Médicaments du système nerveux autonome
Keine KartenCe document traite des médicaments agissant sur le système nerveux autonome, incluant les systèmes cholinergique et adrénergique, ainsi que d'autres neurotransmetteurs et médiateurs périphériques.
Voici une note détaillée sur les médicaments, leurs classes et leurs contenus, structurée selon vos exigences :
Introduction aux Médicaments
Les médicaments sont des substances conçues pour prévenir, diagnostiquer, traiter ou modifier des fonctions organiques chez l'homme ou l'animal. Ils agissent en interagissant avec des cibles moléculaires spécifiques, telles que des récepteurs, des enzymes, des canaux ioniques ou des transporteurs. La pharmacologie est la science qui étudie leurs effets et leur devenir dans l'organisme, englobant la pharmacocinétique (ce que l'organisme fait au médicament) et la pharmacodynamie (ce que le médicament fait à l'organisme).
Définition et Classification des Médicaments
Les médicaments sont identifiés par plusieurs noms :
Noms Chimiques : Nomenclature UICPA (rarement utilisés par les cliniciens).
Dénomination Commune Internationale (DCI) : Nom standardisé par l'OMS, plus court et facile à mémoriser, permettant de regrouper les substances par familles thérapeutiques grâce à des préfixes ou suffixes. La DCI représente la substance active.
Dénomination Commerciale : Noms de marque déposés qui sont la propriété de laboratoires pharmaceutiques. Un même médicament peut avoir plusieurs noms commerciaux, notamment après l'expiration du brevet, conduisant à l'apparition de médicaments génériques. Les génériques doivent avoir la même composition qualitative et quantitative en principes actifs, la même forme pharmaceutique et démontrer une bioéquivalence avec le produit de référence.
Les médicaments peuvent être classés selon divers critères :
Selon l'Origine : Naturels, de synthèse, ou produits par biotechnologie (ex: anticorps monoclonaux, biosimilaires).
Selon les Principes Thérapeutiques :
Préventifs : Protègent contre une maladie future (ex: vaccins).
Substitutifs : Compensent une carence de l'organisme (ex: insuline, vitamines).
Causaux : Ciblent la cause de la maladie (ex: antibiotiques, thérapies géniques).
Pathogéniques : Diminuent les effets et complications de la maladie (ex: antihypertenseurs).
Symptomatiques : Atténuent les troubles sans agir sur la cause (ex: analgésiques).
Selon le Mécanisme Moléculaire d'Action (Classes pharmacologiques) : Agonistes, antagonistes de récepteurs, inhibiteurs d'enzymes.
Selon l'Action Pharmacothérapeutique (Classes thérapeutiques) : Analgésiques, antipyrétiques, hypnotiques, antihypertenseurs.
Cibles Moléculaires des Médicaments
L'effet d'un médicament est initié par sa liaison à une macromolécule cible, généralement une protéine. Les cibles principales, au nombre d'environ 340 en thérapeutique, incluent :
Récepteurs : Macromolécules cellulaires qui transduisent des signaux chimiques.
Récepteurs Couplés aux Canaux Ioniques (Ionotropes) : Ouvrent ou ferment un canal ionique après liaison du ligand, entraînant une dépolarisation ou hyperpolarisation membrane (ex: récepteurs nicotiniques, GABA-A, 5-HT3, NMDA). Action rapide (millisecondes).
Récepteurs Couplés aux Protéines G (Métabotropes ou RCPG) : La liaison du ligand active une protéine G qui module l'activité d'enzymes (adénylate cyclase, phospholipases) ou de canaux ioniques (ex: récepteurs adrénergiques, muscariniques, histaminiques, opioïdes). C'est la plus grande famille de récepteurs. Action en quelques secondes.
Récepteurs Catalytiques (ou à activité enzymatique) : Liaison du ligand induit une activité enzymatique intracellulaire (ex: tyrosine-kinases pour l'insuline, guanylate cyclase pour les peptides natriurétiques, récepteurs aux cytokines). Action en minutes-heures.
Récepteurs Nucléaires : Protéines intracellulaires qui, une fois activées, se lient à l'ADN et régulent la transcription génique (ex: récepteurs aux hormones stéroïdes, thyroïdiennes, activés par les PPAR). Action lente (heures).
Canaux Ioniques Voltage-dépendants : S'ouvrent en réponse à une dépolarisation membranaire (ex: canaux Ca², Na⁺, K⁺). Bloqués ou modulés par des médicaments (ex: nifédipine bloque les canaux Ca² L).
Enzymes : Ciblées par des inhibiteurs (ex: AINS inhibent la cyclo-oxygénase) ou parfois utilisées comme médicaments (ex: fibrinolytiques).
