Psychiatrie générale de l'adulte
Keine KartenCe document couvre les fondements de la psychiatrie générale de l'adulte, incluant les définitions, l'histoire, les modèles théoriques, et les approches diagnostiques et thérapeutiques des troubles mentaux.
Bien sûr ! Voici une synthèse détaillée et structurée des informations fournies, chapitre par chapitre, avec des mises en évidence et des explications claires.
1. Introduction à la Psychiatrie Générale de l'Adulte
Définitions et Fondements
La psychiatrie est une discipline médicale étudiant la prévention, le diagnostic et le traitement des maladies mentales.
Les neurosciences sont essentielles pour comprendre le cerveau, les biomarqueurs, les gènes et les régions cérébrales impliquées.
Disciplines spécialisées : pédopsychiatrie (enfants/ados), gérontopsychiatrie (personnes âgées), ethnopsychiatrie (contexte culturel), psychiatrie médico-légale (lien psychiatrie/droit), psychiatrie opérationnelle/militaire (stress extrême).
Brève Histoire de la Psychiatrie
Antiquité : la folie est souvent associée au châtiment divin (ex: Héraklès). Traitements magico-religieux.
Moyen Âge : peu de progrès théoriques, influence religieuse forte. Développement d'hôpitaux et de traitements empiriques (saignées, musique joyeuse).
XIXe siècle : Philippe Pinel introduit l'idée d'un "reste de raison" chez le fou, menant au "traitement moral" (dialogue, bienveillance, réinsertion). Les asiles deviennent des refuges.
Psychogenèse, Organogenèse et Démarche Nosographique
Psychogenèse : maladies mentales causées par des facteurs psychiques (Pinel, Esquirol – traitement moral).
Organogenèse : maladies mentales causées par des lésions organiques du cerveau (Bayle).
Début XXe siècle : traitements biologiques "de choc" basés sur l'organogenèse (malariathérapie, cure d'insuline, convulsivothérapie, leucotomie – ces méthodes étaient souvent invasives et destructrices).
1952 : Découverte de la chlorpromazine (antipsychotique) par Harl, Delay, Deniker → début de l'ère des thérapeutiques biologiques modernes.
Années 1960 : mouvement de l'antipsychiatrie (Laing) remettant en cause l'institution et soulignant les facteurs sociaux/familiaux, favorisant les thérapies familiales.
Épidémiologie de la Santé Mentale
Enjeu majeur de santé publique, avec des dimensions sociales, économiques et culturelles.
Chiffres (Belgique) :
Prévalence des symptômes anxieux et dépressifs : 9-11% (avant 2018) à 29-30% (2023).
Les jeunes adultes (18-29 ans) sont les plus touchés.
43% des adultes belges souffrent de troubles du sommeil.
Le suicide est la 1ère cause de mortalité chez les 15-24 ans en Belgique.
Approche Diagnostique & Nosographique
Premier âge (catégoriel/qualitatif - dès 1980) :
Classification par catégories distinctes (DSM-5-TR, CIM-11).
Limites : rigidité, risque de faux positifs/négatifs, comorbidité excessive.
Exemple dépression : CIM-10 vs DSM-5.
Deuxième âge (dimensionnel/quantitatif) :
Troubles mentaux vus comme des variations continues (continuum normal/pathologique).
Estimation de l'intensité des phénomènes psychiques.
Limites : diagnostic dépendant de l'opérateur, problèmes de comorbidité.
Exemple : échelle d'Hamilton pour la dépression.
Troisième âge (approche hybride) :
Synthèse catégoriel/dimensionnel + théorie des réseaux des troubles mentaux.
Chaque symptôme peut causer, amplifier ou renforcer d'autres symptômes.
Valorise la complexité des interactions symptomatiques.
Conclusions
La psychiatrie a une histoire complexe et est une discipline ancienne.
La santé mentale est primordiale et un enjeu de santé publique.
Le diagnostic psychiatrique est clinique, complexe et repose sur des approches diverses et complémentaires.
L'importance du contexte (époque, culture) et d'une approche pluraliste non dogmatique.
2. Séméiologie Psychiatrique
Objectifs
Établir un diagnostic précis ou différentiel.
Éliminer les situations d'urgence (crise suicidaire, manie, sevrage).
Construire l'alliance thérapeutique.
Proposer une prise en charge adaptée.
Définitions & Fondamentaux
Séméiologie : étude des signes et symptômes d'une maladie.
Signe : observation clinique objective (ex: agitation).
Symptôme : expérience subjective rapportée par le patient (ex: humeur dépressive).
Syndrome : ensemble de signes et symptômes reconnaissables.
L'examen psychiatrique est avant tout clinique, explorant 8 domaines de l'expérience vécue, en tenant compte de l'évolution des symptômes et du contexte du patient.
Domaines Sémiologiques – Examen Mental
1. Présentation et Contact
Apparence : extravagante, négligée.
Mimique : hypermimie, amimie, grimaces.
Activité psychomotrice : agitation, ralentissement, impulsivité, stupeur, stéréotypies.
2. Langage et Pensée
Dynamique du langage : logorrhée, mutisme, pauvreté.
Dynamique de la pensée : tachypsychie, bradypsychie, pensée inadaptée (barrage, digressive).
Forme du langage : écholalie, néologismes, agrammatisme.
Contenu du discours : idées délirantes, anxieuses, suicidaires.
3. Perception
Hallucinations : sans objet réel (auditivo-verbales, visuelles, intrapsychiques).
Illusions : interprétation erronée d'un stimulus réel.
Déréalisation : monde perçu comme étrange/irréel.
Dépersonnalisation : soi perçu comme différent, observé.
4. Attention et Mémoire
Attention : hypoprosexie (réduction), distractibilité, hyperprosexie (exagérée).
Mémoire épisodique : remémorations, reviviscences, flashbacks.
Mémoire de travail : oublis, lenteur, difficultés d'organisation.
5. Affectivité
Émotions : augmentées, diminuées, inadaptées (discordance idéo-affective).
Humeur : basse (hypothymie), élevée (hyperthymie), changeante (labilité).
Autres : craving (envie impérieuse), anhédonie (incapacité à ressentir du plaisir), désinhibition.
6. Fonctions Physiologiques
Sommeil : insomnie, hypersomnie, cauchemars.
Alimentation : anorexie, hyperphagie.
Sexualité : baisse/augmentation de la libido.
Fonctions neurovégétatives : palpitations, tremblements, nausées.
7. Comportement
Évitements : liés à l'anxiété.
Compulsions : actes répétitifs en réponse à des obsessions.
Comportements suicidaires.
Fonctionnement interpersonnel : retrait social, familiarités excessives.
Agressivité : auto ou hétéro-agressivité.
Bizarreries comportementales.
8. Jugement et Conscience du Trouble (Insight)
Jugement : réduit ou altéré (pensée illogique/paralogique).
Conscience du trouble (Insight) : préservée (reconnaissance de la pathologie) ou non préservée (anosognosie).
Principaux Syndromes Psychiatriques
Syndrome positif : symptômes "en plus" (délires, hallucinations).
Syndrome négatif : symptômes "en moins" (retrait social, anhédonie).
Syndrome de désorganisation : altération de la pensée, du langage, du comportement.
Syndrome thymique : troubles de l'humeur (dépression, manie).
Syndrome anxieux : réaction d'alerte excessive du corps.
Syndrome de dépendance : difficultés à contrôler un comportement agréable (addiction).
Syndrome suicidaire : idées de mort comme seule issue à l'épuisement.
Syndrome catatonique : perturbation grave de la psychomotricité.
Syndrome d'agitation : augmentation de l'activité motrice.
3. Les Troubles de l'Humeur
Définitions
Les troubles de l'humeur sont des pathologies mentales caractérisées par des anomalies thymiques (humeur dérégulée en temps et intensité).
Généralement chroniques, d'étiologie multifactorielle, et avec de nombreuses comorbidités.
Qu'est-ce que l'humeur ?
Disposition affective fondamentale, oscillant entre agréable et désagréable.
Résulte d'interactions complexes entre l'inné et l'acquis.
Épidémiologie des Troubles Dépressifs
Prévalence de l'épisode dépressif caractérisé : ~10% chez les 18-75 ans.
Risque suicidaire élevé : 30-50% des tentatives suite à un épisode dépressif.
Apparaît à tout âge, mais plus souvent chez les jeunes adultes (médiane 25 ans) et les femmes (2/3).
Populations à risque : adolescentes, personnes âgées.
Facteurs de risque : faible niveau socio-économique, troubles psychiatriques comorbides, pathologies chroniques, traumatismes infantiles, antécédents personnels/familiaux.
Sémiologie des Troubles Dépressifs
Humeur basse et constante (non toujours tristesse), souvent pire le matin.
Irritabilité, hostilité, colère, aboulie, anhédonie, anesthésie affective.
Anxiété pathologique, troubles du sommeil (réveils précoces), idées de culpabilité/dévalorisation, idées suicidaires.
Bradypsychie, ruminations, altérations cognitives (concentration, mémoire).
Ralentissement moteur (clinophilie, incurie, apathie), perturbations alimentaires et sexuelles.
La mélancolie anxieuse est une forme grave.
Trouble Dépressif Induit par Substance ou Médicament
Nombreux médicaments peuvent induire une dépression (Méthyldopa, Benzodiazépines, Stéroïdes, etc.).
Trouble Dépressif Dû à une Affection Médicale
Maladies chroniques, hypothyroïdie, SAoS, douleur chronique, maladies neurodégénératives.
Différence avec Alzheimer : installation rapide vs progressive, symptômes cognitifs transitoires vs permanents, culpabilité présente vs absente en dépression.
Spécificités chez le sujet âgé : plus de plaintes somatiques, troubles cognitifs marqués, idées suicidaires moins exprimées mais risque de suicide réussi plus élevé.
Épidémiologie des Troubles Bipolaires et Apparentés
Touche 1-4% de la population générale, débute entre 15-25 ans.
