Principes Structuraux du Droit Constitutionnel
Keine KartenThis note focuses on the principles that structure the exercise of political power within a state. It delves into the core concepts of constitutional law, exploring how power is established, exercised, and transferred, and the legal frameworks that govern these processes.
Principes Structuraux du Droit Constitutionnel : Définitions Essentielles
Le droit constitutionnel est une branche du droit public qui étudie les règles juridiques régissant l'établissement, l'exercice et la transmission du pouvoir politique au sein d'un État. Il vise à domestiquer le pouvoir et à assurer un État de droit.I. Définir le Droit Constitutionnel
Le Droit Constitutionnel est la branche du droit public qui s'intéresse aux règles juridiques par lesquelles le pouvoir politique s'établit, s'exerce et se transmet dans l'État.
A. Le Droit Constitutionnel : une branche du Droit
- Le Droit (étym. du latin "directus") : un ensemble de règles générales, impersonnelles, contraignantes, permanentes, édictées et sanctionnées par l'autorité publique pour assurer l'ordre social.
- Ubi societas, ibi ius : "Là où il y a société, il y a droit."
B. Le Droit Constitutionnel : une Branche du Droit Public
La distinction entre Droit Public et Droit Privé est fondamentale.
- Droit Privé : ensemble des règles s'appliquant aux personnes privées (physiques ou morales) et à leurs rapports mutuels.
- Droit Public : ensemble des règles s'appliquant à l'État et aux autres collectivités publiques, ainsi qu'à leurs rapports avec les personnes privées lorsque les prérogatives publiques sont en jeu.
- Critères de distinction :
- Organique : rapports entre gouvernants et gouvernés (public) vs rapports entre gouvernés (privé).
- Formel : règles unilatérales, impératives et autoritaires (public) vs procédés conventionnels (privé).
- Matériel : sauvegarde de l'intérêt collectif (public) vs sauvegarde des intérêts particuliers (privé).
- Supériorité du Droit Public : l'intérêt général prime les intérêts particuliers. Il est coercitif et inégalitaire, contrairement au Droit Privé qui est collaboratif et égalitaire.
C. Le Droit Constitutionnel : une branche du Droit public interne
- Droit International Public : régit les rapports juridiques entre États, entre États et organisations internationales.
- Droit Public Interne : ensemble des règles qui, dans un État donné, gouvernent les rapports de l'État et de ses agents avec les particuliers.
- Branches du Droit Public Interne :
- Droit Constitutionnel : au sommet, étudie les règles juridiques relatives aux institutions par lesquelles le pouvoir politique s'établit, s'exerce ou se transmet dans l'État.
- Droit Administratif : subordonné au droit constitutionnel, appelé "droit constitutionnel détaillé", il régit la satisfaction de l'intérêt général par des procédés exorbitants du droit commun.
- Finances Publiques : étudient les règles relatives à l'élaboration, l'adoption, l'exécution et le contrôle des ressources et dépenses de l'État (Budget).
- Droit Fiscal : fixe le montant et les règles de recouvrement des impôts et taxes.
D. Spécificités des règles du Droit Constitutionnel
- Il étudie les règles de droit ou normes juridiques (prescriptions générales et obligatoires émanant d'autorités habilitées et sanctionnées).
- Caractères des normes juridiques : officielles, impersonnelles, obligatoires, impératives, sanctionnables.
- Le Droit Constitutionnel est une discipline juridique qui rassemble les règles fondant le statut de l'État et encadrant les phénomènes politiques.
- C'est un Droit de la pratique, conventionnel et instrumental, il met à disposition un arsenal de règles et de procédures.
E. Objet du Droit Constitutionnel : l'établissement, l'organisation et le fonctionnement du pouvoir politique
Le pouvoir politique est étudié sous un triple angle :
- Niveau Génétique (Établissement) : processus d'apparition et d'institutionnalisation du pouvoir.
- Niveau Structurel/Organisationnel (Exercice) : architecture du pouvoir politique, ses articulations.
- Niveau Physiologique/Fonctionnel (Dévolution) : manière dont le pouvoir fonctionne, prise des décisions et acteurs impliqués.
F. Transformations du Droit Constitutionnel : l'adjonction des "Institutions Politiques"
- Institution (étym. du latin "constituere"): "ce qui est inventé et établi par les hommes de manière durable en vue d'une idée et qui transcende les individus."
- Institutions-organes : collectivités humaines unies par une idéologie ou un besoin commun (ex: l'État).
