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Keine KartenExplication des concepts de gouvernance, consultation, concertation et participation dans le cadre de l'urbanisme et de l'aménagement du territoire, incluant les aspects légaux et les comparaisons internationales.
Ce document aborde les mécanismes d'engagement citoyen et les différentes formes de participation dans le domaine de l'aménagement et du projet urbain. Il met en lumière l'importance de la gouvernance multi-niveaux et du jeu d'acteurs, tout en détaillant les cadres réglementaires et les évolutions des pratiques participatives en France.
Le jeu d'acteurs et la gouvernance multi-niveaux
L'aménagement et le projet urbain sont le résultat d'interactions complexes entre une pluralité d'acteurs à différentes échelles. On parle de jeu d'acteurs et de gouvernance multi-niveaux pour décrire cette dynamique. Les principales questions sont :
Comment s'articulent les différentes échelles d'action, niveaux d'analyse et de prise de décision ?
Quelle coordination entre les acteurs (politiques, techniques, usagers/habitants) dans la production urbaine ?
Quels sont les enjeux du développement des démarches participatives ?
Définitions des concepts clés
La participation citoyenne s'inscrit dans un cadre de politiques publiques et de régulations. Voici les définitions des termes essentiels :
Gouvernance
« La gouvernance correspond à l'ensemble des conditions dans lesquelles les plans d'actions sont réalisés, intégrant à la fois la légitimité du fonctionnement politique, les rapports avec l'administration et les relations entre l'institution et le reste de la société. La gouvernance est un mode d'élaboration et de mise en œuvre de l'action publique qui se fonde sur : la prise en compte de la pluralité des acteurs et un processus collectif de négociation et de légitimation » (CERTU, 2006).
Elle désigne les modalités par lesquelles un pouvoir administre un objet (entreprise, territoire), à différentes échelles. Elle comporte une dimension normative, concernant la responsabilité et l'imputabilité.
Gouvernance urbaine : modalités de prise de décision dans les agglomérations urbaines.
Acception performative : vers une « meilleure gouvernance ».
Acception critique : défaillance d'un idéal de démocratie locale.
« Ensemble des arrangements interactifs auxquels participent des acteurs publics et privés pour résoudre les problèmes de la société et développer des solutions, en s'occupant des institutions, et des activités de gouvernance qui s'y déroulent, et en stimulant les débats normatifs sur les principes fondant toutes ces activités de gouvernance » (Kooiman, 2003).
La gouvernance n'est pas seulement une coordination d'acteurs, mais soulève des questions de choix collectifs, de valeurs, de débat contradictoire, d'intérêts divers, d'intérêt général, de légitimité et de démocratie (P. Le Galès, 2019).
Une défaillance de la gouvernance peut être due à :
L'incapacité à mettre en vigueur la réglementation.
Le refus de groupes de reconnaître la légitimité du gouvernement.
La mauvaise appréciation des relations entre les moyens et les fins.
L'absence de compétence ou d'instruments de gouvernement (P. Le Galès, 2019 ; Mayntz, 1993).
Consultation
Consiste, pour une collectivité, à soumettre un projet élaboré unilatéralement à l'avis des administrés, peu impliqués dans la décision finale (Rivero, 1996).
Processus par lequel les décideurs demandent l'avis de la population. Les remarques n'ont cependant aucune garantie d'être prises en compte dans la décision finale (Commission nationale du débat public).
Souvent réalisée ponctuellement sur un sujet précis, elle n'est pas une démarche de participation à long terme. L'enquête publique est une forme reconnue de consultation.
Concertation
Ensemble des procédés (réunions publiques, ateliers) permettant aux élus et habitants d'échanger informations, idées et propositions pour aboutir à un projet commun (P. Mozol, 2022).
Dispositif participatif visant à recueillir les avis des parties prenantes avant la décision. L'autorité reste libre de sa décision mais s'engage à la justifier (la concertation peut être engagée très en amont, dès les études préalables).
Définie comme « se projeter ensemble en discutant », elle vise un échange contradictoire pour une meilleure compréhension mutuelle, pouvant aboutir à un rapprochement des positions ou une solution partagée (INERIS, 2010).
Se différencie de la consultation par une démarche élargie et un processus itératif, intégrant dialogue et démarche en amont. Le maître d'ouvrage s'engage à écouter et éventuellement à modifier, voire à renoncer au projet (CERTU, 2001).
