Manuel pompier : Organ
30 KartenCe module, destiné aux futurs sapeurs-pompiers, décrit l'organisation des services d'incendie et d'aide médicale urgente en Belgique, les règles de conduite, la prévention des risques, les procédures d'intervention et la gestion des situations de crise et d'actes terroristes.
30 Karten
Module 1 : Culture administrative - Attitude et comportement
Ce module viseà fournir aux sapeurs-pompiers les compétences nécessaires pour comprendre l'organisation des services d'incendie, maîtriser les règles du code de la route applicables, connaître les principes de la radiocommunication et de la prévention incendie, etsavoir utiliser les équipements de communication et de prévention.
0. Programme du module
| Formation | B01 - Sapeur-pompier | |||
| Module | 1 | |||
| Cours | Culture administrative et comportement | |||
| Type etdurée | Théorie : 10h | Pratique froide : 2 h | Pratique chaude : | Total : 12h |
| Formateurs | Voir chapitre | Nombre de candidats : Voir chapitre | ||
| Prérequis | Aucun | |||
| Objectifs généraux | Ce module vise à donner au candidat sapeur-pompier les compétences nécessaires pour : Décliner les grands principes d'organisation des services d'incendie, connaître les règles du code de la route applicable au service d'incendie, connaître les principes de radiocommunication, connaître les principes de base de prévention de l'incendie, établir une communication radio et reconnaître les équipements de prévention incendie. | |||
| Objectifs intermédiaires | À la fin de ce module, les candidatsseront capables de : | |||
| Connaître et comprendre |
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| Appliquer |
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| Intégrer |
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| Outils et matériel didactique | ||||
| Lieux | ||||
| Évaluation certificative | Écrit | Théorie : (20%) | ||
| Oral : | Théorie et pratique (80%) | |||
| Continue | ||||
| Jury | Le chargé de cours et les adjoints | |||
1. Introduction et organisation des zones de secours
Ce chapitre présentel'organisation de l'aide urgente en Belgique, des services d'incendie, et la fonction de sapeur-pompier, en situant les zones de secours dans les structures institutionnelles.
1.0. Objectifs
À la fin de ce chapitre, vous serez capable de :
- Situer la zone de secours dans les structures institutionnelles, connaître l'organisation de l'aide urgente en Belgique, de l'aide médicale urgente, de l'organisation des services d'incendie et de la fonction de sapeur-pompier.
1.1. La Belgique, un état fédéral
La Belgique est un État fédéral, ce qui signifie que le pouvoir est partagé entre l'État fédéral et des entités fédérées (régions et communautés), ainsi qu'entre plusieurs niveaux administratifs.Les services d'incendie et la sécurité civile relèvent de la compétence fédérale.
1.1.1. Un état fédéral
La Belgique est un État fédéral, un système où le pouvoir est réparti entre le gouvernement central et plusieurs entitésfédérées. Les compétences des pompiers et de la sécurité civile sont fédérales. Le pays est divisé en trois régions (Flamande, Wallonne, Bruxelles-Capitale) pour l'économie, l'emploi, l'agriculture, etc., et trois communautés (Flamande, Wallonie-Bruxelles, Germanophone) pour l'enseignement et la culture. Chaque niveau possède un gouvernement et un parlement.
1.1.2. Commune et province
En plus des régions et communautés, la Belgique est diviséeen 10 provinces, qui sont des institutions autonomes sous la tutelle de l'État fédéral, des communautés et des régions. Chaque province a un Conseil provincial élu pour six ans, qui prend les décisions générales, vote les règlements et établit le budget. Le Collège provincial (Wallonie) ou la Députation (Flandre), présidée par le gouverneur, assure la gestion quotidienne et exécute les décisions. Le gouverneur, nommé et non élu, est le commissaire du gouvernement et joue un rôle crucial dans les plans d'urgenceet la coordination des secours en phase provinciale, ainsi que dans l'organisation de l'aide médicale urgente. Pour Bruxelles-Capitale, ces compétences sont exercées par un fonctionnaire régional.
La commune est la plus petite unité administrative (589 en Belgique),dirigée par le collège communal (Bourgmestre et échevins) et contrôlée par le conseil communal. Le bourgmestre est responsable de la sécurité sur son territoire et coordonne les secours en phase communale. Avant 2014, les communes étaient directement compétentes pour leursservices d'incendie. Depuis la réforme, le bourgmestre représente sa commune au collège zonal des zones de secours.
Les bourgmestres ou leurs représentants siègent au conseil zonal pour les zones de secours.
1.1.3.La constitution et la séparation des pouvoirs
La Constitution est la loi fondamentale de la Belgique, définissant les institutions et les droits des citoyens. Elle ne peut être modifiée que par une procédure parlementaire spécifique.
En Belgique, le principe de la séparation despouvoirs est appliqué :
- Le pouvoir exécutif applique les lois.
- Le pouvoir législatif élabore et vote les lois.
- Le pouvoir judiciaire interprète les lois et les fait respecter.
Ces pouvoirs agissent indépendamment mais se contrôlent mutuellement à chaque niveau de gestion.
1.2. Organisation de l'aide urgente en Belgique
L'aide urgente en Belgique est structurée autour de la sécurité civile, quicomprend les pompiers et la protection civile, et est gérée par la Direction générale de la sécurité civile du SPF Intérieur. Elle englobe également les centrales d'appel d'urgence (112), le Centre de connaissances et les centres de formation provinciaux.
1.2.1. Sécurité civile
Les pompiers et la protection civile sont responsables de la sécurité civile en Belgique, tous deux avec du personnel professionnel et volontaire. La Direction générale de la sécurité civile, qui fait partie du SPF Intérieur, supervise également l'organisation des centrales d'appel de secours (112), le Centre de connaissances (KCCE) et les centres de formation provinciaux (écoles du feu).
1.2.2. Services de secours et de sécurité en Belgique
En cas d'urgence, les services de secours et desécurité en Belgique sont mobilisés selon cinq disciplines :
- Discipline 1 (D1) : Secours pompiers.
- Discipline 2 (D2) : Secours médical (ambulance, SMUR, Croix-Rouge).
- Discipline 3 (D3) : Police.
- Discipline 4 (D4) : Logistique (protection civile, défense, services spécialisés).
- Discipline 5 (D5) : Information à la population et à lapresse.
Ces services dépendent de différents ministères : les services médicaux du ministre de la Santé, et les pompiers, protection civile et police du ministre de l'Intérieur. Bien que les pompiers relèvent principalement du SPF Intérieur, leur implication dans l'aide médicale urgentevia des casernes les connecte également à la compétence de la santé.
1.2.3. Les zones de secours
Les zones de secours en Belgique, au nombre de 34 plus le SIAMU de Bruxelles, sont le premier échelon des secours. Elles travaillent en collaboration avec d'autres services pour assurer les soins de deuxième ligne. Chaque zone comprend plusieurs postes de secours et peut être appelée directement via le 112.
En Belgique, il existe 34 zones de secours et un service d'incendierégional à Bruxelles (SIAMU).
1.2.4. La protection civile
La protection civile est un service spécialisé qui fournit un soutien technique et logistique aux pompiers, à l'aide médicale et à la police lors de situations d'urgence (catastrophes naturelles ou non). Elle dispose de matériel lourd spécialisé (grues, excavatrices, pompes puissantes, unités de décontamination) et est organisée en six unités opérationnelles avec un service de garde permanent. Elle peut être appelée par diverses autorités (bourgmestre, gouverneur)ou chefs d'intervention.
1.2.5. Le 112
Le 112 est le numéro d'urgence européen, accessible 24h/24 et 7j/7 pour toute demande d'aide urgente en Belgique eten Europe. Les opérateurs des Centres d'Appels d'Urgence (CAU) fournissent soutien, conseil et alertent les services de secours nécessaires. La Belgique dispose de CS112/100 et de CIC 101 dans chaque chef-lieu de province (sauf le Brabant wallon, couvert par les centres voisins) et à Bruxelles.
En Belgique, les deux principaux numéros d'urgence sont :
- 112 pour les pompiers et les ambulances.
- 101 pour lapolice.
Il est recommandé de composer directement le 101 pour la police afin d'éviter la perte de temps due au transfert d'appel.
1.2.6. Le KCCE et les centres de formation provinciaux
Le CentreFédéral de Connaissances pour la sécurité civile (KCCE) est le centre de référence opérationnelle pour la sécurité civile, chargé de collecter, traiter et diffuser le savoir-faire, de créer un réseau d'experts, de développer des règlements de manœuvre et un processus d'évaluation. Il développeégalement les cours de pompiers et les Procédures d'Opérations Standardisées (POS) avec des experts de terrain. Des documents et informations sont disponibles sur www.securitecivile.be.
Chaqueprovince et la Région de Bruxelles-Capitale possèdent un centre de formation (ou école du feu). Ces centres assurent :
- La formation initiale (du sapeur-pompier à l'officier).
- La formation continue.
- Les formations spécialisées (plongeurs, porteurs de tenue anti-gaz, etc.).
- L'obtention du certificat fédéral d'aptitude et les épreuves de promotion.
La plupart de ces écoles disposent d'infrastructures pour des exercicesvariés (chauds, froids, intégrés).
1.2.7. B-Fast
B-FAST (Belgium First Aid and Support Team) est une équipe belge d'aide rapide déployée à l'étranger en cas de catastrophes majeures. Composée d'experts de la Santé publique, de la Défense, des services d'incendie et de la Protection civile, elle est organisée par le SPF Affaires étrangères. Sa composition varie selon le type d'intervention (inondations, tremblements de terre, etc.). Les membres sont spécialisés dans la recherche, lalocalisation et le sauvetage de personnes ensevelies. L'aide belge est coordonnée au niveau européen. Parmi les pompiers, des spécialistes en cynophilie (maître-chien) et/ou USAR (Urban Search And Rescue) sont souvent mobilisés.
1.3. L'aide médicale urgente
L'aide médicale urgente (AMU) est souvent assurée par les pompiers en raison de leur vaste réseau de casernes, garantissant un temps de réaction rapide. Contrairement à leurs autres missions, l'AMU relève du SPF Santé,qui s'occupe de la formation, de l'équipement et de l'organisation.
En plus des pompiers, l'AMU peut être assurée par des hôpitaux, la protection civile, la Croix-Rouge, ou des services d'ambulances privés agréés,selon le choix de la commune. Le processus est similaire à celui des pompiers : un appel au 112/100, qui, en fonction des ambulances disponibles, du nombre de victimes et de la nature de l'incident, envoie les secours appropriés sur trois niveaux :
- Ambulance : Composée de deux secouristes-ambulanciers (pompiers ou non) titulaires du brevet (120h de formation, 40h de stage). Ils prodiguent les premiers soins et transportent les victimes à l'hôpital le plus proche avec un service d'urgences reconnu. Une zone de secours peut exiger que ses pompiers obtiennent ce brevet.
- PIT (Paramedical Intervention Team) : Équipe d'intervention paramédicale, composée d'un secouriste-ambulancier etd'un infirmier TPP (Titre Professionnel Particulier) en soins intensifs et urgents. Organisée par un hôpital (avec ou sans les pompiers), elle peut être utile là où les délais d'intervention d'un SMUR sont longs. L'infirmier TPP travaillesous la supervision d'un médecin urgentiste.
- SMUR (Service Mobile d'Urgence et de Réanimation) : Ne transporte pas de victimes et intervient toujours avec une ambulance. Composé au minimum d'un médecin urgentiste et d'un infirmier TPP, ce servicefournit des médicaments et du matériel de pointe pour la réanimation avancée. Après stabilisation, l'équipage SMUR accompagne le patient à l'hôpital dans l'ambulance. Dans certaines régions, des hélicoptères SMUR peuvent également transporter des patients.
1.4. Organisation des pompiers
L'organisation des pompiers en Belgique est structurée autour des zones de secours, chacune sous la direction d'un commandant de zone, soumis au conseil et collège zonal. Ils opèrent selon le principe de l'aide adéquate la plus rapide (AAR) et ontdes missions légales bien définies, avec la possibilité de spécialisations.
1.4.1. Les zones de secours
Chaque zone de secours est dirigée par un commandant de zone, responsable de l'organisation et du management, sousl'autorité politique du conseil zonal (composé des bourgmestres des communes de la zone). Le collège zonal, plus restreint, gère la charge quotidienne.
Le commandant de zone établit la politique de la zone basée sur une analysedes risques, en collaboration avec les directeurs et la commission technique (chefs de casernes et spécialistes). La fonction de commandant de zone est un mandat de 6 ans, renouvelable, n'exigeant pas d'être l'officier le plus gradé.
Les zones sont composées de personnel professionnel et volontaire, les casernes étant occupées de manière permanente ou non selon les besoins, les risques et la densité de population.
1.4.2. AAR, aide adéquate la plus rapide
Les pompiersopèrent selon l'Aide Adéquate la Plus Rapide (AAR), un principe qui privilégie la caserne pouvant intervenir le plus rapidement, sans égard aux limites administratives. L'aide doit également être adéquate, ce qui signifie qu'un équipage complet(souvent 6 hommes avec un chef d'intervention) est envoyé pour garantir la sécurité des opérations. Dans certains cas spécifiques, 4 hommes peuvent suffire.
L'objectif temps pour une mise en marche varie de 2 à 5 minutes : 2 minutes pour lescasernes avec permanence, 5 minutes pour les autres. Ces délais ne sont pas contraignants mais servent de lignes directrices.
1.4.3. Missions des zones de secours
Les missions des pompiers sont définies par la loi, notamment par l'Arrêté royal de 2014. Sur les six missions de sécurité civile, cinq sont spécifiques aux pompiers :
- Lutte contre l'incendie et l'explosion et leurs conséquences (ex: détection incendie).
- Lutte contre la pollution et libération de substances dangereuses (ex: détection, neutralisation).
- Sauvetage et assistance aux personnes en danger et protection de leurs biens (ex: désincarcération, USAR).
- Appui logistique (ex: assistance ambulance,signalisation, PC-Ops).
- Missions spécialisées suprazonales (ex: conseiller en matières dangereuses - CMD, équipes cynophiles).
En plus de ces missions, les zones de secours gèrent l'aide médicale urgente, la prévention incendie et lestâches liées aux plans d'urgence ou aux décisions de cellules de crise.
La plupart des interventions sont gratuites pour les citoyens, mais des frais peuvent être facturés pour certaines (ex: nids de guêpes, pollution, missions de prévention), avec le principedu "pollueur-payeur" en cas de pollution.
1.4.4. Spécialisations
Bien que chaque pompier soit polyvalent, certaines interventions requièrent des connaissances et compétences supplémentaires acquises par des formations spécialisées :
- Secouriste-ambulancier : Responsable du transport urgent de malades, il reçoit un "badge 100" du SPF Santé après réussite de sa formation.
- Porteur de tenue anti-gaz : Intervient avec un costume anti-gaz pour se protéger des agents chimiques ou biologiquesdangereux.
- Plongeur d'intervention : Intervient dans l'eau, en surface ou sous l'eau.
- Membre d'une équipe d'escalade (RED ou GRIMP) : Évacue des personnes de lieux difficilement accessibles en hauteurou en profondeur.
- USAR (Urban Search And Rescue) : Recherche, localise, délivre et évacue des survivants sous les gravats après des catastrophes. Ces équipes sont interdisciplinaires et peuvent être déployées internationalement (B-Fast).
- Maître-chien (équipe cynophile) : Recherche de personnes disparues avec un chien formé.
1.4.5. Hiérarchie
En intervention, les pompiers travaillent sous pression et dans des conditions dangereuses, nécessitant une structurehiérarchique solide pour des décisions rapides et une unité de commandement. Les grades sont inspirés du milieu militaire et sont visibles sur les différentes tenues.
La hiérarchie se compose de plusieurs cadres :
- Cadre de base:
- B01 sapeur-pompier
- B02 caporal
- Cadre moyen (sous-officiers) :
- M01 sergent
- M02adjudant
- Cadre supérieur (officiers) :
- OFF1 (lieutenant)
- OFF2 (capitaine)
- OFF3 (major)
- OFF4 (colonel)
1.5. Le sapeur-pompier (homme ou femme)
La fonction de sapeur-pompier, qu'il soit homme ou femme, est définie par un statut et une carrière spécifiques, des exigences de formation continue, une politique d'évaluation, des obligations et un règlement disciplinaire stricts, ainsi qu'un habillement distinctif.
1.5.1. Statut
Il existe deux statuts pour le personnel opérationnel des zones de secours : pompier professionnel etpompier volontaire (ou appelable). Bien qu'administrativement distincts, ces statuts sont opérationnellement identiques : mêmes conditions d'engagement, mêmes formations de base et continue, mêmes compétences et structure de commandement. De nombreuses zones combinent ces deux types de personnel.
La description de fonction, disponible pour chaque grade et spécialisation, détaille les tâches et compétences et sert de base à l'évaluation. Elle est basée sur des compétences, incluant trois compétences clés définies légalement : agir loyalement, avec honnêteté et honneur, et avec sens du devoir. S'y ajoutent des compétences comportementales et professionnelles.
1.5.2. Carrière
La carrière du sapeur-pompier est jalonnée par l'engagement après l'obtention du Certificat d'AptitudeFédéral, une formation de base et un stage, suivis par des opportunités d'évolution par promotion ou mobilité, jusqu'à la fin de carrière avec des possibilités de travail adapté.
1.5.2.1. Engagement, formation de base et stage
L'engagement d'un sapeur-pompier commence par l'obtention du Certificat d'Aptitude Fédéral (CAF), délivré après trois épreuves organisées par les centres de formation provinciaux (écoles du feu) : un test cognitif, un test d'habiletémanuelle et une épreuve sportive. Une fois le CAF en poche, les candidats peuvent participer aux recrutements zonaux, incluant un entretien oral (motivation, disponibilité) et un examen médical, voire une épreuve supplémentaire.
Après l'engagement, la formation de basepour le brevet de "sapeur-pompier" (B01) dure 264 heures dans un centre de formation provincial. Les volontaires peuvent travailler opérationnellement après les 152 premières heures, puis compléter le reste de la formation dans les 5 ans avec la formation continue obligatoire. Chaque stagiaire est encadré par un Maître de stage qui consigne le suivi et s'assure que l'intervenant participe aux opérations en accord avec son niveau de formation.
L'obtention du permis C est obligatoire pour les professionnels et peut être pourles volontaires, tout comme le brevet de secouriste-ambulancier.
La période de stage débute à l'engagement et se termine au plus tôt un an après l'obtention du brevet de sapeur-pompier, suivie d'une évaluation.
1.5.2.2. Évolution de carrière
Au cours de leur carrière, les sapeurs-pompiers peuvent monter en grade s'il y a des postes disponibles, s'ils ont le brevet requis et réussissent une épreuvede promotion, organisée dans les centres de formation provinciaux. Par exemple, pour devenir caporal, un sapeur-pompier doit obtenir le brevet de caporal et réussir l'épreuve de promotion.
La mobilité permet de changer de zone ou degrade (identique ou supérieur). Les volontaires peuvent aussi se professionnaliser. Des conditions spécifiques régissent la mobilité, la promotion et la professionnalisation (voir loi et brochures syndicales).
Il est impossible de cumuler les statuts de sapeur-pompier volontaire et professionnel au sein de la même zone.
Remarque pour les volontaires : Une année d'ancienneté équivaut à 180 heures de service (interventions, exercices). Ceux qui travaillent 90 heures par an obtiendront une année d'ancienneté après deux ans. Cette règle s'applique à l'ancienneté financière et aux anciennetés de grades pour devenir sergent, lieutenant ou capitaine.
1.5.2.3. Fin de carrière
En fin de carrière, les sapeurs-pompierspeuvent demander un travail adapté, consistant en des tâches plus légères (administratives, logistiques, techniques, ou opérationnelles légères), dont les conditions et tâches sont définies par la zone. Ce système permet de conserver son salaire tout en continuant à mettre son expérience et ses connaissances au service des pompiers, même avec une activité moins opérationnelle.
1.5.2.4. Description de la fonction du sapeur-pompier
Chaque grade et fonction (sapeur-pompier, caporal, chauffeur, porteur de tenue anti-gaz, etc.) dans lespompiers est accompagné d'une description de fonction. Ce document spécifie clairement les tâches, compétences et attentes, et sert de base à l'évaluation du sapeur-pompier.