- Institutions-mécanismes : agencement de règles permanentes destinées à pourvoir au bien commun (ex: autorité parentale).
- Institutions Politiques : créations de l'homme dans le domaine politique, chargées d'exercer le pouvoir et d'édicter des normes.
- Évolution du Droit Constitutionnel :
- Âge métaphysique/théologique (1834) : étude exégétique des textes constitutionnels (vision limitée).
- Âge sociologique (à partir de Duverger, 1959) : analyse des faits politiques, fonctionnement réel des institutions au-delà des textes.
- Étape positiviste (Droit Constitutionnel "nouveau") : réjuridicisation de la matière avec l'expansion de la justice constitutionnelle, la Constitution est un droit sanctionné par le juge.
II. L'État : Cadre d'Exercice du Pouvoir Politique
L'État est une forme historique et perfectionnée d'organisation sociale, fruit d'une longue évolution. Il est le cadre par excellence de l'exercice du pouvoir politique.
A. Notion de l'État
- Étymologie : du latin "stare" (être debout), puis "status rei publicae" (état de la chose publique). Nicolas Machiavel a popularisé le terme "stato".
- Sens courant :
- Large : organisation globale de la société, "État-nation".
- Restreint : pouvoirs publics, "État-gouvernement".
- Étroit : élément central des pouvoirs publics par rapport aux collectivités territoriales.
- Définitions techniques :
- Politique (Max Weber) : "communauté humaine qui, dans les limites d'un territoire déterminé, revendique avec succès pour son propre compte le monopole de la violence physique légitime."
- Sociologique (Guillien et Vincent) : "espèce particulière de société politique résultant de la fixation sur un territoire d'une collectivité humaine relativement homogène régie par un pouvoir institutionnalisé comportant le monopole de la force armée."
- Juridique (Carré de Malberg) : "personne morale collective souveraine et soumise au droit qu'elle crée."
B. Formation de l'État
- Formation juridique (théories conventionnelles) : l'État est une formation politique voulue et réalisée consciemment.
- Théorie du Contrat Social (Hobbes, Rousseau) : les hommes décident de renoncer à une partie de leur liberté pour former une société et un État.
- Théorie du Contrat Politique (Locke) : accord entre des entités sociales préexistantes pour établir un pouvoir politique central.
- Théorie de la Fondation et de l'Institution (Hauriou) : l'État naît d'une "idée d'entreprise" qui suscite des adhésions et s'incarne dans des organes.
- Formation extra-juridique (thèses non-conventionnelles) : l'État résulte de phénomènes concrets.
- Théorie socio-historique ou thèse du conflit : l'État est le résultat de conflits entre groupes primitifs, menant à la domination d'une classe par une autre.
- Thèse marxiste : l'État est l'aboutissement d'un processus déclenché par l'antagonisme des classes, instrument d'exploitation de la classe dominante.
C. Éléments Constitutifs de l'État
Pour qu'un État existe, trois éléments cumulatifs sont nécessaires, auxquels s'ajoute la souveraineté.
- Territoire (élément matériel ou physique) : portion de la surface terrestre, espace aérien, sous-sol et mer territoriale (pour les États côtiers).
- Théories du rôle du territoire : territoire-objet (propriété de l'État), territoire-sujet (élément de la personnalité de l'État), territoire-limite (circonscription où s'exerce la puissance de l'État).
- Population (élément personnel ou humain) : tous les individus qui vivent et travaillent sur le territoire.
- Angle juridique : nationaux (liés par la nationalité, acquise par droit du sang - ou droit du sol - ), étrangers, apatrides.
- Angle sociologique :
- Conception objective de la nation : basée sur des critères factuels (langue, religion, race).
- Conception subjective de la nation (Renan) : volonté de vivre ensemble, "plébiscite de tous les jours".
- Rapport État/Nation : la nation ne se confond pas avec l'État, il peut y avoir des nations pluri-étatiques et des États plurinationaux. L'État peut précéder la nation, notamment en Afrique.
- Puissance Publique (élément formel ou organisationnel) : autorité exerçant le pouvoir sur le territoire.
- Définition : pouvoir général de direction et pouvoir exclusif de coercition, impliquant le monopole de la force.
- Caractéristiques :
- Unicité : indivisibilité malgré la pluralité des gouvernants.
- Continuité : l'activité de l'État est permanente, transcendant les dirigeants.
- Légitimité et Légalité : la politique est approuvée par la majorité (légitime) et conforme à l'ordre constitutionnel (légale).
