséléphantine)
Phare d'Alexandrie
Les mythes fondateurs / 2 : La cabane primitive, la Tour de Babel et le Temple de Jérusalem
La cabane primitive : Théorisée par l'abbé Laugierdans son Essai sur l'architecture (1745), elle représente le fondement de l'architecture, un refuge simple et essentiel, et souligne le rapport entre l'architecture et la nature.
La Tour de Babel : Ce récit biblique (Genèse 11,1-9) évoque une tentative humaine de construire une tour atteignant le ciel, symbole d'une ambition démesurée menant à la confusion des langues et à la dispersion des peuples.
Le Temple de Salomon à Jérusalem : Le premier Temple, construit au Xe siècle av. J.-C.et détruit au IVe siècle av. J.-C., est décrit dans le Livre des Rois (1R, 6, 1 à 22). Il est caractérisé par sa construction exigeante (pierres de carrière, silence pendant l'édification) et l'utilisation de matériaux précieuxcomme le cèdre.
"De la construction de leurs demeures, les hommes arrivèrent par degrés aux autres arts et aux autres sciences, et leurs mœurs, devenues plus douces, perdirent tout ce qu'elles avaient d'agreste et de sauvage." -Vitruve, De l'architecture, livre II.
L'émergence de la notion de patrimoine
Un nouveau regard sur l'architecture ancienne se forme, modifiant notre perception. Cette évolution est marquée par :
Une culture érudite ouverte au Moyen Âge, mais une pratique artistique souvent tournée vers l'Antique.
Les travaux des moines Mauristes comme Dom Mabillon et Montfaucon aux XVIIe et XVIIIe siècles, qui ont contribué à l'étude des antiquités.
Les destructions révolutionnaires, comme celles de l'église des Saints-Innocents (Pierre Demachy, c. 1802), ou le démantèlement du château de Louis d'Orléans en 1617, qui ont accentué la prise de conscience de la perte dupatrimoine.
La restauration et la reconstruction
Des figures comme Eugène Viollet-le-Duc (architecte de Napoléon III) ont joué un rôle majeur dans la restauration, parfois controversée, de monuments médiévaux, comme le château de Pierrefonds (1858-1879). Son Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle (1854-1868) est une référence pour l'histoire architecturale.
La naissance des Monuments Historiques et leur protection
Prosper Mérimée, acteur clé de cette protection, a établi la liste des Monuments Historiques de 1840, complétée par une liste supplémentaire en 1861.
L'architecture ancienne comme répertoire de références et de modèles
L'architecture à l'âge de l'imprimerie
La diffusion des savoirs architecturaux s'est accélérée grâce à l'imprimerie :
Les ouvrages de Sebastiano Serlio (Terzo libro dell'architettura, 1540 ; Livre IV, 1537) ont popularisé les ordres classiques et les principes de l'architecture antique.
Le rôle de l'Académie royale d'architecture (1671)
L'Académiea systématisé l'étude de l'architecture, notamment à travers des relevés précis :
Antoine Desgodets, dans Les édifices antiques de Rome dessinés et mesurés très exactement (1682), a documenté les monuments romains avec une grande rigueur.
"Observez non seulement ce qui vous paroîtra beau, mais encore ce qu'il y a de défectueux, même chez les maîtres les plus respectés ; ayez le courage de l'apercevoir & apportez une extrême attention àéviter que leurs beautés ne vous entraînent jusqu'à aimer leurs défauts. Il pourroit arriver que vous n'atteindriez pas aux unes & que vous ne saisiriez que trop aisément les autres. Ce n'est pas ici l'objet d'un culte aveugle, c'est une affaire deraisonnement et de goût." - Charles-Nicolas Cochin, Lettre à un jeune artiste, seconde moitié du XVIIIe siècle.
Dessiner l'antique et les débuts de l'archéologie
Julien-David Leroypublie Les ruines des plus beaux monuments de la Grèce en 1758, illustrant l'Acropole d'Athènes et proposant des restitutions.
Les premières fouilles de Pompéi en 1748 marquent le début de l'archéologie moderne.
L'expédition d'Égypte (1802) et la publication de la Description de l'Égypte par Denon ont révélé la grandeur de l'architecture égyptienne.
L'architecture comparée et l'évolution des formes
Jean-Nicolas-Louis Durand et Jacques Guillaume Legrand, avec leur Recueil et parallèle des édifices de tout genre anciens et modernes (1801), ont initié une comparaison systématique des architectures.
Seroux d'Agincourt, dans son Histoire de l'Art par les Monuments (1823), a étudié l'évolution stylistique de l'Antiquité au XVIe siècle, y compris l'emploi de l'arc en tiers-point gothique.