Protéines de Transport : Facilitent le passage de molécules à travers les membranes. Ciblées par des inhibiteurs (ex: oméprazole inhibe la pompe à protons) ou des faux substrats.
Autres Cibles : ADN, ARN, immunophilines, facteurs de croissance.
La spécificité désigne la capacité d'un ligand à interagir avec un type de récepteur, tandis que la sélectivité est sa capacité à interagir avec un seul sous-type de récepteur.
Pharmacodynamie: Relation Dose-Réponse et Agonistes/Antagonistes
La pharmacodynamie examine les effets du médicament sur l'organisme.
Affinité : Tendance d'un médicament à se lier à son récepteur, mesurée par la constante de dissociation ().
Efficacité : Capacité d'un médicament, une fois lié, à activer le récepteur et à produire un effet maximal (Emax).
Puissance : Quantité de médicament nécessaire pour obtenir un effet donné (mesurée par la - dose efficace 50%).
Les types d'interactions récepteur-ligand :
Agoniste : Se fixe au récepteur et l'active, produisant un effet (mimétique du médiateur naturel).
Agoniste Entier : Produit l'effet maximal.
Agoniste Partiel : Ne peut pas produire l'effet maximal même avec une occupation complète des récepteurs, et peut agir comme antagoniste en présence d'un agoniste entier.
Antagoniste : Se fixe au récepteur sans l'activer, bloquant l'action de l'agoniste.
Antagoniste Compétitif : Se lie au même site que l'agoniste. Nécessite une augmentation de la dose d'agoniste pour obtenir le même effet.
Antagoniste Non Compétitif : Se lie à un site différent (allostérique), entraînant une réduction de l'efficacité maximale de l'agoniste.
Agoniste Inverse : Se lie au récepteur et le stabilise dans une conformation inactive, induisant une réponse opposée à celle de l'agoniste.
Pharmacocinétique: Devenir des Médicaments dans l'Organisme
La pharmacocinétique décrit le devenir du médicament (absorption, distribution, métabolisme, élimination).
Absorption : Passage du médicament du site d'administration à la circulation générale (sauf voie intraveineuse).
Dépend du pKa du médicament et du pH du milieu (seule la forme non ionisée, si liposoluble, passe les membranes).
Voies d'administration : Orale (la plus fréquente, soumise à l'effet de premier passage hépatique), sublinguale, rectale, transdermique, inhalée, injectable (IV évite l'absorption), cutanée. Chaque voie a ses avantages et inconvénients.
La biodisponibilité (F) est la fraction du médicament qui atteint la circulation systémique.
Distribution : Répartition du médicament dans l'organisme.
Dépend de la liposolubilité, pKa, liaison aux protéines plasmatiques (seule la fraction libre est active), et de la vascularisation.
Existence de barrières (hémato-encéphalique, placentaire) qui limitent le passage de certains médicaments.
Le volume de distribution () est un volume théorique qui représente l'espace où le médicament serait uniformément distribué à la concentration plasmatique.
Métabolisme (Biotransformation) : Transformation du médicament en métabolites, principalement dans le foie par les cytochromes P450 (CYP).
Phase I : Oxydation, réduction, hydrolyse, introduisant des groupes actifs.
Phase II : Conjugaison (glucuronoconjugaison, sulfoconjugaison, acétylation, méthylation), rendant la molécule plus hydrosoluble et facilitant son élimination.
Les métabolites peuvent être actifs, inactifs, ou toxiques.
Le métabolisme est influencé par des facteurs tels que l'espèce, le polymorphisme génétique, l'âge, les maladies hépatiques, l'alimentation, et les inducteurs ou inhibiteurs enzymatiques.
Élimination : Excrétion du médicament et de ses métabolites hors de l'organisme.
Rénale : Filtration glomérulaire, sécrétion tubulaire active, réabsorption tubulaire passive (influencée par le pH urinaire). La fonction rénale est évaluée par la clairance de la créatinine.
Hépatique/Biliaire : Excrétion dans la bile via des transporteurs actifs, avec possibilité de cycle entéro-hépatique.
Autres voies : Pulmonaire (gaz, substances volatiles), mammaire (risque pour le nourrisson), salivaire, cutanée.
La clairance (Cl) mesure la capacité de l'organisme à éliminer un médicament (volume de plasma épuré par unité de temps). La demi-vie () est le temps nécessaire pour que la concentration plasmatique diminue de moitié.
Interactions Médicamenteuses et Effets Nocifs
Les interactions médicamenteuses sont des modifications de la pharmacodynamie ou pharmacocinétique d'un médicament dues à la prise concomitante d'autres substances.
Pharmacodynamiques : Potentialisation (synergie, additivité) ou antagonisme des effets.
