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Relations Internationales

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Exploring the historical and theoretical foundations of International Relations as a field of study, from ancient thinkers to modern paradigms and modern paradigms, including realism, liberalism, and constructivism. Examining the role of states, non-state actors, and globalization in shaping contemporary global dynamics.

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Frage
Quels sont les trois grands paradigmes dominants du 20° siècle mentionnés ?
Antwort
Libéral (idéaliste), marxiste (dépendance), classique (réaliste). Constructions critiques.
Frage
Quelle est la différence entre souveraineté et indépendance ?
Antwort
La souveraineté est un principe juridique, tandis que l'indépendance est un critère politique concret, une absence de subordination à un autre État.
Frage
Que reconnaissent les Nations Unies à tous les États membres ?
Antwort
L'ONU reconnaît l'égalité souveraine, l'indépendance politique, et l'interdiction d'ingérence dans les affaires intérieures.
Frage
Qui est à l'origine du paradigme libéral ?
Antwort
John Locke et Emmanuel Kant sont à l'origine du paradigme libéral.
Frage
Combien de votes affirmatifs sont nécessaires pour une décision de procédure au Conseil de Sécurité ?
Antwort
Neuf votes affirmatifs sont requis pour une décision de procédure.
Frage
Quel événement est associé à l'affirmation du principe de souveraineté dans l'ordre externe ?
Antwort
Le traité de Westphalie (1648) marque l'affirmation du principe de souveraineté dans l'ordre externe.
Frage
Quelle est la conception de Hobbes sur la nature humaine à l'état de nature ?
Antwort
Hobbes décrit la nature humaine comme étant égoïste et en perpétuelle guerre de tous contre tous à l'état de nature.
Frage
Quel est l'objectif principal du contrat de dépôt selon Locke ?
Antwort
L'objectif principal du contrat de dépôt selon Locke est de préserver les droits naturels individuels.
Frage
Quel est le rapport du matérialisme à l'idéalisme selon Marx et Engels ?
Antwort
Pour Marx et Engels, la matière prime sur l'esprit ; les idées sont dépendantes de la matière, non l'inverse.
Frage
Quel est le sujet principal de l'ouvrage « La chute finale » d'Emmanuel Todd ?
Antwort
L'ouvrage analyse la décomposition interne de la sphère soviétique, prédite par des statistiques démographiques.
Frage
Quelle oeuvre Hans Morgenthau a-t-il publiée en 1948 ?
Antwort
Hans Morgenthau a publié *La Luta pelo poder* en 1948.
Frage
Quel type de contrat Locke décrit-il pour la formation de la société ?
Antwort
Locke décrit un contrat de dépôt où les individus confient au pouvoir le droit de préserver leurs droits naturels.
Frage
Selon Marx, qu'est-ce qui est le moteur premier de l'histoire ?
Antwort
Selon Marx, le moteur premier de l'histoire est la lutte des classes, issue des tensions dans les rapports de production (l'infrastructure).
Frage
Combien d'ensembles civilisationnels Huntington a-t-il identifiés ?
Antwort
Huntington a identifié 9 ensembles civilisationnels.
Frage
Qui a parlé de la « Pax Atomica » ?
Antwort
Raymond Aron a parlé de la « Pax Atomica ».
Frage
Quel est l'élément central du réalisme selon Morgenthau ?
Antwort
L'élément central du réalisme selon Morgenthau est l'intérêt national, défini en termes de puissance.
Frage
Comment le paradigme réaliste s'est-il construit dans les années 1930 ?
Antwort
Le paradigme réaliste s'est construit dans les années 1930 en réaction au libéralisme idéaliste, discrédité par la crise de 1929 et la montée des fascismes.
Frage
Qui sont les nouveaux acteurs des RI en plus des États selon le concept de mondialisation ?
Antwort
Outre les États, les organisations supranationales, les flux transnationaux, les FTN, ONG, think tanks, individus, mafias et organisations terroristes sont de nouveaux acteurs.
Frage
Quel est le grand risque de la théorie selon le document ?
Antwort
Le grand risque est l'idéologisation de la théorie, la transformant en dogme plutôt qu'en modèle explicatif évolutif.