Type I : épisodes maniaques et/ou dépressifs caractérisés (sex-ratio équilibré).
Type II : épisodes hypomaniaques et dépressifs caractérisés (prédominance féminine).
Cyclothymique : fluctuations chroniques de l'humeur sans critères d'épisode complet.
Troubles bipolaires induits par substance/médicament ou dûs à affection médicale.
Chroniques, avec récidives quasi systématiques.
Mortalité plus précoce (suicide, maladies cardiovasculaires).
Fait partie des dix maladies les plus invalidantes/coûteuses selon l'OMS.
Sémiologie – Syndrome Maniaque
Humeur anormalement élevée et constante, euphorie, énergie et activité accrues.
Réduction des besoins de sommeil (prodromique).
Idées délirantes mégalomaniaques/messianiques (40-50% des cas), hallucinations.
Comportement perturbé : agressivité, conduites à risque, consommation de substances, achats compulsifs, hypersexualité.
Urgence psychiatrique, souvent hospitalisation (Loi du 26 juin 1990).
Sémiologie – Syndrome Hypomaniaque
Symptômes similaires au maniaque mais d'intensité moindre.
Perturbations affectives, psychomotrices et physiologiques modérées.
Souvent prise en charge ambulatoire possible.
Bilan Clinique et Paraclinique face à un Trouble de l'Humeur
Examen clinique + mental.
Bilan sanguin, urinaire, toxicologique.
Si nécessaire : EEG, imagerie cérébrale.
Autres Troubles de l'Humeur
Dysthymie (trouble dépressif persistant) : dépression chronique > 2 ans.
Trouble dysphorique prémenstruel : symptômes dépressifs, anxieux, irritables en phase lutéale.
Dépression saisonnière : hypersomnie, hyperphagie, dépression en automne/hiver.
Syndromes rares : Cotard (délire nihiliste), troubles mixtes (dépressifs et maniaques simultanés).
Diagnostic Différentiel
Diagnostic d'exclusion : écarter d'abord autres causes.
Substances, causes neurologiques (tumeurs, SEP, AVC), endocriniennes/métaboliques, iatrogéniques.
Différencier dépression unipolaire des troubles bipolaires.
Trouble de la personnalité, trouble psychotique, trouble anxieux.
Dépression Unipolaire vs Bipolaire
Diagnostic crucial car prise en charge différente (risque de virage maniaque avec antidépresseurs inadaptés).
Unipolaire : plus femmes, histoire familiale dépressive, début plus tardif (30 ans), syndrome dépressif typique.
Bipolaire : plus hommes, histoire familiale bipolaire, début plus précoce (20 ans), plus de TS, ATCD d'abus de substances, syndrome dépressif atypique (phases euphoriques, hypersomnie, hyperphagie).
Quand Référer au Psychiatre ?
Risque suicidaire, dépression avec symptômes psychotiques.
Comorbidités (abus de substances), ATCD familiaux de troubles bipolaires.
Réponse insuffisante au traitement (dépression résistante).
Incertitude diagnostique, situations spécifiques (enfant, grossesse, post-partum).
Prise en Charge et Trajet de Soins
Objectifs : rémission partielle/totale, qualité de vie, prévention des rechutes (psychoéducation).
Outils :
Hygiène de vie : sommeil, éviter stimulants, activité physique, psychoéducation.
Psychopharmacologie :
Indiqué pour dépression modérée/sévère, trouble de l'humeur avéré.
Délai d'action 3-4 semaines, durée 6-12 mois pour 1er épisode.
ISRS en 1ère intention (Paroxétine, Fluoxétine, Escitalopram, Sertraline).
Résistance (après 2 ISRS à dose efficace pdt 6 sem.) : référer psy, changer de catégorie (ISRN, Tricycliques).
Dépression psychotique/mélancolique : AD + neuroleptique atypique, ECT.
ECT : formes sévères/résistantes (mélancolie, manie, catatonie, cycles rapides, grossesse).
Dépression saisonnière : luminothérapie.
Épisode maniaque : urgence médicale, souvent hospitalisation sous contrainte. Traitement anti-maniaque (Thymorégulateurs : Lithium, Valproate, Lamotrigine; Antipsychotiques atypiques).
Traitements Adjuvants : pour troubles du sommeil (Benzodiazépines, Z-drugs, Trazodone, Mirtazapine).
Populations Spécifiques : référer psychiatre spécialisé (géronto, pédopsy).
Psychothérapies : toujours indiquées en association au traitement médical.
Hospitalisation : si risque suicidaire, conduites à risque, manie, comorbidités.
Autres : psychoéducation, remédiation cognitive, équipes mobiles.
4. Suicidologie
Objectifs
Détecter les situations à risque suicidaire.
Argumenter les principes de prévention et de prise en charge.
Définitions
Conduites suicidaires : suicides et tentatives de suicide (TS).
Suicide : acte intentionnel de mettre fin à sa vie.
Personne suicidée : décédée par suicide (mort violente).
Tentative de suicide (TS) : comportement auto-infligé avec intention de mourir, mais sans décès.
À distinguer des blessures auto-infligées non suicidaires (automutilations, scarifications).
Personne suicidante : survit à sa TS.
Réitération suicidaire : nouvelle TS.
Idées suicidaires (IDS) : pensées de vouloir mourir. Passive (désir de ne pas se réveiller) ou active (actions concrètes envisagées).
Personne suicidaire : présente ou exprime des IDS.
Épidémiologie
France 2020 : 4,2% ont pensé à se suicider sur les 12 derniers mois.
Le suicide est la 1ère cause de décès chez les 15-44 ans en Belgique et France (2021).
Belgique : ~5 suicides/jour.
Surmortalité masculine nette (H/F = 3).
Après une TS, taux de récidive ~40% (moitié dans la 1ère année).
90% des personnes suicidées souffraient d'une maladie psychiatrique.
Sémiologie de l'Acte Suicidaire
1. Expression des Idées Suicidaires (IDS)
Peu exprimées à manifestes.
Sentiments internes : ennui, vide, perte de contrôle, injustice, épuisement.
Difficultés relationnelles : conflits, isolement.
Comportements liés au travail (arrêts répétés, surinvestissement).
Idées concrètes de "disparaître", ou formulation claire de l'intention avec moyens précis.
2. Manifestations d'une Situation de Crise Suicidaire
Comportements observables : attirance marginalité, automutilations, TCA, mise en danger, consommation substances, fugue, préoccupation excessive pour la mort.
3. Contexte de Vulnérabilité et Facteurs de Risque
Personnels : sexe (surmortalité masculine), âge (18-35 ans, adolescents, personnes âgées), ATCD personnels de TS (surtout mécaniques), isolement, maladie chronique, profession à risque, accès aux moyens létaux.
Familiaux/Sociaux : ATCD familiaux de TS (effet Werther), conflits familiaux, négligence/maltraitance, ATCD psychiatriques familiaux (bipolaires), institutionnalisation, appartenance à minorité.
Effet Werther : contagion suicidaire après médiatisation.
Évaluation de la Crise Suicidaire (systématique en médecine)
1. Le risque du projet suicidaire (facteurs de risque)
ATCD personnels/familiaux de TS, ATCD psy personnels/familiaux.
Structure de personnalité, état de santé, négligence, difficultés personnelles/économiques.
Isolement social, contagion (effet Werther), élément déclencheur récent.
Facteurs de protection : résilience, soutien socio-familial, croyances religieuses.
2. L'urgence du projet suicidaire
Scénario suicidaire et délai (exécution).
Préméditation (lettre, testament).
Absence d'alternative au suicide ("faux calme").
Communication (directe/indirecte) de l'intention.
Typologie : urgence faible, moyenne, élevée (critères détaillés dans le texte).
3. La dangerosité du projet suicidaire
Disposition des moyens.
Profession à risque.
Isolement familial/géographique.
Prise en Charge
Les IDS sont une urgence psychiatrique, ne jamais banaliser.
Prendre le temps, lieu calme/sécurisé, expression du patient.
Aborder IDS directement et explicitement, établir relation de confiance.
Identifier facteurs de protection, orienter vers aide/soins.
Urgence : services d'urgence spécialisés (psy), sécuriser le patient, stabiliser état somatique (si TS), puis évaluation psychiatrique complète.
Hospitalisation (volontaire ou sans consentement) : si risque/dangerosité élevés.
Indications hospitalisation : protection de la personne (objets dangereux, surveillance), traitement trouble psy, résolution crise, suivi ambulatoire structuré, évaluation.
Risque zéro n'existe pas : 5% des suicides en milieu hospitalier.
Prévention (primaire, secondaire, tertiaire) : identification des risques, dépistage précoce, prise en charge des personnes suicidantes.
5. Les Troubles Anxieux et Apparentés
Objectifs
Distinguer anxiété normale de pathologique.
Établir le diagnostic clinique et différentiel.
Connaître les règles de prescription des anxiolytiques.
Citer les méthodes psychothérapeutiques.
Qu'est-ce que l'Anxiété ?
Réaction normale.
État désagréable (symptômes physiques, psychiques, cognitifs) liée à une menace perçue.
Anxiété Normale vs Pathologique
Anxiété Normale
Anxiété Pathologique
Situations objectivement dangereuses. Soucis raisonnables. Contrôlable, intensité limitée, durée brève. Disparaît avec la situation. Peu/pas de handicap.
Situations peu/pas dangereuses. Soucis irréalistes, exagérés. Forte, douloureuse, démesurée, incontrôlable (panique). Prolongée ou trop fréquente. Handicap significatif, détresse psychique. Changements majeurs dans la vie.
Caractéristiques Générales des Troubles Anxieux
Ensemble hétérogène, anxiété pathologique centrale.
Fréquence : Prévalence vie entière 15-20% (25-35% en médecine générale).
Conséquences : coût élevé pour santé.
Comorbidité : fréquente entre troubles anxieux (40-60%) et avec dépression (50-70%).
Facteur de risque : prédominance féminine (2/3).