Pharmacocinétiques : Affectent l'absorption, la distribution (liaison aux protéines), le métabolisme (induction/inhibition enzymatique, ex: CYP450), ou l'élimination.
Les effets nocifs des médicaments incluent :
Effets Toxiques : Liés à des doses excessives (toxicité aiguë ou par surdosage).
Effets Indésirables : Surviennent aux doses usuelles. Classés en :
Type A (Augmenté) : Dose-dépendants, prévisibles (exagération de l'effet thérapeutique, toxicité d'organe).
Type B (Bizarre) : Indépendants de la dose, imprévisibles (immuno-allergiques, idiosyncrasiques).
Autres types : Type C (chroniques), Type D (retardés), Type E (à l'arrêt), Type F (échec thérapeutique).
Tératogénicité : Provoque des malformations fœtales.
Génotoxicité/Carcinogénicité : Induit des mutations ou des cancers.
Pharmacogénétique : Effets liés à la constitution génétique de l'individu.
Classes de Médicaments Spécifiques
Médicaments du Système Nerveux Autonome (SNA)
Le SNA régule les fonctions viscérales et est une cible majeure pour de nombreux médicaments.
Système Cholinergique
Le système cholinergique utilise l'acétylcholine (ACh) comme neurotransmetteur. L'ACh est synthétisée à partir de la choline et de l'acétyl-CoA, stockée dans des vésicules, libérée dans la fente synaptique et rapidement dégradée par les cholinestérases.
Récepteurs Cholinergiques :
Muscariniques (M1-M5) : Couplés aux protéines G.
M (neuronaux), M (glandulaires/muscles lisses) et M sont stimulants (protéine Gq).
M (cardiaques) et M sont inhibiteurs (protéine Gi).
Effets (muscariniques) :
Cardiaques (M2) : ↓ fréquence, ↓ contractilité, ↓ conduction (bradycardie, inotropisme et dromotropisme négatifs).
Muscles lisses viscéraux (M3) : Contraction (↑ péristaltisme intestinal, bronchoconstriction, miction).
Glandes exocrines (M3) : ↑ sécrétions (salivaires, lacrymales, bronchiques, gastriques).
Oeil (M3) : Myosis, spasme de l'accommodation.
Vasculaires (M3, indirect via NO) : Vasodilatation.
Nicotiniques (N) : Canaux ioniques ligand-dépendants (pentamériques). Leur stimulation entraîne une dépolarisation rapide de la membrane.
N (musculaires) : À la jonction neuromusculaire (contraction des muscles striés).
N (ganglionnaires) : Dans les ganglions végétatifs sympathiques et parasympathiques.
N : Dans le SNC (rôle dans la mémoire, l'éveil).
Effets (nicotiniques) :
Contraction des muscles striés.
Stimulation des ganglions (effets muscariniques puis adrénergiques à doses plus élevées).
Stimulation du SNC.
Médicaments Cholinergiques (Cholinomimétiques) :
Type de Médicament | Exemples | Mécanisme d'Action | Usage Thérapeutique | Effets Indésirables |
Cholinomimétiques Directs (Agonistes) | Acétylcholine | Agoniste M et N | Chirurgie oculaire (myosis), diagnostic (test coronarographie) | Hypotension, bradycardie, bronchoconstriction, myosis |
Méthacholine (non sélectif M/N, lentement hydrolysé) | Agoniste M et N | Diagnostic de l'asthme bronchique | Similaires à l'ACh, durée plus longue | |
Carbachol (non sélectif M/N, non hydrolysé) | Agoniste M et N | Chirurgie ophtalmique (myosis) | Similaires à l'ACh, durée plus longue, toxicité élevée | |
Béthanéchol (muscarinique préférentiel) | Agoniste M3 | Hypotonies intestinales ou urinaires postopératoires | Similaires à l'ACh | |
Pilocarpine (muscarinique) | Agoniste M | Glaucome (↓ tension intraoculaire), xérostomie | Troubles digestifs, sudation, bradycardie | |
Cevimeline (M3 spécifique) | Agoniste M3 | Xérostomie, xérophtalmie | Similaires aux muscariniques | |
Xanomeline (M1, M4) | Agoniste M | Schizophrénie (en développement) | Effets cholinergiques périphériques | |
Nicotine (nicotinique) | Agoniste Nn et Ns | Sevrage tabagique (patchs, chewing-gums) | Nausées, vomissements, tachycardie, hypertension (à doses toxiques) | |