Frage
Quel philosophe a défendu l'idée d'une paix internationale durable ?
Antwort
Emmanuel Kant a défendu l'idée d'une paix internationale durable, posant les conditions pour l'instaurer.
Frage
Pourquoi l'étude des RI a-t-elle évolué au 20° siècle ?
Antwort
L'étude des RI a évolué au 20° siècle pour comprendre les traumatismes des guerres mondiales et empêcher leur répétition, passant d'une approche normative à une analyse des faits.
Frage
Selon le paradigme réaliste, quel est l'acteur dominant des RI ?
Antwort
Selon le réalisme, l'État est le seul acteur véritable des Relations Internationales.
Frage
Qui détient les moyens de production chez Marx ?
Antwort
Chez Marx, la bourgeoisie détient les moyens de production.
Frage
Quel est le principe d'exercice de la souveraineté dans l'ordre interne ?
Antwort
Dans l'ordre interne, la souveraineté s'exerce sur un territoire et une population avec une compétence exclusive et sans autorité supérieure.
Frage
Quel article de la Charte des Nations Unies énonce le principe d'égalité souveraine ?
Antwort
L'article 2, paragraphe 1 de la Charte des Nations Unies énonce le principe d'égalité souveraine.
Frage
Quand est apparue la souveraineté interne dans l'ordre juridique ?
Antwort
La souveraineté interne est apparue au Moyen Âge, symbolisée par la maxime "le roi de France n'a pas de souverain dans son royaume".
Frage
Quelle est la définition de l'« infrastructure » chez Marx ?
Antwort
L'infrastructure chez Marx désigne l'état des rapports de production, moteur premier de l'histoire.
Frage
Quelle est la croyance fondamentale des juristes en droit international ?
Antwort
La croyance fondamentale des juristes est que les pactes doivent être respectés, engageant les États signataires.
Frage
Combien de voix dispose chaque membre du Conseil de Sécurité des NU ?
Antwort
Chaque membre du Conseil de Sécurité dispose d'une voix.
Frage
Quel auteur a parlé de « hard power » et « soft power » ?
Antwort
Joseph Nye a introduit les concepts de « hard power » et de « soft power ».
Frage
Selon Hobbes, à quoi est liée la civilisation ?
Antwort
Selon Hobbes, la civilisation est intrinsèquement liée à la sortie de l'état de nature, l'État incarnant la civilisation elle-même.
Frage
Quel auteur compare l'état de nature de Hobbes aux relations internationales ?
Antwort
Hans Morgenthau compare l'état de nature de Hobbes aux relations internationales.
Frage
Comment Marx définit-il la « superstructure » ?
Antwort
La superstructure représente les institutions, idées et représentations qui reflètent l'infrastructure économique dominante.
Frage
Quel principe juridique est affirmé par l'égalité de souveraineté dans l'ordre externe ?
Antwort
Le principe d'égalité juridique, affirmant la reconnaissance mutuelle et entière de la souveraineté de chaque État.
Frage
Quel est l'effet de l'abstention d'un membre permanent au Conseil de Sécurité ?
Antwort
L'abstention d'un membre permanent équivaut à une approbation.
Frage
Pourquoi les États ne peuvent-ils pas créer un Léviathan selon Morgenthau ?
Antwort
Les États ne peuvent pas créer un Léviathan car leur souveraineté empêche l'établissement d'une autorité supérieure commune.
Frage
Quel était le problème de l'histoire diplomatique selon l'école des annales ?
Antwort
L'école des annales reprochait à l'histoire diplomatique d'être principalement événementielle, ignorant la longue durée et les mentalités.
Frage
Quels sont les principaux critères de puissance selon Morgenthau ?
Antwort
Morgenthau distingue critères matériels (militaire, industriel, géographique) et humains (savoir, formation, diplomatie, patriotisme).
Frage
Selon Huntington, quel est le nouveau moteur des conflits après la guerre froide ?
Antwort
Selon Huntington, le nouveau moteur des conflits est le choc des civilisations, opposant de grands ensembles culturels et religieux.
Frage
Selon Marx, qu'est-ce que l'État ?
Antwort
Selon Marx, l'État est une superstructure, un instrument au service de la classe dominante qui reflète l'infrastructure économique.