Objectif :
- Exécuter une multitude de tâches opérationnelles dans le cadre de la sécurité civile de base, assurant le bon fonctionnement opérationnel de la zone.
- Appliquer concrètement la politique de sécurité pour des opérations de secours aussi sûres que possible.
Description :
Un pompier travaille avec l'équipe complète d'un véhicule (autopompe, auto-échelle, etc.). Il a des tâches, compétences et responsabilités dans l'exécution opérationnelle et le soutien des missions. Il effectue les missions ordonnées par le chef d'intervention et luirend compte, utilisant le matériel standard et, si nécessaire, celui d'autres véhicules.
Tâches principales et missions :
Principales finalités :
- Collaborateur opérationnel fonction de base (intervention) :
- Participer aux interventions pour atteindre les objectifs opérationnels de la zone, notamment :
- Lutte contre les incendies et les explosions.
- Sauvetage et assistance aux personnes, protection des biens, appui logistique des actions de sauvetage spécialisées.
- Limitation et traitement des dégagements de matières dangereuses, soutien logistique des équipes spécialisées.
- Exécution d'opérations de secours techniques avec du matériel spécialisé dans diverses circonstances.
- Participer aux interventions pour atteindre les objectifs opérationnels de la zone, notamment :
- Collaborateur opérationnel (préparation) :
- Maintenir sa condition physique et participer aux exercices et formations pour une exécution sécurisée des tâches, envers soi-même, ses collègues et les personnes aidées, notamment :
- Participation à des exercices physiques organisés par la zone.
- Participation à des exercices, formations, simulations, visites et recyclages, axés sur la connaissance du territoire de la zone.
- Maintenir sa condition physique et participer aux exercices et formations pour une exécution sécurisée des tâches, envers soi-même, ses collègues et les personnes aidées, notamment :
Place dans l'organisation :
Le sapeur-pompier est au niveau d'engagement, un exécutant au sein de l'équipe. Il reçoit des ordres du cadre moyen (sergent, adjudant) et peut être sous le commandement d'un caporal en intervention. Il ne donne pas le commandement.
Éléments (de réseau) :
La fonction reçoit des informations verbales et écrites (conseils, décisions) des sous-officiers, des officiers supérieurs et des collègues. Elle transmet des informations (questions, conseils) oralement et par écrit aux sous-officiers, collègues et citoyens, via contact personnel, informel, mail, etc.
Autonomie :
La fonction peut décider de manière autonome de :
- Choisir une solution alternative si la méthode assignée estimpossible en raison d'un danger imprévisible pour sa sécurité.
- Se détacher d'une mission opérationnelle en cas de risque sérieux pour sa sécurité, sans autre solution possible.
- Choisir une meilleure solution si la procédure déléguée est moins appropriée ou si une meilleureoption se présente et que le supérieur n'est pas joignable.
- Déterminer le timing et la manière d'exécuter une mission, dans les limites fixées par le supérieur et les procédures.
La fonction doit demander l'autorisation pour :
- Le choix de la procédure d'attaque et toute infraction éventuelle à celle-ci.
- Toute initiative non confiée par le supérieur ou le règlement général du service.
- Toute occupation affectant l'opérationnalité du service sans garanties spécifiques.
Conditions de travail :
Le sapeur-pompier est un exécutant au niveau d'engagement. Ses conditions incluent des horaires irréguliers (week-ends, jours fériés, nuits), des appels constants, et une forte pression physique.Les conditions d'engagement sont régies par les statuts administratifs et financiers : stage d'un an, obtention du brevet B01.
1.5.3. Formation permanente et condition physique
Le statut de sapeur-pompier exige une formation permanente de 24 heures par an pour maintenir et actualiser les compétences, gérée par un centre de formation provincial ou la zone. Son contenu est déterminé par le commandant de zone selon les besoins. Des obligations supplémentaires peuvent être imposées par la zone.
Une condition physique optimale est essentielle pour la sécurité du pompier, de ses collègues et des victimes. Chaque pompier est responsable de l'entretien de sa condition physique. Des tests physiques réguliers, y compris le test EMPP (Examen Médical Préventif Périodique) biannuel (lutte contre le feu, montée d'escalier), sont effectués au niveau zonal. D'autres tests peuvent être ajoutés par la zone.
1.5.4. Politique de fonctionnement et d'évaluation
Le personnel des pompiers est évalué tous les deux ans par sonsupérieur fonctionnel. L'évaluation est un processus constructif qui vise à stimuler la communication, développer les compétences et atteindre les objectifs du service. Une évaluation positive permet la poursuite de la carrière ; une évaluation négative offre une période de réajustement avec une nouvelle évaluation après un an. Deux évaluations négatives entrois ans entraînent un licenciement.
Le processus se déroule en plusieurs étapes :
- Entretien de fonction : En début de carrière ou de période, il clarifie objectifs et critères d'évaluation basés sur la description de fonction et le profil de compétence.Un rapport est rédigé et signé pour réception.
- Entretien de fonctionnement : À la demande de l'évalué ou de l'évaluateur, c'est un moment de coaching et de croissance, abordant le fonctionnement, les problèmes, les obstacles et le développement decarrière. Un agenda est échangé deux semaines avant. Un rapport est signé "pour raccord" et peut inclure des talents supplémentaires non couverts par la description de fonction.
- Entretien d'évaluation : Conduit par un supérieur fonctionnel (sous-officier), il est basé sur un dossier individuel (description de fonction, profil de compétence, rapports des entretiens précédents). La conclusion (suffisant, à améliorer, insuffisant) est motivée. Cet entretien a lieu tous les deux ans (ou annuellement si l'évaluation est "à améliorer" ou "insuffisant"). Une évaluation "insuffisant" dansla condition physique, la protection respiratoire, la formation continue ou la disponibilité entraîne une évaluation globale "insuffisant". En cas d'"insuffisant", un plan d'action obligatoire est inclus. Un rapport est rédigé dans les 14 jours, signé "pour réception".
Ilest possible de faire appel contre l'appréciation auprès de la commission d'évaluation (zone) puis de la Chambre des Appels (fédéral).
1.5.5. Obligations et règlement disciplinaire
Un sapeur-pompier peut être sanctionné disciplinairement s'il ne respecte pas ses obligations professionnelles ou s'il commet des infractions. Les sanctions, allant de l'avertissement au licenciement ou à la révocation, sont prononcées par le collège ou le conseil zonal et peuvent expirer après une certaine période.
Aperçu des sanctions disciplinaires :
| Peine disciplinaire | Autorités disciplinaires | Radiation |
| Avertissement | Collège zonal | 2 ans |
| Blâme | Collège zonal | 2 ans |
| Retenue sur salaire | Conseil zonal | 4 ans |
| Suspension disciplinaire | Conseil zonal | 4 ans |
| Dégradation | Conseil zonal | 4 ans |
| Régression barémique | Conseil zonal | 4 ans |
| Licenciement d'office | Conseil zonal | |
| Révocation | Conseil zonal |
En cas de faute grave, le collège zonal statue ; pour les fautes plus graves, c'est le conseil zonal. Les six premières mesures temporisent la sanction. Le licenciement et la révocation sont définitifs. Des recours sont possibles auprès du conseil zonal (dans les 10 jours ouvrables) puis de la chambre d'appel indépendante fédérale (dans les 10 jours ouvrables).
1.5.6. Habillement
Chaque pompier dispose de trois types de tenues :
Tenue de sortieou uniforme :
- Uniforme bleu (B1 - M4) ou blanc (0).
- Chemise bleu foncé (B1 - M4) ou noire (0) avec cravate.
- Gants noirs, chaussettes et chaussures noires.
- Képi.
Tenue de service :
Vêtement de travail pour les interventions ou tâches ne nécessitant pas la tenue d'intervention spécifique. Le nom de la zone figure au dos de la veste. L'insigne de spécialisation (plongeur, porteur de tenue anti-gaz) peut être porté sur la manche gauche.
Tenue d'intervention :
- Bottes de sécurité, gants, veste et pantalon d'intervention.
- Casque, ceinture.
L'agencement des couleurs varie :
- Tenue d'intervention des pompiers : bleu.
- Tenue d'intervention des sous-officiers : épaulettes oranges.
- Tenue d'intervention des officiers: entièrement orange.
(À Bruxelles, c'est l'inverse. Les tenues "Gold" ont des épaulettes noires pour les sous-officiers et rouges pour les officiers).
Depuis 2015, denouvelles tenues d'intervention de type "gold" sont introduites progressivement. Il existe également des tenues d'intervention spécialisées pour des situations spécifiques.
1.5.7. Cadet du feu et jeune sapeur-pompier
Le programme des jeunes sapeurs-pompiers est un mouvement de jeunesse où les jeunes se familiarisent avec le métier de pompier, apprenant les premiers secours, la lutte contre le feu et les secours.
À partir de 16 ans, ils peuvent suivre la formation de cadet du feu, équivalente à celle de sapeur-pompier. À 18 ans, les cadets ayant réussi obtiennent le brevet et sont dispensés de la première partie du cours de sapeur-pompier.
1.5.8. Fédérations et associations professionnelles
Plusieurs institutions défendent les intérêts des pompiers et de leur personnel :
- SPF Intérieur - Sécurité civile (www.securitecivile.be) :Fournit toutes les informations officielles (textes de loi, procédures, actualités) via son site et une newsletter.
- Fédération Royale des Corps de Sapeurs-Pompiers de Belgique - Aile Francophone et Germanophone (FRCSPB) (www.frcspb.be) : Défend les pompiers en tant qu'organisation (matériel, sécurité, opérations) et édite une revue professionnelle. Ses membres sont automatiquement affiliés à la Royale Caisse Nationale d'Entraide (assurance complémentaire en cas de décèsou d'invalidité en service).
- Brandweervereniging Vlaanderen (BVV) (www.brandweervlaanderen.be) : Fédération flamande des pompiers avec des missions similaires à la FRCSPB, incluant une revue professionnelle et l'affiliation à la Royale Caisse Nationale d'Entraide.
- Syndicats : Défendent les intérêts collectifs et individuels du personnel. Trois sont reconnus pour les pompiers :
- CGSP (Centrale Générale des Services Publics) : www.acod.be
- CSC (Confédération des Syndicats Chrétiens - services publics) : https://csc-services-publics.csc-en-ligne.be/default.html
- SLFP (Syndicat Libre de la Fonction Publique) : http://www.slfp.eu/
- Autres organisations :
- Beprobel (Association des officiers sapeurs-pompiers professionnels de Belgique) : www.beprobel.be
- VVB (Vereniging Vlaamse Brandweervrijwilligers) : http://www.brandweervrijwilligers.be/ (Association des Pompiers volontaires flamands).
2. Bien-être au travail
Le bien-être au travail pour les sapeurs-pompiers est défini par l'ensemble des facteurs liés aux conditions de travail. Ce chapitre vise à expliquer la loi du 4 août 1996, identifierles concepts de danger et de risque, et préciser les rôles des différents acteurs (direction, ligne hiérarchique, travailleurs) dans la politique de prévention. Il aborde également les risques spécifiques aux interventions et l'application des mesures préventives.
2.0. Objectifs
À la fin de ce chapitre, vous serez capable de :
- Nommer les concepts liés au «bien-être» et les objectifs et lignes directrices de la Loi relative au bien-être au travail.
- Expliquer que le métier de pompier implique certains dangers,pouvant toutefois être limités par l'application de règles de conduite établies préventivement et requérant un entraînement régulier.
- Décrire vos droits et obligations dans le cadre de la politique de prévention au sein de votre zone de secours.
2.1. Introduction
Le bien-être au travail est défini par l'ensemble des facteurs relatifs aux conditions dans lesquelles le travail est exécuté. Il englobe :
- La sécurité au travail.
- La protection de la santé du travailleur.
- La charge psychosociale du travail.
- L'ergonomie.
- L'hygiène au travail.
- L'embellissement des lieux de travail.
- Le harcèlement.
- L'environnement (pour autant que lié aux points précédents).
La base législative est la loi du 4 août 1996 relative au bien-être des travailleurs, complétée par des arrêtés d'exécution rassemblés dans le Code sur le bien-être au travail.
2.1.1. Termes utilisés
Il est crucial de distinguer les termes danger et risque :
- Un danger est une source potentielle de lésions physiques ou d'atteintes à la santé. L'exposition au danger signifie être àsa portée et susceptible d'en subir des dommages.
- Un risque est la combinaison de la probabilité qu'un dommage survienne et de son ampleur. Un risque découle de l'exposition au danger.
Exemple : des éclats de verre lors d'une désincarcération sont un danger pour les yeux. Le port de lunettes de sécurité limite le risque.
Malgré les mesures de sécurité, les dangers et risques ne sont pas éliminés. La formation est une des meilleures mesures de prévention.
L'exposition au danger est influencée par :
- Sa durée.
- Sa fréquence.
- Son intensité.
L'analyse des risques est une identification et analyse systématique et continue des dangers et facteurs de risquedans les processus et situations de travail.
2.1.2. Les mesures de prévention
Les mesures de prévention, basées sur l'analyse des risques, sont prises à trois niveaux :
- L'organisation dans son ensemble.
- Chaque groupe de postes de travail ou de fonctions.
- L'individu lui-même.
Ces mesures suivent un ordre précis :
- Éviter les risques.
- Éviter les dommages.
- Limiter les dommages.
2.2. Les principaux acteurs du bien-être
La politique de bien-être au travail est une responsabilité partagée impliquant la direction (ou l'autorité), la ligne hiérarchique et les travailleurs, chacun ayant des rôles et obligationsspécifiques visant à garantir un environnement de travail sûr et sain.
2.2.1. La direction / l'autorité
Chaque employeur est tenu d'instaurer une politique de bien-être basée sur des principes généraux visant à :
- Éviter les risques.
- Diminuer les risques.
- Assurer la protection collective.
- Assurer la protection individuelle.
- Former les employés.
- Informer les employés.
L'employeur,comme le commandant de zone pour les pompiers, a la responsabilité finale du bien-être de ses employés. Il doit prendre toutes les mesures possibles et s'assurer que le personnel est convenablement formé pour la mission, en tenant compte des risques.
2.2.2. LaLigne hiérarchique
La ligne hiérarchique comprend toute personne habilitée à donner des missions et à diriger des travailleurs. Chez les pompiers, cela inclut les officiers, sous-officiers, et membres du cadre de base exerçant un commandement. Bienque la responsabilité finale incombe à l'employeur, la ligne hiérarchique est chargée de l'exécution de la politique de prévention du bien-être et porte donc une responsabilité dans cette mise en œuvre. Ses tâches spécifiques incluent la planification, l'analyse des incidents, le contrôle, le transfert d'instructions, et une implication dans la formation des travailleurs.
2.2.3. Les travailleurs
Les travailleurs (sapeurs-pompiers) jouent un rôle actif dans la politique de sécurité. Le législateur leur impose des obligations spécifiques :
- Utiliser correctement les équipements de travail, les matières dangereuses et les équipements de protection individuels et collectifs (EPI et EPC), selon les instructions reçues.
- Fournir des retours à l'employeur et au service PPT (prévention et protection au travail)pour participer à l'amélioration du bien-être.
- Mettre en pratique les connaissances acquises lors des formations (ex : port de vestes fluorescentes).
- Ne pas se soustraire aux examens de la médecine du travail.
En cas de problèmede santé, de sécurité ou de bien-être, les travailleurs peuvent d'abord contacter la personne de confiance ou le conseiller en prévention du SIPP. Si le problème persiste, ils peuvent s'adresser à la direction régionale du Contrôle du bien-être au travail.
2.2.4. Le SIPP et le SEPP
Chaque employeur doit créer un Service Interne de Protection et de Prévention au travail (SIPP). Si cela n'est pas possible, il peut externaliser cette fonction à un Service Externe de Prévention et de Protection au travail (SEPP). Ces services sont responsables de :
- La sécurité au travail.
- La médecine du travail.
- L'ergonomie.
- Les aspects psychosociaux.
- L'hygiène au travail.
- L'environnement.
De plus, tout employeur doit faire appel à un ou des Services Externes pour les Contrôles Techniques (SECT) pour les contrôles légaux sur les lieux de travail, notamment pour:
- L'électricité.
- Les engins de levage.
- Le gaz.
- L'inventaire amiante.
- Le zonage ATEX (atmosphères explosives).
2.3. Risques lors des interventions
Les sapeurs-pompiers sont exposés à une multitude de risques lors des interventions, incluant les dangers liés à la fumée, les explosions, les effondrements, l'électrocution, les matières dangereuses, la radioactivité, les dangers sur la voie publique, et un risque accru de cancer. Le chef d'intervention doit informer le personnel, minimiser les risques, et chaque pompier doit savoir reconnaître et réagir face à ces dangers.
2.3.1. Dangers dus à la fumée
La fumée,présente dans la majorité des incendies, est composée de particules gazeuses, liquides et solides et pose de nombreux dangers pour les pompiers :
- Chaleur et opacité élevées : La fumée est très chaude, posant un risque d'inflammation ("flashover") et de brûlures, et son opacité complique fortement les opérations.
- Mobilité : Elle se déplace constamment en fonction de divers facteurs (courant d'air, température), ce qui rend ses mouvements difficiles à prévoir et peut gêner les secours.
- Risque d'inflammation :Après la phase de développement d'un feu d'intérieur, les gaz inflammables libérés peuvent s'embraser ("flashover"). Si le comburant est insuffisant, un apport soudain peut provoquer une explosion ("backdraft").
- Toxicité ou asphyxie : La fumée contientdes substances toxiques et peut priver d'oxygène, avec présence de CO2 et CO. Les pompiers ne doivent jamais pénétrer dans un bâtiment en feu sans tenue adaptée et protection respiratoire correcte.
- Dépôt de particules de fumée : Les particules solides se déposent sur les EPIet peuvent, à long terme, causer des cancers. Une hygiène rigoureuse (lavage des tenues, douche après intervention) est essentielle.
2.3.2. Risque d'explosion
Les explosions représentent un danger majeur, pouvant être provoquées par l'inflammationd'un mélange de comburant, gaz ou matière, lorsque les concentrations atteignent les limites d'explosion. Dans les bâtiments, des fuites de gaz peuvent engendrer des situations très graves.
2.3.2.1. Gaz lourds et vapeurs
Les gaz et vapeurs, souvent plus lourds que l'air (ex: vapeur d'essence), peuvent s'accumuler dans les espaces bas comme les égouts, caves ou trous en cas de déversement de grandes quantités de matières inflammables. Cette accumulation peut provoquer un risque d'explosion.
2.3.2.2. Bonbonnes et bouteilles
Plusieurs types de bonbonnes et bouteilles peuvent exploser :
- Bouteilles de boissons gazeuses : La chaleur augmente la pression, pouvant les faire sauter.
- Bombes aérosols : Peuvent exploser à partir de 50°C, même si le contenu n'est pas inflammable.
- Petites bonbonnes de gaz (butane) : Courantes dans les habitations, leur explosion peut propager le feu.
- Bouteilles d'acétylène : Chauffées, ces bouteilles utilisées pour la soudure métallique peuvent exploser avec une énorme libération d'énergie, car l'acétylène se décompose en carbone et hydrogène sous l'effetde la chaleur, générant encore plus de chaleur.
2.3.3. Risque d'effondrement
Le risque d'effondrement peut survenir suite à une explosion ou sous l'effet de températures élevées lors d'un incendie. Le métal perdsa résistance à haute température, tandis que le bois et le béton, bien qu'offrant une meilleure résistance, peuvent finir par céder. Une surcharge due à de grandes quantités d'eau non évacuées dans un étage, ou le gonflement de matériaux absorbants (ex: grain) qui exercent une pression excessive surles parois, peut aussi provoquer un effondrement.
Protection contre les effondrements :
Le premier impératif est d'abandonner le bâtiment en cas de risque. En cas de surprise, chercher un abri sous des escaliers en béton ou dans les encadrements de portes. À l'extérieur, se tenir à une distance d'au moins une fois et demie la hauteur du bâtiment.
2.3.4. Risque d'électrocution
Les installations électriques (fils, câbles, prises, interrupteurs) dans les bâtiments présentent un risque d'électrocution. Lors d'un incendie, explosion ou effondrement, les parties sous tension peuvent être exposées. Un contact direct peut être mortel, et même des tensions plus basses peuvent causer des accidentspar perturbation. La combinaison d'eau et d'électricité est particulièrement dangereuse, l'eau étant conductrice.