Complications : invalidité (évitement), abus/dépendance alcool.
Facteurs pronostiques : comorbidités, intensité symptômes, récidives, trouble personnalité.
Étiopathogénie : facteurs génétiques (sérotonine), névrosisme, événements de vie.
Complications des Troubles Anxieux
Stratégies d'évitement, isolement social → syndrome dépressif.
Troubles somatoformes, dépendance aux substances.
Décrochage familial, social, professionnel.
Dans les cas graves, suicide.
Nosographie des Troubles Anxieux (DSM-5)
Anxiété de séparation, mutisme sélectif, phobie spécifique, anxiété sociale, trouble panique, agoraphobie, anxiété généralisée (TAG).
Trouble anxieux induit par substance/médicament ou dû à affection médicale.
Le Trouble Anxieux Généralisé (TAG)
Généralités et Épidémiologie :
Anxiété chronique et diffuse > 6 mois ("maladie des inquiétudes").
Prévalence : ~5% pop. gén., prédominance féminine.
Débute 35-45 ans, plus fréquent chez personnes âgées et enfants/ados avec TDAH.
Sémiologie :
Appréhension constante, soucis excessifs, ruminations.
Anxiété disproportionnée, injustifiée.
Perturbations physiologiques (sommeil, appétit), symptômes physiques (céphalées, digestifs, musculaires), fatigue, hyperactivité végétative.
Diagnostic Différentiel :
Trouble anxieux dû à affection médicale (phéochromocytome, hyperthyroïdie).
Trouble anxieux induit par substance/médicament (caféine).
Anxiété sociale (focalisée sur situations sociales, pas générales).
TOC (inquiétudes réalistes dans TAG vs idées inappropriées/intrusives dans TOC).
Trouble stress post-traumatique (anxiété liée à l'événement traumatique).
Troubles dépressifs/bipolaires/psychotiques (anxiété non isolée).
Le Trouble Panique
Généralités et Épidémiologie :
Prévalence : 3% vie entière, prédominance féminine, début 20-30 ans.
Souvent sous-diagnostiqué chez enfants/ados.
Plus souvent associé au développement d'une dépression majeure.
Caractérisé par attaques de panique récurrentes et inattendues + anxiété anticipatoire ("peur de mourir" ou "devenir fou").
Critères Diagnostiques :
Attaques de panique brusques, atteignant un pic en minutes, avec au moins 4/13 symptômes (palpitations, transpiration, tremblements, dyspnée, douleur thoracique, nausées, vertiges, frissons/bouffées, paresthésies, déréalisation/dépersonnalisation, peur de perdre le contrôle/devenir fou, peur de mourir).
Peur persistante d'autres attaques ou de leurs conséquences, ou changement de comportement significatif > 1 mois.
Caractéristiques Associées : attaques de panique nocturnes, inquiétudes constantes de santé mentale/physique, intolérance aux effets indésirables médicaments, usage de substances pour contrôler attaques.
Diagnostic Différentiel :
Autres troubles anxieux (si attaques attendues).
Trouble anxieux dû à affection médicale (hyperthyroïdie, cardiopulmonaire).
Trouble anxieux induit par substance/médicament (stimulants, sevrage alcool/barbituriques).
Si âge > 45 ans ou symptômes atypiques, considérer autre cause médicale/substance.
Le Trouble Phobique
Généralités et Épidémiologie :
Peur intense, incontrôlable, déclenchée par un objet ou situation phobogène.
Très fréquent (prévalence 10-12% vie entière, 5% phobie sociale).
Fréquent chez l'enfant (5-30%, ex: phobie scolaire).
Sémiologie :
Crainte irraisonnée, peur brute, disproportionnée.
Déclenchée par contact, vue, ou évocation. Disparaît en l'absence du stimulus.
Réactions typiques : sidération, comportements d'évitement.
Phobies fréquentes : arachnophobie, zoophobies, orage, hauteurs, sang, médical, tunnels/ponts.
Phobie Spécifique (DSM-5) : Peur/anxiété intenses face à objet/situation spécifique, évitement actif ou vécu avec anxiété, disproportionnée, persistante > 6 mois, souffrance/altération significative.
Anxiété Sociale (Phobie Sociale) (DSM-5) :
Peur/anxiété intenses des situations où le sujet est exposé à l'observation ou au jugement d'autrui.
Crainte d'agir/montrer symptômes d'anxiété jugés négativement.
Provocation quasi systématique de peur/anxiété, évitement ou subie avec anxiété.
Disproportionnée, persistante > 6 mois, souffrance/altération significative.
Fréquemment symptômes physiques (rougeur, tachycardie, tremblements, sueurs).
Source importante de souffrance/invalidité. Ne pas confondre avec agoraphobie.
Agoraphobie (DSM-5) :
Peur/anxiété marquées pour >= 2/5 situations : transports, endroits ouverts/clos, foule/files d'attente, être seul hors domicile.
Peur de difficulté d'échapper ou de trouver secours en cas de symptômes panique/embarrassants.
Évitement actif, besoin d'accompagnant, ou subie avec peur intense.
Disproportionnée, persistante > 6 mois, souffrance/altération.
Le Trouble Obsessionnel Compulsif (TOC)
Généralités et Épidémiologie :
Parmi les plus fréquents et invalidants.
Association obsessions et compulsions.
Prévalence vie entière ~2%. Touche principalement jeunes (< 25 ans).
Thématiques variées (propreté, ordre, vérification, religion, peur malheur).
Bonne conscience du trouble (Insight) chez majorité. Faible insight (5-25%) associé à pronostic défavorable.
Sémiologie :
Obsessions : pensées, pulsions, images récurrentes, persistantes, intrusives, inappropriées, source d'anxiété. L'individu lutte ("lutte anxieuse") souvent en vain.
Compulsions et rituels : comportements répétitifs (laver, ordonner, vérifier) ou actes mentaux (compter, répéter) destinés à réduire la détresse/anxiété, prévenir événement redouté. Excessives, peu efficaces. Rituels si très stéréotypées.
Thématiques fréquentes : contamination, erreur (ordre/symétrie), pensées interdites (catastrophe, impulsion agressive, sexuelle, religieuse, somatique).
Diagnostic Différentiel :
Troubles anxieux : inquiétudes réalistes dans anxiété généralisée, phobies spécifiques + circonscrites, anxiété sociale ciblée.
Trouble dépressif caractérisé : ruminations congruentes à l'humeur, pas forcément intrusives, non liées à compulsions.
Autres troubles obsessionnels-compulsifs et apparentés (dysmoprhie corporelle, trichotillomanie, syllogomanie).
Anorexie mentale (préoccupations poids/nourriture).
Tics et mouvements stéréotypés : moins complexes, pas de but de neutralisation obsessions.
Troubles psychotiques : délire si complète conviction.
Autres comportements compulsifs (jeu, substance) : plaisir souvent présent.
Personnalité obsessionnelle-compulsive : perfectionnisme excessif, contrôle rigide, pas d'intrusions/compulsions liées à celles-ci.
Pronostic et Évolution :
Sans prise en charge (stigmatisation) : évolution péjorative.
Stratégies d'évitement → isolement social complet.
Complications : dépression, addictions, risque suicidaire.
Associations possibles : anorexie mentale, tics, Gilles de la Tourette.
"Un TOC peut vous rendre littéralement fou".
Le Trouble Stress Post-Traumatique (TSPT)
Généralités et Épidémiologie :
Symptômes caractéristiques après exposition à un événement traumatique (menace de mort, blessure grave, violences sexuelles).
Exposition : victime directe, témoin, expositions répétées (professions à risque).
Prévalence vie entière : 5-10% pop. gén.
Populations à risque : victimes de viols, survivants de combats, génocides.
Sex-ratio : 2 femmes pour 1 homme.
Sémiologie :
Indispensable de retrouver un événement traumatique.
Syndrome de répétition : reviviscences (flashbacks), réactions dissociatives, cauchemars.
Syndrome d'évitement : toutes situations rappelant le traumatisme.
Hyperactivité neurovégétative : hypervigilance, troubles du sommeil, irritabilité, sursauts.
Altérations négatives des cognitions et de l'humeur : distorsions cognitives ("vie foutue"), syndrome dépressif → suicide.
Pronostic et Évolution :
Durée variable. ~50% guérison en 3 mois.
Formes chroniques > 12 mois.
Complications : addictions, épisode dépressif majeur, risque suicidaire.
Diagnostic Différentiel : troubles de l'adaptation, autres affections post-traumatiques, trouble stress aigu (durée < 1 mois), autres troubles anxieux, TOC, dépression, troubles de la personnalité, troubles dissociatifs, trouble de conversion, troubles psychotiques.
Le Trouble Stress Aigu
Sémiologie : Similaire au TSPT, mais survient dans les jours après trauma et ne persiste pas au-delà d'un mois (3 jours à 1 mois).
Évolution généralement spontanément favorable, psychothérapie de soutien.
Trouble Anxieux Induit par une Substance/un Médicament
Attaques de panique ou anxiété dominent, développées pendant/rapidement après Intoxication/sevrage ou exposition à un médicament.
La substance doit être capable de produire les symptômes.
Exclure trouble anxieux non induit si symptômes pré-existaient ou persistent après arrêt.
Trouble Anxieux Dû à une Autre Affection Médicale
Anxiété cliniquement significative directement due à une affection médicale.
Confirmer lien physiologique par anamnèse, examen, examens complémentaires.
Exclure autre trouble mental primaire (ex: trouble de l'adaptation).
Intérêt de la psychiatrie de liaison et médecine psychosomatique.
Prise en Charge des Troubles Anxieux
Objectifs : rémission symptômes, qualité de vie, prévention rechutes.
Outils :
Hygiène de vie : sommeil, éviter stimulants, activité physique, psychoéducation, compléments.
Psychopharmacologie :
Symptomatiques (max 6 semaines) : Benzodiazépines (alprazolam retard), bêta-bloquants, antihistaminiques.