Cholinomimétiques Indirects (Inhibiteurs des Cholinestérases) | Néostigmine, Pyridostigmine, Édrophonium (diagnostic) | Inhibent les cholinestérases → ↑ ACh | Myasthénie, décurarisation, atonies intestinales/vésicales | Effets muscariniques et nicotiniques augmentés |
Donepezil, Rivastigmine, Galantamine | Inhibiteurs ChE du SNC | Maladie d'Alzheimer (symptomatique) | Troubles digestifs, bradycardie, insomnie |
Antagonistes Cholinergiques (Cholinolytiques) :
Type de Médicament | Exemples | Mécanisme d'Action | Usage Thérapeutique | Effets Indésirables |
Antimuscariniques (Parasympatholytiques) | Atropine | Antagoniste M (non sélectif) | Pré-anesthésie, bradycardie, intoxications cholinergiques | Tachycardie, sécheresse buccale, mydriase, rétention urinaire, confusion (à fortes doses) |
Scopolamine | Antagoniste M | Mal des transports, soins palliatifs (sédatif, ↓ sécrétions) | Fatigue, troubles mnésiques, somnolence, similaires à l'atropine | |
Ipratropium, Tiotropium | Antagonistes M (amines quaternaires, inhalation) | Asthme, BPCO (bronchodilatateurs) | Sécheresse buccale | |
Oxybutynine, Solifénacine | Antagonistes M (M3 sélectifs pour la solifénacine) | Incontinence urinaire | Sécheresse buccale, constipation | |
Ganglioplégiques (Antagonistes Nn) | Trimétafan | Bloquent récepteurs nicotiniques ganglionnaires | Hypotension contrôlée en anesthésiologie (abandonné pour HTA) | Hypotension orthostatique, tachycardie, iléus, rétention urinaire |
Curares (Antagonistes Nm) | Suxaméthonium (dépolarisant) Mivacurium, Atracurium, Rocuronium (non dépolarisants) | Agonistes ou antagonistes des récepteurs nicotiniques musculaires | Relaxation musculaire en anesthésiologie | Apnée prolongée, collapsus CV, hyperthermie maligne, hyperkaliémie |
Système Adrénergique
Le système adrénergique utilise la noradrénaline (NA) et l'adrénaline (Ad) comme neurotransmetteurs/hormones. Elles sont synthétisées à partir de la tyrosine (dopamine → NA → Ad).
Récepteurs Adrénergiques :
Alpha () :
(postsynaptiques) : Couplés à Gq (↑ Ca²⁺ intracellulaire). Effets : vasoconstriction, contraction muscles lisses (mydriase, piloérection), contraction sphincters, glycogénolyse hépatique.
(présynaptiques principalement) : Couplés à Gi (↓ AMPc). Effets : neuromodulation négative (↓ libération de NA), ↓ sécrétion d'insuline, sédation, réduction du tonus sympathique central.
Bêta () : Couplés à Gs (↑ AMPc).
(cardiaques) : ↑ fréquence, ↑ contractilité, ↑ vitesse de conduction (inotrope, chronotrope, dromotrope positifs).
(muscles lisses viscéraux) : Relaxation (vasodilatation, bronchodilatation, tocolyse, relaxation intestinale), glycogénolyse et gluconéogenèse hépatiques.
(tissu adipeux) : Lipolyse, vasodilatation.
Médicaments Adrénergiques (Sympathomimétiques) :
Type de Médicament | Exemples | Mécanisme d'Action | Usage Thérapeutique | Effets Indésirables |
Catécholamines Endogènes | Adrénaline (Epinéphrine) | Agoniste , , , | Arrêt cardiaque, choc anaphylactique, prolongation anesthésiques locaux, glaucome, crise d'asthme | Arythmies, HTA, anxiété, tremblements, ischémie locale |
Noradrénaline (Norépinéphrine) | Agoniste , , (peu ) | Choc septique (vasopresseur de 1er choix), hémorragies digestives | HTA, bradycardie réflexe, ischémie locale | |
Dopamine (à différentes doses) | Agoniste récepteurs dopaminergiques, (doses intermédiaires), (fortes doses) | Chocs (cardiogénique, septique), insuffisance cardiaque (à faibles doses) | Arythmies ventriculaires, tachycardies, HTA | |
Agonistes | Phényléphrine, Pseudoéphédrine, Oxymétazoline | Vasoconstriction | Décongestion nasale, mydriase, HTA | HTA, troubles cardiovasculaires, AVC, tachyphylaxie |
Agonistes | Clonidine | Agoniste central | Antihypertenseur, sédation, sevrage toxicomanies | Sédation, sécheresse buccale, dépression, effet rebond HTA |
Moxonidine, Rilmenidine | Agonistes récepteurs imidazolines I1 (plus sélectifs) | Antihypertenseurs | Moins de sédation que la clonidine | |