Avant toute action, il est impératif de supprimer la tension, décision prise par le chef d'intervention. Les commerces avec éclairage au néon doivent avoir un interrupteur extérieur pour les pompiers. Les panneaux solaires photovoltaïques nécessitent une attention particulière, car ils peuvent continuer à produire du courant même endommagés.
2.3.5. Matières dangereuses
Lessubstances dangereuses représentent un risque supplémentaire lors de nombreuses interventions. La protection respiratoire et les vêtements appropriés sont choisis selon la nature de la substance. L'identification rapide des substances est cruciale, d'où l'existence de règles strictes pour leur stockage et transport.
Réglementation ADR :
La convention européenne ADR (Accord européen relatif au transport international des marchandises Dangereuses par Route) régit le transport international routier de biens. Elle couvre notamment :
- Le classement des matières dangereuses.
- Les conditions de transport.
- Les exigences d'emballage.
- La formation des chauffeurs.
- Les exigences des véhicules et les signes de reconnaissance.
Panneaux dangers :
Les panneauxde danger utilisent des signes conventionnels pour identifier à distance la nature et le risque des matières dangereuses.
2.3.6. Radioactivité
Les matières radioactives sont utilisées en médecine, dans l'industrie et l'énergie, ce qui rend possiblel'exposition des pompiers à la radioactivité, émise par des éléments naturels (cosmos, sous-sol) ou artificiels (centrales nucléaires, imagerie médicale). La protection repose sur trois piliers :
- Protection par le matériau : Lesmatériaux lourds et épais filtrent la radioactivité.
- Distance : Le danger régresse avec l'éloignement de la source.
- Durée : Les conséquences du rayonnement sont proportionnelles à la durée d'exposition.
2.3.7. Dangerssur la voie publique
Les interventions sur la voie publique (feux de voiture, accidents) présentent un risque supplémentaire dû aux autres usagers de la route, particulièrement sur les autoroutes. Le comportement inadapté ou imprudent et la distraction des conducteurs sont des facteurs de danger. Pour les secouristes, la visibilité et le placement défensif des véhicules sont cruciaux.
En tant que conducteur ou passager de véhicule prioritaire, des risques accrus existent : un taux d'adrénaline élevé, la vitesse, lescaractéristiques des véhicules (centre de gravité mobile ou élevé), et le manque d'expérience peuvent conduire à des accidents graves. La sécurité d'arrivée est primordiale. Il est impératif de toujours boucler sa ceinture.
2.3.8. Autres dangers
Les interventions présentent une multitude de dangers supplémentaires, souvent combinés :
- Risque de chute lors du travail en hauteur.
- Risque de noyade lors des interventions de plongée.
- Risque de choc anaphylactique en cas de piqûre de guêpe.
- Risque d'accident avec les tronçonneuses ou appareils de coupage.
- Risque de chutes d'objets.
La routine peut être mortelle, il est donc essentiel de toujourssuivre les procédures et d'utiliser une protection adaptée.
2.3.9. Risque de cancer
Il est établi que les pompiers ont un risque accru de développer un cancer, car les substances cancérigènes dispersées par la fumée se fixent sur les vêtementset sont absorbées par la peau, même après l'intervention. La protection respiratoire empêche l'inhalation, mais une bonne hygiène est nécessaire pour prévenir l'exposition cutanée aux toxines :
- Porter des gants en latex après intervention/exercice.
- Porter un masque à poussière lors du rangement, du chargement de matériel ou de la manipulation des vêtements d'intervention.
- Se laver les mains le plus possible après les interventions, exercices, et manipulation des vêtements d'intervention.
- Prendre une douche après chaque intervention, utiliserdes sous-vêtements propres et laver immédiatement les vêtements sales.
- Assurer un lavage régulier des vêtements d'intervention (idéalement après chaque lutte contre le feu).
3. Communication et utilisation ASTRID
Ce chapitre explore l'importance de la communicationradio dans les missions opérationnelles des pompiers, en se concentrant sur le réseau ASTRID, les objectifs et modes de communication, les procédures radio OTAN, le fleetmapping et la manipulation du matériel. Il vise à garantir une communication efficace et sécurisée en situation de stress et multidisciplinaire.
3.0. Objectifs
À la fin de ce chapitre, vous serez capable de :
- Identifier les différents groupes de communications ASTRID locaux, zonaux et provinciaux utilisés par les services d'incendie pour les interventions au quotidien.
- Restituer les différentes procédures opérationnelles radiocommunication des services d'incendie en interventions.
- Établir une communication radio en utilisant la radio procédure.
- Manipuler sa radio en intervention.
- Adopter les règles de télé-communication.
3.1. Introduction
La radiocommunication est un outil essentiel pour transmettre des informations rapidement, en particulier lorsque les intervenants ne sont pas à portée de voix. Elle est vitale pour des communications de groupe, directes et simultanées, notamment dans des situations de stress. Pour uneefficacité et une sécurité maximales, un langage et des procédures uniformisés, comme la radio-procédure OTAN (Circulaire OPCOM MULTI 2011), sont impératifs. Ces règles s'appliquent tant aux pompiers qu'aux autres disciplines, surtoutdans un pays multilingue comme la Belgique et lors des collaborations internationales (B-FAST).
La conception des schémas de communication doit tenir compte du fait que l'humain ne peut traiter qu'un nombre limité d'informations simultanément, surtout sous stress. Les principes clés sont :
- Scanning : maximum 2 groupes pour le gestionnaire de chantier, 1 seul pour les intervenants de terrain.
- Optimisation : pas de changement de groupe inutile.
- Sécurité : priorité à la sécurité des intervenants.
L'uniformisation du schéma de communication facilite également la collaboration entre différentes zones de secours. La radio est considérée comme un Équipement de Protection Individuel (EPI) obligatoire à l'incendie (Arrêté Royal 2013), soulignant l'importance de maîtriser son utilisation et son matériel annexe (oreillette, micro déporté).
3.1.1. Objectifs
- Comprendre le fonctionnement et les contraintes liées à l'emploi des différents modes de communication : radio VHF, GSM et réseau TETRA.
- Comprendre et restituer les différentes modes de fonctionnement d'un réseau TETRA.
- Identifier le fournisseur de réseau : ASTRID.
3.1.2. Radio communication
Les besoins opérationnels enradiocommunication sont :
- Communication de groupe en mode simplex.
- Contact direct via un seul bouton : le Push-To-Talk (PTT).
- Contact simultané avec plusieurs interlocuteurs.
3.1.3. Les types de communication
Il existe différents types de communication :
- Duplex : Utilise deux fréquences, une pour l'émission et une pour la réception, permettant de parler et d'écouter simultanément (ex: téléphone, GSM).
- Semi-duplex : Utilise également deux fréquences, mais un seul interlocuteur peut émettre et recevoir à la fois, tandis que les autres doivent choisir entre émission et réception. Pour ces derniers, il est similaire au simplex.
- Simplex : Sur un seul canal, les utilisateurs doivent commuter entre émission et réception (ex: radios VHF, appels de groupe ASTRID).
3.1.4. Comparaison
- La radio analogique.
- Le GSM.
- Le réseau de radiocommunication TETRA.
3.1.4.1. La radio analogique
Les anciens systèmes de radio analogique fonctionnent sur une seule fréquence. Lorsqu'une station émet, toutes celles à portée reçoivent le signal.
Avantages :
- Communication directe instantanée après avoir appuyé sur le PTT.
- Communication de groupe.
- Deux appareils suffisent pour établir des communications, sans nécessité de réseau.
Inconvénients :
- Perturbation si plusieurs personnes parlent simultanément.
- Portée limitée et problèmes de couverture.
- Une seule fréquence, ce qui complique la coordination lors d'incidents multiples.
- Difficultéde communication en cas de renfort d'autres services d'incendie.
- Impossibilité de communiquer avec d'autres disciplines.
3.1.4.2. Le réseau GSM
Le réseau GSM (norme utilisée par desfournisseurs comme Mobistar, Proximus, Base) permet aux téléphones mobiles de communiquer nécessite un réseau. Le réseau gère la localisation des utilisateurs et établit un canal de communication entre l'appelant et l'appelé.
Avantages :
- Appels en Full Duplex (parler et écouter simultanément).
- Couverture (Inter)Nationale.
- Qualité sonore numérique.
- Accès à d'autres réseaux.
Inconvénients :
- Sans réseau, les appareils sont inutiles.
- Pas de communications de groupe.
- Il faut composer un numéro et attendre l'établissement de la communication.
3.1.4.3. Le réseau TETRA
Leréseau TETRA (norme fournie par ASTRID) offre deux modes de communication :
- TMO (Trunking Mode) : Mode réseau.
- DMO (Direct Mode) : Mode direct.
3.1.4.3.1 Le TMO (Trunking Mode)
En mode TMO (Trunking Mode), le réseau TETRA connaît en permanence la position et les groupes de communication des radios allumées. Lorsqu'un utilisateur appuie sur le PTT,le réseau identifie les radios écoutant ce groupe et établit une communication. Ce processus prend moins d'une seconde.
Avantages :
- Accès à une communication directe en 2 secondes.
- Appels de groupe.
- Pas de perturbation par d'autres appareils (Queuing).
- Qualité de son numérique.
- Couverture nationale.
- Plusieurs groupes par SRI (Site Radio Intermédiaire).
- Contact entre différents SRI.
- Contact multidisciplinaire.
- Appels individuels (Full Duplex).
- Accès à d'autres réseaux.
Le groupe de communication :
Les radios communiquent via des groupes de communication, où la fréquence estgérée dynamiquement par le réseau (Trunking). Un message est reçu par tous les utilisateurs du même groupe si la radio est allumée, dans la zone couverte par le réseau, sur le bon groupe, et non en communication individuelle.
Les différents types d'appels possibles en TMO:
- Appel de groupe : Sélection du groupe + PTT.
- Appel individuel type radio (semi-duplex) : Numéro du correspondant ASTRID + PTT.
- Appel individuel type téléphone (duplex) : Numéro du correspondant ASTRID + «téléphone vert».
- Appel PSTN (vers GSM ou ligne fixe) : 0 + Numéro du correspondant + «téléphone vert».
- Appel de détresse : Bouton rouge surle portatif (2 à 3 secondes).
Les différents types d'échanges de données en TMO :
- Échange de SDS (=SMS) : Vers un numéro individuel ou un groupe. Pas de sauvegarde par le réseau si l'appareil est éteint.
- Échange de statuts.
- Renvoi d'informations : Vers un dispatching équipé (nécessite configuration radio).
- Envoi des coordonnées GPS : Appareils équipés de modules GPS (THR880i, TMR880i avec APL/AVL ou GPRS).
3.1.4.3.2 Le DMO (Direct Mode)
Le mode DMO (Direct Mode) permet aux appareils TETRA de fonctionner comme des talkie-walkies, communiquant directement entre eux sans passer par le réseau. C'est un mode de secours idéal en cas de perte de réseau.
Caractéristiques :
- Passage rapide en mode direct.
- Garantie d'unecommunication radio minimale.
- Appel de groupe en 2 secondes.
- Portée limitée (600 à 1000 m en extérieur), moindre à l'intérieur des bâtiments.
- Il est impératif de toujours utiliser le groupe FIRE DMO en mode direct.
Sans un système de passerelle ou gateway, il est impossible pour les radios en TMO de communiquer avec celles en DMO et vice-versa.
3.1.4.3.2 Le Mode Fallback
Le Mode Fallback se déclenche lorsqu'une antenne TETRA est isolée du réseau, créant un mini-réseau local. L'antenne envoie un message FALLBACK aux radios dans sa zone de couverture, qui doivent alors basculer sur un groupe FALLBACK. Cependant, une fois la connexion rétablie, l'antenne désactive le groupe FALLBACK, forçant un retour au groupe TMO. Ces changements sont problématiques et dangereux en intervention.
Il est donc préconisé, en cas de passage en FALLBACK, de terminer l'intervention en DMO sur le groupe FIRE DMO.
3.1.4.4. Comparatif
Le tableau comparatif met en évidence les caractéristiques des systèmes de communication analogique, TETRA et GSM.
| Radio analogique | TETRA | GSM | |
| Accès | Accès direct | Accès direct | Encodage numéro |
| Appels | Appel de groupe | Appel de groupe, Appel Individuel | Pas d'appel de groupe, Appel Individuel |
| Fréquences/Groupes | Nombre de fréquences limité | Grand nombre de groupe | |
| Portée | Portée limitée | Couverture nationale | Couverture nationale |
| Contact entre services | Peu de possibilité de contact entre SI | Contact entre Zones de Secours,Multidisciplinaire | |
| Discipline | Monodisciplinaire | Multidisciplinaire | |
| Réseau | Pas besoin de réseau | Pas besoin de réseau en DMO | Besoin d'un réseau |
Le réseau de télécommunication numérique TETRA offre un bon équilibre entre les avantages des radios analogiques et des réseaux numériques.
3.1.4.5. Le paging
ASTRID propose un service de paging (messagerie unilatérale) basé sur la norme POCSAG. Ce système permet le rappel de personnel et peut être activé via une radio ASTRID, un téléphone ou une application web (http to page). Leréseau de paging est physiquement distinct du réseau radio TETRA, mais utilise les mêmes infrastructures d'antennes.
3.1.5. ASTRID
La société publique ASTRID est un opérateur de télécommunication dédié principalement aux services de secours et desécurité en Belgique, établi par arrêté royal.
Son nom est l'acronyme de :
- All-round : Polyvalent, avec une couverture nationale.
- Semi-cellular : Chaque station de base couvre une zone (cellule).
- Trunking : Utilisation économique des fréquences.
- Radiocommunication : Système de radiocommunication.
- Integrated : Fonctionnalité du réseau de radiocommunication intégrée aux centres de dispatching.
- Dispatchings : 11 centres de dispatching pour les appels 101 (police), évoluant vers des CIC multidisciplinaires.
Les utilisateurs :
- Services Publics : Police fédéraleet locale, services d'incendie et protection civile, aide médicale urgente, sûreté de l'État, douanes, parquets, prisons, Office des étrangers, Défense Nationale, CGCCR, Eaux et Forêts, etc.
- Services Privés liés à la Sécurité: Aéroports, SNCB, Fluxys, entreprises SEVESO, Ports, OTAN, etc.
3.1.6. Les différents types d'appareil
Il existe trois catégories d'appareils radio ASTRID :
| Le portatif | Appareil radio sur batterie portable par un utilisateur. |
| Le mobile | Appareil radio encastré dans un véhicule. |
| Le fixe | Appareil non transportable (en utilisation), branché sur le secteur. |
3.2. Radio procédure - Procédure OTAN
La radiocommunication est indispensable pour des opérations efficaces. L'emploi de la procédure radioOTAN uniformise le langage entre les différentes disciplines et assure des échanges rapides et fiables, particulièrement dans un contexte multilingue et potentiellement stressant.
3.2.1. Objectifs
- Comprendre les différentes contraintes liées à l'utilisation des moyens de radiocommunication.
- Comprendre et identifier la structure d'un message radio.
- Appliquer les différentes règles de la procédure radio internationale lors d'une communication radio.
- Comprendre la nécessité d'une discipline de radiocommunication stricte.
3.2.2. Introduction
Pour le bon déroulement des opérations de secours, l'échange rapide et fiable d'informations est essentiel. La Belgique a migré tous ses services de secours vers le réseau numérique ASTRID.
Il est crucial d'uniformiser le"langage" grâce aux procédures radio internationales (Procédure OTAN) pour les intervenants de différentes disciplines, y compris ceux de pays étrangers (ex: B-FAST) ou de zones multilingues en Belgique. Un langage clair, systématique et commun est donc nécessaire.
Le pompier doit toujours garder à l'esprit :
- Les contraintes liées aux communications simplex.
- La présence de nombreux interlocuteurs aux tâches variées.
- Les problèmes de langue et de prononciation (accent).
- La nécessitéd'uniformisation et d'un langage commun.
- L'adaptation aux besoins spécifiques des pompiers.
3.2.3. Communiquer sur un réseau
Sur un réseau libre, toutes les stations peuvent échanger des messages sans l'autorisationdu dispatching. Il est le gestionnaire du réseau et responsable de la discipline. La hiérarchie (officiers et gradés) doit veiller au respect de la discipline par le personnel. Avec la technologie TETRA, un système de prérogative peut être mis en place. Le dispatching peut également reprendrela main sur le réseau s'il dispose d'un DWS. Toute ouverture d'un réseau commence par un appel. Le respect des procédures radio et sa surveillance par le gestionnaire et la hiérarchie sont primordiaux pour réussir une mise en place correcte de la communication.
L'ouverture d'un réseau :
- Normale : Réponse rapide à la demande d'ouverture.
- L'ouverture commence toujours par un appel.
- Si le poste appelé ne répond pas, il peut ne pas entendre (poste éteint, mauvais groupe, volume, bruit ambiant) ou répondre après un délai (occupation).
L'échange de message :
- Votre interlocuteur est prêt.
- Votre interlocuteur n'est pas prêt.
L'urgence peut être des deux côtés de la communication.
3.2.3.1. Priorité en fonction de l'interlocuteur
La priorité des communications radio est hiérarchisée :
- CS100
- Dispatching Pompier
- Chef des Opérations
- Chef de Manœuvre
- Chefs d'équipe
- Intervenants de terrain
3.2.3.2. Priorité en fonction du type de communication
Les messages radio ont une priorité selon leur nature :
- Message de détresse
- Message d'urgence
- Message de sécurité
- Ordre opérationnel
- Message opérationnel
- Message de trajet
- Message logistique
- Message de routine
- Information
- Message personnel
3.2.3.3. Gestion des priorités
La priorité du message prime sur la priorité de la fonction.En dehors des messages de haute priorité, le respect de la chaîne de commandement est primordial. Le dispatching, ayant une vue d'ensemble, gère les communications en cas de dérapage.
Les intervenants à l'interface de deux groupes de communication (nœud) ont priorité sur leurs subordonnés. Cependant, le scanning doit être programmé en priorité sur les groupes provenant du terrain, en raison des risques de messages de détresse ou d'urgence.
3.2.3.4. L'appel
Ledébut d'une conversation radio doit toujours inclure un message de contact (ouverture) pour définir les stations communicantes, puis chaque message doit contenir l'identification de l'émetteur (l'appel).
Formes d'appel :
- Appel complet : Contient tous les éléments pour identifier l'expéditeur et le destinataire. Exemple : « Ambulance de Verviers ici 100-Liège, vous vous rendez rue des Sorbiers à Heusy pour un malade voiepublique, over »
- Appel abrégé : L'indicatif du destinataire est omis. Utilisé quand il n'y a pas de confusion et jamais pour l'ouverture du réseau. Exemple : Le 100: «Ambulance de Verviers ici 100-Liège, over. »
Sortes d'appel :
- Appel simple : D'un interlocuteur à un autre.
- Appel multiple :D'un à deux ou plusieurs interlocuteurs.
- Appel général : D'un interlocuteur à tous les interlocuteurs sur le réseau.
3.2.3.5. Composition d'un message
Un message radio se compose de trois parties: Début - Milieu - Fin.
- L'identification de son interlocuteur.
- "This is" (Ici).
- Sa propre identification.
- Le corps du message (informations à transmettre).
- Une expression de fin pour libérer le canal : OVER (ou OUT).
Remarque : Il est important de distinguer un message (unité de communication) d'une conversation (série de messages).
3.2.3.5.1 Débuter un appel
Pour débuter un appel, la structure est : «L'appelé» this is «l'appelant»...
- Utilisez le terme "ici" (et non "pour") pour éviter les ambiguïtés.
- Répétez «l'appelé» lors du premier message de contact.
Exemple :
- Dispatch, Dispatch this is la pompe d'Ans, over.
- Pompe d'Ans this is leDispatching j'écoute over.
3.2.3.5.2 L'identification
Identifiez-vous clairement pour éviter toute confusion, surtout en cas de renforts ou de travail multidisciplinaire. Évitez les identifications internes au service.
Privilégiez l'ordre suivant : fonction, type de véhicule, lieu d'origine, puis l'indicatif (si nécessaire).
Exemples :
- Autopompe de Limbourg (au lieu de P1).
- Officier de Flémalle (au lieu de V2).
- Première ambulance de Verviers (au lieu de PV12).