3. Les sources del'histoire de l'architecture
Pour étudier l'histoire de l'architecture, on s'appuie sur diverses sources :
L'objet architectural et ses traces matérielles
Les écrits
Lesimages
L'objet architectural
Il est sujet à de multiples transformations :
Démolitions, restaurations, restitutions, réhabilitations, transformations, dénaturations, reconstructions.
Les méthodes d'approche et de lecture incluent l'archéologie au sol et l'archéologie du bâti.
Archéologie de prospection au sol
Elle révèle des vestiges comme les trous de poteau, témoins de l'architecture de bois.
Processus :
Humus
Terre argileuse marron foncée
Terre battue, argile claire + nodules de chaux
Argile orange claire compacte
Schiste
Argile marron + cailloutis
Limite du dégagement
Archéologie du bâti
Une discipline récente qui permet de connaître la théorie et les savoirs des concepteurs et constructeurs à travers l'étude des édifices eux-mêmes.
Les témoignages scripturaires et visuels
Les inscriptions lapidaires.
Les archives.
Les documents iconographiques (et autres objets archéologiques).
Les textes diffusés/recopiés (livres).
Il est crucial de distinguer les sources de première main et de seconde main.
Le monde trompeur des images
L'image n'est pas l'objet représenté, mais un objet en soi. Il est essentiel d'avoir l'art de critiquer les sources et d'en déterminer la nature.
Exemple : Les Très riches heures du duc de Berry, « Messe de Saint-Michel », XIVe siècle, ne représentent pas la réalité exacte mais une perception de l'époque.
Livres d'architecture dans l'Antiquité et le Moyen Âge
Le Carnet de Villard de Honnecourt (XIIIe siècle) offre un aperçu des techniques et formes médiévales.
L'édition deVitruve par Fra Giocondo (Venise, 1511) a popularisé l'architecture antique.
Il faut toujours croiser les documents pour restituer une vision la plus juste possible.
4. Aux origines de l'architecture : la «révolution du néolithique »
La révolution néolithique, introduite par Vere Gordon Childe, marque un tournant majeur dans l'histoire de l'humanité.
La condition humaine du Paléolithique
Les chasseurs-cueilleurs vivaient de la chasse, pêche et cueillette, prélevant directement leurs ressources dans la nature.
Ce mode de vie nomade se caractérise par des populations peu denses, mais pouvant se rassembler périodiquement pour le troc, les unions et les pratiques religieuses (Lascaux, Mas d’Azil).
"Les sociétés de cueilleurs-chasseurs ne sont pas plus égalitaires que les nôtres, elles sont traversées, structurées peut-on même dire, pardes rapports de dépendance et/ou de force (pas nécessairement héréditaires) [...] La nouveauté du néolithique, c'est l'existence d'inégalités socio-économiques, c'est-à-dire la différenciation entre riches et pauvres" (Testart, Avant l'Histoire, p. 413).
La fin de la glaciation et le début de la sédentarisation
Le réchauffement climatique de l'Holocène a favorisé la sédentarisation.
Des facteurs idéologiques, psychologiqueset spirituels ont également contribué à ce changement.
L'homme s'extrait de son état naturel, dominant et transformant son environnement pour ses besoins, marquant une rupture.
Exemple : Reconstitution du village de Çatal Höyük (7 400 – 5200 av. n. è.).
Le processus de néolithisation dans le monde
Le Néolithique est marqué par la domestication des animaux et des plantes, et par la sédentarisation. Voici quelques exemples de développements néolithiques :
Natoufien : Précurseur du Néolithique au Proche-Orient. Exemple : maison du Natoufien ancien de Mallaha (foyers, calages de poteau).
Jéricho : Une des premières villes fortifiées.
Çatalhöyük : Habitat agglutiné avec des bâtiments rectangulaires (v. 6700-6500 av. notre ère en Anatolie orientale).
Mohenjo-Daro (Indus) : Cités de la civilisation de l'Indus.
Japon (Jomori) : Culture Jomon, poterie sans agriculture ni élevage.
Amérique : Culture du haricot, manioc, pomme de terre.
Afrique : Sorgho, millet.
Mésopotamie et Égypte : Apparition de l'écriture.
Chine des Han.
La domestication des animaux
Comparaison des tailles :
Aurochs | 1,70 mètres |
Bœuf charolais | 1,70 mètres |
Bœuf néolithique | 1 mètre |
Bœuf gaulois | 1 mètre |
La domestication des plantes
Le Néolithique voit l'émergence del'agriculture, avec des dates différentes selon les régions :
ANATOLE CENTRALE : 10300 - 11000 - 11500 (av. n. è.)
SUD-EST DE LA TURQUIE : 11500 - 11000 - 11500 (av. n. è.)