De fond (au moins 6 mois) : ISRS (paroxétine, escitalopram), ISRSNa (venlafaxine).
Psychothérapies : TCC très efficaces pour nombreux troubles anxieux, relaxation, méditation.
Hospitalisation : si risque suicidaire, comorbidités.
Spécificités TCC : exposition avec prévention de la réponse pour phobies/TOC. TEP, EMDR pour TSPT.
6. Les troubles à symptomatologies somatiques et apparentés
Objectifs
Diagnostiquer un trouble à symptomatologie somatique.
Connaître les principes de la prise en charge.
Définitions & Fondements
Troubles mentaux fréquents, souvent rencontrés en consultation médicale classique (non psychiatrique).
Plus fréquent chez les femmes (2/1).
Présence de symptômes physiques chroniques, pénibles, invalidants, sans anomalie organique détectée.
Impact sous-estimé.
DSM-5-TR : trouble à symptomatologie somatique, crainte excessive d'avoir une maladie, trouble de conversion.
Trouble à Symptomatologie Somatique
Prévalence : 5-7%.
Définition : 1 ou plusieurs symptômes somatiques entraînant détresse/altération vie quotidienne, avec pensées/sentiments/comportements excessifs liés aux symptômes/santé (gravité pensée, anxiété élevée, temps/énergie excessifs).
L'état symptomatique est durable (> 6 mois).
Variante : "Syndrome de détresse corporelle" (>= 3 symptômes de différentes catégories avec handicap significatif).
Exclure les diagnostics médicaux pertinents avant de poser ce diagnostic.
Symptômes : activation neurovégétative (palpitations, sueurs), gastro-intestinale (douleurs, nausées), musculo-squelettique (myalgies, paresthésies), généraux (fatigue, vertiges).
Épidémiologie du Trouble à Symptomatologie Somatique
Facteurs de risque : névrosisme (affectivité négative), anxiété, faible niveau socio-économique/éducatif, événements de vie stressants.
Comorbidité élevée avec troubles anxieux et dépressifs.
Alexithymie (difficulté à identifier/exprimer émotions) : facteur de vulnérabilité.
Questions Diagnostiques liées à la Culture
Variation culturelle dans l'expression (symptômes somatiques vs cognitifs).
Ex : "burnout", sensations de lourdeur, "gaz", brûlures dans la tête.
Attribution variable des symptômes (stress fam., pro., env., affections médicales, suppression émotions).
Sémiologie Classique – Syndromes Somatiques Fonctionnels
Gastroentérologie : intestin irritable, dyspepsie.
Rhumatologie : fibromyalgie.
Cardiologie : précordialgies à coronaires saines.
Pneumologie : hyperventilation.
Neurologie : céphalées de tension.
La Crainte Excessive d'Avoir une Maladie (Hypocondrie)
Prévalence : 3-8%.
Préoccupation d'avoir/développer maladie grave.
Symptômes somatiques absents ou mineurs. Préoccupation clairement excessive/disproportionnée.
Anxiété importante concernant la santé.
Comportements excessifs (vérifications) ou évitement (RDV médicaux).
Préoccupations > 6 mois.
Ne pas mieux expliqué par autre trouble mental (TSS, panique, TAG, TOC, délirant).
Types : avec demande de soins (fréquente) ou évitant les soins (rare).
Le Trouble de Conversion (Trouble à Symptomatologie Neurologique Fonctionnelle)
Prévalence : ~5% en neurologie.
Symptômes d'altération de la motricité volontaire ou des fonctions sensorielles.
Incompatibilité entre symptômes et affection neurologique/médicale reconnue.
Altération significative dans fonctionnement, ou nécessite évaluation médicale.
Types : faiblesse/paralysie, mouvements anormaux, troubles déglutition/élocution, crises épileptiformes, anesthésie/perte sensorielle, symptômes visuels/olfactifs/auditifs.
Peut être aigu (< 6 mois) ou persistant (> 6 mois).
Avec ou sans facteur de stress psychologique.
Bilan Complémentaire (dans ces troubles)
1. Anamnèse détaillée.
2. Examen clinique et mental.
3. Avis spécialisés/examens complémentaires si nécessaire.
Priorité : exclure pathologie somatique sous-jacente.
Écarter comorbidités psychiatriques et pathologies médicales associées.
Un trouble fonctionnel n'exclut pas une autre pathologie somatique.
Grands Principes de Prise en Charge
Poser le bon diagnostic (d'exclusion).
Reconnaître les symptômes comme "véritables" auprès du patient ("souffrance réelle").
Aborder facteurs déclenchants/de maintien.
Prise en charge coordonnée et intégrée (médecins, psy, kinés).
Objectif : amélioration de la qualité de vie, non "guérison" complète.
Médicaments somatiques (antalgiques) peu efficaces. ISRS efficacité modeste.
Traiter les comorbidités psychiatriques.
Insister sur les mesures d'hygiène de vie (activité physique, alimentation, sommeil).
7. Les Urgences Psychiatriques (PSY-ER)
Objectifs
Diagnostiquer une agitation / situation de crise.
Identifier les caractéristiques d'urgence et planifier la prise en charge.
Définitions
Agitation et délire aigu sont deux syndromes indépendants.
Peuvent survenir dans de nombreux troubles (somatiques ou psychiatriques).
Diagnostics psychiatriques = diagnostics d'exclusion (après élimination cause organique).
Situations fréquentes : agitation, psychose aiguë, manie, crise suicidaire, crise d'angoisse aiguë/attaque de panique, intoxications/sevrages.
Épidémiologie : Urgences Psychiatriques – Hôpital Général
Troubles aspécifiques du comportement aigu (y compris Loi 1990).
Décompensations psychotiques, syndromes maniaques.
Intoxications/sevrages liés aux substances.
Crises/tentatives suicidaires.
Sémiologie : l'État d'Agitation
DSM-5 : activité motrice excessive associée à tension interne (improductive, stéréotypée).
Anamnèse standardisée : calme, sécurisant. ATCD somatiques/psy, circonstances. Hétéro-anamnèse essentielle.
Examen clinique :
Signes de gravité (confusion, déshydratation, métaboliques, sepsis).
Signes non psychiatriques (origine neurologique, métabolique, infectieuse) : épilepsie, AVC, méningite, hypoglycémie, CO.
Signes psychiatriques associés (thymique, psychotique, anxieux).
Examens complémentaires : exclure étiologie somatique grave. Bilan biologique, ECG, toxicologique. Imagerie/ponction lombaire si besoin.
Étiologies selon l'âge :
Adulte jeune : intoxications/sevrages SPA, iatrogénie, pathologies somatiques inaugurales (épilepsie, AVC), psychiatriques (panique, psychose brève, personnalité, début schizophrénie).
Adulte avec ATCD psy : virage maniaque, syndrome sérotoninergique, effet paradoxal BZD, effets secondaires antipsychotiques (dyskinésie, akathisie), confusion par psychotropes anticholinergiques.
Personne âgée : iatrogénie (BZD, AD, agonistes dopaminergiques, opiacés), troubles hydro-électrolytiques, pathologies neurologiques (AVC, tumeur, démence), douleur, infection urinaire, fécalome, intoxication alcoolique.
Sémiologie : Le Syndrome Délirant Aigu
Altérations du contenu de la pensée, perte de contact avec la réalité.
Convictions inébranlables, inaccessibles à la critique, "évidence interne".
Aigu : apparition récente (< 1 mois).
Décrit par systématisation, degré d'adhésion, retentissement émotionnel/comportemental.
Anamnèse et examen clinique : mêmes principes que pour l'agitation.
Sémiologie : Le Syndrome Maniaque
Humeur anormalement élevée et constante, euphorie, énergie/activité accrues.
Réduction besoins de sommeil.
Idées délirantes mégalomaniaques/messianiques (40-50%), hallucinations.
Troubles du comportement : agressivité, conduites à risque, consommations, achats compulsifs, hypersexualité.
Urgence psychiatrique (souvent hospitalisation Loi 26 juin 1990).
Anamnèse, examen clinique, examens complémentaires (bilan complet, ECG, toxicologique) souvent différés si nécessité de stabilisation urgente.
Prise en Charge d'une Agitation/Syndrome Délirant Aigu (aux urgences)
Idéalement en services d'urgences psychiatriques. Hospitalisation (consentement prioritaire).
Prévention risque suicidaire/dangerosité autrui systématique.
Approches : psychopharmacologique et non médicamenteuse.
1. Traitements psychopharmacologiques
Objectif : apaiser rapidement sans sédation excessive.
Communication si possible (médicament, voie, objectif).
Voie orale privilégiée.
Classes : neuroleptiques atypiques (1ère intention) et benzodiazépines à demi-vie courte/moyenne.
Monothérapie privilégiée.
Surveillance rapprochée (fonctions vitales, efficacité).
Rechercher et traiter la cause sous-jacente.
2. Traitements non psychopharmacologiques
Environnement calme, sécurisant. Retirer objets dangereux.
Contention mécanique/physique : dernier recours, danger immédiat, justifiée cliniquement, adaptée, limitée dans le temps.
Surveillance médicale intensive. Traçabilité complète. Levée par psychiatre.
Suivi après la Crise
Si étiologie psychiatrique, mise en place d'un trajet de soins adapté.
Hospitalisation spécialisée, préparation sortie (social, famille, MG), suivi ambulatoire coordonné (psychiatre, Projet 107).
Sémiologie – La Crise Suicidaire (voir Chapitre 4)
Urgence psychiatrique majeure. Évaluation systématique du risque (risque, urgence, dangerosité).
Sémiologie – La Crise d'Angoisse Aiguë et l'Attaque de Panique
Même entité diagnostique : état d'anxiété paroxystique, brutal, limité dans le temps.
Peut être inaugurale ou secondaire à un trouble (ex: trouble panique).
Prévalence : 3-5% vie entière.
Motif fréquent d'admission aux urgences ("grande imitatrice" : simule EP, IDM).
Sex-ratio : 2 femmes pour 1 homme. Patients jeunes/d'âge moyen.