Participation
Prendre part ou coopérer à quelque chose avec d'autres. Ici, prendre part au pouvoir de choisir ce qui aura le moins de conséquences fâcheuses pour l'environnement. Le droit à la participation a été plus facilement proclamé dans ce domaine (Prieur Michel, 1988).
Sens 1 (spécifique) : Démarche de fabrication ou d'aménagement d'espaces urbains avec partage de pouvoirs (expertise/décision) ou transfert de responsabilités envers les habitants (Zeltaoui-Léger, 2022).
Sens 2 (générique) : Toute pratique de fabrication ou d'aménagement d'espaces urbains associant des habitants, quel que soit le niveau d'implication (Zeltaoui-Léger, 2022).
Information
Niveau élémentaire de participation, au caractère « à sens unique » et « descendant ».
C'est un préalable indispensable à tous les autres degrés de participation.
La collectivité élabore un projet en interne et le met en œuvre sans informer préalablement le public (absence d'information).
Association
Notion réglementaire du code de l'urbanisme, désigne un mode de travail collaboratif pour co-concevoir un projet ou une vision commune. Elle s'effectue de manière contradictoire et participative, avec une implication forte et continue des participants (INERIS, 2010).
Domaines privilégiés de la participation
Urbanisme
Aménagement
Environnement
(D'autres secteurs sont exclus, notamment la défense nationale).
L'engagement citoyen est encadré par le Code de l'urbanisme et le Code de l'environnement.
Les différentes échelles de participation
La participation et la démocratie locale représentative
La participation ne remplace pas l'exercice du pouvoir local par les instances représentatives.
Les pouvoirs locaux sont dotés de moyens formels pour organiser la participation, menant à une « politique locale de la participation citoyenne » (contrôle de la participation).
Le cadre français est critiqué pour la persistance du principe de représentation, ne permettant pas l'émergence d'une démocratie participative locale dissociée du modèle représentatif. Les citoyens sont associés mais ne se substituent pas aux décideurs (P. Mozol, 2022).
L'offre publique de participation dans la politique de la Ville est souvent critiquée pour restreindre l'horizon de la démocratie participative à des démarches de consultation micro-locales.
Évolution historique de la participation
19e siècle : Enquêtes publiques comme outils de légitimation pour les projets d'expropriation pour cause d'utilité publique (routes et canaux, mines). Elles visaient à encadrer l'expropriation et à réguler le droit de propriété par l'indemnisation.
1983 : Loi Bouchardeau (Loi n° 83-630 du 12 juillet 1983) étend l'enquête publique aux projets ayant un impact environnemental. Elle modifie la finalité en garantissant la protection de l'environnement, le droit d'information et de participation des citoyens.
2005 : Charte de l'environnement intégrée à la Constitution, renforçant la législation sur l'évaluation environnementale et la participation du public.
Dispositifs de participation en France
Dispositifs réglementaires
Concertation préalable selon le Code de l'urbanisme
La loi du 18 juillet 1985 (modifiée par l'art. L. 300-2 du Code de l'urbanisme et l'art. L. 103-2 depuis 2016) institue une procédure de concertation préalable pour 3 catégories d'opérations relevant des municipalités/intercommunalités :
Toute modification ou révision du POS/PLU ouvrant à l'urbanisation.
Toute création de Zone d'Aménagement Concerté (ZAC) à l'initiative de la collectivité.
Toute opération d'aménagement modifiant substantiellement le cadre de vie ou l'activité économique (selon critères définis par décret).
La délibération du conseil municipal porte sur les objectifs et les modalités de concertation associant habitants, associations locales et autres personnes concernées, pendant toute la durée du projet.
À l'issue, le maire présente le bilan au conseil municipal pour délibération. Le dossier définitif est arrêté et tenu à la disposition du public.
Les établissements publics de coopération intercommunale et autres personnes publiques sont soumis aux mêmes obligations.
Ne sont pas concernés :
Travaux d'entretien et grosses réparations.
Opérations « sensibles » liées à la défense nationale ou à la sécurité nationale, et leurs servitudes associées.
Opérations relatives aux installations et activités nucléaires (sauf cas spécifiques).
Aménagements et travaux liés aux installations militaires dont les informations sont classifiées.
Approbation, modification ou révision d'un document d'urbanisme ayant pour objet exclusif une opération citée ci-dessus.
Critères de concertation diversifiés pour les ZAC et projets d'aménagement.