- Effectivité : la puissance publique doit être réellement exercée.
- Autonomie : puissance originaire, décision unilatérale et exercice de la contrainte matérielle.
- Souveraineté (critère spécifique et décisif) : puissance suprême absolue, compétence des compétences.
- Caractéristiques : pouvoir de droit, initial, inconditionné, inaliénable, indivisible, infaillible, absolu.
- Expression :
- Souveraineté externe : indépendance absolue vis-à-vis des puissances étrangères.
- Souveraineté interne : caractère irréductible et unique du pouvoir de l'État sur son territoire et ses groupements.
- Limitations : l'État s'auto-limite par le droit (État de droit) et par les traités internationaux. La souveraineté n'est plus "forteresse" mais "partagée" dans certains contextes.
- Théories de la souveraineté :
- Théories théocratiques : le pouvoir vient de Dieu (nature divine des gouvernants, investiture divine, investiture providentielle), fonde l'absolutisme.
- Théories démocratiques : le pouvoir émane du peuple ("omnis potestas a populo").
- Souveraineté populaire (Rousseau) : chaque citoyen détient une fraction de souveraineté, implique démocratie directe, mandat impératif, suffrage universel et égalitaire.
- Souveraineté nationale (Sieyès) : la souveraineté appartient à la "nation", entité abstraite, implique démocratie représentative, mandat représentatif, électorat-fonction.
- Évolution actuelle : combinaison des deux théories dans de nombreuses constitutions.
D. Formes de l'État
- État unitaire : un seul centre d'impulsion et de décision politique, organisation politico-juridictionnelle homogène.
- Centralisé : pouvoir unique dans son fondement, structure et exercice.
- Concentration : toutes les décisions sont prises par les autorités centrales (utopique).
- Déconcentration : le pouvoir central gouverne par des agents locaux subordonnés ("le marteau qui frappe, mais on a raccourci le manche" - Odilon Barrot).
- Décentralisé : reconnaissance d'autres centres de décision autres que l'État, avec personnalité juridique et organes propres.
- Avantages : administratif (allègement de l'État), social (éducation politique), politique (soutien au pouvoir, limitation des gouvernants).
- État Régionalisé : forme de décentralisation poussée avec autonomie politique et normative pour les régions, tout en conservant le caractère unitaire de l'État. Intermédiaire entre État unitaire classique et État fédéral.
- Centralisé : pouvoir unique dans son fondement, structure et exercice.
- États composés ou complexes : groupements d'États.
- Formes anciennes :
- Union personnelle : plusieurs États avec le même souverain pour des raisons de succession (ex: Angleterre et Hanovre).
- Union réelle : États unis volontairement par le même chef et ayant une gouvernement commun pour certaines matières (ex: Autriche-Hongrie).
- Forme moderne : Fédéralisme (État fédéral) : superposition d'États (un État fédéral et des États fédérés) où les États membres transfèrent une partie de leurs compétences à une entité supérieure.
- Origine : par agrégation (États indépendants se regroupent) ou par dissociation (éclatement d'un État unitaire).
- Principes : autonomie (des entités fédérées), participation (des États fédérés aux décisions fédérales), garantie (des compétences), subsidiarité (transfert de compétences vers le haut si plus efficace), coopération, complémentarité.
- Formes anciennes :
- Composés d'États (associations d'États souverains) :
- Confédération d'États : réunion d'États souverains qui conservent leur personnalité internationale. Décisions à l'unanimité, possibilité de retrait libre. Faible évolution des organes confédéraux.
- Union Européenne : structure d'intégration supérieure à une confédération mais inférieure à un État fédéral (décisions applicables directement, à la majorité qualifiée, droit communautaire prime le droit national).
E. Conceptions et Fonctions de l'État
- Conceptions de l'État :
- État Libéral (minimalitaire) : l'individu est premier, l'État est un "mal nécessaire" qui garantit les libertés et intervient le moins possible.
- État Totalitaire : le pouvoir politique confisque et contrôle la totalité des activités de la société ("rien en dehors de l'État, rien contre l'État, tout dans l'État" - Mussolini).
- État de Droit : État qui se soumet lui-même au régime du droit qu'il crée, garantissant les libertés et la protection de l'individu.
- Fonctions de l'État :
- Interprétation politique :
- État Gendarme : fonction de défense externe et de police interne, sans intervention dans l'économie ou le social.
- État Providence : intervient pour assurer les besoins essentiels et vitaux des individus (santé, sécurité matérielle, éducation).