Les Relations Internationales : Concepts Fondamentaux et Théories

Les Relations Internationales (RI) désignent l'étude des interactions entre acteurs sur la scène mondiale. Si les échanges et conflits ont toujours existé entre communautés, les RI en tant que discipline autonome sont un phénomène plus récent, structuré autour de questionnements spécifiques.

I. L'Origine des Relations Internationales : De l'Empirique à la Théorie

A. Les Précurseurs de la Réflexion sur les RI

  • Thucydide (Grèce ~ -400 av. J-C) : Considéré comme le père fondateur des RI occidentales.

    • Auteur de l'Histoire de la guerre du Péloponnèse (Athènes vs Sparte).

    • Introduit une perspective positive (s'intéresse à ce qui est) et non normative.

    • Théorise l'impérialisme comme une "stratégie de conquête visant la domination".

  • Confucius (Monde asiatique) : Théorise les relations entre royaumes chinois, visant une réunification vertueuse.

  • Kautilya (Inde ~ -300) : Surnommé le "Machiavel indien", il rédige un traité sur l'art de gouverner incluant les relations entre royaumes.

B. L'Émergence du Terme et de la Discipline

  • Fin du XVIIIe siècle : Jeremy Bentham utilise pour la première fois le terme "international" (1789) pour désigner les relations inter-étatiques.

  • XIXe siècle : Les RI sont étudiées principalement par l'histoire diplomatique (centrée sur documents officiels et acteurs étatiques) et le droit international (centré sur les engagements juridiques et le principe Pacta sunt servanda).

  • Critiques des disciplines mères :

    • L'histoire diplomatique est critiquée par l'École des Annales (dès 1930) pour son approche événementielle et son focus sur le "haut" des acteurs, négligeant les mouvements sociaux-économiques de longue durée.

    • Le droit international surévalue le poids des obligations juridiques, sous-estimant les rapports de force réels.

  • XXe siècle : Les RI se construisent en tant que science sociale du politique, s'intéressant à "ce qui est" plutôt qu'à "ce qui devrait être".

  • Après la Première Guerre mondiale : Création des premiers cours de RI dans les universités anglo-saxonnes (années 1920) pour "comprendre et empêcher une nouvelle catastrophe".

C. Défis et Évolutions de l'Étude des RI

  1. Prédictibilité insuffisante : Les spécialistes n'ont pas toujours anticipé les grands changements (décolonisation, fin de la Guerre Froide).

    Exemple : Emmanuel Todd (démographe), en 1976 dans La Chute finale, a prédit la désintégration interne du bloc soviétique sur la base de données démographiques, contredisant les spécialistes des RI de l'époque.

  2. Importance croissante de l'ordre interne : Les dynamiques internes aux États influencent fortement leurs relations internationales.

  3. Mondialisation et Acteurs non-étatiques :

    • La mondialisation et la globalisation ont révélé la diversification des acteurs des RI (ONG, FTN, organisations internationales, individus, mafias, groupes terroristes).

    • Ces acteurs ont une action transnationale, parfois autonome vis-à-vis des États.

    • Les RI sont caractérisées par des interdépendances asymétriques entre États et entre autres acteurs.

II. Les Grands Paradigmes des Relations Internationales

A. Nature de la Théorie en RI

  • Une théorie vise à simplifier le réel pour l'expliquer, mais elle est intrinsèquement réductrice.

  • Risque d'idéologisation : une théorie ne doit pas devenir un dogme, mais rester un modèle évolutif face à la réalité.

B. Présentation des Paradigmes

On distingue 3/4 grands paradigmes au XXe siècle :

  1. Le Paradigme Libéral (ou Idéaliste) : met l'individualisme éthique au cœur.

  2. Le Paradigme Marxiste (ou de la Dépendance) : met la lutte des classes au cœur.

  3. Le Paradigme Classique/Réaliste : met l'État (acteur dominant) au cœur.

  4. Le Paradigme Constructiviste : une critique transversale des trois premiers.

C. Le Paradigme Libéral

Inspiré par Locke et Kant, il croit en la possibilité d'une paix internationale durable.

  • John Locke (contractualiste) :

    • Le pouvoir est limité par les droits naturels (famille, propriété, liberté).

    • Le contrat social est un "contrat de dépôt" : le peuple peut reprendre le pouvoir s'il devient tyrannique.

  • Emmanuel Kant (Vers la paix perpétuelle, XVIIIe siècle) :

    • La paix durable est possible, la guerre étant un état temporaire.