Évolution en 3 phases : début brutal (intensité max), phase plateau (20-30 min, très angoissante), décroissance (asthénie post-critique).
Symptômes polymorphes : respiratoires (dyspnée), cardiovasculaires (palpitations), neurovégétatifs (tremblements, sueurs), digestifs, physiques, psychiques (peur de mourir/fou, dépersonnalisation).
Prise en Charge (Crise d'Angoisse Aiguë)
Écarter cause non psychiatrique.
Environnement calme, réassurance claire et empathique (pas de danger vital, souffrance reconnue).
Exercices de spirothérapie.
Si prolongée : benzodiazépine ponctuelle (Lorazepam Expidet).
Après crise : suivi ambulatoire. Si trouble panique : mixte (psychopharmacologie + TCC).
Sémiologie – Les Syndromes d'Intoxication et de Sevrage (Addictologie)
Tableaux cliniques nombreux et polymorphes. Addictologie = discipline à part entière.
Deux situations : intoxication et sevrage.
Majorité des urgences addictologiques sont médicales avant d'être psychiatriques.
Après stabilisation aiguë, trajet de soins spécialisé si motivation patient.
Principes généraux de prise en charge : accueil adapté, bienveillance, écoute, empathie, cadre clair, pas de jugement/discours moralisateur. S'occuper du motif immédiat.
Urgences addictologiques hospitalières :
Expression somatique (pronostic vital engagé).
Psycho-comportementales (souffrance psychique, troubles du comportement).
Sociales (précarité, marginalisation).
Urgences psycho-comportementales (intoxications) : agitation (alcool, psychostimulants, hallucinogènes, cannabis), syndrome délirant. Prise en charge conjointe MG/Psy.
Urgences d'expression somatique (intoxications graves) : arrêt cardiorespiratoire, perte de connaissance, hypothermie/hyperthermie, crise convulsive. Nécessitent médecine aiguë/USI.
Syndrome de sevrage éthylique – Delirium Tremens :
48-72h après arrêt brutal alcool.
État confuso-onirique, hallucinations visuelles (insectes), altération état général (hyperthermie, instabilité hémodynamique), crises convulsives.
Pronostic vital sombre sans prise en charge USI/médecine aiguë. Urgence.
8. Lois, éthique et déontologie
Objectifs
Connaître les principes de la Loi du 26 juin 1990 (MEO).
Connaître les principes de la Loi du 5 mai 2014 (Internement).
Savoir ce qu'est une mesure de protection.
Loi du 26 juin 1990 : Protection de la Personne des Malades Mentaux (Mise en Observation - MEO)
Remplace l'ancienne "collocation". Vise à protéger les droits individuels sous contrôle judiciaire.
Introduce le débat contradictoire (présence avocat obligatoire).
Critères d'application (cumulatifs) :
Maladie mentale.
Danger grave et imminent pour soi-même et/ou autrui.
Absence d'alternative (ex : refus de traitement).
Mesure privative de liberté = solution d'exception.
Procédures :
1. Ordinaire (Art. 5) : Initiée par toute personne intéressée (famille, proche). Requête + Rapport Médical Circonstancié (RMC) < 15 jours. Juge de paix fixe audience sous 10 jours.
2. Urgente (Art. 9) : Danger imminent. Requête au Parquet du Procureur du Roi. Hôpital psychiatrique désigné pour prise en charge immédiate. Audience juge de paix sous 10 jours à l'hôpital.
3. Nixon (Art. 9, spécifique Bruxelles) : Danger aigu, imminent, grave pour soi/autrui. Police peut initier admission forcée, contacte magistrat de garde. Psychiatre de garde détermine si hospitalisation forcée.
Devenir après décision judiciaire :
Si RMC non recevable/non conforme, ou alternative : loi non appliquée.
Si MEO validée :
Procédure ordinaire : hospitalisation 40 jours en service agréé.
Procédure urgente : placement par parquet, juge de paix confirme/lève MEO sous 10 jours. Si levée, patient peut partir ou rester volontairement. Si confirmée, hospitalisation 40 jours.
Fin des 40 jours :
Patient quitte hôpital avec trajet de soins.
Mesure de maintien (souvent 2 ans) : en institution (postcure) ou à domicile (avec soins). Requiert argumentation et débat contradictoire. Psychiatre de tutelle désigné.
Évolutions législatives (22/02/2017) :
Juge de paix doit consulter proches. Notification du jugement à tous avant exécution.
RMC ne peut être établi par médecin parent/allié du patient/requérant, ni par médecin attaché au service psychiatrique d'hospitalisation (interdiction au médecin traitant/psychiatre traitant de le rédiger).
Loi du 16 mai 2024 (en vigueur 01/01/2025) :
"De l'admission forcée à l'admission protégée" (modernisation, humanisation).
Autre Mesure de Protection Judiciaire : Administration de Biens et/ou de la Personne
Concerne majeurs incapables de gérer leurs biens/personnes (état de santé).
Ordonnée par juge de paix (info/rapports médicaux).
Désignation d'un administrateur (souvent avocat), parfois avec une personne de confiance.
Mesure peut être allégée/levée selon évolution.
Loi du 05 mai 2014 : Internement des Personnes (Droit Pénal)
Contexte historique :
Antiquité : Imhotep (expert médico-légal), Code d'Hammurabi (responsabilité absolue).
Platon/Aristote : responsabilité morale si acte délibéré sans contrainte.
Hippocrate : maladies non divines.
Article 71 du Code Pénal :
Pas d'infraction si trouble mental abolit capacité de discernement/contrôle au moment des faits, ou contrainte irrésistible.
Expertise Psychiatrique Médico-Légale (Art. 5) :
Ordonnée par procureur, juge d'instruction, juridictions si raisons de considérer une situation d'internement.
Établir : trouble mental au moment des faits (discernement/contrôle aboli/altéré), lien causal trouble/faits, risque de nouvelles infractions, possibilité de traitement/suivi/réinsertion.
Réalisée par expert psychiatre médico-légal.
Décisions Judiciaires d'Internement (Art. 9) :
Juridictions d'instruction/jugement peuvent ordonner internement si :
Délit/crime portant atteinte ou menaçant intégrité physique/psychique de tiers.
Trouble mental aboli/altéré discernement/contrôle au moment de la décision.
Danger de commettre de nouveaux faits en raison du trouble mental.
Décision après expertise psychiatrique médico-légale de l'Art. 5.
Conclusions
La psychiatrie légale existe depuis l'Antiquité, est récente en Belgique sous sa forme actuelle.
Indispensable dans un état de droit.
Connaître ces deux lois (MEO et Internement) est essentiel.
9. Les Troubles Psychotiques
Objectifs
Diagnostiquer un trouble psychotique – la schizophrénie.
Argumenter l'attitude de prise en charge pluridisciplinaire.
Définitions
Les psychoses (syndromes) : ensemble de pathologies mentales caractérisées par une altération du contact avec la réalité.
La schizophrénie est la principale entité.
Nombreux troubles psychotiques. Généralement chroniques, d'étiologie multifactorielle, avec de nombreuses comorbidités.
La Schizophrénie
Définitions : trouble psychiatrique fréquent, parmi les 10 maladies les plus invalidantes (OMS). Chronique, évolutif, neuro-dégénératif, caractérisé par altération du contact avec la réalité.
Épidémiologie :
Incidence : 0,4-0,7% (jusqu'à 1%).
Origine multifactorielle (génétique + environnemental).
Gènes de susceptibilité interagissent avec : SPA, migration, stress chronique, milieu urbain.
Début : 15-25 ans (adolescence/début âge adulte).
Symptômes prodromiques (cognitifs) 2-5 ans avant.
Sex-ratio : H > F (1,4).
Modalités d'Apparition et Facteurs de Risque :
Début : le plus souvent insidieux et progressif (dégradation cognitive, affective, sociale). Rarement aigu (crise psychotique).
Facteurs de risque :
SPA (cannabis+++).
Stress chronique+++.
Mode de vie urbain++.
Infections virales+.
Troubles personnalité cluster A (paranoïaque, schizoïde, schizotypique)++.
Complications obstétricales (hypoxie, infections périnatales)++.
Saisonnalité des naissances (hiver/automne)+.
Traumatismes infantiles (négligence, maltraitance)+.
Facteurs sociodémographiques (faible SES, isolement)+.
Sémiologie de la Schizophrénie : 3 grandes entités syndromiques :
1. Syndrome positif ("en plus") :
Idées délirantes (90% des cas) : altérations du contenu de la pensée, perte contact réalité. Convictions fortes, inébranlables. Thématiques variées (persécution, grandeur, mystique, somatique, référence). Floues, peu logiques, non systématisées.
Hallucinations (75-85% des cas) : perceptions sans objet réel. Associées à idées délirantes = mécanismes hallucinatoires. Formes : auditives (fréquentes), acoustico-verbales (voix, conversations), visuelles, olfactives, gustatives, cénesthésiques. Intrapsychiques (écho pensée, transmission pensée, pensées imposées).
2. Syndrome négatif ("en moins") : appauvrissement global de la vie psychique.
Émoussement affectif : réduction réactions émotionnelles (froideur, détachement). Associé à anhédonie (absence plaisir) et aboulie (manque de volonté).
Pauvreté du discours (alogie).
Comportemental : apragmatisme (incapacité à entreprendre), clinophilie (rester allongé), incurie (hygiène négligée), retrait social.
3. Syndrome de désorganisation : perte/morcellement unité psychique.
Cognitif : altérations cours pensée (barrages, fading, diffluence), raisonnement (illogismes), langage (néologismes, schizophasie).
Affectif : discordance idéo-affective.
Comportemental : inadaptés, désorganisés.
Critères Diagnostiques (DSM-5) :
>= 2 symptômes parmi : idées délirantes, hallucinations, discours désorganisé, comportement désorganisé/catatonique, symptômes négatifs. Au moins 1 de ces trois premiers.
Altération du fonctionnement marquée.