Les projets de renouvellement urbain sont également assujettis à la concertation depuis 2014 (Code Urba L.103-2).
Une concertation facultative est possible depuis 2014 sur une phase amont des projets.
La Commission nationale du débat public (CNDP) contribue à la concertation.
Concertation et participation selon le Code de l'environnement
Code de l'environnement (art. 120-1) : instaure plusieurs principes concernant l'information et la participation des citoyens, l'éducation du public, l'amélioration de la décision publique et le renforcement de la légitimité démocratique face aux enjeux environnementaux.
L'enquête publique
L'enquête publique est une consultation formelle des citoyens sur un projet.
Procédure :
Un « avis d'enquête publique » est diffusé (affichage, presse, internet) 15 jours avant.
Le dossier (plans, étude d'impact, rapport sur incidences environnementales, avis autorité environnementale) est mis à disposition du public, avec un registre pour recueillir les observations.
Un commissaire enquêteur (nommé par le tribunal administratif) rencontre le maître d'ouvrage, informe le public, et recueille les avis. Il est indépendant et impartial, et assure la remontée des avis exprimés.
Le commissaire enquêteur rédige un rapport analysant l'opération et formule un avis personnel (favorable, favorable sous réserve, défavorable). Cet avis est consultatif.
Le Préfet statue sur le projet (autorisation, refus, modifications).
Conséquences d'un avis défavorable : La collectivité peut tout de même valider le projet, mais doit le justifier par une délibération motivée (Code de l'environnement, article L123-16). Les recours juridiques sont possibles.
Évolutions depuis 2016 : Le Code de l'environnement distingue :
Participation du public en phase amont : avant le dépôt de la demande d'autorisation (débat public ou concertation préalable), pour informer le public et débattre des caractéristiques et impacts du projet.
Participation du public en phase aval : après le dépôt de la demande d'autorisation ou avant l'approbation finale (enquête publique).
La Commission Nationale du Débat Public (CNDP)
Créée par la loi « Barnier » du 2 février 1995, la CNDP est une autorité administrative indépendante française qui organise des débats publics pour les projets ayant un impact significatif sur l'environnement.
Objectif : organiser la participation du public le plus en amont possible, afin de discuter des objectifs et caractéristiques des projets pendant qu'ils peuvent encore être modifiés.
Rôle :
Organise des débats publics et la concertation.
Veille au respect des droits environnementaux.
Ne reçoit ni ordre ni instruction du gouvernement.
Peut être saisie par le responsable du projet, des citoyens (500 000 signatures), associations, élus ou Parlementaires (60 députés ou sénateurs pour un débat national sur une réforme).
Désigne des garants pour veiller au respect du droit à l'information et à la participation.
Publie un rapport après les débats, mais n'émet pas d'avis sur les projets.
La participation qu'elle garantit intervient en amont (intention) et tout au long de la vie du projet (concertations continues).
Sujets de saisine :
Plans et programmes de niveau national avec évaluation environnementale (ex. schéma décennal réseau, programmation pluriannuelle énergie).
Projets d'aménagement ou d'équipement d'intérêt national de grande ampleur (autoroutes, lignes ferroviaires, infrastructures aéroportuaires/portuaires, nucléaire, barrages...).
Dispositifs de démocratie locale
Le Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE)
Le CESE est la 3ᵉ assemblée constitutionnelle française (après l'Assemblée et le Sénat), avec un rôle consultatif.
Historique :
1925 : Création du Conseil national économique (syndicalistes, chefs d'entreprises, agriculteurs, associations).
1946 : Élargissement du Conseil national économique (reconstruction, modernisation économique).
1958 : Devient le Conseil économique et social, inscrit dans la Constitution.
2008 : Évolution en CESE, rôle renforcé sur climat, environnement, biodiversité et participation citoyenne. Saisine possible par pétition citoyenne.
2021 : Réduction du nombre de membres (233 à 175), possibilité d'associer des citoyens aux travaux, retrait des "personnalités qualifiées" nommées par le gouvernement.
Rôle :
Conseille le Gouvernement et le Parlement sur les lois et politiques publiques.
Contribue à l'évaluation des politiques.
Peut être saisi par le Gouvernement, le Parlement, par auto-saisine ou par pétition (150 000 signatures via internet depuis 2008).
Produit des avis (analyses, préconisations), études ou résolutions.
Démarche de travail : auditions d'experts, lectures de travaux, rencontres d'acteurs.