Göbekli Tepe
Site archéologique en Turquie, daté d'environ 9600-8200 av. J.-C., il est considéré comme le plus ancien temple connu et remet en question l'idée que l'agriculture était un prérequis à la construction de structures monumentales.
Les tells orientaux
Les tells sont des collines artificielles formées par l'accumulation successive de couches d'habitats humains au fil des millénaires. Exemples : Arslantepe, Jéricho.
La maison du tell : Herpaly (Hongrie)
Maisons en terre datant d'environ 5000-4500 av. n. è.
Le Néolithique rubané
Caractérisé par une culture matérielle spécifique, notamment des poteries rubanées et des maisons longues.
Des maisons tripartites (96% des cas) : avec une organisation spatiale spécifique de la partie centrale.
Des maisons bipartites (4,5% des cas).
Exemples de reconstruction de maisons néolithiques rubanées et leur diversité d'interprétation.
Étapes stylistiques
Rubané ancien
Rubané moyen
Première partie du Rubané récent
Fin du Rubané récent
Le Néolithique cardial
Caractérisé par une poterie décorée à l'aidede coquillages (Cardium edule), présent notamment en Méditerranée.
Exemples en Italie : long bâtiment II de la via Guidorossi à Parme (fin IVe/IIIe millénaires), maisons du site de Catignano (Abruzzes, v.5500-5300 av. n. è.), bâtiments de San Andrea di Travo (Emilie-Romagne, v. 4250-3800 av. n. è.).
Exemples en France (Sud) : bâtiments du site chasséen de Vernègues (Provence, v. 3900-3700 av. n. è.), quartier de Cambous (Hérault, IIIe millénaire av. n. è., culture de Fontbouisse), habitation des Vautes (Hérault, culture de Fontbouisse).
Le Néolithique armoricain et des îles britanniques
Les habitats de cette région présentent des spécificités liées aux matériaux locaux et aux modes de vie.
L'habitat
Exemples de plans d'habitats néolithiques en Bretagne (Lamballe, Ploufragan, Bais, Carhaix-Plouguer, Plouescat, Quéven, Trémuson, Le Pertre, Saint-Caradec, Lannion).
Mégalithisme européen
Phénomène architectural majeur du Néolithique, caractérisé par la construction de monuments à l'aide de grandes pierres.
Cairn
Un cairn est un monument de pierre sèche, circulaire ou quadrangulaire, qui recouvre entièrement un ou plusieurs dolmens à couloir.
Les chambres peuvent être en pierre sèche à voûte en encorbellement ou entièrement mégalithiques.
Exemple : Cairn de Barnenez.
Tumulus
Tertres à coffre et dalle : Pas de chambre funéraire, maisun coffre de pierres (ou cavité creusée) recouvert d'une dalle, sans accès ultérieur à la sépulture. Forme circulaire ou trapézoïdale allongée.
Dolmens à couloir : Considérés comme le "prototype" du mégalithisme (de 4750 à 3250 av. n. è.). Ils possèdent une vraie chambre funéraire, un couloir d'accès avec dispositif de fermeture, et sont construits avec de grands monolithes.
Variabilité des types de dolmens à couloir
Procédés : ouverture de la chambre par dalles monolithiques ou encorbellement.
Formes : chambre ronde ou carrée, simple ou compartimentée, en forme de couloir.
Un tumulus (cairn) peut êtremassif, arrondi ou trapézoïdal.
Menhir
Monolithes bruts ou retaillés (stèles), parfois sculptés.
Peuvent être isolés ou regroupés en alignements ou cromlechs.
Assument un rôle religieux ou cultuel.
Menhir : Cromlechs
Une disposition circulaire ou elliptique de menhirs, porteuse de sens, souvent liée à une monumentalité et une orientation astronomique.
Décoration
Monolithes sculptés : Menhirs ou dalles intérieures de dolmens.
Motifs : En creux ou en relief.
Motifs simples : Cupule, ligne, U (ou corniforme), ondulation ou chevron, crosse.
Signes complexes : Haches, écussons-boucliers.
Un chef-d'œuvre de l'art mégalithique : Gavrinis (c. -3500).
Quelques questions et vocabulaire de la construction néolithique
Le vocabulaire technique lié à la construction de ces monuments inclut notamment la voûte en encorbellement (aussi appelée "tas de charge"). Desexpériences modernes ont été menées pour reconstituer les méthodes d'érection des menhirs, comme celle de Mévoisins (2000) et des tests sur le modèle de Stonehenge en République Tchèque.
Pour en savoir plus...
Ouvrages
Demoule, Jean-Paul, éditeur. La révolution néolithique dans le monde. CNRS Éditions, 2010.
Coudart, Anick, Architecture et société néolithique, 1999, 239 p.
Podcasts
La néolithisation, première erreur de l'humanité ? (France Culture).
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