Signes continus > 6 mois (phase active > 1 mois, prodromiques/résiduels possibles).
Exclusion trouble schizoaffectif/humeur.
Non imputable à substance/pathologie médicale.
Si trouble autistique/communication, ajouter seulement si hallucinations/délires importants pendant > 1 mois.
Spécifier type : 1er épisode (aigu, rémission partielle/complète), épisodes multiples, continu.
Spécifier : avec catatonie.
Poser un Diagnostic de Schizophrénie :
Diagnostic clinique.
Critères quantitatifs (3 entités syndromiques) et de durée.
Symptômes > 1 mois (phase active).
Difficultés > 6 mois pour diagnostic.
Durée < 1 mois : trouble psychotique bref.
Durée 1-6 mois : trouble schizophréniforme.
Toujours exclure cause somatique (neurologique, endocrinienne, métabolique, infectieuse).
Diagnostic Différentiel : complexe, conséquences importantes.
Dépression/bipolaire avec psychotiques/catatonie (temporalité trouble humeur/psychose).
Trouble schizoaffectif (épisode humeur et psychose concomitants, symptômes affectifs persistants).
Trouble schizophréniforme (< 6 mois), épisode psychotique bref (< 1 mois).
Trouble délirant (pas d'autres symptômes schizo, mais idées délirantes).
Personnalité schizotypique (symptômes subliminaux).
TOC/dysmoprhie corporelle (insight faible, mais préoccupations spécifiques).
TSPT (flashbacks hallucinatoires, hypervigilance persécutoire, mais liée à événement traumatique).
Trouble spectre autisme/communication.
Autres troubles mentaux (confus, neurocognitifs).
Psychotique induit par substance/médicament (chronologie prise/psychose, rémission après arrêt).
Sémiologie des Autres Troubles Psychotiques :
Trouble délirant (persistant) : idées délirantes > 1 mois, sans désorganisation psychique/syndrome négatif. Hallucinations rares. Adhésion très forte. Pronostic défavorable. Thématiques : persécution, érotomanie, jalousie, mégalomanie.
Trouble psychotique bref, trouble schizophréniforme, trouble schizoaffectif, troubles psychotiques induits, psychotiques dus à affection médicale.
Catatonie (flexibilité cireuse).
Troubles personnalité cluster A.
Trouble Psychotique Induit par Substance/Médicament :
Délires/hallucinations au 1er plan. Apparition pendant/après prise/intoxication/sevrage.
Exclure trouble psychotique non induit. Non pendant confusionnel.
Cause détresse/altération fonctionnement.
Ex : alcool, cannabis, hallucinogènes, stimulants.
Trouble Psychotique Dû à une Autre Affection Médicale :
Hallucinations/délires au 1er plan. Conséquence physiopathologique directe affection médicale.
Ex : pathologies neurologiques (tumeurs, SEP, épilepsie), endocriniennes, métaboliques, auto-immunes.
Catatonie Associée à un Autre Trouble Mental :
>= 3 symptômes : stupeur, catalepsie, flexibilité cireuse, mutisme, négativisme, prise de posture, maniérisme, stéréotypie, agitation, grimaçante, écholalie, échopraxie.
Peut accompagner troubles neurodéveloppementaux, psychotiques, bipolaires, dépressifs.
Exclure pathologies infectieuses, métaboliques, neurologiques. Attention au syndrome malin des neuroleptiques.
Prise en Charge et Trajet de Soins des Troubles Psychotiques
Quand référer au psychiatre ? Psychose aiguë, décompensation, dangerosité (soi/autrui), comorbidités (SPA), ATCD familiaux violence, réponse insuffisante au traitement, incertitude diagnostique, grossesse/post-partum.
Objectifs : rémission symptômes, qualité de vie, prévention des rechutes.
Trajet de soins : 2 temps (phase aiguë, suivi long cours). Phase aiguë : hospitalisation (volontaire ou MEO) ou équipes mobiles (Projet 107). Suivi pluridisciplinaire.
Outils thérapeutiques :
Hygiène de vie : sommeil, éviter stimulants, activité physique, psychoéducation.
Approches psychopharmacologiques :
3 objectifs : sécuriser phase aiguë (réduire synd. positif), traitement de fond, maintenir rémission (réadaptation).
Phase aiguë : neuroleptiques atypiques (2ème génération, 1ère intention : orale ou IM). Neuroleptiques typiques (2nde intention). Benzodiazépines adjuvantes. Chambre d'isolement/contention : dernier recours (dangerosité avérée, protocoles stricts).
Cas particuliers : clozapine (formes résistantes/violentes, avec suivi hématologique).
Traitements de fond : stabiliser, éviter rechutes, informer patient/entourage, adhésion, psychoéducation. Privilégier atypiques (formes LP injectables).
Durée : 1er épisode -> 2 ans post-rémission. Rechute -> 5 ans. Symptômes résiduels -> prolongé.
Approches psychothérapeutiques : psychoéducation essentielle. Accompagnement systémique.
Autres approches : sismothérapie (formes réfractaires), stimulation magnétique transcrânienne (hallucinations résistantes), remédiation cognitive, réadaptation psychosociale.
10. Les Troubles du Sommeil / Somnologie de l'Adulte
Objectifs
Diagnostiquer un trouble du sommeil.
Argumenter la prise en charge (insomnie, hypersomnie).
Introduction / Rappel sur le Sommeil Normal
Perte de conscience périodique, naturelle, fondamentale, réversible.
Architecture du sommeil :
Sommeil NREM (Sommeil lent - SL) : NREM-1, NREM-2 (léger), NREM-3, NREM-4 (profond - som. Delta).
Sommeil REM (Rapid Eye Movement - Sommeil paradoxal) : rêves animés.
Sommeil non-REM
Sommeil REM
Act. autonomes (cardiaque, respiratoire)
diminution lente
variables avec fortes bouffées
Thermorégulation
maintenue
altérée
Flux sanguin cérébral
réduit
élevé
Tension posturale
diminution progressive
abolie
Mouvements oculaires
peu fréquents, lents, non coordonnés
rapides, coordonnés
État cognitif
pensées vagues
rêves animés, bien organisés
Un cycle de sommeil dure environ 90 minutes.
Besoin en sommeil varie avec l'âge (8h pour un adulte). Grande variabilité individuelle (court/long dormeur, chronotype).
Rythme Veille-Sommeil
Géré par 2 processus :
Processus homéostasique (Processus S) : "Je dors car je suis fatigué". S'accumule pendant la veille.
Processus circadien (Processus C) : "Je dors car c'est mon heure de dormir". Dépend de l'horloge biologique (noyau suprachiasmatique). Rythme endogène > 24h synchronisé par lumière, rythmes sociaux, alimentation.
Méthodes d'Exploration du Sommeil
Polysomnographie (PSG) examen standard : EEG, EOG, EMG, paramètres cardio-respiratoires, moteurs, vidéo.
Agenda du sommeil, actimétrie, polygraphie ventilatoire.
Tests itératifs de latence d'endormissement (TILE), tests de maintien de l'éveil (TME).
Dosages d'hypocrétine/orexine.
Conseils d'Hygiène de Sommeil
Alimentation (sucres lents le soir). Activité physique (matin).
Activités calmes en soirée. Chambre calme, sombre, fraîche.
Lumière le matin. Coussin/matelas de qualité. Limiter écrans le soir.
Rituel du coucher pour enfants. Se lever/coucher à heures régulières.
Siestes courtes. Éviter excès psychostimulants (caféine > 4-6h avant), nicotine (1h avant).
Alcool : "le plus vieux hypnotique".
Gérer le stress.
Définition et Principales Étiologies des Troubles du Sommeil
Perturbation cliniquement significative du sommeil/éveil. Dysfonction dans régulation veille/sommeil.
Détresse significative, altération fonctionnement.
3 grands syndromes : hypersomnolence/hypersomnie, insomnie, comportements pendant le sommeil.
Peuvent s'associer à symptômes pulmonaires, cardio-métaboliques, neurologiques, ORL, psychiatriques.
Catégories de Troubles du Sommeil
Troubles de l'insomnie : aiguë (< 3 mois), chronique (> 3 mois).
Troubles respiratoires du sommeil : SAOHS, apnées centrales, hypoventilation nocturne.
Troubles d'hypersomnolence d'origine centrale : narcolepsie (type 1/2), Kleine-Levin, hypersomnie secondaire.
Troubles moteurs liés au sommeil : jambes sans repos, mouvements périodiques des jambes, bruxisme.
Troubles du rythme circadien : retard/avance de phase, irrégulier, libre cours, désadaptation travail nuit, décalage horaire.
Parasomnies :
Sommeil lent : éveils confusionnels, terreurs nocturnes, somnambulisme.
Sommeil paradoxal : troubles du comportement en REM, cauchemars.
Clinique et Sémiologie de l'Insomnie
Plainte très fréquente (1/3 adultes, 10% chronique).
Souvent associée à anxiété/dépression. Prévalence augmente avec l'âge.
Types : d'endormissement, milieu de nuit, fin de nuit. Chronique si > 3 mois.
Conséquences : fatigue diurne, difficultés cognitives, irritabilité, humeur perturbée, céphalées, symptômes somatiques, pensées dysfonctionnelles.
Différencier de simple plainte dans autres pathologies.
Diagnostic différentiel : syndrome de retard de phase (ados), syndrome des jambes sans repos.
Prise en charge :
Hypnotiques : transitoires.
Thérapie Cognitive et Comportementale (TCC) : traitement de référence pour insomnie chronique (hygiène sommeil, restriction temps au lit, contrôle stimulus, restructuration cognitive).
Mélatonine, antidépresseurs sédatifs (faible dose). Z-drugs en dernier recours.
Forme sévère/persistante : centre du sommeil.
Hypersomnolence
Besoin excessif de sommeil / baisse qualité éveil. 15-20% pop. Enjeu santé publique.
Diagnostic : anamnèse, examen clinique, échelle Epworth, actimétrie, TILE, TME.