Agonistes | Isoprénaline (non sélective , ) | Agoniste , | Bradycardies, insuffisance cardiaque aiguë | Tachycardie, arythmies, HTA |
Dobutamine ( préférentiel) | Agoniste | Chocs cardiogéniques, insuffisance cardiaque aiguë | Troubles du rythme | |
Salbutamol, Terbutaline (agonistes préférentiels) | Agoniste | Crise d'asthme, menace d'accouchement prématuré (tocolytiques) | Tachycardie, tremblements, crampes musculaires, hyperglycémie | |
Mirabegron (agoniste ) | Agoniste | Hyperactivité vésicale | Tachycardie | |
Sympathomimétiques Indirects | Amphétamines, Tyramine, Ephédrine | Augmentent libération de NA, ACh, Dopamine | Stimulants SNC (TDAH - Méthylphénidate) | Pharmacodépendance, arythmies, toxicité cardiaque |
Antagonistes Adrénergiques (Adrénolytiques) :
Type de Médicament | Exemples | Mécanisme d'Action | Usage Thérapeutique | Effets Indésirables |
Alpha-Bloquants | Phénoxybenzamine (non sélectif, irréversible) | Antagoniste , | Phéochromocytome (pré-opératoire) | Hypotension, tachycardie réflexe |
Phentolamine (non sélectif, réversible) | Antagoniste , | Urgences hypertensives, phéochromocytome, HTA induite par cocaïne | Vasodilatation, tachycardie réflexe | |
Prazosine, Doxazosine, Térazosine (sélectifs ) | Antagoniste | HTA, Hypertrophie Bénigne de la Prostate (HBP) | Hypotension orthostatique (1ère dose), œdèmes, tachycardie réflexe | |
Tamsulosine, Alfuzosine (sélectifs vésicaux) | Antagoniste | HBP | Moins d'hypotension, mais hypotension orthostatique possible | |
Urapidil (anti , agoniste 5-HT) | Antagoniste | HTA en urgence | Hypotension | |
Yohimbine (antagoniste présynaptiques) | Antagoniste | Dysfonction érectile, hypotension orthostatique induite par antidépresseurs | Vasodilatation, effets psychiques | |
Bêta-Bloquants (βB) | Propranolol, Timolol, Nadolol (non sélectifs , ) | Antagoniste , | HTA, angor, arythmies, migraines, hyperthyroïdie, glaucome | Bradycardie, bronchoconstriction, fatigue, syndrome de Raynaud, blocage des symptômes d'hypoglycémie |
Aténolol, Métoprolol, Bisoprolol (cardiosélectifs ) | Antagoniste | HTA, angor, insuffisance cardiaque | Moins de bronchoconstriction, mais sélectivité perdue à fortes doses. Bradycardie | |
Carvédilol, Labétalol (avec effet bloquant) | Antagoniste , , | HTA, insuffisance cardiaque | Hypotension orthostatique | |
Nébivolol (libération de NO) | Antagoniste , vasodilatateur | HTA, insuffisance cardiaque | Vasodilatation accrue, moins d'effets métaboliques |
Autres Neurotransmetteurs et Médiateurs
La transmission nerveuse et les fonctions cellulaires impliquent un large éventail de médiateurs au-delà de l'ACh et des catécholamines.
Dopamine et Système Dopaminergique :
La dopamine est un neurotransmetteur du SNC et un médiateur périphérique (rein, intestin).
Récepteurs dopaminergiques : 5 types (D1-D5) regroupés en familles D1 (D1, D5) et D2 (D2, D3, D4).
D1 : SNC (cortex, striatum, système limbique), cœur, vaisseaux rénaux, TD.
D2 : SNC (système limbique, hypophyse, trigger du vomissement).
Rôle dans le mouvement (maladie de Parkinson), comportement, récompense, émotion, cognition, dépendance (schizophrénie, TDAH).
Médicaments Agonistes Dopaminergiques :
Dopamine (IV) : Effets périphériques (vasodilatation rénale, cardiotonique).
Apomorphine, Bromocriptine, Ropirinole : Maladie de Parkinson, hyperprolactinémie.
Médicaments Antagonistes Dopaminergiques :
Neuroleptiques (ex: phénothiazines) : Schizophrénie.
Antiémétiques (ex: métoclopramide, dompéridone) : Nausées et vomissements.
Sérotonine (5-HT) et Système Sérotoninergique :
Monoamine agissant comme neurotransmetteur (SNC) et hormone locale (TD, plaquettes).
Biosynthèse : À partir du tryptophane.
Récepteurs : 7 types et de nombreux sous-types (5-HT1 à 5-HT7). Majoritairement couplés aux protéines G (sauf 5-HT3, qui est un canal ionique).
Rôle dans le comportement alimentaire, humeur, sommeil, vomissements, migraine, nociception.