- Dispatching des pompiers de Huy (au lieu de Central).
- Désincar lourde de Liège (au lieu de V54).
- Gradé de la pompe de Theux.
- Gradé de la 2ème pompe de Flémalle.
- Chauffeur de l'échelle de Grâce-Hollogne.
- N°2 de la pompe de Huy.
- N°5 de l'officier de Liège.
- 1ère équipe d'attaque de la pompe de Verviers.
Identification des dispatchings :
- Dispatching provincial : Dispatch «Nom de la province»(Exemples : Dispatch Vlaams Brabant, Dispatch Luxembourg).
- Dispatching zonal : Dispatch «Nom du dispatch» (Exemples : Dispatch Verviers).
3.2.4. L'effet LARSEN
L'effet LARSEN se produit lorsque deux postes radio sont en réception et émission sur le même groupe de communication, créant une boucle de réamplification du son par le haut-parleur. Pour l'éviter :
- Utilisez du matériel annexe (oreillette).
- Coupez le haut-parleur (bouton HI/LO).
- Coupez la communication entrante (touche raccrocher).
- Diminuez le volume (en dernier recours).
3.2.5. Radio procédure
La radio procédure repose sur la règle des 3 C : Clair, Calme et Concis. Il faut éviter les ambiguïtés, parler distinctement, rester calme (pour ne pas influencer les collègues et victimes), éviter de crier, et nepas monopoliser les communications. Il est essentiel de respecter scrupuleusement les règles de procédure.
3.2.5.1. Les règles de base
Quelques règles fondamentales pour la radiocommunication :
- Délai avant de parler : Ne parlez pas immédiatement après avoir appuyé sur le PTT. Attendez le signal lumineux (vert/orange/rouge) ou sonore (bips) pour assurer la connexion.
- Distance du microphone : Ne parlez pas trop près ni trop fort dans le micro. Les microphones sont équipés de filtres électroniques qui atténuent les signaux trop forts.
- Col de signe : 20 à 50 cm.
- Micro déporté : 10 à 25 cm.
- Radio portative : 10 à25 cm.
- Casque : 2 à 10 cm.
- Volume de réception : Choisissez un volume approprié pour éviter les distractions.
- Communication succincte : Limitez les communications au strict nécessaire. Lesformules de politesse sont proscrites.
- Préparation du message : Préparez ce que vous allez dire avant d'émettre pour éviter les hésitations.
- Durée du PTT : N'appuyez pas sur le PTT plus longtemps quenécessaire.
- Usage professionnel : Les moyens radio sont réservés aux usages professionnels.
LAISSEZ LE RÉSEAU LIBRE POUR CEUX QUI EN ONT BESOIN ! VOUS N'ÊTES PAS SEULS À DEVOIR PARLER !!!
- Interruption : Sauf urgence vitale, n'interrompez jamais une communication en cours.
- Balisage clair : Utilisez un système commun pour signaler la fin de votre message (OVER) ou de la conversation (OUT),et accuser réception (ROGER).
- Priorité : Une urgence vitale ou un ordre du chef des opérations/dispatching est prioritaire.
3.2.5.2. Les termes spécifiques
La procédure radio utilise des termes spécifiques pourstructurer les échanges :
3.2.5.2.1 Balisage des échanges d'une conversation:
OVER = À VOUS : Sert à indiquer que vous avez fini votre message et attendez une réponse ou une confirmation de réception. S'utilise à lafin de chaque message, sauf celui qui clôture une conversation.
Exemple :
- Dispatch: « Officier, officier this is dispatch. OVER.»
- Officier: «Dispatch this is officier (j'écoute). OVER.»
- Dispatch: «Officier this is Dispatch. Pour l'accident, il s'agit d'un camion ADR. OVER.»
3.2.5.2.2 Fin d'une conversation:
OUT =TERMINÉ : Signale la fin d'une conversation, libérant le réseau. Généralement, celui qui a initié la conversation la clôture. Ce terme est essentiel pour dégager le canal.
Exemple :
- Officier: «Dispatch, Dispatch this is officier. OVER. »
- Dispatch: « Officier, this is dispatch. (J'écoute) OVER.»
- Officier: «Dispatch this is Officier. Le véhicule officier est rentré au casernement. Over.»
- Dispatch: «Officier this is Dispatch. ROGER. OVER.»
- Officier: «Dispatch this is Officier. OUT»
3.2.5.2.3 Accusé de réception:
ROGER = BIEN REÇU : Confirme la bonne réception du message. Évitez "rien reçu" pour plus de clarté ; préférez "message incompréhensible" si nécessaire.
Exemple :
- Officier: « Dispatch, Dispatch this isofficier. OVER. »
- Dispatch: « Officier, this is dispatch. (J'écoute) OVER. »
- Officier: «Dispatch this is Officier. Le véhicule officier est en liaison radio. Over. »
- Dispatch: « Officier this is Dispatch. ROGER. OVER.»
- Officier: «Dispatch this is Officier. OUT»
3.2.5.2.4 Répétition:
Si un message est incompréhensible, il faut demander sa répétition avec SAY AGAIN = VEUILLEZ RÉPÉTER. Il est possible de spécifier la partie à répéter (ALL BEFORE, ALL AFTER, WORD BEFORE, WORD AFTER). Pour répéter un message déjà énoncé, utilisez I SAY AGAIN / I REPEAT = JE RÉPÈTE.
Exemple :
- Gradé: «Dispatch, Dispatch this is Gradé pompe d'Ans. OVER. »
- Dispatch: « Gradé pompe d'Ans this is dispatch. (J'écoute) OVER. »
- Gradé: «Dispatch this is Gradé pompe d'Ans. Nous venons de sortir 3 victimes. Envoie moi 3 ambulances. Over. »
- Dispatch: « Officier this is Dispatch. SAY AGAIN. OVER.»
- Gradé: «Dispatch this is Gradé pompe d'Ans. I SAY AGAIN: Nous venons de sortir 3 victimes. Envoie moi 3 ambulances. Over. »
- Dispatch: « Gradé pompe d'Ans this is Dispatch. ROGER: 3 victimes, j'envoie3 ambulances. Over ».
- Gradé: «Dispatch this is Gradé pompe d'Ans. ROGER OUT»
3.2.5.2.5 Essai radio:
RADIO CHECK = ESSAI RADIO : Demande de vérification de la réception. La réponse évalue la force et la clarté du signal sur une échelle de 0/5 à 5/5 (ROGER).
- 0/5 : ZERO BY FIVE
- 1/5 : ONE BY FIVE
- 2/5 : TWO BY FIVE
- 3/5 : THREE BY FIVE
- 4/5 : FOUR BY FIVE
- 5/5 : FIVE BY FIVE ou ROGER
3.2.5.2.6 Force et qualité de réception:
Pour évaluer la réception d'un essai radio, on combine les termes pour la force et la lisibilité :
| FORCE : | LISIBILITÉ : | |
| LOUD = FORT | AND | CLEAR = CLAIR |
| GOOD = ASSEZ FORT | AND | READABLE = LISIBLE |
| WEAK = FAIBLE | AND | UNREADABLE = ILLISIBLE |
| VERY WEAK = TRÈS FAIBLE | AND | DISTORTED = DÉFORMÉ |
| FADING = NUL OU PRESQUE | WITH INTERFERENCES = AVEC INTERFÉRENCES | |
| LOUD AND CLEAR devient ROGER | ||
3.2.5.2.7 Essai radio:
Modèle transitoire :
- 5/5 : LOUD AND CLEAR
- 4/5 : GOOD AND READABLE
- 3/5 : WEAKAND UNREADABLE
- 2/5 : VERY WEAK AND DISTORTED
- 1/5 : FADING WITH INTERFERENCES
Exemple :
- Dispatch: «Véhicule Officier, Véhicule Officier this isDispatch. Radio Check.OVER.»
- Véhicule Officier: «Dispatch this is Véhicule Officier. LOUD AND CLEAR. Over.»
- Dispatch: «Véhicule Officier this is Dispatch. ROGER. Out.»
3.2.5.2.8 Oui et non:
- AFFIRMATIF = AFFIRM = OUI. Réponse positive.
- NEGATIF = NON. Réponse négative.
Exemple :
- Officier: «Gradé Pompe Spa, Gradé Pompe Spa this is l’Officier. OVER.»
- Gradé Pompe Spa : «Officier this is Gradé Pompe Spa. Over.»
- Officier: «Gradé Pompe Spa this is l'Officier. Peut-on envoyer la ventilation? OVER.»
- Gradé Pompe Spa : «This Gradé Pompe Spa. NEGATIF, NEGATIF. Les exutoires ne sont pas terminés. Over.»
- Officier: «Gradé Pompe Spa thisis l’Officier. ROGER. J'attends ton signal. Out».
3.2.5.2.9 Poursuite de la conversation:
GO AHEAD / COME IN / SEND = CONTINUER VOTRE MESSAGE / POURSUIVEZ,JE PASSE À L'ÉCOUTE.
Exemple :
- Officier: « Dispatch, Dispatch this is officier. OVER. »
- Dispatch: « Officier, this is dispatch. GO AHEAD.OVER. »
- Officier: « Dispatch this is Officier. Peux-tu me donner les coordonnées de l'appelant? OVER. »
- Dispatch: « Officier this is Dispatch. WILCO. Monsieur Albert Vanlaeken, I SPELL Victor Alpha NovemberLima Alpha Echo Kilo Echo November . OVER. »
- Officier: « Dispatch this is Officier. ROGER. Monsieur Vanlaeken. GO AHEAD. OVER. »
- Dispatch: «This is Dispatch. Chaussée de Louvain n°76. FIGURES: ThreeSeven Six. OVER. »
- Officier: «Dispatch this is Officier. ROGER. Chaussée de Louvain 376. OUT »
3.2.5.2.10 Mise en attente:
- WAIT =ATTENDEZ ! : Indique que l'interlocuteur ne peut pas répondre immédiatement, mais reprendra rapidement la communication. La conversation n'est pas interrompue.
- WAIT OUT = ATTENDEZ ! : Similaire à WAIT, mais indique une attente plus longue. L'appelé reprendra contact ultérieurement et libère le réseau.
3.2.5.2.11 Silence Radio
BREAK (x3) ou SILENCE (x3) = SILENCE RADIO : Annonce qu'une information ou un ordreimportant sera transmis, ou qu'un moment de silence est nécessaire (ex: recherche de personne ensevelie). Doit être strictement respecté, sauf urgence vitale. Le silence radio est levé par SILENCE LIFTED = SILENCE LEVÉ.
3.2.5.2.12 Bonne réception:
- COPY = J'AI BIEN PRIS NOTE DE L'INFORMATION.
- WILCO (I WILL COMPLY) = J'AI COMPRIS ET J'EXÉCUTE.
Exemple (COPY):
- Dispatch: « A tous les véhicules se rendant sur l'incendie rue Vondel, this is dispatch. Bouches d'incendie aux numéros 13,38 et 71 . OVER. »
- Pompe Battice: « Dispatch this is Pompe Battice. Copy. OVER. »
- Pompe Herve: «Dispatch this is pompe Herve . Copy. OVER.»
- Dispatch: « This is Dispatch. Out.»
Exemple (WILCO):
- Officier: «Gradé Pompe Hannut, Gradé Pompe Hannut this is l'Officier. OVER. »
- Gradé Pompe Hannut: « Officier this is Gradé Pompe Hannut. Over. »
- Officier: «Gradé Pompe Hannut this is l’Officier. Envoie la ventilation dans la cage d’escalier. OVER.»
- Gradé pompe Hannut: « This is Gradé Pompe Hannut. WILCO. Ventilationdans la cage d’escalier. Over.»
- Officier: «Gradé Pompe Hannut this is l’Officier. Out».
3.2.5.2.13 Correction:
- CORRECT? =LE MESSAGE EST-IL CORRECT ?
- CORRECTION = CE QUI A ÉTÉ DIT PRÉCÉDEMMENT EST FAUX, JE CORRIGE : ...
Exemple :
- Officier:« Dispatch, Dispatch this is officier. OVER. »
- Dispatch: « Officier, this is dispatch. GO AHEAD. OVER.»
- Officier: « Dispatch this is Officier. Il s'agit d'un camion citerne ADR code ONU 1307. CORRECTION: 1306. FIGURES One Three Zero Six. READBACK. OVER.»
- Dispatch: « Officier this is Dispatch. ROGER: Citerne Code ONU 1306 . CORRECT? OVER. »
- Officier: « Dispatchthis is Officier. AFFIRMATIF. OUT »
3.2.5.2.14 Confirmation de réception:
- READ BACK! = CONFIRMEZ QUE VOUS AVEZ REÇU EN RÉPÉTANT.
- MORE TO FOLLOW (ROGER SO FAR) = AVEZ-VOUS REÇU JUSQU'À PRÉSENT, D'AUTRES INFORMATIONS VONT SUIVRE.
- ACKNOWLEDGE = ACK = CONFIRMEZ QUE VOUS AVEZ REÇU ET QUEVOUS EXÉCUTEZ (en répétant l'ordre).
Exemple :
- Officier: « Dispatch, Dispatch this is officier. OVER. »
- Dispatch: « Officier, this is dispatch. GO AHEAD. OVER.»
- Officier: « Dispatch this is Officier. Il s'agit d'un camion citerne ADR code ONU 1765. READBACK. OVER.»
- Dispatch: « Officier this is Dispatch. ROGER: Citerne Code ONU 1765 . FIGURES : One Seven Six Five. CORRECT? OVER.»
- Officier: « Dispatch this is Officier. AFFIRMATIF. OUT »
3.2.5.2.15 Divers:
Termes additionnels utilisés en radiocommunication :
- SITREP = SITuation REPort.
- SPEAK SLOWER = Parlez plus lentement.
- SPEAK FASTER = Parlez plus vite.
- DO NOTANSWER = Ne répondez pas (pas de confirmation attendue).
- DISREGARD = Ne pas tenir compte de ce qui a été dit (ou va l'être).
- VERIFY = Vérifiez.
- RELAY = Je transfère(un message d'un tiers).
- RELAY TO = Transférez à...
- ASAP = As Soon As Possible = Le plus vite possible.
- STAND BY = Attendez avant de vous engager (différent de WAIT).
Exemple de conversation :
- L'officier: «Dispatching de Huy, dispatching de hUY, ici l'officier, over.»
- Le dispatching: « Officier ici le dispatching, over.»
- L'officier: «Dispatching ici l'officier, pouvez-vous envoyer la cellule chimique, over.»
- Le dispatching: « Officier ici le dispatching, SAY AGAIN message incompréhensible, over.»
- L'officier: «Dispatching ici l'officier, I SAY AGAIN pouvez-vous envoyer la cellule chimique, READ BACK, over.»
- Le dispatching: « Officier ici le dispatching, WILCO. Je vous envoie la cellule chimique. Avez-vous besoin d'autre chose? Over.»
- L'officier: « Dispatching ici l'officier, négatif, out.»
3.2.5.2.16 Alphabet international
Pour la clarté des communications, notamment pour épeler des mots clés, il est essentiel d'utiliser l'alphabet international. Le terme I SPELL (J'ÉPELLE) précède l'épellation, s'appliquant aux mots, abréviations ou indicatifs.
| A =ALPHA | J = JULIET | S = SIERRA |
| B = BRAVO | K = KILO | T = TANGO |
| C = CHARLIE | L = LIMA | U = UNIFORM |
| D = DELTA | M = MIKE | V = VICTOR |
| E = ECHO | N = NOVEMBER | W = WHISKY |
| F = FOXTROT | O = OSCAR | X = X-RAY |
| G = GOLF | P = PAPA | Y= YANKEE |
| H = HOTEL | Q = QUEBEC | Z = ZOULOU |
| I = INDIA | R = ROMEO |
Exemple d'épellation de mot :
- Dispatch: « Officier, Officier this is Dispatch. Over.»
- Officier: «Dispatch this is l'Officier. Go ahead. Over.»
- Dispatch: « Officier this is Dispatch. J'ai un incendie en cours rue de Kracovie à Lontzen. Read back! Over.»
- Officier: «Dispatch this is l'Officier. Roger. Il y'a un incendie rue de Moldavie à Montzen. Correct? Over.»
- Dispatch: « Officier this is Dispatch. Négatif. Il s'agit de la rue de Kracovie, I SPELL: Kilo, Romeo, Alpha, Charlie, Oscar, Victor, India, Echo. Read back! Over.»
- Officier: «Dispatch this is l'Officier. Roger. Incendie rue de Kracovie. Over.»
- Dispatch: « Officier this is Dispatch. Sur la commune de Lontzen I SPELL : Lima, Oscar, November, Tango, Zoulou,Echo, November. Over.»
- Officier: « Dispatch this is l'Officier. Roger. Rue de Kracovie à Lontzen. Je me rends sur place. Over.»
- Dispatch: « Officier this is Dispatch. Roger. Out.»
Pour les nombres, utilisez FIGURES pour indiquer l'épellation chiffre par chiffre, sauf pour les multiples exacts de mille :
- 0 = ZERO (ou Zéro)
- 1 = ONE (ou Un)
- 2 = TWO (ou Deux)
- 3 = THREE (ou Trois)
- 4 = FOUR (ou Quatre)
- 5 = FIVE (ou Cinq)
- 6 = SIX (ou Six)
- 7 = SEVEN (ouSept)
- 8 = EIGHT (ou Huit)
- 9 = NINE (ou Neuf)
- 10 = ONE ZERO
- 40 = FOUR ZERO
- 78 = SEVEN EIGHT
- 100 = ONEZERO ZERO
- 253 = TWO FIVE THREE
- 1000 = ONE THOUSAND
- 4000 = FOUR THOUSAND
- Mais : 1432 = ONE FOUR THREE TWO
Exemple d'épellation de nombres :
- Dispatch: « Officier, Officier this is Dispatch. Over. »
- Officier: « Dispatch this is l'Officier. Go ahead. Over. »
- Dispatch: « Officier this is Dispatch. Pour l'accident de circulation, il y'aurait un camion ADR impliqué. Over. »
- Officier: « Dispatch this is l'Officier. Roger. Un camion ADR impliqué. Connaissez vous le type de produit? Over.»
- Dispatch: « Officier this is Dispatch. Affirmatif. Selon l'appelant il s'agirait du code ONU, mille quatre cents vingt deux, FIGURES: One, Four, Two, Two. Read back! Over. »
- Officier: « Dispatch this is l'Officier. Roger. Code ONU: Mille quatre cents vingt deux. Connaissezvous la quantité. Over.»
- Dispatch: « Officier this is Dispatch. Affirmatif. C'est une citerne de cinq mille litres, FIGURES: Five Thousand litres. Over.
- Officier: «Dispatchthis is l'Officier. Roger. Over.»
- Dispatch: « Officier this is Dispatch. Roger. Out.»
3.2.5.3. Epeler les mots ou les nombres
Si un chiffre n'est pas compris, pourfaciliter la compréhension, il est recommandé de le transformer :
- Pour les chiffres impairs : en addition.
- Pour les chiffres pairs : en multiplication par 2.
Exemples :
- Zéro comme Rien
- Un comme tout seul
- Deux comme 2 x 1
- Trois comme 2 + 1
- Quatre comme 2 x 2
- Cinq comme 3 + 2
- Six comme 2 x 3
- Sept comme 4 + 3
- Huit comme 2 x 4
- Neuf comme 5 + 4
3.2.5.4. Message de détresse
Un message de détresse est émis quand une menace grave et immédiate pèse sur une personne, nécessitant une aide urgente. Pendant ce type de communication, le silence radio est obligatoire pour les intervenants non concernés.
Signal : MAYDAY (x3)
- This is (ICI)
- Identification de la victime
- Position
- Nature de la détresse, secours demandé, informations pour gérer le danger
- Tout autre renseignement
- OVER
Réponse : Équipes les plus proches, Chef des Opérations ou son délégué, ou équipes désignées par le CDO pour le sauvetage.
Exemple :
- Un homme de l'équipe d'attaque: «MAYDAY! MAYDAY! MAYDAY! This is le n°2 de la pompe de Malmedy au 1er étage dans la chambre sur l'avant. Le plafond s'est effondré. Mon équipier est inconscient et j'ai la jambe coincée. Le plancher est instable. Nous sommes près de la fenêtre. OVER.»