Causes fréquentes : dette de sommeil, SAoS, dépression, psychotropes, grossesse.
Causes rares : narcolepsie, hypersomnie idiopathique.
Prise en charge spécialisée (après PSG).
Troubles du Comportement en Lien avec le Sommeil
Sommeil lent profond : somnambulisme, terreurs nocturnes, éveils confusionnels (→ hypersomnolence diurne).
Sommeil paradoxal :
Trouble du comportement en REM : mise en acte du rêve (perte atonie musculaire), mouvements amples, risque blessures. Touche surtout personnes âgées, peut annoncer maladie neurodégénérative.
Cauchemars (fréquents chez enfant).
Prise en charge en milieu spécialisé après évaluation.
12. Addictologie
Objectifs
Comprendre et diagnostiquer une addiction (substance et comportementale).
Argumenter la prise en charge pluridisciplinaire et le trajet de soins.
Définitions
Processus par lequel un comportement (produisant plaisir ou atténuant malaise) est employé avec : impossibilité répétée de contrôler et poursuite malgré conséquences négatives.
Peut être lié à :
Substances psychoactives (SPA).
Addictions sans substance ou comportementales.
Sémiologie Générale : 3 grands ensembles de symptômes
1. Comportementaux :
Perte de contrôle progressive.
Impossibilité croissante d'arrêter/réduire.
Craving (envie irrépressible de consommer).
2. Répercussions sociales et médicales :
Sociales : isolement, marginalisation, perte d'emploi, décrochage social.
Médicales : hépatites, VIH, cardiopathies, infections.
3. Pharmacologiques :
Tolérance : perte d'effet à dose/fréquence égale → augmentation doses.
Syndrome de sevrage : physique, psychique, ou mixte.
Dépendance physique : besoin physique, symptômes sevrage pénibles à l'arrêt.
Dépendance psychologique : besoin psychologique de consommer pour réduire émotions négatives.
Usage et Mésusage des SPA
Non-usage : absence de consommation.
Usage à faible risque : consommation usuelle peu risquée (alcool uniquement).
Mésusage : toute conso SPA avec risque/dommage/dépendance. Tout usage de SPA (sauf alcool et certains médicaments) = mésusage.
Comportements problématiques de mésusage :
Usage à risque : expose à risques complications aiguës/chroniques, sans qu'elles soient présentes.
Usage nocif : complications présentes, mais pas dépendance.
Syndrome de dépendance/addiction : comportemental, cognitif, physiologique. SPA entraîne désinvestissement d'autres domaines existentiels.
Troubles Liés à une Substance (DSM-5)
Mode pathologique de consommation malgré problèmes significatifs.
Critères regroupés : réduction du contrôle (quantité > prévue, désir persistant de contrôler, temps passé à obtenir/utiliser/récupérer, craving), altération fonctionnement social (incapacité à remplir obligations, problèmes interpersonnels, abandon activités), consommation risquée (situations dangereuses, malgré connaissance problèmes), critères pharmacologiques (tolérance, sevrage).
Tolérance et sevrage ne sont ni nécessaires ni suffisants pour le diagnostic.
Sévérité : léger (2-3 symptômes), moyen (4-5 symptômes), grave (>= 6 symptômes).
Prise en charge longue haleine, objectifs propres au patient, maintien du lien thérapeutique.
Ambulatoire : équipes de prévention (scolaire, universitaire, entreprises), équipes de soins (consultations addictologie, MG addictologues).
Hospitalière : services de cure de sevrage, mise à l'abri.
Acteurs psychosociaux : psychoéducation, groupes d'entraide (AA).
Les Addictions aux Substances Psychoactives (SPA)
L'addiction au tabac
Épidémiologie : 1ère cigarette ~14 ans. 80% décès K broncho-pulmonaires liés. Nicotine = principale responsable dépendance.
2020 : 29% H / 22% F fumeurs quotidiens. 49% fumeurs réguliers = signaux addiction.
Durée de consommation > dose pour l'addiction.
Complications : néoplasiques, pulmonaires, cardiovasculaires, dermatologiques.
Psychiatriques : 82% schizophrènes, 56% bipolaires fument. Arrêt tabac peut donner humeur dépressive transitoire. Lien avec trouble panique.
Dépistage : tous professionnels de santé, dès âge scolaire. Pluridisciplinaire. MG rôle central. Spécialistes (hypnose).
Question "Fumez-vous ?". Évaluation croyances/attentes, dépendance (Test de Fagerström - Q1 et Q4 les plus utiles).
Investiguer comorbidités psychiatriques, co-addictions.
Stratégies de prise en charge :
Pharmacologiques : substituts nicotiniques (patchs, gommes, inhaleurs, sprays). Varénicline (Champix), bupropion (Zyban) – prescrite par médecins familiers.
Non pharmacologiques : entretien motivationnel, psychothérapie de soutien, TCC, hypnothérapie.
Cigarettes électroniques (SEDEN) : outil de sevrage (avec autres solutions). Pas d'effets indésirables liés aux solvants à date.
L'addiction à l'alcool
Épidémiologie : substance la plus consommée en Europe. 90% adultes en France boivent 1 fois/an, 10% quotidiennement (H/F = 3/1).
2ème cause de mortalité évitable (K, maladies hépatiques, accidents, suicides). 41 000 décès/an.
Seulement 10% des dépendants pris en charge. Conséquences : clochardisation, Korsakoff.
Diagnostic/Repérage : anamnèse clinique, évaluation consommation déclarée d'alcool (CDA) (fréquence, quantité, type, API).
Questionnaire AUDIT-C (score > 4 H, > 3 F = mésusage). Examens complémentaires (alcoolémie, GGT, VGM).
Bilan conduite addictive : troubles usage ALCOOL, comorbidités additives, médicales (nerveux, digestif, cardiovasculaire, hépatique, ....), psychiatriques (anxieux, humeur, personnalité), sociales (famille, économie, justice).
Intoxication alcoolique aiguë :
Faible dose : désinhibition, euphorie, parfois tristesse, agressivité, dysarthrie.
Forte dose : dépresseur SNC, altérations perceptions/jugement/facultés.
Très sévère : coma éthylique (coma calme, hypotension, hypotonie, hypothermie, mydriase peu réactive).
Syndrome de sevrage alcoolique :
Apparition systématique si alcoolémie décroît/nulle (30% patients dépendants).
Non compliqué : tremblements, sueurs, anxiété, vomissements, insomnie, irritabilité, agitation, tachycardie/HTA. (Disparaît avec alcool/BZD).
Compliqué : crises convulsives généralisées, état de mal épileptique, Delirium Tremens (urgence médicale).
Principes de prise en charge :
Prévention primaire (retarder 1ère conso, info effets, verre standard).
Repérage précoce, intervention brève.
Prise en charge intoxication aiguë (sécurité, surveillance, dépister sevrage compliqué, orienter).
Prise en charge dépendance (globale, multidisciplinaire, basée sur motivation, objectif arrêt, souvent longue).
Prise en charge sevrage non compliqué (urgence médicale, ambulatoire/hospitalier, diazépam doses décroissantes 7-15 jours, hydratation, B1, correction hydro-électrolytique).
Prise en charge sevrage compliqué (USI, hydratation, B1, diazépam, surveillance intensive).
Long terme : médicaments addictolytiques (acamprosate, disulfiram, baclofène). Équipes pluridisciplinaires, groupes d'entraide (AA). Motivation du patient.
L'addiction aux médicaments psychotropes : Benzodiazépines (BZDs) et apparentés
Agonistes récepteurs GABA-A. Anxiolytiques, sédatifs, hypnotiques, myorelaxants, anticonvulsivants.
Durées de traitement souvent trop longues (> 7 mois, guidelines < 6 semaines).
Très utiles, mais avec parcimonie et bonnes indications.
Belgique = grands consommateurs.
Complications : décès par surdosage, accidents, agressions (chimiques), chutes chez âgés, troubles cognitifs chroniques, tolérance, dépendance, majoration symptômes psy.
Usage à risque : toute prescription BZDs = plan structuré (durée, posologie). Vigilance si dépendance autres substances. Durée max : 4 semaines hypnotiques, 12 semaines anxiolytiques.
Intoxication aiguë : sédation, troubles vigilance, ataxie, dysarthrie, coma avec dépression respiratoire. Volontaire (suicidaire) ou involontaire (tolérance).
Dépendance : principes généraux = autres dépendances.
Syndrome de sevrage : apparition de signes nouveaux à l'arrêt/diminution. Général : tremblements, anxiété, insomnie, céphalées. Plus spécifiques : confusion, hallucinations. Rarement crises convulsives...
Sevrage plus sévère si : réduction poso trop rapide, poso initiale élevée, BZDs demi-vie courte, comorbidités psy, conso d'autres substances.
Prévention/Bonnes pratiques : anticiper arrêt, réévaluer pertinence, dose minimale efficace, éviter association BZDs, respecter durées max. Éducation thérapeutique.
Prise en charge dépendance avérée :
Sevrage lent, progressif, individualisé. Ambulatoire/hospitalier.
Surveillance symptômes sevrage (anxiété, agitation, insomnie, tremblements, convulsions).
Poids des comorbidités et co-addictions. Support psy, hygiène sommeil, gestion stress.
Modalités pratiques : décroissance lente, favoriser BZD demi-vie longue (diazépam), approche globale.
Addiction au cannabis
Généralités : *Cannabis sativa*. Δ9-THC principal principe actif (récepteurs CB1/CB2). Formes : herbe, résine.
Épidémiologie : problème majeur santé publique. Substance illicite la plus consommée en Europe. Dépendance psychologique importante. Pas de dépendance physique "classique" mais syndrome de sevrage réel.
France : 47% expérimenté, 3% fumeurs réguliers. 30% ados 17 ans ont consommé.
Intoxication aiguë ("ivresse cannabique") : euphorie, retrait social, anxiété, idées paranoïdes, altération jugement/perceptions, troubles coordination/équilibre, confusion, hyperhémie conjonctivale, tachycardie, augmentation appétit.