    • Conditions de paix perpétuelle :

      1. Régimes républicains : moins enclins à faire la guerre (consentement des citoyens).

      2. Droit international : possibilité d'une "ligue des nations" produisant du droit.

      3. Cosmopolitisme : échanges pacifiques et interdépendance entre peuples ("hospitalité").

  • Discours des 14 points de Wilson (après 1GM) :

    • Inspiré par le libéralisme, il prône une diplomatie transparente, la création d'une association de nations (SDN), le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, et l'ouverture commerciale.

D. Le Paradigme Marxiste

Fonde son analyse sur les classes sociales et la lutte des classes, dans une perspective matérialiste.

  • Matérialisme : Les idées sont contingentes de la matière ; l'existence est déterminée par les conditions matérielles.

  • Infrastructure et Superstructure :

    • L'infrastructure (rapports de production, lutte des classes) est le moteur de l'histoire.

    • La superstructure (État, religion, institutions) est un reflet de l'infrastructure, au service des dominants.

  • RI et économie : Les RI, y compris inter-étatiques, sont déterminées par des enjeux économiques et les intérêts des classes dominantes dans l'infrastructure.

    Exemple : La lutte coloniale expliquée par l'appropriation des ressources.

E. Le Paradigme Réaliste

Se construit dans les années 1930 en réaction à l'idéalisme libéral, mettant l'État souverain au centre des RI.

  • Contexte de formation : Échec de la SDN, crise de 1929, montée des fascismes.

  • Penseurs clés :

    • E.H. Carr (The 20 Years' Crisis, 1939) : Critique l'internationalisme libéral qu'il juge utopique.

    • Machiavel (Le Prince, XVe siècle) : Le réalisme politique prône l'amoralité et l'efficacité de l'action politique.

      • "Il n'existe pas de principe moral absolu qui puisse s'imposer aux États", qui sont souverains.

      • La morale est toujours celle des dominants (Carr).

    • Hans Morgenthau (Politics among Nations, 1948) :

      • S'appuie sur Hobbes et sa conception pessimiste de l'état de nature (guerre de tous contre tous).

      • Analogie État de nature et scène des RI : Les États agissent égoïstement, la scène internationale est anarchique, l'état naturel des RI est la guerre (la paix est une suspension).

      • L'anarchie persiste car les États sont souverains et ne peuvent avoir de "supérieur commun" (pas de Léviathan mondial).

      • La balance of power (équilibre des puissances) est le seul moyen d'empêcher la guerre.

      • "La politique internationale, comme toute politique, est une lutte pour la puissance".

F. La Puissance et la Souveraineté selon le Réalisme

  • La Souveraineté de l'État Moderne :

    • Souveraineté interne : Autorité exclusive sur son territoire et sa population (principe d'exclusivité de la compétence territoriale, intangibilité des frontières, mais qui sont socio-historiquement déterminées). Issue du conflit temporel/spirituel (Philippe le Bel vs Boniface VIII, 1302 : "le roi de France n'a pas de souverain dans son royaume").

    • Souveraineté externe : Reconnaissance réciproque des États comme égaux (Traité de Westphalie, 1648). C'est un principe d'égalité juridique formelle.

    • Distinction Souveraineté vs Indépendance : La souveraineté est un principe juridique égal, l'indépendance est une situation politique concrète et asymétrique. Les "quasi-États" (Jackson) ont une souveraineté négative (manque de ressources pour fonctions régaliennes).

  • La Puissance (Morgenthau) :

    • Principe agrégatif, somme de critères matériels (capacité militaire et industrielle, territoire, démographie) et humains (savoir scientifique, qualité de formation, diplomatie, caractère national).

    • Hard Power (Nye) : Puissance militaire et économique coercitive.

    • Soft Power (Nye) : Capacité d'attraction et de persuasion (culture, valeurs politiques, politique étrangère).

    • La puissance est toujours relative et interactionniste.

  • L'Anarchie et le "Self-Help" : En l'absence de supérieur commun, les États privilégient l'intérêt national et la survie (principe du "self-help").

  • Équilibre des puissances ("Balance of Power") : Stratégie pour éviter l'hégémonie et la guerre en constituant des blocs équilibrés (Ex: Guerre Froide et "Pax Atomica" d'Aron).

III. Les Instruments des Relations Internationales : Diplomatie et Guerre

A. La Diplomatie

  • Définition : Moyen privilégié de dialogue et de négociation entre États, visant à faire avancer les intérêts nationaux. C'est à la fois un principe d'égalité juridique et un révélateur des rapports de force.