Médicaments Agonistes Sérotoninergiques :
Buspirone (5-HT1A) : Anxiolytique.
Triptans (5-HT1D, 5-HT1B) : Crise de migraine (vasoconstriction cérébrale).
Lasmiditan (5-HT1F) : Migraine (sans effet vasoconstricteur).
Métoclopramide (5-HT4, aussi antagoniste dopaminergique) : Prokinétique, antiémétique.
Inhibiteurs de la Recapture de Sérotonine (ISRS) :
Citalopram, Fluoxétine, Sertraline : Antidépresseurs.
Antidépresseurs Tricycliques (ADT) : Effet sérotoninergique (plus d'effets indésirables).
Médicaments Antagonistes Sérotoninergiques :
Neuroleptiques atypiques (ex: rispéridone, olanzapine) : Schizophrénie (effet sérotoninolytique).
Sétrons (ex: ondansétron) (5-HT3) : Antiémétiques (chimiothérapie).
Purines (Adénosine, ATP) :
Rôle de neuromédiateurs et de médiateurs locaux (autacoïdes).
Récepteurs purinergiques : P1 (pour Adénosine, couplés G) et P2Y (pour ATP, couplés G), P2X (canaux ioniques).
Effets adénosine : bradycardie, ↓ conduction cardiaque, vasodilatation coronaire, bronchoconstriction, sédation.
Médicaments :
Adénosine : Tachycardies supraventriculaires.
Méthylxanthines (théophylline, caféine) : Antagonistes de l'adénosine (bronchodilatateurs, stimulants).
Dipyridamole : ↑ adénosine (antiagrégant plaquettaire).
Antagonistes P2Y12 (ex: clopidogrel) : Antiagrégants plaquettaires.
Histamine :
Médiateur immunitaire, hormone locale, neuromédiateur.
Libérée par les mastocytes et basophiles, cellules gastriques, neurones SNC.
Récepteurs Histaminiques : Couplés aux protéines G.
H1 : Contraction muscle lisse viscéral (bronchospasme), ↑ perméabilité vasculaire, nociception, SNC (éveil).
H2 : Tachycardie, ↑ sécrétion gastrique.
H3 : SNC (modulateur de neurotransmetteurs).
Médicaments Antihistaminiques :
Antagonistes H1 :
1ère génération (ex: prométhazine) : Sédatifs, anticholinergiques (allergies, mal des transports, insomnie).
2ème génération (ex: cétirizine, loratadine) : Non sédatifs (allergies).
Antagonistes H2 (ex: cimétidine, ranitidine) : ↓ Sécrétion gastrique (ulcères, reflux gastro-œsophagien).
Oxyde Nitrique (NO) :
Médiateur omniprésent, généré par les NO synthases (NOS).
Active la guanylate cyclase soluble → cGMP → relaxation fibres lisses (vasodilatation, bronchodilatation, érection), inhibition agrégation plaquettaire.
Médicaments :
NO inhalé : Hypertension pulmonaire.
Dérivés nitrés (trinitrine) : Précurseurs de NO (vasodilatateurs).
Inhibiteurs de la phosphodiestérase V (ex: sildénafil) : ↑ cGMP (dysfonction érectile, HTA pulmonaire).
Acides Aminés Neurotransmetteurs :
Glutamate : Principal neurotransmetteur excitateur du SNC.
Récepteurs : Ionotropiques (NMDA, AMPA, Kainate) et Métabotropiques (mGlu1-8).
Rôle dans la plasticité synaptique (apprentissage, mémoire), mais toxicité à fortes concentrations (excitotoxicité).
Médicaments :
Mémantine (antagoniste NMDA) : Maladie d'Alzheimer.
Pérampanel (antagoniste AMPA) : Antiépileptique.
GABA : Principal neurotransmetteur inhibiteur du SNC.
Récepteurs : GABA-A (canaux chlorures) et GABA-B (couplés aux protéines G).
Rôle dans l'équilibre excitation/inhibition, sommeil, anxiété, épilepsie.
Médicaments :
Modulateurs allostériques GABA-A : Benzodiazépines, barbituriques (sédatifs, anxiolytiques, anticonvulsivants).
Baclofène (agoniste GABA-B) : Myorelaxant.
Tiagabine, Vigabatrin : Antiépileptiques (modulent synthèse/recapture GABA).
Peptides et Hormones Peptidiques :
Les peptides agissent comme médiateurs (en périphérie) ou comme neurotransmetteurs/neuromodulateurs (SNC), souvent via des récepteurs couplés aux protéines G ou des récepteurs tyrosine-kinase.
Hormones Pancréatiques :
Insuline : Hormone peptidique (synthétisée par les cellules du pancréas).