- État Néolibéral : réduction de la taille de l'État et promotion du marché comme régulateur principal.
- État Stratège : garant de la sécurité, protecteur de la liberté, guide et coordinateur, régulateur et réorganisateur.
- Analyse juridique :
- Formelle : prend en compte l'organe et la procédure (fonctions législative, exécutive, juridictionnelle).
- Matérielle : prend en compte le contenu de l'acte (acte législatif, acte individuel, acte juridictionnel pour résoudre un litige).
- Interprétation politique :
III. Les Règles de Jeu du Pouvoir Politique dans l'État : La Constitution
La Constitution est le socle de la fondation de l'État, la loi fondamentale qui règle les droits politiques de la nation, les modalités d'acquisition, d'exercice et d'évolution du pouvoir politique.
A. Origine et Notion de la Constitution
- Constitutionnalisme : mouvement visant à limiter l'arbitraire du pouvoir par des règles écrites et la sauvegarde des libertés (John Locke, Montesquieu).
- Veine pragmatique (Britannique) : évolution par coutumes et textes épars (ex: Magna Carta 1215, Bill of Rights 1689).
- Veine dogmatique (Américaine, Française) : rédaction de constitutions écrites pour limiter le pouvoir et garantir les droits. (Article 16 DDHC 1789 : "toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de constitution.")
- Définitions de la Constitution :
- Sens matériel : règles écrites ou non relatives à l'accession, l'exercice et la dévolution du pouvoir, aux libertés et droits fondamentaux.
- Sens formel : ensemble de règles élaborées et révisées selon une procédure spécifique, supérieure à la loi ordinaire (supra-légalité). La Grundnorm (Kelsen) au sommet de la hiérarchie des normes.
- Sens substantiel : expression philosophique et politique d'une communauté, vision du monde, projet de société, âme de l'État.
B. Formes et Fonctions des Constitutions
- Formes :
- Constitution écrite : règles fixées dans un document fondamental (majorité des États modernes).
- Constitution coutumière : règles cristallisées progressivement sans être inscrites dans un seul texte (ex: Constitution anglaise).
- Coutume constitutionnelle : règle de droit non écrite résultant d'un précédent constant, continu et accepté.
- Convention constitutionnelle : solution décidée par les acteurs politiques, juridiquement obligatoires mais limitée à l'espèce.
- Fonctions :
- Génétique : fondement de l'État, source de légitimité du pouvoir.
- Organique : détermine le statut des gouvernants, pose les règles du jeu politique et distribue les rôles.
- Axiologique : détermine les objectifs idéologiques et politiques, exprime une vision du monde et un projet de société.
C. Élaboration et Révision de la Constitution
- Pouvoir Constituant Originaire : pouvoir d'élaborer une nouvelle constitution (lors de la création d'un État, d'une révolution, ou d'un démembrement). Il est initial, discrétionnaire, et inconditionné.
- Modes autoritaires :
- Octroi : le souverain accorde unilatéralement la constitution.
- Plébiscite constituant : la constitution est l'œuvre d'un homme ou d'un groupe, ratifiée par le peuple sans réelle participation.
- Procédé semi-démocratique : le pacte : transaction ou compromis entre un homme et des assemblées représentatives.
- Procédés démocratiques : le pouvoir constituant appartient au peuple souverain.
- Élection d'une assemblée constituante : une assemblée rédige et approuve le texte.
- Référendum constituant : le peuple ratifie un projet de constitution élaboré par une assemblée.
- Modes autoritaires :
- Pouvoir Constituant Dérivé (ou institué) : pouvoir de réviser une constitution existante. Il est institué, subordonné et auto-limité.
- Limites : temporelles (moment, période) et matérielles (certaines matières ne peuvent être révisées).
- Révisions : capitales (changent la nature du régime) ou latérales (comblent les lacunes).
- Rigidité/Souplesse :
- Souple : révision par les mêmes organes et procédure que les lois ordinaires.
- Rigide : révision par une procédure spéciale et complexe.
D. Protection de la Constitution
Sans garantie, une constitution serait une "œuvre morte".
- Contrôle non juridictionnel :
- Direct par le peuple : droit de résistance à l'oppression ou à l'insurrection.
- Par un organe politique : une assemblée contrôle la constitutionnalité (souvent inefficace par auto-limitation).
- Contrôle juridictionnel : assuré par le juge.
- Contrôle par voie d'action : le juge est saisi pour annuler une loi inconstitutionnelle (contrôle a priori ou a posteriori). Annulation ex tunc (rétroactive) et erga omnes (pour tous).