- Le gradé de la 2ème pompe: «MAYDAY this is gradé de la pompe de Stavelot dans la cage d'escalier, ROGER, OVER.»
- L'officier: «MAYDAY this l'officier, ROGER, gradé de l'échelle peux-tu intervenir, OVER.»
- Le gradé de l'échelle: «MAYDAY this is le gradé de l'échelle, affirmatif, je mets mon échelle en position, OVER.»
3.2.5.5. Message d'urgence
Un message d'urgence est émis face à une situation qui met en danger la sécurité des intervenants (ex: risque d'explosion, demande d'évacuation). Le silence radio est exigé, sauf pour un appel de détresse.
Signal : FLASH (x3)
- Qui est concerné
- This is (ICI)
- Identification de l'appelant
- Nature de la détresse, localisation, action demandée et informations pour gérer le danger
- Tout autre renseignement
- OVER
Réponse : Toutes les équipes concernées, de la plus à la moins exposée.
Exemple (Risque d'effondrement) :
- L'officier: «FLASH! FLASH! FLASH! A tout le personnel dans le bâtiment this is l'officier. La structure arrière du bâtiment menace de s'effondrer à tout instant. Evacuez immédiatement le bâtiment. Restez le long des murs ou dans les embrasures en cas d'effondrement. Over. »
- Le gradé de l'équipe à l'arrière du bâtiment: «FLASH this is le gradé de la pompe de Hannut à l'arrière du bâtiment, roger,over. »
- Le gradé de l'équipe à l'avant du bâtiment: «FLASH this is le gradé de la pompe de Waremme à l'avant du bâtiment, roger, over.»
- Le gradé de l'échelle: «FLASH thisis le gradé de l'échelle de Hannut, copy, over. »
- Le gradé de l'équipe d'alimentation: «FLASH this is le chauffeur de la Citerne de Waremme, roger, over.»
3.2.5.6. Message de sécurité
Un message de sécurité est émis lorsque la situation pourrait engendrer un danger mineur ou secondaire. Le silence radio est requis pour les intervenants non concernés (sauf détresse ou urgence).
Signal : SECURITY (x3)
- Qui est concerné
- This is (ICI)
- Identification de l'appelant
- Nature du problème, localisation, action demandée et informations pour gérer le problème
- Tout autre renseignement
- OVER
Exemple (Volet de pompe ouvert) :
- Le dispatching: «SECURITY! SECURITY! SECURITY! Pompe de Verviers this is dispatching, votre volet arrière gauche est resté ouvert, over. »
- La pompe: «SECURITY. Dispatching this is pompe de Verviers, roger, nous nous arrêtons pour le fermer, over. »
- Le dispatching: «SECURITY. Pompe de Verviers this is dispatching, roger, over. »
- Quelques instants plus tard :
- La pompe: «SECURITY. Dispatching this is pompe de Verviers, volet fermé, nous reprenons l'intervention, over. »
- Le dispatching: «SECURITY. Pompe de Verviers this is dispatching, roger out. »
3.2.5.7. Résumé :
Le résumé des règles de la radio procédure pour les Services d'Incendie vise à améliorer la sécurité et l'uniformité des communications radios professionnelles.
Règles clés :
- Respecter les règles de radio procédure.
- Appliquer la règle des 3 C :
- Clair : Parler distinctement, éviter les ambiguïtés.
- Calme : Éviter de crier, gérer le stress pour ne pas affecter les collègues et victimes.
- Concis : Réfléchir avant de parler, ne pas monopoliser les communications, libérer le réseau.
- Attention à l'effet LARSEN :
- Respecter les règles d'utilisation des groupes.
- Utiliser du matériel déporté si possible.
- Couper les haut-parleurs excédentaires, diminuer le volume.
- Garder à l'esprit que l'interlocuteur n'est pas toujours prêt à répondre.
- Lors de communications multidisciplinaires, respecter le secret professionnel et la vie privée.
- Respecter les autres en ne coupant pas les communications en cours, mais éviter les formules de politesse inutiles.
- Préparer le message avant de l'envoyer pour éviter les hésitations.
- Parler toujours dans la direction du micro, sans être trop loin ou trop près. Ajuster le volume de réception.
- Parler seulement après avoir enfoncé complètement le PTT et la connexion effective (bip/LED verte).
- S'assurer que le réseau est libre avant de communiquer. Ne jamais interrompre, sauf urgence. Priorité des messages : Détresse, Urgence, Sécurité, Ordre opérationnel, Message opérationnel,Trajet, Routine, Information.
- Débuter une conversation radio par un échange d'appels complets :
« L'appelé » THIS IS « l'appelant ». OVER. - Utiliser des appels abrégés pour les messages suivants s'il n'y a pas de doute :
« L'appelant » HERE. OVER. - Utiliser des identifications claires : FONCTION/VÉHICULE/POSTE DE SECOURS.
- Signaler la libération du réseau et l'attente d'une réponse : OVER = Parlez.
- Signaler la fin d'une conversation : OUT = Terminé. Celui qui débute la conversation la termine.
- Signaler la bonne réception : ROGER = Reçu. Répéter l'information pertinente. Si incompris, demander répétition : SAY AGAIN (I REPEAT). Préciser avec WORD BEFORE/AFTER, ALL BEFORE/AFTER.
- Procéder à des RADIO CHECK réguliers (début de garde) :
Demande : « L'appelé » THIS IS « l'appelant » RADIO CHECK. OVER.
Réponse : Force (LOUD, GOOD, WEAK, VERY WEAK, FADING)et lisibilité (CLEAR, READABLE, UNREADABLE, DISTORTED, WITH INTERFERENCE). LOUD AND CLEAR = ROGER. - Confirmer la bonne compréhension d'informations sensibles : READ BACK = Répétez. ROGER SO FAR ?= Avez-vous reçu jusqu'à présent ?
- CORRECT? = Est-ce correct ? CORRECTION = Je corrige.
- Pour épeler un mot, utilisez I SPELL et l'alphabet international.
- Pour épeler un nombre, utilisez FIGURES et épeler chaque chiffre.
- Termes spécifiques :
- AFFIRMATIF = Oui
- NEGATIF = Non
- GO AHEAD / SEND / COME IN = Poursuivez le message
- MORE TO FOLLOW = D'autres suivront (pour longs messages)
- WAIT = Attendez (reprise rapide)
- WAIT OUT = Attendez (reprise ultérieure)
- COPY = Pris note
- ACKNOWLEDGE / ACK = Confirmé et exécuté
- WILCO = Bien reçu et exécuté
- SPEAK SLOWER / FASTER = Parlez plus lentement / vite
- DO NOT ANSWER = Ne répondez pas
- DISREGARD = Ne pas tenir compte
- RELAY / RELAY TO = Transférer
- SITREP = Rapport de situation
- STAND BY = Attendez avant de vous engager
- ASAP = Le plus vite possible
- SILENCE RADIO : BREAK! BREAK! BREAK! ou SILENCE! SILENCE! SILENCE! (à respecter strictement). Lever le silence avec SILENCE LIFTED.
- MESSAGE DE DÉTRESSES (MAYDAY x3) : Prioritaire, pour danger vital.
- MESSAGE D'URGENCE (FLASH x3) : Prioritaire, danger pour la sécurité des intervenants.
- MESSAGE DE SÉCURITÉ (SECURITY x3) : Pour danger secondaire.
3.3. Fleetmapping et procédures opérationnelles
Cette section a pour but de familiariser le sapeur-pompier avec les groupes de communication ASTRID et les procédures radio courantes. L'objectif principal du fleetmapping (plan de communication radio) est la sécurité des intervenants, minimisant les changements de groupe et limitant la communication simultanée à deux groupesmaximum. Une uniformisation des schémas de communication est nécessaire entre zones pour faciliter la collaboration, tout en permettant des spécificités zonales.
3.3.1. Objectifs
La présente section a pour objectif de familiariser le futur sapeur aux groupes de communication etaux procédures utilisés au quotidien sur le terrain par les cadres de base.
3.3.2. Introduction
Au-delà de la radioprocedure (comment parler), il est essentiel de maîtriser le quand et le sur quel groupe parler, et de connaître les interlocuteurs principaux des pompiers. Le fleetmapping (plan de communication radio) est conçu pour maximiser la sécurité des intervenants en limitant l'utilisation simultanée à un maximum de deux groupes de communication et évitant les changements de groupe superflus. Un seul groupe dédié au dispatching seraitingérable pour des interventions multiples et simultanées. Trop de groupes pourrait entraîner un manque de transfert ou une déformation des informations. Le schéma de communication doit donc trouver un équilibre optimal en termes de nombre de groupes et d'utilisateurs.
3.3.3. Mnémonics etgroupes radio
Chaque groupe de communication est identifié par un nom unique, le Mnemonic (ex : FZ4 ANT D). Les groupes sont soit monodisciplinaires (D1=Pompiers, D2=AMU, D4=Police, D4=Logistique), soit multidisciplinaires, et peuvent être Locaux, Zonaux, Provinciaux ou Fédéraux. La province est identifiée par un trigramme.
3.3.3.1. Mnémonics
Chaque groupe de communication est identifié par un Mnemonic unique (Exemples : FZ4 ANT D, FZ1 HAI 02). Ces groupes peuvent être monodisciplinaires (D1=Pompiers, D2=AMU, D4=Police, D4=Logistique) ou multidisciplinaires, et sont classés par niveau géographique: Local, Zonal, Provincial ou Fédéral. Le trigramme de la province est utilisé pour les groupes zonaux et provinciaux.
| Trigrammes provinciaux | |
| ANT = ANTwerpen (Anvers) | OVL - Oost VLaanderen (Flandre Orientale) |
| VBR = Vlaams BRabant (Brabant Flamand) | HAI = HAInaut |
| BRW = BRabant Wallon | LIE = LIEge |
| BRU = BRUxelles (Région de Bruxelles Capitale) | LIM = LIMburg (Limbourg) |
| WVL = West VLaanderen (Flandre Occidentale) | LUX = LUXembourg |
| NAM = NAMur |
Les groupes monodisciplinaires pompier commencent par la lettre F (Fire).
| Forme | Exemples | |||
| Local | F LOCAL R | LOCAL = Nom du PIS | FAMEL R | Uniquement gestion interne d'un poste. JAMAIS en intervention. |
| Zonal | FZy PROV xx | y = numéro de la zone, PROV = trigramme de la province | FZ3 HAI D, FZ2 LIM 04, FZ1 WVL 02 | Catégorie de groupe les plus utilisés par les pompiers. |
| Provincial | F PROV xx | PROV = trigramme de la province | F LIE COOI, F OVL 01 | |
| Fédéral | F .... | Le F est directement suivi du rôle du groupe | FDO-CB |
Les mnémonics des groupes monodisciplinaires AMU (aide médicale urgente) n'ont pas de préfixe spécifique pour identifier la discipline.
| Forme | Exemples | |||
| Local | - | - | - | - |
| Zonal | PROV Zy... | y = numéro de la zone, PROV = province | LIM Z1.01, LIE Z1.03 | |
| Provincial | PROV ... | PROV = province | NAM PREV02, ANT EXE 01 | |
| Fédéral | ATM 02 |
Les groupes Multidisciplinaires commencent par la lettre M.
| Forme | Exemples | |||
| Local | - | - | - | - |
| Zonal | - | - | - | - |
| Provincial | M PROV ... | PROV = trigramme de la province | M LIE CPOPSOI, M ANT P02, M HAI LOG03 | |
| Fédéral | M.... | Le M est directement suivi du rôle du groupe | M ENERGY C, M HELI |
3.3.3.2. Emploi des groupes
Cette section détaille les groupes essentiels que toutsapeur-pompier doit connaître. Le plan de communication (fleetmapping) est beaucoup plus étendu et s'adapte selon les besoins opérationnels et les fonctions au sein de la chaîne de commandement. Les abréviations utilisées sont : «PROV» pour le trigramme de la province, «y» pour le numéro de la zone, «xx» pour un nombre de 01 à 15, et «kk» pour un nombre de 01 à 10.
3.3.3.2.1 Identification des groupes pompiers
Quatre types de groupes pompiers sont essentiels pour un sapeur-pompier :
-
F PROV D (exemple F LIE D) :
- Groupe de conversation monodisciplinaire provincial du dispatching.
- Utilisé pour la communication entre le Chef des Opérations (ou son délégué), les dispatchings des Zones de Secours d'une province et le CS100.
- Sert de groupe de contact quotidien entre les Zones de Secours et le CS100.
- Doit être écouté en permanence par chaque dispatching zonal (ou le responsable d'alerte) et le CS100 provincial.
- Point de contact pour les unités pompiers en renfort d'une autre province, pour obtenir le groupe zonal d'intervention.
-
FZy PROV D (exemple FZ2 NAM D) :
- Groupe de conversation monodisciplinaire pompier zonal du dispatching.
- Utilisé par le dispatching zonal lors des interventions.
- Sert de contact pour les véhicules ou responsables d'intervention avec leur dispatching territorialement compétent.
- Utilisé par tout véhicule D1 externe en renfort ou AAR pour contacter le dispatching de la zone d'intervention et obtenir le groupe de travail sur place.
- Dirigé et écouté en permanence par le dispatching de la zone territorialement compétente.
-
FZy PROV xx (exemple FZ1 VBR 02) :
- Groupes de conversation zonal d'intervention ou de projet monodisciplinaire pompier.
- Accès pour tous les membres des services de secours de la D1 : Zones de Secours et Protection Civile, ainsi que services d'incendie de la Défense et d'aéroport pour interventions communes.
- Utilisés pour la communication entre les équipes D1 présentes sur une intervention.
- Une intervention peut se voir attribuer plusieurs groupes projets pour la sectorisation.
- Numéro de projet (XX = 1-15) : Pour les projets dynamiques, utilisé dans toutes les interventions où desrenforts pourraient être nécessaires. Attribué par le dispatching zonal selon les procédures ou dynamiquement.
-
FZy PROV «SPEC» (exemple FZ2 LIE SEVO) :
- Groupes de conversation spécifiquement prévus pour les membres d'une équipe spéciale (interventions et exercices). Chaque zone décide de leur utilisation.
- FZy PROV DIVE : Plongeurs.
- Fzy PROV GRIMP : Équipes GRIMP (sauvetage par cordage).
- FZy PROV MEAS : Équipes de mesure.
- FZy PROV GASP : Équipes des cellules chimiques (porteur de tenue anti-gaz).
- FZy PROV WTR: Équipes d'alimentation en eau (grande longueur ou noria de citernes, transport d'eau).
- FZy PROV SEVO : Partageable avec les équipes de première intervention des usines Seveso de la zone.
3.3.3.2.2 Identification des groupes multidisciplinaires
Trois types de groupes multidisciplinaires sont importants à connaître pour un sapeur-pompier :
-
M PROV C (exemple M LIE C) :
- Groupe de communication pour la coordination normale au niveau provincial, en dehors des situations d'urgence.
- Utilisé pour les "réservations" de groupes de projet ou pour connaître les groupes ouverts.
- Ne doit pas être utilisé pour la lutte contre lesurgences, sauf pour la demande de groupes de calamité.
- Exclusivement pour la coordination ou la transmission d'informations.
- Écouté en permanence par les dispatchings des zones de secours, de police, et la centrale 112 qui le dirige.
-
M PROV AUTO (exemple M LIE AUTO) :
- Groupe de communication pour la coordination sur toutes les routes sous la juridiction de la police fédérale de la route (WPR) au niveau provincial.
- Écouté en permanence par la WPR (équipes de patrouille directes ou dispatching WPR du CIC).
-
M PROV Pkk (exemple M LIE P09) :
- Groupes de conversationmultidisciplinaires de routine et de prévention pour les opérations, même locales.
- Ouverts à toutes les disciplines de secours pour la collaboration au niveau provincial, sans déclaration de phase d'urgence provinciale.
- Numéros de projet (kk = 1-10) pour des incidents spécifiques, permettant une transition rapide vers les groupes d'urgence en cas d'extension de l'incident.
- Nécessite la "réservation" auprès du centre d'appels 100&112 par le chef des opérations, avec justification, et doit être signalélors de sa "fermeture".
-
M PROV RVkk (exemple M LIE RV01) :
- Groupe de communication pour diriger les équipes d'intervention vers un point de rendez-vous (RV)et transmettre les instructions du Directeur du PC-Ops concernant l'intervention à ce point.
- L'utilisation de ce groupe est décidée par le Directeur du PC-Ops lors d'une situation d'urgence.
3.3.3.3. Les dossiers ou folders
Les groupes de communication sont organisés en dossiers (ou Folders), un même groupe pouvant apparaître dans plusieurs dossiers. L'important est d'être sur le bon groupe, quel que soit le dossier.
Un sapeur-pompier trouvera dans le dossier 1.4 Intervent de sa zone tous les groupes nécessaires pour les interventions locales. Hors de sa zone, il devra, selon la procédure, basculer sur le dossier de la zone où il apporte son aide.
3.3.4. Fleetmappingpompier pour la gestion quotidienne des interventions
Le Fleetmapping pompier est crucial pour les communications quotidiennes, assurant le contact entre véhicules et dispatching, entre intervenants sur un même incident, et entre le dispatching et le Chef des Opérations. Pour ce faire, il est important d'utiliser des groupes spécifiques afin de garantir la clarté et l'efficacité des communications.
Quels groupes utiliser ?
Les avantages de ce schéma de communication sont :
- Les intervenants n'entendent que ce quiles concerne.
- Le dispatching n'est pas perturbé par les conversations secondaires sur les lieux d'incident.
- Le Chef des Opérations n'est concerné que par son intervention, les rapports et l'arrivée des véhicules.
- Applicable à tous les types de zonesde secours.
Les intervenants doivent connaître le groupe d'intervention attribué à leur incident par le dispatching de la zone de secours. Cette attribution doit être systématique pour chaque intervention :
- Systématisation pour l'intervenant: Configuration de la radio pendant le trajet, dès le départ, ce qui augmente la maîtrise et diminue la perte de compétence.
- L'appel initial ne permet pas toujours d'évaluer l'ampleur d'une intervention, d'où la nécessité d'une configuration radio adéquate dès le départ.
- Les conversations courtes ne doivent pas surcharger le groupe dispatching.
L'attribution du groupe peut être prédéterminée (procédure zonale) ou dynamique (attribution du numéro "xx" le plus bas disponible). Parexemple, pour la Zone de Secours 2 de la province de Liège, des groupes spécifiques sont alloués aux différentes interventions.
Pendant le trajet, les radios mobiles des véhicules sont sur le groupe du dispatching, tandis que les radios portatives des agents sont déjà sur le grouped'interventions sur place. Une fois sur place, le chauffeur bascule sa radio sur le groupe d'intervention. Le Chef des Opérations (ou son délégué) maintient alors le contact avec le dispatching via une seconde radio ou la fonction de balayage (scanning).
3.3.5.Fleetmapping pompier lors d'un renfort
Lors d'un renfort, la procédure de fleetmapping est quasi identique à celle des interventions locales, mais s'applique aux groupes de la zone de secours territorialement compétente. Les points clés sont :
- Généralement, du personnel est déjà engagé lors de l'appel aux renforts.
- danger de changer de groupe pour les intervenants de première ligne.
- L'adaptation des nouveaux arrivants est facilitée par l'uniformisation des procédures.
Procédure identique qu'en local mais sur les groupes de la zone de secours territorialement compétente !!!
- Pendant le trajet, contactez la zone de secours territorialement compétente sur son groupe Dispatch pour obtenir des informations complémentaires et le groupe d'intervention.
- Surplace, passez sur le groupe d'intervention zonal de la zone de secours territorialement compétente.
- Une fois l'intervention terminée, revenez sur vos propres groupes.
Il n'y a pas de différence entre l'Aide Adéquate la PlusRapide (AAR) et un Renfort, car il est crucial d'éviter toute ambiguïté pour l'intervenant et il est difficile de prédire le trafic ou la position exacte des moyens. De plus, la zone d'origine peut parfois reprendre l'intervention pour libérer les moyens venus en AAR.
Aide adéquate la plus rapide = Renfort
3.4. Matériel et manipulation
Cette section est dédiée à l'utilisation et à la manipulation des radios ASTRID (THR880i,THR9+, TMR880, TMR880i) par le personnel opérationnel des zones de secours, en se concentrant sur les fonctions de base essentielles aux interventions. Un entraînement régulier est crucial pour la maîtrise.