Intoxication chronique : diminution performances cognitives, troubles attentionnels, indifférence affective, retrait social, syndrome amotivationnel.
Syndrome de sevrage : (10-40% usagers réguliers). Irritabilité, agressivité, anxiété, agitation, dépression, troubles sommeil, perte appétit, symptômes somatiques. Début 24-36h, durée 2-3 semaines (sommeil > 1 mois).
Complications/Comorbidités :
Psychiatriques : psychose induite (brève), troubles anxieux, dépression, risque accru schizophrénie chez jeunes réguliers, aggrave bipolaire, autres addictions.
Non psychiatriques : pulmonaires (bronchite), cardiaques (arythmies), digestives (syndrome hyperémétique), néoplasiques.
Prévention/Prise en charge : éviter initiation/dépendance. Approche globale, multidisciplinaire, centrée patient. Psychothérapie (entretien motivationnel, TCC, soutien). Prise en charge addictologique co-dépendances.
Traitement intoxication aiguë : symptomatique. Éviter BZDs, privilégier antihistaminiques (hydroxyzine). Neuroleptiques si psychotiques.
Traitement sevrage : symptomatique. Hydroxyzine pour anxiété. Repos, hydratation, environnement calme, activité physique.
L'addiction à la cocaïne
Généralités : extraite feuilles de coca. Formes : chlorhydrate (poudre blanche, sniff/IV), base (crack) (inhalation, IV). Stimulant puissant, fort pouvoir addictif.
Épidémiologie : stimulant illicite le plus consommé en Europe. "Drogue des riches" banalisée. Forte addictivité. France : 10 000 hospit/an, 600 000 troubles.
Intoxication aiguë : "syndrome maniaque" (euphorie, énergie, tachypsychie, idées grandeur, désinhibition—sexuelle → ChemSex, irritabilité, agressivité). Urgence psychiatrique.
Syndrome de sevrage ("descente") : rapide après arrêt. Dépression sévère (plusieurs semaines). Risque suicidaire majeur. Avec crack : recherche compulsive, agitation, impulsivité, violence.
Principes de prévention/prise en charge : adaptés aux objectifs patient. Ambulatoire ou hospitalisation (si coaddictions, comorbidités psy, précarité). Individuelle/groupale. Bilan addictologique complet. Pas de traitement pharmacologique spécifique. Approche combinée : psychopharmacologie (anxiété, dépression), psychothérapies (TCC, entretien motivationnel, soutien), prévention rechutes, accompagnement social.
Prise en charge intoxication aiguë : symptomaque (contrôler agitation, syndrome maniaque) : BZDs, neuroleptiques sédatifs. Pas d'antidote.
Prise en charge sevrage aigu : symptomaque (syndrome dépressif sévère, risque suicidaire). Soutien, calme, parfois hospitalisation.
Addiction aux amphétamines
Généralités : amphétamine (speed), méthamphétamine (meth, crystal), MDMA, ecstasy. Drogues de synthèse. Conso festive, jeunes adultes, ChemSex.
Intoxication aiguë : agitation, euphorie, confiance, tachypsychie, libido/pulsions sexuelles augmentées, tachycardie, tachypnée.
Hyperthermie maligne : urgence médicale (hyperthermie, agitation, confusion, convulsions, mydriase, HTA, tachycardie, sudation, pâleur, rhabdomyolyse).
Syndrome intoxication chronique : tolérance rapide, risque addictif élevé. Asthénie, perte de poids, troubles sommeil, anxiété, dysphorie. Complications organiques.
Syndrome de sevrage : quelques jours après arrêt. Syndrome anxio-dépressif avec risque suicidaire.
Principes de prise en charge : intoxication aiguë = urgence médicale. Addiction : ambulatoire ou hospitalisation. Pas de traitement spécifique. Entretiens motivationnels, psychothérapies (TCC, soutien).
Addiction aux opiacés
Généralités : naturels (morphine), semi-synthétiques (héroïne), synthétiques (codéine, fentanyl, méthadone). Épidémie en Amérique du Nord. Dépendance peut apparaître dès la 1ère prise.
Intoxication aiguë : 3 phases : flash orgasmique (30 min), somnolence/apathie (2-5h), anxiété/troubles cognitifs.
Complication majeure : overdose (trouble conscience, dépression respiratoire, myosis serré).
Sevrage aux opiacés : dépendance psychologique et physique intense. Symptômes : pseudo-grippaux (myalgie, frissons), neurovégétatifs (bâillements, mydriase, tachycardie), psychiatriques (anxiété, craving, insomnie, agitation). Début 6-12h, durée 1-3 semaines (anxiété/insomnie > mois).
Comorbidités/complications : veines sclérosées, syndrome de Popeye, infections locales/systémiques (endocardite, hépatites, VIH), altération état général, marginalisation, délinquance, overdose.
Prévention/prise en charge : ne jamais tester. Globale, pluridisciplinaire.
Intoxication aiguë - conduite à tenir : hospit urgence (réa). Traitement spécifique : naloxone (antagoniste morphinique). Support ventilatoire. Traitement complications.
Sevrage aux opiacés - conduite à tenir : symptomatique (antalgiques, antispasmodiques, antiémétiques, anxiolytiques non BZD). Traitement de substitution opioïde (TSO).
TSO : traitement de choix (méthadone, buprénorphine HD, Suboxone). Durée longue. Prise en charge globale, multidisciplinaire, avec suivi strict.
Addiction aux drogues de synthèse (NPS - New Psychoactive Substances)
Généralités : substances psychoactives récentes, fabriquées en Europe/Asie.
Types : cathinones de synthèse (4-MMC, MDPV), cannabinoïdes de synthèse (Spice).
Population usagers : milieu festif, HSH, milieux alternatifs.
Intoxication aiguë (cannabinoïdes) : euphorie, sociabilité, anxiolyse, tachycardie, hyperhémie conjonctivale, troubles sensoriels, illusions, hallucinations. Peut augmenter empathie, performance sexuelle (ChemSex).
Complications psychiatriques (cannabinoïdes) : rêves vifs, hallucinations, anxiété, agitation, délire aigu, paranoïa, troubles mnésiques, dépression.
Complications non psychiatriques (cannabinoïdes) : tachycardie, convulsions, confusion, dépression respiratoire, rhabdomyolyse, insuffisance rénale aiguë, overdose, décès.
Symptômes de sevrage (cannabinoïdes) : tension interne, insomnie, cauchemars, sueurs, céphalées, nausées, tremblements.
Complications psychiatriques (cathinones) : anxiété, hallucinations, paranoïa, insomnie, troubles cognitifs, idées suicidaires, attaques de panique, délire aigu, dépression.
Complications non psychiatriques (cathinones) : nausées, céphalées, vertiges, troubles vision, hyperthermie, mydriase, bruxisme, tachycardie, HTA, douleurs thoraciques, anomalies ECG, rhabdomyolyse, syndrome sérotoninergique, décès.
Complications liées aux NPS (Slam) : médicales (abcès, troubles coagulation, VIH, IST), psychiatriques (humeur, anxieux, auto/hétéro-agressifs), marginalisation, sevrage.
Prévention/Prise en charge : pas de traitement spécifique. Principes : psychopharmacologie, psychothérapies.
Autres drogues : GHB/GBL, LSD, Kétamine, Hallucinogènes divers
Généralités : conso en milieux festifs. Potentiel addictif puissant (Kétamine). Dégâts chez jeunes (15-34 ans).
Hallucinogènes : hallucinations, distorsions, agitation, mydriase, nystagmus, hyperthermie, HTA.
GHB/GBL (effet dose-dépendant) : euphorie, désinhibition, aphrodisiaque, altération conscience, perte contrôle, relaxation, troubles pensée/élocution. Overdose (G-Hole) : bradypnée, apnée, vertiges, ataxie, asthénie, diplopie, mydriase.
Kétamine : dépersonnalisation, déréalisation, expériences de mort imminente, anxiolytique, désinhibition. K-hole (trous noirs, troubles cognitifs, comp., hallucinations, cauchemars). Dépression respiratoire modérée. Coma, attaques de panique.
Syndrome de sevrage :
Hallucinogènes : hallucinations géométriques, fausses perceptions mouvement, flashs couleurs.
GHB/GBL : insomnie, tremblements, confusion, nausées, vomissements (pic 24h, dure 9 jours).
Kétamine : pas de syndrome spécifique, mais anxiété, tremblements, palpitations.
Les Addictions Comportementales
Généralités/Épidémiologie : troubles d'origine multifactorielle. Comorbidités psychiatriques fréquentes (50-75%).
Différentes activités : achats, sport, jeux vidéo, sexe.
2 addictions reconnues internationalement :
Jeu d'argent pathologique.
Trouble du jeu vidéo (en ligne/hors ligne).
Facteurs de risque : TDAH, JHA (jeux de hasard et d'argent), faible assertivité, caractéristiques structurelles du jeu, distorsions cognitives.
Trouble jeu vidéo
Addiction sexuelle
Achats compulsifs
Addiction AF
Prévalence
1-3%
0,5-5%
5%
3%
Sex-ratio
Masculin (80%)
Masculin (80%)
Féminin (90%)
Féminin (66%)
Comorbidités
Délirant, TDAH
Chemsex, slam
Bipolaire, Boulimie
TCA (anorexie, boulimie)
Diag. différentiels
Paraphilies, Hypersexualité iatrogénique/neurologique
TOC
Hyperactivité TDAH
Prises en charge
Thérapie familiale, entourage
Antidépresseurs ISRS (hors AMM), IST
Mesures protection (sauvegarde justice)
(cf. Item 71)
Généralités sur la Prise en Charge (Add. Comportementales)
Spécialisée (cliniques du jeu).
Pas de traitement "spécifique".
Idéalement mixte : psychopharmacologique, psychothérapeutique, accompagnement entourage, modification accessibilité objet addiction.
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