Mécanisme d'action : Se lie à des récepteurs tyrosine-kinase (sur foie, muscle, adipocytes) → ↑ captation et utilisation du glucose, ↓ production hépatique de glucose, action anabolisante (protéique, lipidique).
Indications : Diabète de type 1, diabète de la femme enceinte, diabète de type 2 (en association), hyperkaliémie sévère.
Préparations : Insulines humaines (rapides, intermédiaires) et analogues (lispro, aspart, glulisine rapides ; glargine, detemir, degludec lentes).
Effets indésirables : Hypoglycémie (principal), réactions locales, rétention sodée.
Glucagon : Hormone polypeptidique hyperglycémiante (sécrétée par les cellules du pancréas).
Mécanisme d'action : Active des récepteurs couplés à Gs → ↑ AMPc → hyperglycémie (glycogénolyse, néoglucogenèse), effet inotrope positif, vasodilatation.
Indications : Hypoglycémies sévères, diagnostic (relaxation digestive), intoxication aux bêta-bloquants.
Antidiabétiques Oraux (ADO) pour le Diabète de Type 2 :
Classe | Exemples | Mécanisme d'Action | Avantages | Inconvénients/EI |
Biguanides | Metformine | ↓ Production hépatique de glucose, ↑ sensibilité à l'insuline (activation AMPK), ↑ GLP-1 | Pas d'hypoglycémie, ↓ poids | Troubles GI, acidose lactique (rare mais grave), déficit B12 |
Sulfamides Hypoglycémiants | Glipizide, Glimépiride, Glibenclamide | Stimulent sécrétion d'insuline (fermeture canaux K-ATP) | Efficaces, moins chers | Hypoglycémie, prise de poids, interactions médicamenteuses |
Glinides | Répaglinide | Stimulent sécrétion d'insuline (fermeture canaux K-ATP, site différent) | Action rapide, avant repas | Hypoglycémie, troubles GI |
Incrétines | Analogues GLP-1 (ex: exénatide, liraglutide, sémaglutide) | ↑ Insuline glucose-dépendante, ↓ glucagon, ralentit vidange gastrique, ↑ satiété | ↓ Poids, ↓ risque CV (sémaglutide) | Injectables (sauf sémaglutide oral), nausées, pancréatite |
Inhibiteurs DPP-4 (ex: sitagliptine, vildagliptine) | Inhibent dégradation GLP-1 (↑ GLP-1 endogène) | Faible risque d'hypoglycémie, usage oral | Angio-œdème, troubles GI | |
Inhibiteurs SGLT-2 | Dapagliflozine, Canagliflozine, Empagliflozine | ↑ Élimination rénale de glucose et Na⁺ (indépendant insuline) | ↓ Poids, ↓ PA, ↓ risque CV, néphroprotecteur | Polyurie, déshydratation, hypotension orthostatique, infections urogénitales |
Inhibiteurs -Glucosidase | Acarbose, Miglitol | ↓ Absorption intestinale des glucides | Pas d'hypoglycémie | Troubles GI (flatulences, diarrhées) |
Hormones Thyroïdiennes :
Synthèse : Iode capté → iodation thyroglobuline (MIT, DIT) → couplage (T3, T4) → stockage → libération (activée par TSH).
Mécanisme d'action : Se lient aux récepteurs nucléaires (TR , ) → modulent expression génique.
Effets : ↑ Métabolisme basal, croissance, maturation SNC, ↑ sensibilité aux catécholamines.
Médicaments substitutifs :
Lévothyroxine (L-T4) : Hypothyroïdie (longue demi-vie, nécessite 4-6 semaines pour effet).
Liotyronine (T3) : Rarement utilisée (courte demi-vie).
Médicaments antithyroïdiens :
Antithyroïdiens de Synthèse (ex: thiamazole, propylthiouracile) : Inhibent la thyroperoxydase (synthèse hormonale).
Iode (à dose massive) : Inhibe libération hormonale.
Iode radioactif (131I) : Détruit partiellement la glande.
Bêta-bloquants (ex: propranolol) : Symptomatique, inhibe conversion T4 en T3.
Hormones Hypophysaires :
Hormone de Croissance (Somatotrophine) :
Régulation : Stimulée par GHRH, inhibée par somatostatine.
Effets : Stimule croissance via IGF-1 (synthèse protéique, lipolyse, hyperglycémie).
Médicaments :
Somatropine (recombinant) : Déficit de croissance.
Analogues de la somatostatine (ex: octréotide) et agonistes dopaminergiques (ex: bromocriptine) : Acromégalie (excès d'hormone de croissance).
Pegvisomant (antagoniste des récepteurs) : Acromégalie.
Prolactine :
Régulation : Contrôle inhibiteur par la dopamine.
Effets : Lactation, inhibition des gonadotrophines.