Les rapports sont publiés au Journal Officiel et transmis au Gouvernement et au Parlement.
Exemple de sujet : "La participation du public aux décisions impactant l’environnement" (2025). Le CESE formule 24 préconisations pour améliorer les projets participatifs (expertise contradictoire, temporalités de concertation, médiation environnementale).
Le Référendum local
Dispositif déclenchable par les maires au niveau des collectivités locales.
Permet de consulter les citoyens sur des thèmes spécifiques (ex. implantation d'éoliennes, extinction nocturne d'éclairage).
La Consultation locale facultative (Code général des collectivités territoriales)
Un dixième des électeurs d'une commune (ou un vingtième pour d'autres collectivités) peut demander l'organisation d'une consultation sur toute affaire relevant de l'assemblée délibérante.
La décision d'organiser la consultation revient à l'assemblée délibérante (qui indique qu'il s'agit d'une demande d'avis).
Procédure d'information et d'expression citoyenne très localisée et circonscrite dans le temps.
Les administrés s'expriment de manière binaire (pour/contre). Le résultat est un avis global que la collectivité prend en compte, mais n'est pas obligée de suivre.
Les Conseils de quartier
Dispositifs créés par la loi de 2002 relative à la « démocratie de proximité » (inscrite dans le Code général des collectivités territoriales).
Obligatoires : dans les communes de 80 000 habitants et plus.
Facultatifs : pour les communes de 20 000 à 79 999 habitants.
Mission : renforcer « l'information des habitants sur les affaires locales » et leur « participation à la vie locale ».
Rôle : consultatif et d'initiative, sans pouvoir de décision. Ils peuvent formuler des recommandations et propositions auprès du maire, et être associés à l'élaboration et l'évaluation des actions.
Composition : Chaque quartier a un conseil dont la dénomination, la composition et les modalités sont fixées par le conseil municipal. Souvent, il comprend :
Collège des élus (élus titulaires et suppléants).
Collège des habitants (tirés au sort/volontaires).
Collège des associations (tirées au sort/candidates).
Collège des personnalités qualifiées (acteurs socio-économiques, institutionnels).
Actions : information sur projets et événements, participation à la conception de projets, mise en place d'actions au niveau du quartier (ex. à Paris 11ᵉ : expo photos, repas solidaires).
Les Conseils citoyens
Dispositifs indépendants des conseils municipaux, sans élus, agissant sur les Quartiers Prioritaires de la Ville (QPV).
Instauration : loi de 2014 pour la ville et la cohésion urbaine, obligatoire lors de rénovation urbaine dans un QPV.
Motivation : Reconnaissance de l'échec des précédentes offres publiques de participation en QPV.
Composition :
Collège des habitants (tirés au sort, élus, ou identifiés par bailleurs).
Collège des acteurs locaux (associatifs, économiques).
Rôle :
Impliqués dans les comités de pilotage et de suivi technique des Contrats de Ville, et leur évaluation.
Identifient les difficultés (propreté, sécurité, stationnement) via des balades urbaines.
Donnent leur avis sur les projets de renouvellement urbain (démolition, réhabilitation).
Exemple : Mobilisation du conseil citoyen de Saint-Denis contre un projet de démolition, aboutissant à la modification du projet.
Critiques : À Châlons-en-Champagne, les conseils citoyens se sont « essoufflés » en raison du manque de « suites » concrètes et d'une impression de redémarrer à chaque fois.
Objectifs de la concertation
La concertation répond à plusieurs objectifs, qui doivent être définis en amont du processus.
Objectifs généraux
Faire connaître les objectifs, leviers et contraintes d'une politique publique.
Partager un diagnostic.
Sensibiliser aux enjeux d'un problème public.
Vulgariser des sujets techniques et complexes.
Objectifs liés à l'expression citoyenne
Favoriser l'expression pluraliste et le débat.
Susciter l'implication et l'expression des citoyens.
Acculturer et améliorer la connaissance générale d'un sujet.
Objectifs liés à la connaissance des besoins
Mieux connaître les pratiques et attentes.
Identifier et hiérarchiser des besoins nouveaux ou pistes de progrès.
Recueillir des observations de terrain.
Objectifs liés à l'amélioration des projets
Contribuer à définir un projet mieux adapté aux besoins et attentes.
Faire émerger des idées nouvelles.
Vérifier l'acceptabilité de certaines mesures.