  • Historique :

    • Antiquité : Missions ponctuelles.

    • XVe siècle (Italie du Nord) : Premières ambassades permanentes.

    • 1589 : Création du ministère des Affaires étrangères en France.

    • XVIIe-XVIIe siècles : Développement du "corps diplomatique" et de ses privilèges (Traité de Westphalie).

  • Fonctions :

    • Pacificatrice : Résolution des tensions en amont ou des conflits en aval.

    • Négociation : Échange d'informations et recherche de compromis.

  • Diplomatie coercitive (Schelling, 1966) : Utilisation de la pression (sanctions, menaces militaires, isolement) pour modifier le comportement d'un État. Existe une grande porosité avec la guerre.

B. La Guerre

  • Clausewitz (De la guerre) : La guerre est la "poursuite de la politique étrangère par d'autres moyens que la diplomatie". C'est un instrument politique au service d'objectifs politiques (ex: soumission, paix stable).

  • Guerre "nécessaire" (Machiavel) :

    • La guerre est inévitable et fait partie du quotidien de la politique ("un prince ne doit avoir comme objet que de penser à la guerre").

    • "La guerre est juste pour ceux à qui elle est nécessaire".

    • Deux types : pour la survie (défense) et de nature politique (ressouder une nation).

    • Jugée par son efficacité, non par la morale.

  • Guerre "juste" (Saint Thomas d'Aquin à Michael Walzer) : Perspective idéaliste.

    • Saint Thomas d'Aquin (Moyen Âge) : Conditions pour une guerre moralement acceptable.

      1. Auctoritas Principis : Menée par une autorité légitime.

      2. Causa justa : Réponse à une faute de l'adversaire.

      3. Lucentio recta : Intention pure, respect des règles.

    • Michael Walzer (Just and Unjust Wars, 1977) : Distingue 3 temps de la guerre.

      1. Jus ad bellum (droit de faire la guerre) : Raisons légitimes, dernier recours.

      2. Jus in bello (droit dans la guerre) : Comportement pendant le conflit, encadré par le droit international (violence proportionnée).

      3. Jus post bellum (droit après la guerre) : Conditions de fin de guerre (traités équitables).

    • Walzer : "La guerre est toujours jugée deux fois" (sur les raisons et les moyens), ces jugements sont indépendants.

    • Intègre un calcul de probabilité : La probabilité de succès doit être raisonnablement supérieure à celle de défaite.

    • La "guerre juste" est aussi une lutte de légitimation médiatique.

  • La décision d'entrée en guerre (F. Pouponneau, Entrée en guerre au Mali, 2022) :

    • Pas la décision d'un seul homme, mais un enchaînement de micro-décisions bureaucratiques (Allison, L'essence de la décision sur la crise de Cuba).

    • Négociations entre ministères, complexe militaro-industriel. Le PR a un "droit de veto" plutôt qu'un pouvoir de décision solitaire.

    • La guerre peut avoir des "causes bureaucratiques" (ex: l'opération Serval/Barkhane au Mali a permis à l'armée de montrer son utilité, tester du matériel...).

    • La guerre comme "politique publique".

IV. Le Monde Post-Westphalien et les Nouveaux Acteurs

A. La Remise en Cause du Réalisme et de la Centralité de l'État

  • Après la 2GM et pendant la GF : Dominance du réalisme.

  • Fin XXe siècle : Remise en cause du monde westphalien (centralité et souveraineté de l'État) par le "haut" (globalisation) et le "bas" (revendications infranationales).

B. Mondialisation et Globalisation

  • Mondialisation : Transformations économiques tendant à un marché mondial unique (biens, services, capital, travail). Liée au libéralisme économique et à l'incapacité croissante des États à contrôler les flux. Réaffirmation des idées marxistes (l'économie domine le politique).

  • Globalisation (années 60-70) : Phénomènes plus larges, incluant le socio-culturel :

    • "Transnationalisation des relations sociales et culturelles".

    • Révolution des transports et des technologies de l'information.

    • Changement d'échelle des enjeux (globaux).

  • Conséquences : Interrogation sur la fin de la puissance des États et l'uniformisation des cultures.