3.4.1. Objectifs
Utiliser et manipuler les radios ASTRID utilisées dans les zones de secours par le personnel opérationnel du cadre de base en intervention.
3.4.2. Introduction
Un entraînement régulier est essentiel pour faciliter la manipulation des radios en intervention et minimiser la perte de compétence. Le sapeur doit maîtriser les fonctions de base des radios portatives et mobiles des véhicules d'intervention :
- Émettre et recevoir.
- Modifier le volume.
- Changer de groupe de communication.
- Changer dedossier (folder).
- Activer le scanning ou balayage.
- Passer en mode DMO.
- Verrouiller et déverrouiller les touches.
- Utiliser les deux PTT pour les radios THR (Airbus).
- Changer la batterie.
Remarque préliminaire : Ce cours se concentre sur les modèles THR880i, THR9+, TMR880 et TMR880i, les plus courants dans les services d'incendie (choix SPF IBZ) etd'ambulance (choix SPF Santé Publique). Les élèves utilisant d'autres modèles sont invités à en informer le formateur. La manipulation est basée sur la programmation standard recommandée par le SPF Intérieur.
3.4.3. Utilisation du THR880i
LeTHR880i est un appareil radio polyvalent, combinant des fonctionnalités GSM et opérationnelles, avec un écran affichant des symboles spécifiques pour les différents modes et fonctions.
3.4.3.1. Face GSM
Cette partie de l'appareil est dédiéeaux fonctions de téléphonie mobile.
3.4.3.2. Face opérationnelle
Cette partie de l'appareil est dédiée aux fonctions de radiocommunication.
3.4.3.3. Ecran et symboles
L'écrandu THR880i affiche divers symboles indiquant l'état de l'appareil :
| Le haut-parleur est actif | ![]() |
| Mode silencieux activé, aucun son ne sort de l'appareil | ![]() |
| Aucune sonnerien'est émise et aucun son ne sort du haut-parleur | ![]() |
| Clavier verrouillé | ![]() |
| Balayage ou scanning activé | ![]() |
| Réception d'un message SDS (Short Data Service) | ![]() |
| Réception d'un message d'état | ![]() |
| GPS activé | ![]() |
| Mode Fallback | ![]() |
| Transmission limitée activée | ![]() |
| Transmission de groupe en cours | ![]() |
3.4.3.4. Fonctions de base
Les fonctions de base essentielles à maîtriser sur le THR880i sont :
- Émettre et recevoir.
- Modifier le volume.
- Changer de groupe de communication.
- Changer de dossier(folder).
- Activer le scanning ou balayage.
- Passer en mode DMO.
- Verrouiller et déverrouiller les touches.
- Utiliser les deux PTT (pour la série THR Airbus).
- Changer la batterie.
3.4.3.4.1 Emettre et recevoir
Pour émettre une communication, il est impératif d'attendre le signal lumineux vert, le signal sonore, ou environ une seconde, avant de commencer à parler. Cela assure quela connexion est établie et que votre message ne sera pas tronqué.
3.4.3.4.2 Volume
Cette fonction permet de régler le niveau sonore de l'appareil.
3.4.3.4.3 Changer de groupe
Cette fonction est essentielle pour basculer entre les différents groupes de communication.
3.4.3.4.4 Changer de folder
Depuis l'écran de base, une pression sur la touche "flèche vers le bas" ouvre la liste des dossiers (Folders). Les dossiers typiques sont :
- 01.Intervention
- 02.Général
- 03.Prévention
- 04.Catastrophe
- 05.Provincial
Le curseur se déplace avec les boutons de navigation, et la sélection se valide avec le bouton menu.
3.4.3.4.5 (Dé)Verrouiller les touches
Cette fonction permet de verrouiller ou déverrouiller le clavier del'appareil.
3.4.3.4.6 Menu rapide
Un menu rapide est disponible pour accéder rapidement à des fonctions courantes.
3.4.3.4.7 Deuxième PTT
Le second bouton Push-To-Talk (PTT) est utilisable UNIQUEMENT EN MODE SCANNING.
3.4.3.4.8 Recharger et changer la batterie
Pour recharger ou changer la batterie :
- Faire glisser le loquet pourouvrir le compartiment de la batterie.
- Attention au sens de la batterie : les lamelles cuivrées doivent être orientées vers le fond.
- Pour refermer le couvercle, s'assurer que les deux ergots en plastique gris sont correctement positionnés.
3.4.3.5. Les menus
L'accès aux menus du THR880i n'est jamais totalement bloqué pour les utilisateurs, bien que toute modification inappropriée puisse créer des problèmes pour les autres. Voici un aperçu des menus :
| Menu | Description & Risques | |
| Menu 1 | Msgs d'état | Messages de statuts. Inutiles, risquent de déranger en intervention et de surcharger la mémoire. |
| Menu 2 | Messages | Messages SDS. Inutiles, risquent de déranger en intervention et de surcharger la mémoire. |
| Menu 3 | Journal | Journal d'appel. Inutile, contrôle des appels émis et reçus, pas de risques. |
| Menu 4 | Contact | Répertoire. Très utile, mais attention aux modifications qui pourraient bloquer le contact entre deux personnes. |
| Menu 5 | Grpes d'appel | Répertoire. Très utile, permet aux gradés de modifier leur scanning. Les autres modifications sontà proscrire pour ne pas bloquer l'accès à certaines options. |
| Menu 6 | Paramètres | Paramètres. TRÈS RISQUÉ. Toute modification peut entraîner des problèmes graves pour l'utilisateur. |
| Menu 7 | Galerie | Galerie. Inutile, sans risque. |
| Menu 8 | Organiseur | Organiseur. Inutile. Risque de déclencher un rappel pendant une intervention, à éviter. |
| Menu 9 | Applications | Applications. Inutile, sans risque, sauf l'alarme qui risquerait de se déclencher en intervention (à éviter). |
| Menu 10 | Positionnement | Positionnement. Très utile, accès autorisé pour déterminer les coordonnées du lieu d'intervention. |
| Menu 11 | Wap | Wap. Non actif, sans risques. |
3.4.4. TMR880i
Le TMR880i est un appareil radio conçu pour être utilisé dans les véhicules.
3.4.5. TMR880
Le TMR880 est un type d'appareil radio.
3.4.5.1. Ecran et symboles
L'écran du TMR880 affiche divers symboles pourinformer l'utilisateur :
![]() |
Le haut-parleur est actif |
![]() |
Mode silencieux activé, aucun son ne sort de l'appareil |
![]() |
Aucune sonnerie n'est émise et aucun son ne sort du haut-parleur |
![]() |
Clavier verrouillé |
![]() |
Balayage ou scanning activé |
![]() |
MessageSDS reçu |
![]() |
Fallback |
![]() |
Transmission limitéeactivée |
![]() |
Transmission de groupe en cours |
3.4.5.2. Fonctions de base
Les fonctions de base du TMR880 sont :
- Émettre et recevoir.
- Modifier le volume.
- Changer de groupe de communication.
- Changer de dossier (folder).
- Activer le scanning oubalayage.
- Passer en mode DMO.
3.4.5.2.1 Emettre et recevoir
Pour émettre ou recevoir, vous devez attendre le signal lumineux vert, le signal sonore, ou environ une seconde, avant de parler. Cela garantit que votre communication est transmise sans coupure.
3.4.5.2.2 Volume
Le volume peut être ajusté pour une écoute optimale. Cette modification est accompagnée d'un signal sonore et visuel.
3.4.5.2.3 Changer de groupe
Cette fonction permet de sélectionner les différents groupes de communication.
3.4.5.2.4 Changer de folder
Pour changer de dossier, les touches directionnelles sont utilisées. Une fois le dossier sélectionné, la touchede menu valide le choix.
3.4.5.2.5 Menu rapide
Cette fonction offre un accès rapide aux options fréquemment utilisées.
3.5. Utilisation opérationnelle
Cette section aborde l'utilisation opérationnelle des radios ASTRID,en se concentrant sur le mode DMO (Direct Mode), les passerelles et les procédures de mise en place, ainsi que les contraintes spécifiques, notamment en milieu explosif et en cas de saturation du réseau.
3.5.1. Objectifs
- Connaître le principe defonctionnement du mode DMO, des passerelles et les procédures de mise en place.
- Mettre en place des communications en mode DMO sur les lieux d'une intervention.
- Être attentif aux contraintes liées au mode DMO et à l'utilisation des passerelles.
3.5.2. Introduction
Le mode TMO (Trunking Mode) est généralement utilisé au quotidien dans les services d'incendie, offrant de nombreuses possibilités. Cependant, il n'est pas toujours utilisable. Il est donc crucial de savoir quand et comment passeren mode DMO (Direct Mode) et de comprendre ses applications avec le matériel disponible et les contraintes spécifiques.
3.5.3. Les radios en milieu explosif
Les radios TETRA classiques ne sont pas antidéflagrantes. Ilest strictemment interdit d'utiliser un appareil non ATEX (comme le THR880i standard) en milieu explosif. Chaque agent doit s'équiper d'une radio ATEX, reconnaissable à son logo (hexagone noir sur fond jaune avec lamention "ex") et généralement sa coque orange.
Si du matériel déporté (micro, oreillette) non ATEX est connecté à une radio ATEX, l'ensemble n'est plus certifié ATEX et son utilisation est interdite en milieu explosif.
Inversement, il est déconseillé d'utiliser les radios ATEX lors d'incendies, car l'exposition à des températures supérieures à 50°C peut compromettre leur certification ATEX, nécessitant leur renvoi pour ré-épreuve.
3.5.4.Le DMO
Le DMO (Direct Mode) est un mode de fonctionnement crucial pour les radios ASTRID. Il permet la communication directe entre appareils, indispensable quand le réseau principal n'est pas accessible. Il est important de comprendre ses caractéristiques et de savoir comment l'activer sur le portatif.
3.5.4.1. Rappel le TMO
Le TMO (Trunking Mode) est le mode réseau de communication :
- Toutes les communications transitent par le réseau ASTRID.
- Nécessite d'être dans la zone de couverture du réseau.
- Permet le contact avec des équipes éloignées (secteur, zone, province).
- Offre de multiples possibilités : appels de groupe ou individuels, SDS(Short Data Services), données, etc.
3.5.4.2. Rappel DMO
Le DMO (Direct Mode) est un mode direct de type talkie-walkie :
- Sa portée est limitée (600 m à 1 km), et encore plus réduite à l'intérieur des bâtiments.
- Il est indépendant du réseau, servant de système de secours en cas de perte de couverture TMO.
3.5.4.3. Passage entre TMO et DMO
En intervention et lors de l'inventaire, il est crucial de toujours sélectionner le mode FIRE DMO lorsque l'on bascule en mode direct.
3.5.5. Mise en situation: Perte de réseau
En cas de perte deréseau durant une intervention, la procédure de bascule en DMO doit être appliquée rigoureusement pour maintenir la communication et la sécurité des intervenants.
3.5.5.1. Procédure en cas de perte de réseau
En cas de perte deréseau, basculer en mode DMO (Direct Mode Operation) n'est pas suffisant par soi-même car cela isole l'intervenant. Il faut suivre une procédure stricte pour garantir la sécurité et la coordination :
- Rejoindre une zone où le réseau est rétabli.
- Prévenir le chef des opérations (CdO) ou son délégué de la perte de réseau et demander l'autorisation de passer en DMO.
- Le CdO s'assure que tous les intervenants reçoivent l'information etbasculent simultanément en DMO.
- Le CdO ou son délégué réalise un essai radio pour confirmer que tous sont connectés.
Cette procédure est obligatoire pour préserver la sécurité des intervenants.
3.5.6. Le système de Passerelle ou Gateway
Le système de Passerelle, aussi appelé Gateway, permet de relier les communications entre les modes TMO et DMO, crucial lorsque la couverture du réseau ASTRID est insuffisante.
3.5.7.Fonctionnement d'une passerelle
Une passerelle sert de point de connexion bidirectionnel, transmettant les communications entre les radios DMO (hors réseau) et le réseau TMO (réseau principal ASTRID). Elle permet ainsi aux équipes sur le terrain en DMO de resterconnectées au commandement et aux autres unités qui sont sur le réseau TMO.
3.5.8. Inconvénient
Le principal inconvénient d'une passerelle est qu'une seule passerelle active à la fois doit être utilisée sur le même groupe decommunication pour éviter des interférences et des confusions. Multiple passerelles sur le même groupe compliqueraient la communication au lieu de l'améliorer.
3.5.9. Application opérationnelle
L'application opérationnelle nécessite une vigilance constante en matière de communication. Il est vitalde signaler les pertes de réseau et d'anticiper le passage en DMO. L'utilisation des passerelles doit être gérée avec rigueur : activation systématique, signalement clair, vérification des groupes et désactivation après intervention. Ces procédures assurent la sécurité des intervenants et l'efficacité des opérations.
3.5.10. Procédures opérationnelles
DMO :
- Signalez dès que vous perdez le réseau.
- En cas de trou de couverture connu, anticipez lepassage en DMO.
- Lors de l'inventaire, assurez-vous d'être sur LOCAL DMO.
Passerelle TMO-DMO ou Gateway :
- Une seule passerelle active à la fois.
- Activation systématique d'une passerelle.
- Signalez lorsque vous activez votre passerelle.
- Le chauffeur sélectionne le bon groupe TMO et vérifie le DMO.
- Coupez la passerelle une fois l'intervention terminée.
3.5.11. La saturation du réseau
Les expériences passées (accident de train à Buizingen, attentats à Bruxelles) ont montréque le réseau ASTRID peut être saturé lors de situations d'urgence, impactant négativement la radiocommunication. Pour garantir la communication en situation de crise, le CCU (Comité Consultatif des Usagers) recommande d'éviter l'utilisation inutile de certaines fonctions afin d'empêcher la surcharge :
- L'utilisation inutile de la fonction scanning (balayage).
- L'utilisation inutile de la fonction broadcast.
- L'utilisation inutile de l'appel individuel.
Une mauvaise connaissance ou un usage inapproprié de ces fonctions peut générer des problèmes de communication pour l'utilisateur et tous les autres sur le réseau.
4. Le code de la route appliqué aux services de secours
Le temps est crucial pour les services desecours. Le code de la route prévoit des exceptions pour les véhicules prioritaires en mission urgente, leur permettant de bénéficier d'un passage libre. Il est essentiel pour les conducteurs de connaître ces règles, leurs obligations, et les exceptions, tout en adoptant une conduite défensive pour garantir la sécurité et arriver à destination.
4.0. Objectifs
À la fin de ce chapitre, vous serez capable de :
- Décrire les conditions d'utilisation d'un véhicule prioritaire en mission urgente.
- Mettre en œuvre les équipements de signalisation d'unvéhicule prioritaire en mission urgente.
- Adopter les règles du code de la route spécifiques aux véhicules prioritaires.
4.1. Cadre législatif
Un véhicule prioritaire est défini par la loi et son utilisation est strictement encadrée. Les conducteurs doiventposséder les permis et attestations nécessaires, tout en étant conscients de leurs responsabilités légales.
4.1.1. Véhicule prioritaire
Selon l'Article 37 de l'A.R. du 1er décembre 1975, un véhicule prioritaire est un véhicule "muni d'un ou de plusieurs feux bleus clignotants et d'un avertisseur sonore spécial".
- Les feux bleus clignotants doivent être utilisés en mission urgente, mais peuvent l'être pour toute autre mission.
- L'avertisseur sonore spécial ne peut être utilisé qu'en mission urgente.
La notion de "mission urgente" n'est pas clairement définie et relève de l'appréciation du conducteur. En cas d'accident, un juge déterminera la légitimité de son utilisation.
Les véhicules de pompiers, ambulances et de police sont des véhicules prioritaires. D'autres services ayant des véhicules prioritaires comprennent :
- La Protection civile.
- Certains services de la défense (SEDEE, police militaire).
- Les Douanes.
- Certains services de transport (Infrabel, De Lijn, STIB, TEC).
- Certains services du secteur des services publics (eau, gaz, électricité) : Fluxys,Electrabel, Eandis.
Un véhicule privé n'est jamais un véhicule prioritaire. Un pompier hors service se rendant à la caserne doit respecter le code de la route.
4.1.2. Conducteurs
Lesconducteurs de véhicules de secours doivent posséder des permis et/ou brevets spécifiques :
- Permis B : Obligatoire pour tout pompier à l'engagement (véhicules < 3,5 tonnes).
- Permis C : Obligatoirepour les pompiers professionnels en stage ; peut être demandé aux volontaires (véhicules > 3,5 tonnes comme autopompes, camions-citernes, élévateurs).
- Attestation d'aptitude : Obligatoire pour les conducteurs d'ambulances (valide 5 ans).
Des permis supplémentaires peuvent être requis selon les véhicules spécifiques de certaines zones :
- Permis D pour les bus (âge minimum : 24 ans).
- Permis CE pour les semi-remorques (âge minimum : 21 ans).
Ces exigences garantissent que les conducteurs sont qualifiés pour manœuvrer des véhicules de secours dans des situations exigeantes.
4.1.3. Responsabilité
Les pompiers, par l'entremise de leurzone de secours, sont sujets à des responsabilités spécifiques. Le collège zonal est civilement responsable des conducteurs des véhicules d'incendie et de ses propres ambulances, couvrant les éventuels dommages. Toutefois, pour des actions pénales, le conducteur reste civilement responsable.
4.2. Exceptions pour les véhicules prioritaires?
Les véhicules prioritaires bénéficient de certaines exceptions au code de la route, notamment en matière de limitations de vitesse et de priorité, mais ces exceptions s'accompagnent de responsabilités accrues et exigent une prudence constante.
4.2.1. Dépassement des limitations de vitesse
Les véhicules prioritaires bénéficient d'exemptions, mais restent soumis à une responsabilité accrue.
4.2.1.1. Exemption de limitation de vitesse
L'A.R. du 1er décembre 1975 stipule que les véhicules prioritaires en mission urgente sont exemptés des limitations de vitesse générales (50 km/h en agglomération, 70 km/h sur voies secondaires, 120 km/h sur autoroutes). Cela s'applique également aux panneaux de vitesses limitées (C43), mais pas aux zones résidentielles et "zones 30".
4.2.1.2. Non exempt de responsabilité
Bien que les véhicules prioritaires soientexemptés des limitations de vitesse, ils ne le sont pas de responsabilité. Selon l'article 10 de l'A.R., tout conducteur doit adapter sa vitesse aux conditions (climatiques, routières, locales) pour garantir la sécurité et la fluidité du trafic. L'article 8.3 exige quele conducteur garde constamment le contrôle de son véhicule et soit capable d'effectuer toutes les manœuvres nécessaires. Le conducteur doit également réduire sa vitesse lors d'un changement de bande (article 19), à l'approche de passages piétons ou cyclistes, et en dépassant un bus à l'arrêt.En cas d'accident, la conformité de la vitesse aux conditions sera scrupuleusement examinée par le juge.
4.2.1.3. Pratique
Dans la pratique, il est déconseillé de rouler à des vitesses excessives, car le gainde temps est minime par rapport au risque d'accident et à la gravité de ses conséquences. L'objectif est d'arriver en sécurité, plutôt que de ne pas arriver du tout. Une règle générale suggère de ne pas dépasser de plus de 20 km/h la vitesse autorisée (en tenant compte des conditions). Il est également crucial de maintenir une distance de sécurité suffisante en convoi.
4.2.2. Priorité
La priorité des véhicules prioritaires est absolue en cas d'urgence, annulant même la "priorité de droite". Leconducteur doit cependant activer l'avertisseur sonore suffisamment à l'avance pour avertir les autres usagers, notamment aux intersections. Si deux véhicules prioritaires se présentent simultanément à un croisement, les règles de priorité normales s'appliquent entre eux.
4.2.3.Feux de signalisation
Un véhicule prioritaire circulant avec gyrophare et avertisseur sonore activés peut franchir un feu rouge, mais il doit impérativement marquer l'arrêt et s'assurer de l'absence de danger pour les autres usagers. Cependant, les feux rouges aux passages à niveau ainsi que les indications lumineuses (croix rouge) au-dessus des voies de circulation doivent être respectés.
4.2.4. Véhicules ferroviaires
Les véhicules ferroviaires circulant sur la voie publique (trams) doivent aussi céder la priorité aux véhicules prioritaires. Une prudence accrue est de mise en raison de leurs distances de freinage plus longues.