- Contrôle par voie d'exception : une partie demande au tribunal de ne pas appliquer une loi jugée inconstitutionnelle dans un litige donné. Ne conduit pas à l'annulation, mais à l'écartement hic et nunc (dans ce cas particulier).
- Systèmes d'application :
- Américain : tous les tribunaux peuvent contrôler la constitutionnalité (contrôle diffus, par voie d'exception).
- Européen (Kelsen) : une juridiction unique (cour constitutionnelle) est créée spécialement à cet effet (contrôle concentré, par voie d'action).
IV. Agencement des Pouvoirs (Séparation des Pouvoirs)
La Séparation des Pouvoirs est le principe d'organisation qui veut qu'une même autorité publique ne doive pas exercer toutes les fonctions, afin d'éviter l'abus de pouvoir ("le pouvoir arrête le pouvoir" - Montesquieu).
A. Théorie de la Séparation des Pouvoirs
- Origine : Aristote (distinction de trois catégories de pouvoir), John Locke (séparation législatif/exécutif/fédératif), Montesquieu (distribution des fonctions législative, exécutive, judiciaire).
- Principe Constitutionnel (Article 16 DDHC 1789) : indispensable à la démocratie.
- Remise en question : la théorie de Montesquieu considérée parfois comme dépassée, les pouvoirs ne sont pas totalement spécialisés, phénomènes partisans brouillent cette séparation.
- Valeur actuelle : malgré les critiques, elle reste le socle des démocraties modernes, distinguant la fonction d'impulsion (exécutif) et de contrôle (parlement).
B. Éléments d'agencement des pouvoirs
- Puissance législative : élaborer, modifier, abroger les lois (Parlement).
- Puissance exécutive : faire exécuter les lois (Exécutif).
- Puissance de juger : punir les infractions, juger les différends (Pouvoir Juridictionnel).
- Pouvoir Exécutif :
- Moniste (monocéphale) : toutes les compétences dévolues à un seul organe (ex: Président des États-Unis).
- Dualiste (bicéphale) : compétences partagées entre un chef de l'État et un gouvernement (ex: régimes parlementaires).
- Rôle : fonctions administratives, participation à la fonction législative. Tendance au renforcement et à la personnalisation.
- Parlement (Assemblée) : organe collectif de la démocratie représentative, édicte les lois et contrôle l'exécutif.
- Structures : monocaméral ou bicaméral.
- Fonctions traditionnelles : législative, financière, désignation/contrôle de l'Exécutif, judiciaire, sélection du personnel politique.
- Déclin : réduction des fonctions par l'exécutif et l'intégration supranationale (droit communautaire).
- Rôle persistant : représentation nationale, pouvoir délibérant, contrôle politique.
C. Modalités d'agencement des pouvoirs (Régimes Politiques)
- Régime politique : ensemble des règles constitutionnelles et pratiques institutionnelles relatives à l'attribution, l'exercice et la révocation des pouvoirs.
- Typologie classique (selon la séparation des pouvoirs) :
- Régime de confusion des pouvoirs : un même organe exerce les principales fonctions.
- Au profit de l'Exécutif (régimes autoritaires/dictatoriaux) : monocratie, monarchie absolue, tyrannie, dictatures modernes (militaires, totalitaires, composites).
- Au profit de l'Assemblée (régimes d'assemblée/conventionnels) : l'exécutif est subordonné, simple exécutant de l'assemblée (ex: régime suisse).
- Régime de séparation stricte (Présidentiel) : pouvoirs s'absorbent dans leurs fonctions respectives, indépendance organique et irrévocabilité mutuelle (ex: États-Unis). Fonctionne par "checks and balances".
- Régime de séparation souple (Parlementaire) : collaboration fonctionnelle et révocabilité mutuelle entre exécutif et législatif.
- Organisation : exécutif bicéphale (chef de l'État irresponsable, gouvernement responsable devant le parlement), parfois parlement bicaméral.
- Relations : collaboration équilibrée, responsabilité politique du gouvernement devant le parlement (motion de censure, question de confiance), droit de dissolution du parlement par l'exécutif.
- Formes : moniste (gouvernement responsable uniquement devant le parlement) ou dualiste (responsable devant chef de l'État et parlement) ; majoritaire (majorité stable) ou non-majoritaire (gouvernements de coalition instables) ; rationalisé (mécanismes pour stabiliser le gouvernement) ou inorganisé.