Méthodologie de la concertation (avant la mise en œuvre)
Avant d'engager une concertation, il est crucial de s'assurer de sa faisabilité et de bien la préparer :
Définir l'objet : « Quelle question est posée ? »
Identifier les publics : Repérer leur intérêt et déterminer qui sera concerné par l'objet de la concertation.
Expliciter le cadre : Clarifier l'objet, le rôle attendu de chacun et les modalités.
Repérer les obligations réglementaires : Vérifier l’existence d'une obligation légale de concertation.
Identifier les marges de manœuvre : Ce qui est négociable, ce qui est contraint (techniquement/économiquement) et ce qui relève du choix politique.
Déterminer le territoire et le moment opportun : Quelle échelle ? À quel stade du projet (amont, pendant, après) ?
Valider la faisabilité : Si la concertation n'est pas réalisable, expliciter les causes et faire valider par la hiérarchie.
Certaines collectivités élaborent une charte de la concertation pour fixer leurs grands principes de participation citoyenne.
Exemples et illustrations
La Rochelle : Évolutions de la participation locale
La Rochelle offre un aperçu des évolutions des instances participatives.
Commissions extra-municipales (début XXe siècle) :
Création en dehors d'un cadre légal étatique (ex. Commission de la Circulation en 1931).
Composées d'élus, de techniciens et de représentants de la société civile (automobilistes, commerçants, police).
Rôle consultatif sur des sujets comme l'aménagement ou la sécurité routière.
Disparition progressive dans les années 1980 avec le renforcement de l'intercommunalité.
Comité Citoyen La Rochelle Territoire Zéro Carbone (2025) :
Organe temporaire créé pour le programme LRTZC.
Composition : 30 volontaires tirés au sort (habitants, artisans, commerçants, etc.).
Rôle consultatif : formuler des avis sur l'agroécologie et les mobilités durables.
Bilan : constaté comme un échec en termes d'influence sur les orientations, mais a servi de « confirmation symbolique » et d'apprentissage pour la mise en place d'autres conseils citoyens.
Conseil de Développement de l'Agglomération de la Rochelle :
Conseil citoyen à vocation permanente, composé de 82 membres citoyens (depuis 2022).
Mandat de 3 ans suite à un appel à candidatures.
Transformé progressivement en assemblée citoyenne, il travaille en lien avec le Conseil Communautaire et le Bureau Communautaire.
Paris (11e arrondissement) : L'exemple des Conseils de quartier
Le 11e arrondissement compte 147 000 habitants et cinq Conseils de quartier.
Ils permettent d'informer sur les projets, de participer à leur conception et de mettre en place des actions locales.
Les habitants peuvent remonter des problèmes (nuisances sonores, stationnement) aux référents.
Des groupes de travail inter-conseils de quartier existent sur des thèmes communs (solidarité, nuisances sonores, propreté-sécurité, culture-art).
Châlons-en-Champagne : Les Conseils citoyens en QPV
Trois Quartiers Prioritaires de la Ville (QPV) : Sud, Ouest (historiques) et Schmit (ajouté en 2024).
Les QPV abritent 15% de la population municipale.
Les conseils citoyens ont été un outil important de la Politique de la Ville, mais se sont « essoufflés » en raison du manque de suites concrètes et d'un renouvellement insuffisant des approches.
Le projet EuropaCity à Gonesse : Un avis défavorable ignoré
En 2017, la révision du Plan Local d'Urbanisme de Gonesse autorisant l'artificialisation de 280 hectares de terres agricoles pour le projet EuropaCity a reçu un avis défavorable du commissaire enquêteur.
Néanmoins, le projet a été validé, car l'avis du commissaire enquêteur n'était que consultatif. Ceci a créé un fort sentiment de déception chez les militants.
Conclusion : Enjeux et défis de la participation
La participation publique est un levier essentiel pour la légitimité des projets d'aménagement et urbains. Cependant, elle est confrontée à des défis :
Équilibre entre démocratie représentative et participative : Les acteurs participatifs ne doivent pas se substituer aux décideurs, mais les éclairer.
Précocité de la participation : La participation doit intervenir en amont du projet pour être réellement influente.
Transparence et engagement du maître d'ouvrage : Justifier les décisions et garantir que les avis du public sont écoutés, voire intègrent les projets.
Qualité des dispositifs : S'assurer que les outils de participation sont efficaces et adaptés aux publics ciblés.
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