4.2.5. Groupesde personnes
Les chauffeurs de véhicules prioritaires sont autorisés à traverser, avec prudence et en mission urgente, les situations suivantes :
- Colonnes militaires : troupe en marche ou convoi de véhicules.
- Groupes d'enfants ou d'écoliers : accompagnés ou encadrés.
- Cortèges en procession.
- Groupes de participants à des courses cyclistes ou sportives motorisées.
4.2.6. Bandes réservées
Lepanneau F17 signale des voies réservées aux transports publics (BUS) et au dépôt d'enfants devant les écoles. Le panneau F18 (site spécial franchissable) est également réservé aux transports en commun. Les véhicules prioritaires de secours peuvent emprunter ces bandesréservées si leur mission urgente le justifie, mais doivent faire preuve d'une vigilance et prudence accrues, adaptant leur vitesse aux conditions.
4.2.7. Utilisation de la bande d'arrêt d'urgence
Les véhicules prioritairessont autorisés à emprunter la bande d'arrêt d'urgence sur les autoroutes, ou la voie la plus appropriée selon les conditions (ex: entre les bandes du milieu et de gauche sur une autoroute à trois voies). Cependant, cette manœuvre présente des risques accrus en raison des comportements imprévus des autres usagers. Si l'utilisation de la bande d'arrêt d'urgence est nécessaire, la vitesse doit être impérativement adaptée, il est conseillé de ne pas dépasser les 20 km/heure.
4.2.8. Parties extérieures d'un véhicule
Normalement, il est interdit de transporter des personnes sur les parties extérieures d'un véhicule. Cependant, une exception est faite pour les véhicules prioritaires en mission urgente, permettant aux pompiers d'être à l'extérieur du véhicule en mouvement (ex: sur une plateforme pour distribuer des sacs de sable ou sur un fourgon à tuyaux pour les guider). La sécurité personnelle prime, et cette exception est destinée à des situations spécifiques, et non à un accrochage lors du trajet vers l'intervention.
4.3. Obligations
Malgré les exceptions offertes aux véhicules prioritaires, certaines obligations restent en vigueur, telles que le port obligatoire de la ceinture de sécurité, et d'autres interdictions absolues doivent être respectées pour la sécurité de tous.
4.3.1. Port obligatoire de la ceinture de sécurité
Le port de la ceinture de sécurité est toujours obligatoire, y compris pour les chauffeurs et passagers des véhicules prioritaires. Le porteur de l'appareil respiratoire isolant n'est pas une ceinture de sécurité et n'offre pas une protection suffisante, pouvant entraîner des situations dangereuses en cas de collision. La protection respiratoire n'est pas une excuse pour ne pas boucler sa ceinture ; un entraînement adéquat permet de combiner les deux.
La loi prévoit quelques exceptions limitées :
- Dansles environs immédiats du lieu d'intervention (max. 200 m).
- Pour l'ambulancier accompagnant le patient dans la cellule sanitaire (bien qu'il soit conseillé de la porter si aucune manipulation n'est nécessaire).
- Pour la maîtrise d'un prévenu (uniquement pour la police).
4.3.2. Qu'est-ce qu'on ne peut vraiment pas faire ?
Malgré les exceptions accordées aux véhicules prioritaires, certaines règles du Code de la route doivent être strictement respectées:
- Sur autoroute : ne jamais faire demi-tour, rouler à contresens, traverser la berme centrale, ni rouler en marche arrière.
- Ne pas ignorer le feu rouge aux passages à niveau,devant les ponts ou les écluses.
- Ne pas ignorer une croix rouge au-dessus d'une voie de circulation (fermeture de voie).
4.4. Obligations et autres usagers de la route
Tousles usagers de la route, y compris les piétons, sont obligés de libérer le passage et de céder la priorité aux véhicules prioritaires dès qu'ils entendent l'avertisseur sonore. Des conseils spécifiques sont donnés à la population pour faciliter cette manœuvre, tout en respectant leCode de la route.
Conseils pour les autres usagers de la route :
- Restez calme, baissez la radio pour mieux localiser le véhicule.
- Arrêtez-vous si possible dans un endroit sûr ; nefreinez jamais brusquement.
- Si vous ne pouvez pas vous déporter (ligne blanche continue), accélérez jusqu'à un endroit sûr.
- Respectez le Code de la route, ne brûlez pas un feu rouge. Maintenez une distance de sécurité pour faciliter le déport.
- Aux ronds-points, faites un tour supplémentaire si nécessaire pour laisser passer.
- Ne rattrapez jamais un véhicule prioritaire et gardez une distance suffisante.
- Soyez vigilant : un deuxième ou troisième véhicule prioritaire peut suivre.
L'utilisation des feux bleus clignotants sans sirène peut créer de la confusion, car les autres usagers ne sont pas obligés de céder le passage. Mettez l'avertisseur sonore en marche suffisamment à l'avance pour permettre une réaction adéquate.
4.5. Risques et conduite défensive
La conduite prioritaire, bien qu'essentielle, comporte des risques accrus. Il est impératif pour les pompiers d'adopter une conduite défensive, combinant vigilance, adaptation aux conditions et connaissance de leur véhicule, afin de prévenir les accidents.
4.5.1. Conduite prioritaire
La conduite prioritaire présente des risques supplémentaires liés à plusieurs facteurs :
- Stress supplémentaire : La vue d'un incendie, les informations radio sur les blessés, ou la pression des collègues peuvent inciter à prendre plus de risques (vitesse excessive, non-arrêt aux carrefours). Il est crucial de garder son sang-froid et résister à cette pression.
- Manque d'expérience : Comparés aux chauffeurs professionnels, de nombreux pompiers ont moins d'heures de conduite, mais doivent tout de même manœuvrer des véhicules lourds de manière rapide et sécurisée.
- Véhicules difficiles : Les véhicules de pompiers sont souvent complexes à conduire : les autoéchelles et les porte-conteneurs ont un centre de gravité élevé ; les autopompes et camions-citernes peuvent subir des effets de tangage de l'eau dans leurs citernes partiellement remplies. Ces caractéristiquesles rendent plus sujets aux basculements que des camions ordinaires.
Un chauffeur doit être conscient de ses limites d'expérience, rester calme et résister aux pressions externes.
4.5.2. Conduite défensive
La conduite défensive est une approche proactive pour prévenir les accidents, en anticipant les erreurs des autres usagers et en adaptant son propre comportement. Elle repose sur plusieurs piliers :
- Bonne observation : Regarder loin devant soi pour anticiper les obstacles et dangers. Maintenir une technique de regard active pour être conscient de ce qui se passe également sur les côtés et à l'arrière du véhicule.
- Adaptation aux conditions : Ajuster sa conduite en fonction de la météo, de l'état de la route,des obstacles ou de l'environnement (écoles, pistes cyclables).
- Concentration : L'objectif principal est d'arriver en sécurité. Ne pas se laisser distraire par les collègues, les messages radio, ou le comportement des autres conducteurs.
- Connaissance du véhicule: Maîtriser les outils de sécurité des véhicules modernes (ABS, ESP) et savoir quand les utiliser (ou ne pas les utiliser). Comprendre le type de transmission (4x4, 6x6).
- Anticipation : Prévoir les réactions possibles des autres usagers (ex: déport en panique) pour pouvoir réagir en conséquence.
4.6. Accident avec véhicule d'intervention
Malgré toutes les précautions, un accident avec un véhicule d'intervention reste possible. Il est crucial de savoir comment réagir, que levéhicule soit immobilisé ou non, et comment remplir un constat à l'amiable.
4.6.1. Comment remplir un constat à l'amiable ?
Remplir un constat d'accident correctement est primordial pour éviter les complications. Il doit être complété immédiatement après l'accident pour prévenir d'éventuels problèmes. Le recto doit être rempli et signé par les deux parties, chaque conducteur gardant un exemplaire non modifiable. En cas de refus de signature, envoyez votre exemplaire à votre assureur sous 5 jours. Pour un accident impliquant plusde deux véhicules, un constat doit être rempli avec chaque conducteur.
Le verso peut être complété après le retour à la caserne ou chez l'assureur.
Astuces pour bien remplir un constat amiable :
- Étape1 : Localisation : Indiquez date, heure, lieu avec précision. Mentionnez les blessés (même légers) et leurs coordonnées au verso.
- Étape 2 : Témoins : Notez leur nom, adresse et numéro de téléphone si présents.
- Étape 3 : Informations des conducteurs : Chaque conducteur remplit sa colonne (A ou B) avec les informations d'assurance et de véhicule. Vérifiez les informations fournies par l'autre conducteur.
- Étape 4 : Point de choc et dégâts : Indiquez par une flèche le point de choc initial et décrivez les dégâts apparents de votre véhicule.
- Étape 5 : Observations : Exprimez tout désaccord ou complément sur les circonstances de l'accident.
- Étape 6 : Croquis et circonstances :
- Croquis : Dessinez l'accident au moment du choc, précisant le tracé des voies, leur nom, la direction et position des véhicules A et B, et les signaux routiers.
- Circonstances : Cochez les cases de situations pour chaque véhicule pour compléter le croquis.
5. Prévention de base et prévention des incendies domestiques
Chaque année en Belgique, les incendies causent la mort de 60 personnes et denombreux blessés, avec des dégâts matériels considérables. Le délai moyen pour échapper à un incendie est de 3 minutes, la fumée étant la principale cause de mortalité. La prévention incendie est une tâche cruciale des sapeurs-pompiers, complémentaire à la lutte contre lefeu. Elle se divise en prévention passive et active, et vise à éviter les incendies, limiter leur développement et propagation, détecter tout début de feu, alerter les secours, et faciliter le sauvetage des personnes et la protection des biens. Ce chapitre abordera les mesures techniques, l'évacuation des bâtiments, et lesconseils de prévention domestique, tous essentiels pour la sécurité civile.
5.0. Objectifs
À la fin de ce chapitre, vous serez capable de :
- Décrire les étapes de l'évolution d'un incendie, les principes et leséquipements de prévention incendie.
- Identifier les différents types de matériel de prévention incendie.
5.1. Prévention de base
La prévention de l'incendie vise à comprendre les mécanismes de déclenchement et de propagation des feux, ainsique les mesures légales et techniques pour les éviter. L'objectif est de réduire les risques et de garantir la sécurité des occupants et des intervenants.
5.1.1. À quoi sert la prévention de l'incendie
La prévention de l'incendievise à éviter les tragédies humaines et matérielles en s'appuyant sur trois principes directeurs :
- Éviter la naissance d'un incendie (agir sur le triangle du feu).
- Limiter sondéveloppement (par le compartimentage à l'intérieur d'un volume).
- Empêcher sa propagation (vers d'autres parties du bâtiment ou bâtiments voisins).
Ces principes sont intégrés dans les réglementations, dont l'importance est modulée selon les risques identifiés. La loi du 30 juillet 1979 sur la prévention des incendies y ajoute :
- La détection précoce de tout début d'incendie.
- L'alerte aux services de secours.
La Directive du Conseil des Communautés européennes (DPC) du 21 décembre 1988 sur les produits de construction inclut la sécurité en cas d'incendie comme exigence essentielle,reposant sur :
- Le maintien de la fonction portante du bâtiment pendant une durée déterminée.
- La limitation de la naissance et du développement du feu et des fumées.
- La limitation de la propagation du feu aux bâtiments voisins.
- La possibilité pour les occupants d'évacuer ou de se réfugier en lieu sûr.
- L'assurance de la sécurité des services de secours.
L'ensemble de ces mesures de prévention incendie est structuré dans un organigramme.
5.1.2. Mesures de protection passive
Les mesures de protection passive sont conçues pour limiter les effets destructeurs du feu en contrôlant son développement et sa propagation. Le compartimentage est fondamental, utilisant des matériaux ayant un bon comportement au feu (réaction aufeu) et des éléments de construction résistants (pare-flammes ou coupe-feu).
Le compartimentage facilite l'évacuation, retarde l'extension du feu, assure la sécurité hors du foyer et aide l'intervention des pompiers. Les portes coupe-feu jouent un rôle crucial pour maintenir l'intégrité des compartiments. Il est néanmoins trop courant de voir des portes coupe-feu compromises, ce qui réduit considérablement leur efficacité.
5.1.3. Mesures de protection active
Les mesures de protection active interviennent dès le début d'un incendie pour en limiter les conséquences. Elles englobent des dispositifs dynamiques tels que la détection d'incendie, les alarmes, le désenfumage, et le sprinklage, ainsi que l'action humaine au moyen d'extincteurs ou de robinets d'incendie armés (RIA). L'objectif principal est de garantir l'évacuation rapide des occupants et de faciliter l'intervention des secours.
5.1.4. Les équipements techniques de prévention et applications
Les équipements techniques jouent un rôle crucial dans la prévention incendie. Il est important de comprendre les normes d'installation et de fonctionnement pour assurer leur efficacité.
5.1.4.1. Les installations électriques
Les installations électriques doivent être conformes aux réglementations en vigueur et contrôlées par un organisme agréé avant mise en service, puis périodiquement pour les bâtiments soumis à la sécurité incendie. Elles ne doivent jamais être altérées ou modifiéesde manière non conforme.
5.1.4.2. Le chauffage des locaux
Les locaux de chaufferie doivent répondre à des prescriptions strictes de compartimentage et de ventilation vers l'extérieur. Les chaudières à mazout, par exemple, sont souvent équipéesd'un système d'extinction automatique à poudre.
5.1.4.3. La détection généralisée
La détection généralisée repose sur trois types principaux de détecteurs d'incendie connectés à une centrale d'alerte :
- Détecteurs thermiques : Activés lorsqu'une température seuil anormale est atteinte.
- Détecteurs thermo vélocimétriques : Se déclenchent en cas d'augmentation rapide de la chaleur (souvent utilisés dans les cuisines).
- Détecteurs optiques de fumée.
Ces détecteurs, reliés à une centrale d'alerte, permettent de localiser le foyer initial et d'activer rapidement les mesures nécessaires (évacuation, alerte des services d'incendie, appel de l'équipe de premièreintervention).
5.1.4.4. L'annonce d'un incendie
L'annonce d'un incendie est le fait d'informer le service d'incendie de la détection ou de la découverte d'un sinistre.Pour cela, l'établissement doit être raccordé au réseau téléphonique ou être en liaison directe avec le service d'incendie.
5.1.4.5. L'alerte
L'alerte est un moyen de prévenir rapidement les personnes présentesdans un établissement de l'existence d'un début d'incendie ou d'un danger. Elle peut être déclenchée par un système de détection automatique ou par des boutons poussoirs manuels. Ces installations sont autonomes en énergie pour fonctionner même en cas de coupure de courant. Les personnesalertées sont chargées d'intervenir avec les moyens de lutte disponibles et, si nécessaire, de déclencher l'alarme générale.
5.1.4.6. L'alarme
L'alarme est un signal (sirène, klaxon, sonnerie) qui ordonne à toutes les personnes présentes dans un bâtiment de l'évacuer immédiatement.
5.1.5. L'évacuation des bâtiments en cas d'incendie
L'évacuation des bâtiments en casd'incendie est une phase critique qui dépend de l'aménagement des dégagements, d'un éclairage de sécurité fiable, d'une signalisation claire et de plans d'évacuation bien conçus.
5.1.5.1. Les dégagements
Lesréglementations incendie définissent la largeur des couloirs, des escaliers et des portes en fonction du nombre d'occupants, afin de garantir une évacuation rapide. Le sens d'ouverture des portes doit toujours faciliter la sortie. Certains bâtiments (publics ou sous normes spécifiques) doivent disposer de plusieurs voies d'évacuation.
5.1.5.2. L'éclairage de sécurité
L'éclairage de sécurité est conçu pour faciliter l'évacuation lorsque l'éclairage normal est défaillant. Il s'agit souvent de "blocs autonomes" activés par une coupure de courant, offrant une autonomie d'environ une heure. Il ne doit pas être confondu avec l'éclairage de secours, qui permet la poursuite d'activités spécifiques dans certaines zones du bâtiment.
5.1.5.3. La signalisation
En Europe, en raison de la mobilité et de la diversité linguistique, la signalisation incendie et de sécurité utilise des pictogrammes normalisés. Il existe cinq types de pictogrammes :
- Interdictions (rouge et noir)
- Obligations (bleu)
- Avertissements (jaune)
- Sauvetage ou secours (vert)
- Moyens d'extinction (rouge)
3.1.5.3.1Pictogrammes de sauvetage et de premiers secours
- Emplacement et direction d'une sortie habituelle
- Chemin vers un poste de secours ou un dispositif de sauvetage
- Direction d'une sortie de secours vers la gauche
- Emplacement d'une sortie de secours
- Civière
- Douche de sécurité
- Rinçage des yeux
- Local de rassemblement
3.1.5.3.2 Pictogrammes de lutte contre l'incendie
Cette section présente les pictogrammes spécifiquement dédiés à la lutte contre l'incendie.
5.1.5.4. Les plans d'évacuation
Un plan d'évacuation clair et lisible est essentiel pour permettreaux occupants de quitter un bâtiment rapidement et en toute sécurité. Il doit être précis, compréhensible et adapté à la configuration des lieux, bien que peu de gens l'étudient par cœur en temps normal.
Chaque pièce doit avoir deux itinéraires de secours possibles, au cas où l'un serait obstrué. Ces itinéraires doivent être dégagés de tout obstacle (courses, jouets, caisses). Vérifiez que les portes et fenêtres sur ces chemins s'ouvrent facilement.
Il est crucial de convenirà l'avance d'un point de rassemblement identifiable. Après avoir évacué, fermez autant que possible les portes et fenêtres. Enfin, des exercices d'évacuation réguliers avec tous les occupants sont indispensables pour s'assurer que le plan est efficace et connu de tous.
5.1.6. Simples mesures de prévention pour tous
Le comportement humain est un facteur clé de la prévention incendie. Le respect de règles simples, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, peut significativement réduire les risques :
À l'intérieur :
- Maintenir l'ordre et la propreté au niveau du sol.
- Trier les déchets dans des récipients appropriés.
- Ranger les matières inflammables dans des lieux sûrs, en quantitésminimales, et séparer les produits incompatibles.
- Fumer uniquement dans les zones désignées.
- Vider les cendriers après s'être assuré que le contenu est bien éteint.
- Garder les chemins d'évacuation et les couloirsdégagés.
- Évacuer les vêtements de travail souillés.
- Utiliser des armoires métalliques pour le rangement sécurisé.
- Garder les accès aux moyens d'extinction libres.
À l'extérieur :
- Garder les chemins d'accès pour les pompiers dégagés.
- Ne pas entreposer de déchets ou de marchandises contre les façades.
- Entretenir la végétation autour des bâtiments.
5.2. Prévention des incendies domestiques (CPI)
La prévention des incendies domestiques est essentielle, car la rapidité de détection et la réaction sont cruciales. En quelques minutes, un petit feu peut devenir incontrôlable. Ce chapitre abordera les risques courants, lesmesures de prévention (détecteurs de fumée, plans d'évacuation) et les moyens d'extinction disponibles pour les citoyens. Chaque pompier doit connaître ces principes pour conseiller la population.
5.2.1. Risques
La connaissance des risques d'incendie domestique est essentielle pour la prévention. Les origines sont réparties en trois grandes catégories :
1. Imprudence :
- Fumer : Risque élevé, surtout si le fumeur s'endort, entraînant une combustion lente puisun départ de feu sur des matériaux combustibles (tapis, lit, fauteuil).
- Bougies : Ne jamais laisser une bougie allumée sans surveillance (nuit, absence). Assurez-vous qu'elles sont stables et éloignées des matériaux inflammables (rideaux, sapinde Noël).
- Jouer avec le feu : Les enfants sont souvent curieux. Ne laissez jamais de briquets ou d'allumettes à leur portée.
- Cuisiner : Laisser la cuisinière sans surveillance peut provoquer une surchauffe des casserolesou des friteuses défectueuses, menant à l'inflammation de graisses ou d'huiles. Ne jamais éteindre avec de l'eau. Utilisez un couvercle, une couverture anti-feu ou des linges humides. Éteignez la cuisinière et la hotte. Ne flambez jamaissous une hotte en marche.
2. Appareils défectueux :
- Maintien d'une ventilation suffisante pour tous les appareils électriques, en particulier ceux isolés.