C. Thèses sur l'Évolution du Monde Globalisé

  • Francis Fukuyama (La fin de l'histoire et le dernier homme, 1992) :

    • Prophétise la "victoire idéologique du libéralisme" (économique, politique, culturel) après la fin du bloc de l'Est.

    • Monde "unipolaire" dominé par le modèle occidental.

  • Samuel Huntington (Le Choc des civilisations, 1996) :

    • Réfute Fukuyama : le monde post-Guerre Froide est "multipolaire", structuré par des "blocs culturels/civilisationnels" en tension (ex: Occident vs monde musulman).

    • Les identités culturelles (souvent religieuses) déterminent les rapports sociaux et politiques.

    • Thèse critiquée pour son caractère "chosifiant et essentialisant".

  • Arjun Appadurai (Modernity at Large, 1993) :

    • Anthropologue de la globalisation : les circulations (humaines, technologiques, financières, médiatiques, idéologiques) produisent de "nouveaux paysages imaginaires" ("ethnoscapes"...).

    • Inspiration de Benedict Anderson (capitalisme de l'imprimé identités nationales) pour le "capitalisme de l'électronique" transnationalisation des communautés de sentiments.

    • La globalisation multiplie les "réinventions identitaires" (pas d'uniformisation).

    • Glocalisation : Réinterprétation locale du global.

    • Vers un "monde post-national" où les identités dépassent les cadres étatiques.

D. Impact sur l'État et le Néo-régionalisme

  • Marie-Claude Smouts : L'action politique se déploie de moins en moins dans le cadre de l'État-nation car les problèmes publics sont devenus "globaux/transnationaux".

  • Néo-régionalisme : Coopération et stratégies régionales (ONU, UE, OTAN, COP) sont des réponses plus adaptées aux défis globaux.

  • Revendications identitaires infranationales (Deloye) : Mouvements "ethnonationalistes" contestent le cadre de l'État-nation (ex: Pays Basque, guerres de Bosnie).

  • L'État contemporain ne peut plus revendiquer la loyauté exclusive de ses citoyens, qui est devenue "plurielle". Entrée dans un "ordre post-étatique" ou "post-westphalien".

V. Les Nouveaux Acteurs des RI (1) : Les Organisations Internationales (OI)

A. Définition et Origines

  • Définition : Structures de coopération inter-étatique, poursuivant un but commun via un organe autonome. La question est de savoir si elles sont des acteurs autonomes ou de simples scènes.

  • Premières idées : Projets de "paix perpétuelle" (Charles-Irénée Castel de St Pierre, Kant) au XVIIIe siècle, visant une fédération d'États.

  • Premières OI concrètes (XIXe siècle) : Initialement techniques.

    • 1815 : Commission Centrale pour la Navigation du Rhin.

    • 1874 : Union Postale Universelle.

    • 1883 : Union pour la Protection de la Propriété Industrielle.

  • Premières OI politiques :

    • 1919 : Société des Nations (SDN) et Organisation Internationale du Travail (OIT).

    • 1945 : Organisation des Nations Unies (ONU).

B. L'Organisation des Nations Unies (ONU)

  • Création : Charte signée le 25 juin 1945, entrée en vigueur en octobre 1945.

  • Principes fondateurs : Maintenir la paix et la sécurité, développer les relations, soutenir la coopération internationale, surveiller l'intangibilité des frontières, produire du droit international.

  • Organes principaux :

    • Assemblée Générale (AG) :

      • Plénière : Tous les États membres représentés.

      • Fonctionnement : "Un État = une voix" (égalité formelle).

      • Rôle : Consultatif (résolutions avec portée de recommandation). Pouvoir de nomination du Secrétaire Général (sur recommandation du Conseil de Sécurité) et sur le budget.

    • Secrétaire Général : Chef de l'administration et président de l'ONU, mandat de 5 ans.

    • Conseil de Sécurité (CS) :

      • "Véritable pouvoir de décision" et de contrainte.

      • Composition : 15 membres.

        • 5 membres permanents : USA, Russie, Chine, France, Royaume-Uni.

        • 10 membres non-permanents : élus pour 2 ans, répartis géographiquement.

      • Règles de vote (Article 27) : 9/15 votes affirmatifs, dont ceux des 5 permanents pour les questions de fond ("droit de veto"). L'abstention d'un membre permanent vaut approbation.

    • Conseil Économique et Social (ECOSOC).

    • Conseil de Tutelle (intervient ponctuellement).

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