Médicaments :
Bromocriptine, Quinagolide (agonistes dopaminergiques D2) : Hyperprolactinémie (inhibent sa sécrétion).
Hormone Antidiurétique (ADH ou Vasopressine) :
Nonapeptide synthétisé par l'hypothalamus, stocké dans l'hypophyse postérieure.
Effets : Antidiurétique (récepteurs V2 → ↑ réabsorption d'eau), vasopresseur (récepteurs V1 → vasoconstriction).
Médicaments :
Vasopressine, Terlipressine : Choc septique, hémorragies digestives.
Desmopressine : Diabète insipide (analogue V2 sélectif).
Ocytocine :
Nonapeptide produit par l'hypothalamus, stocké dans l'hypophyse postérieure.
Effets : Contractions utérines, éjection du lait, effets comportementaux.
Indications : Insuffisance contractions utérines, chirurgie obstétricale (post-partum).
Hormones Corticosurrénaliennes :
Glucocorticoïdes (Cortisol et dérivés) :
Régulation : Sous contrôle de l'ACTH, rythme circadien.
Mécanisme d'action : Se lient aux récepteurs nucléaires des glucocorticoïdes (GR) → modulent expression génique (action lente) ou effets non-génomiques (rapide).
Effets :
Métaboliques : Hyperglycémie, ↑ catabolisme protéique, redistribution des graisses.
Anti-inflammatoires et Immunosuppresseurs : ↓ chimiotactisme, ↓ activité leucocytes, ↓ cytokines, ↓ production eicosanoïdes.
Autres : Effets minéralocorticoïdes (à fortes doses), ostéoporose, blocage axe HPA.
Indications : Thérapie substitutive (maladie d'Addison), anti-inflammatoire et immunosuppresseur (maladies auto-immunes, allergies, néoplasies, asthme).
Effets indésirables : Nombreux, surtout à long terme (syndrome de Cushing iatrogène, ostéoporose, hyperglycémie, infections, ulcères).
Minéralocorticoïdes (Aldostérone) :
Mécanisme d'action : Se lie au récepteur minéralocorticoïde (MR) → régule réabsorption Na⁺ et élimination K⁺ (rein).
Médicaments :
Fludrocortisone : Substitutif (maladie d'Addison).
Spironolactone, Éplérénone (antagonistes) : Hyperaldostéronisme, insuffisance cardiaque.
ACTH (Tétracosactide) :
Analogue de l'ACTH.
Indication : Diagnostic de l'insuffisance surrénalienne.
Hormones Sexuelles :
Estrogènes (Estradiol) :
Régulation : Sécrétées par les ovaires, placenta, transformées à partir d'androgènes.
Mécanisme d'action : Se lient aux récepteurs nucléaires des estrogènes (RE , ).
Effets : Développement caractères sexuels, cycle menstruel, maintient trophicité muqueuse, effets osseux (protection ostéoporose), cardiovasculaires (diminution LDL).
Indications : Déficience ovarienne, ménopause (THS), contraception.
Effets indésirables : ↑ Risque thromboembolique, cancers estrogénodépendants, troubles GI.
Modulateurs Sélectifs des Récepteurs (SERM) : Clomifène (anovulation), tamoxifène (cancer du sein), raloxifène (ostéoporose, cancer du sein).
Progestatifs (Progestérone et dérivés) :
Régulation : Sécrétée par l'ovaire (corps jaune), placenta.
Effets : Préparation utérus à nidation, ↓ contractilité utérine, supprime glaire cervicale, inhibe gonadotrophines, faible effet androgène.
Indications : Substitutif (insuffisance lutéale), contraception (seuls ou associés aux estrogènes), endométriose.
Effets indésirables : Troubles menstruels, effets androgènes, ↑ risque thrombose, cancers mammaire/utérin.
Antagonistes/Modulateurs : Mifépristone, Ulipristal (contraception d'urgence, IVG, fibromes utérins).
Androgènes (Testostérone) :
Régulation : Sécrétée par testicule, ovaire, cortex surrénal (sous contrôle LH).
Mécanisme d'action : Agissent au niveau nucléaire (testostérone et dihydrotestostérone).
Effets : Développement caractères sexuels masculins, spermatogenèse, effets anabolisants (musculaire, osseux), hématopoïèse (érythropoïétine), ↑ rétention sodée.
Indications : Hypogonadismes, anémies.
Effets indésirables : Virilisation (femmes), adénome hépatique (à fortes doses), ↑ agressivité.
Antagonistes : Finastéride (inhibe 5--réductase, HBP), Cyprotérone (antiandrogène, cancer prostate, hirsutisme).
Quiz starten
Teste dein Wissen mit interaktiven Fragen