- Régime Mixte (Semi-présidentiel) : emprunte au présidentiel (président élu au suffrage universel, pouvoirs propres) et au parlementaire (gouvernement responsable devant le parlement) (ex: Constitution française de 1958).
- Régime de confusion des pouvoirs : un même organe exerce les principales fonctions.
- Typologie moderne (selon le rôle des partis politiques) :
- Régimes unitaires/monolithiques : un seul parti politique monopolise le pouvoir (ex: Chine, Cuba).
- Régimes sans partis : dictatures techniques sans réelle structuration partisane.
- Régimes compétitifs/pluralistes : ouverts à toutes les forces politiques, avec plusieurs partis.
- Typologie systémique (selon les modalités d'exercice du pouvoir) :
- Système gouvernementaliste : gouvernement stable issu d'une majorité parlementaire forte (ex: modèle britannique).
- Système présidentialiste : président (élu au suffrage universel) détient un pouvoir de direction politique fort (ex: États-Unis, certaines formes africaines/latino-américaines).
- Système parlementariste (fragmenté) : gouvernement instable résultant de coalitions (ex: Belgique, Italie).
V. Participation au Pouvoir Politique : Acteurs et Élections
La participation citoyenne est essentielle à la vie politique et à la légitimité de l'État.
A. Acteurs du Jeu Politique
- Partis Politiques : groupements organisés, durables, avec une idéologie, visant la conquête et l'exercice du pouvoir.
- Typologies :
- Traditionnelle (Duverger) : partis de cadres (notables) vs partis de masse (adhérents nombreux).
- Moderne (Charlot) : partis d'électeurs ("attrape-tout"), partis de militants (idéologie, classe sociale), partis de notables (personnalités).
- Fonctions : intermédiaire entre peuple et pouvoir, soutien au gouvernement (majorité), contestation/proposition (opposition), éducation de l'opinion, sélection des candidats, encadrement des élus.
- Typologies :
- Groupes de Pression (ou d'intérêts) : organisations créées pour défendre des intérêts spécifiques et influencer les pouvoirs publics.
- Ne cherchent pas à exercer le pouvoir directement, mais à influencer les décisions.
- Fonctions : articulation des intérêts, information aux décideurs, expression des revendications, conciliation des intérêts.
- Peuvent présenter un danger démocratique s'ils désagrègent l'intérêt général.
B. Modes de Participation au Pouvoir
- Modes non démocratiques (choix autocratiques) :
- Hérédité : transmission du pouvoir par filiation (ex: monarchies).
- Cooptation : le gouvernant en exercice désigne son successeur.
- Conquête : prise de pouvoir par la force.
- Révolution : transformation brutale et radicale des structures par un mouvement populaire.
- Coup d'État : changement de gouvernants hors des procédures constitutionnelles, souvent par des militaires, sans mouvement populaire.
- Modes démocratiques : Élection : technique démocratique par excellence pour choisir ou sanctionner les gouvernants.
- Suffrage :
- Suffrage restreint : droit de vote limité par des critères (censitaire, masculin, âge, capacitaire - niveau d'instruction).
- Suffrage universel : droit de vote accordé à l'ensemble de la population, sans restriction.
- Déformation du suffrage universel : manipulations qui atténuent sa portée démocratique (suffrage indirect, inégalitaire - vote plural/multiple, bourrages d'urnes, gerrymandering).
- Opération électorale : doit être libre, secrète et sincère.
- Libre : non obligatoire, choix du candidat, vote blanc/nul, abstention possible.
- Secret : mis à l'abri des pressions par l'isoloir.
- Sincère : absence de fraude électorale et de pressions.
- Types de scrutin :
- Uninominal : un seul nom par bulletin, personnalise l'élection.
- Plurinominal (ou de liste) : vote pour une liste de candidats, renforce le rôle des partis.
- Modes de scrutin :
- Système majoritaire : siège attribué au candidat ou à la liste ayant le plus de voix. Favorise la stabilité gouvernementale et le bipartisme.
- Un tour : majorité simple suffit.
- Deux tours : majorité absolue au premier tour, majorité relative au second.
- Système proportionnel : sièges répartis proportionnellement au nombre de voix obtenues par chaque liste/parti. Favorise le pluralisme et la représentation des minorités.
- Système mixte ou hybride : combine les principes majoritaires et proportionnels pour concilier efficacité et équité.
- Système majoritaire : siège attribué au candidat ou à la liste ayant le plus de voix. Favorise la stabilité gouvernementale et le bipartisme.
- Suffrage :
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