- Sèche-linge : Cause fréquente d'incendies. Nettoyez régulièrement le filtre. N'utilisez pas l'appareil la nuit ou en votre absence.
- Télévision : Les anciens modèles peuvent imploser. Éteignez la télévision complètement. Assurez une bonne ventilation et neposez rien dessus.
- Chargeurs, GSM, Smartphones : Peuvent surchauffer pendant la charge. Ne les chargez pas la nuit ou sur le lit. Surveillez l'état des câbles, qui s'usent rapidement.
- Couvertures électriques : Utilisez-les uniquement pour réchauffer le lit, débranchez-les avant de dormir. Évitez les modèles anciens ou bon marché.
3. Installations domestiques :
- Installation électrique : Doit être contrôlée. Les surcharges(trop d'appareils sur un câble) ou les courts-circuits sont des sources majeures d'incendie. Utilisez des dominos certifiés. Ne laissez pas de câbles sous des tapis ou des portes. Déroulez complètement les bobines. Assurez-vous que l'électricité est coupée avantd'intervenir sur un feu. Le compteur et le disjoncteur général doivent être facilement accessibles.
- Cheminée : Faites ramoner au moins une fois par an par un ramoneur agréé et demandez une attestation. Vérifiez l'absencede fuites et assurez un tirage suffisant. Utilisez du bois propre. Des grilles peuvent empêcher les nids d'oiseaux.
- Installations de chauffage : Faites-les contrôler régulièrement. Assurez-vous que le robinet de gaz est accessible. En cas d'odeur de gaz : fermez l'arrivée, n'allumez aucun appareil, aérez, évacuez. Ces installations posent aussi un danger d'intoxication au CO.
5.2.2. Mesures de prévention incendie
En cas d'incendie, une évacuation rapide est cruciale, surtout la nuit. Plusieurs mesures peuvent aider à garantir une réaction adéquate.
5.2.2.1. Détecteurs de fumée
Les détecteurs de fumée sont essentiels pour alerter lesoccupants à temps, surtout la nuit où l'odorat est absent. La fumée se propage vite et est asphyxiante. Ces détecteurs réagissent à la composition de l'air et émettent un signal sonore puissant en présence de fumée, offrant une alerte précoce.
Indications pour l'installation et l'entretien :
- Allumez le détecteur après installation.
- Utilisez des détecteurs avec une pile de 10 ans (sans remplacement nécessaire), malgréun coût initial plus élevé.
- Recherchez les labels CE et EN14604.
- Respectez les prescriptions légales régionales (Bruxelles, Flandre, Wallonie).
- Testez le détecteur au moins une fois par mois via le bouton de test.
- Dépoussiérez-le mensuellement.
- Ne retirez jamais les piles (sauf pour les remplacersi la pile n'est pas intégrée pour 10 ans).
- Ne jamais repeindre ni boucher les trous du détecteur, car cela altère son fonctionnement.
Plus d'informations sont disponibles sur www.nejouezpasaveclefeu.be.
5.2.2.2. Plan d'évacuation
Un plan d'évacuation bien conçu et exercé est vital. Rassemblez votrefamille pour l'élaborer et assurez-vous que chacun sait quoi faire si un détecteur de fumée se déclenche, surtout la nuit. Discutez des points suivants :
- Qui prend en charge les enfants ?
- Où se trouvent les clés (à laporte ou à proximité) ?
- Qui appelle le centre de secours 112 ?
- Y a-t-il une lampe de poche dans chaque chambre (l'électricité coupe souvent en cas d'incendie) ?
- Où vous réunissez-vous?
Prévoyez deux itinéraires d'évacuation par pièce, au cas où le premier serait bloqué. Ces itinéraires doivent être dégagés de tout obstacle (courses, jouets). Vérifiez que portes et fenêtres s'ouvrent facilement.
Concertez-vous sur un point de rassemblement pour s'assurer que tout le monde se dirige au même endroit. Fermez portes et fenêtres autant que possible en quittant l'habitation.
Des exercices d'évacuation réguliers sont cruciaux pour valider le plan et s'assurer que tous les membres de la famille le connaissent et savent l'appliquer.
5.2.2.3. Moyens d'extinction
Pourlutter contre un début d'incendie immédiatement remarqué, les moyens suivants peuvent être utilisés :
- Une couverture anti-feu : Permet d'étouffer les feux naissants (idéalement placée dans la cuisine). Entraînez-vous à l'utiliser en toute sécurité (corps et mains protégés).
- Un extincteur : Préférez un modèle à mousse, efficace sur la majorité des feux avec moins de dégâts. Placez-le à un endroit facilement accessible et apprenez à l'utiliser.
- Du sable : Utile à côté d'un feu ouvert ou d'un poêle en cas de début de feu de cheminée. Ne jamais utiliser d'eau dans ce cas.
6. Déroulement d'une intervention et d'un ICS
Ce chapitre examine le déroulement général des interventions des sapeurs-pompiers, depuis l'annonce jusqu'à l'assistance post-opérationnelle, en passant par l'alarme, l'envoi des secours, l'arrivée sur les lieux, et lesopérations de lutte contre le feu. Il introduit également l'Incident Command System (ICS), un cadre structuré pour gérer les opérations complexes et assurer une coordination efficace.
6.0. Objectifs
À la fin de ce chapitre, vous serez capable de :
- Décrire la marche générale d'une intervention.
- Expliquer les composantes de l'Incident Command System (ICS).
6.1. Déroulement d'une intervention
Les interventions des pompiers, bien que variées dans leur nature (feux d'habitation, accidents, etc.), suivent un scénario commun. Ce chapitre décrit les phases clés, de l'annonce à l'assistance, soulignant l'importance de la préparation du matériel et de la gestion des informations.
6.1.1. Introduction
Bien quechaque intervention des pompiers soit unique (feux, accidents, conditions climatiques, etc.), toutes suivent un scénario commun. Ce déroulement inclut : l'annonce de l'incident, l'alarme, l'envoi des secours, l'arrivée sur les lieux, la reconnaissance, les opérations de sauvetage et de lutte contre le feu, l'assistance et le suivi. Après chaque utilisation, il est impératif de nettoyer, vérifier et préparer tout le matériel pour une nouvelle mise en marche, car une nouvelle alarme peut retentir à tout moment.
6.1.2. L'annonce
Chaque intervention débute par une annonce d'incident. Les alarmes chez les pompiers sont classées en trois catégories selon le canal :
- Annonce directe : Via le dispatching zonal, qui dispose d'unnuméro administratif et d'une ligne d'urgence.
- Annonce automatique : Systèmes d'appel automatiques dans des bâtiments à risque (entreprises, usines) qui alertent les occupants et les pompiers.
- Annonce via la centrale d'alarme (112) : Le numéro d'urgence européen 112 (qui a progressivement remplacé le 100 en Belgique) connecte l'appelant à la centrale d'alarme compétente. Le 112/100 enregistre les appels et interroge l'interlocuteur pour évaluer l'incident (ampleur, vies en danger, localisation, blessés) afin de déterminer la nature de l'intervention.
6.1.3. L'alarme
Quand une alarme est reçue par la centrale, celle-ci avertit le dispatching zonal. La caserne la plus adéquate est choisie, prenant en compte le principe de l'aide adéquate la plus rapide. Grâce à la technologie datastring, la centrale d'alarme peut activer directement le récepteur personnel (pager ou bipper)du pompier, accélérant la mise en marche.
Personnel caserné :
- Appelé par une sirène ou une annonce orale interne.
- Les casernes modernes utilisent des systèmes informatiques pour gérer automatiquement la composition et le suivi de la mise enmarche.
Personnel non caserné :
- Appelé par téléphone ou bipper (système ASTRID).
- Les pompiers appelés se rendent rapidement et en toute sécurité à la caserne.
6.1.4. L'envoi des secours
L'envoi des secours implique de déterminer le matériel, l'ordre et le nombre d'hommes nécessaires, selon des procédures de mise en marche préétablies par le commandant de zone. Les chauffeursont pour mission d'acheminer le matériel et le personnel rapidement et en toute sécurité, en utilisant les privilèges de véhicules prioritaires et leur connaissance du code de la route local. Pendant le trajet, les pompiers recueillent un maximum d'informations (GPS, cartes) et le chef d'intervention utilisedes Procédures d'Opérations Standardisées (POS) pour distribuer clairement les tâches.
6.1.5. Arrivée sur les lieux
L'arrivée sur les lieux marque le début de l'intervention réelle. Le positionnement des véhicules est crucial pourla sécurité, et la reconnaissance doit être menée de manière méthodique pour évaluer la situation et prioriser les actions.
6.1.5.1. La reconnaissance
À l'arrivée sur les lieux, la première étape est la reconnaissance, menée par le chef d'intervention de la première équipe. Les véhicules doivent d'abord être positionnés en toute sécurité, loin des risques liés au trafic ou à l'incendie (par exemple, la première autopompe devant l'incident pour laisser l'autoéchelle se placer). La reconnaissance se base sur des observations visuelles, destémoignages (voisins, témoins), et des plans d'intervention. Les pompiers doivent attendre les ordres avant d'agir. Après la reconnaissance, le chef d'intervention transmet un premier bilan au dispatching zonal.
Objectif de la reconnaissance :
Le principal objectif est le sauvetage des personnes. Le chef d'intervention recueille des informations auprès des habitants ou témoins pour identifier les personnes en danger et leur localisation. En cas d'incendie, toutes les pièces accessibles du bâtiment sont systématiquement inspectées. Les Procédures d'OpérationsStandardisées (POS) encadrent la lutte et le sauvetage.
Protection des biens :
Le sauvetage des personnes a une priorité absolue sur la protection des biens et de l'environnement. Dans la mesure du possible etsans danger, les pompiers peuvent sécuriser des biens (ex: sortir des voitures d'un garage) si le personnel est disponible. La prévention de la propagation de l'incendie aux bâtiments voisins est également primordiale. Les opérations s'efforcent d'atteindre l'objectif avecle moins de dégâts possible.
6.1.5.2. Opérations de sauvetage
Les opérations de sauvetage suivent des principes clés pour l'évacuation des victimes :
- Priorité auxvoies existantes : Les escaliers et couloirs sont privilégiés car ils sont généralement les plus sûrs. Si ces voies sont inaccessibles, l'autoéchelle, l'élévateur ou des échelles coulissantes sont utilisées. Le toit d'une habitation voisine peut aussi servir d'itinéraire de secours.
- Mise en sécurité rapide : Les victimes en danger immédiat doivent être évacuées au plus vite vers une zone sécurisée à l'intérieur du bâtiment. Après les premiers soins, elles sont transportées à l'hôpital si nécessaire. Toutes les personnes présentes dans les zones dangereuses (avecfumée, par exemple) doivent être évacuées. Si des victimes sont signalées, une ambulance est également envoyée par la centrale 100. Une fois le sauvetage terminé et les victimes en sécurité, les ambulanciers prodiguent les soins médicaux nécessaires.
6.1.6. Secours/Lutte contre le feu
L'intervention, ou établissement, désigne l'ensemble des préparatifs et des actions ordonnées par le chef d'intervention pour attaquer l'incident. Un pompier n'agit pas sans ordre. Cela inclut la préparation detout le matériel (autopompes, élévateurs, tuyaux, outillage hydraulique, EPI) pour l'extinction ou les secours techniques. Le déroulement de l'intervention varie selon les conditions, car chaque incident est unique. La décision d'établissement est critique, car elle doit minimiser ledéplacement de matériel et les modifications du dispositif pendant l'opération, souvent sous un stress intense.
6.1.6.1. Éléments essentiels pour l'établissement
Lors de l'établissement, des règles empiriques doivent être suivies attentivement :
Recommandations :
- Protection du matériel : Positionner le matériel à l'abri du feu, des débris et des matières dangereuses.
- Lutte contre l'incendie : Respecter les règles pour le déploiement et le raccordement des tuyaux. Éviter les plis, placer les tuyaux dans les caniveaux (pas sur la route), et faire attention aux débris incandescents.
- Ligne d'attaque : Équiper la ligne d'attaque avec une division pour extensionsi nécessaire. Commencer avec un grand diamètre (70 mm) et finir par un plus petit (45 mm).
- Positionnement de l'autopompe : La première autopompe doit se positionner aussi près que possible, mais en toute sécurité, pour limiter les pertes de pression et faciliter lecommandement.
- Positionnement de l'autoéchelle : Placer l'autoéchelle face à la façade avant en pensant à l'évacuation.
Pour la lutte contre le feu et le sauvetage final, des modules spécifiques sont disponibles.
6.1.7. Assistance et suivi
Bien que non détaillé dans le contenu fourni, la phase d'assistance et de suivi implique généralement la coordination post-intervention, la remise en état du matériel, la rédaction de rapports, et le débriefing des équipes. Ces étapes sont cruciales pour évaluer l'efficacité de l'intervention, tirer des leçons, et assurer la remise en disponibilité opérationnelle des moyens.
6.2. Incident command system
L'Incident Command System (ICS) est un cadre structuré pour la gestion des opérations de secours, garantissant lacoordination et l'efficacité, quel que soit le degré de complexité de l'intervention. Il repose sur une structure opérationnelle triangulaire, des principes fondamentaux et une chaîne de commandement claire, permettant une montée en puissance progressive et une sectorisation efficace.
6.2.1. Introduction
La gestion des opérations de secours, parfois complexes, exige une structure claire. L'Incident Command System (ICS) garantit que chaque intervenant comprend son rôle, quelles que soient la taille de l'intervention, le nombre et le type d'engins, et la diversité des disciplines. L'ICS repose sur des principesfondamentaux immuables, adaptables à toutes les situations, et essentiels pour une intervention réussie et une montée en puissance efficace.
6.2.2. Structure opérationnelle d'une intervention
La structure opérationnelle d'une intervention pompier est globalement triangulaire, avecle Chef Des Opérations (CDO) au sommet et le personnel sapeur à la base. Le CDO est le gradé (caporal, sous-officier, officier) le plus élevé en grade présent sur les lieux, assumant la direction et la responsabilité de la mission.
Il est crucial que le CDO soit clairement identifié et s'annonce explicitement. Un gradé peut changer de rôle : s'il est le premier, il devient CDO ; si un gradé supérieur arrive, il lui transfère la fonction et redevient responsable de son équipe. Ce transfert de responsabilité doit être officialisé.
La structure triangulaire reste constante à mesure que l'intervention monte en puissance : la base s'élargit, le sommet s'élève, et le grade du CDO évolue, chacun occupant une place définie dans la hiérarchie.
En parallèle,la structure de commandement se décline en trois niveaux distincts :
- Gold : Niveau stratégique ou central, définissant les objectifs généraux.
- Silver : Niveau tactique, traduisant les objectifs stratégiques en plans d'action et missionspour les unités opérationnelles.
- Bronze : Niveau opérationnel, exécutant les missions détaillées.
6.2.2.1. La chaîne de commandement - le rôle de chaque intervenant
Dans une structure opérationnelle, chaque pompier a un rôledéfini, accompagné de missions et fonctions spécifiques.
6.2.2.1.1 Le chef des opérations (CDO)
Le Chef des Opérations (CDO) a plusieurs responsabilités clés :
- Dirige l'opération de secours.
- Établit le schéma tactique et donne les ordres après la reconnaissance initiale.
- Assure la sécurité globale de l'intervention.
- Veille à ce que le sinistre ne redémarre pas.
- Organise un débriefing post-intervention.
- Rédige le rapport d'intervention.
6.2.2.1.2 Le Chef d'appui aux opérations
Le Chef d'appui aux opérations travaille sous les ordres du CDO et est responsable des tâchessuivantes :
- Supervise les opérations extérieures à l'incendie.
- Assure la logistique et la sécurité générale périphérique de l'intervention.
- Sert de liaison entre le CDO, les équipes d'intervention et le dispatching.
- Fournit un appui logistique direct en personnel, matériel et approvisionnement en eau.
- Coordonne l'ensemble des moyens déployés pour l'intervention.
- Attribue le personnel disponible aux différents secteurs d'intervention.
- Veille au maintien des communications radio.
- Garantit la sécurité autour du site d'intervention.
- Assure le rééquipement et la remise en disponibilité des véhicules qui ne sont plus nécessaires.
6.2.2.1.3 Le chef de véhicule (chef d'équipe)
Le chef de véhicule (chef d'équipe) est responsable de :
- L'exécution des manœuvres ordonnées par le CDO.
- La sécurité de son équipe et le port des EPI (Équipements de ProtectionIndividuelle).
- Maintenir la communication radio et rendre compte régulièrement de la situation de son équipe.
- S'assurer que son véhicule (personnel et matériel) soit rapidement disponible pour une nouvelle intervention.
6.2.2.1.4 Les binômes d'attaque et desauvetage
Les binômes d'attaque et de sauvetage sont chargés des tâches suivantes :
- Déployer les lignes d'alimentation et d'attaque.
- Constituer les équipes d'attaque, de sauvetage etde protection.
6.2.3. Les principes fondamentaux
La structure opérationnelle d'une intervention est triangulaire et immuable, s'adaptant à l'ampleur de l'événement. Cette structure repose sur des principes fondamentaux, notamment la montéeen puissance et la sectorisation.
6.2.3.1. La montée en puissance
Le principe de la montée en puissance organise l'escalade du commandement. Un subordonné est une entité définie (ex: un sapeur pour un caporal, un binôme pour un sergent). La charge de travail supportable d'un gradé est considérée comme étant de quatre, avec trois comme idéal. Si cette charge augmente, une coordination correcte devient difficile. Les moyens et l'organisation de l'intervention sont classés en niveaux, le CDO (Chef des Opérations) et son grade étant déterminés par ce niveau.
6.2.3.1.1 Niveau 1
Au Niveau 1, chaque véhicule est considéré comme une section (autopompe, échelle, désincarcération).Le gradé du véhicule est responsable de sa section. Le CDO (Chef des Opérations), déterminé par le type de véhicule, commande jusqu'à quatre véhicules.
6.2.3.1.2 Niveau 2
Au Niveau 2, les sections sont regroupées en pelotons. Chaque section reste sous la responsabilité de son gradé, et le peloton est sous le commandement du CDO (Chef des Opérations).
6.2.3.1.3 Niveau 3
Au Niveau 3, les pelotons sont regroupés en compagnies, chaque peloton restant sous son chef. Le niveau de commandement et le grade du CDO (Chef des Opérations) augmentent en conséquence.
6.2.3.1.4 Niveau 4
Au Niveau 4, les compagnies sont regroupées en bataillons, chaque compagnie restant sous le commandement de son chef. Il s'agit du plus haut niveau de montée en puissance dans cette architecture.
6.2.3.2. La sectorisation
La sectorisation consiste à diviser un site d'intervention en entités distinctes pour faciliter sa gestion. Chaque secteur est placé sous un chef de secteur, qui lui-même relève du CDO (Chef desOpérations). On distingue deux types de sectorisation :
- Sectorisation géographique : Division du site en zones spatiales (avant, gauche, droite, etc.).
- Sectorisation fonctionnelle : Division de l'intervention selon les tâches (extinction, alimentation eneau, sauvetage, gestion de la pollution, etc.).
6.2.3.3. L'ordre
Pour être efficace, un ordre donné doit être :
- Simple et bref : Pouréviter toute confusion.
- Clair et précis : Pour une compréhension et exécution correctes.
- Complet : Incluant toutes les informations nécessaires à son exécution.
- Unique : Ne comportant qu'une seule mission à la fois.
L'ordre doit clairement spécifier :
- Quoi ? (objectif)
- Comment ? (manœuvre)
- Avec quoi ? (matériel/engin)
- Avec qui ? (personnel/équipes spécialisées)
- Quand ? (moment de l'exécution)
Il est important que le gradé ne communique pas son raisonnement, mais uniquement les ordres d'exécution à seséquipiers pour rester concis et efficace.
6.3. Gestion de situation de crise
La gestion de situations de crise, allant des incidents graves aux catastrophes, implique une approche progressive et une planification rigoureuse. Les pompiers, en tant que maillons essentiels, doivent comprendrele système global, y compris le rôle du PC-OPS et de la cellule de crise, tout en respectant leur cadre opérationnel défini.
6.3.1. Une approche progressive
En Belgique, les situations de crise sont gérées selon une approche progressive, avec des passages en phases supérieures déterminés par l'ampleur, l'étendue géographique, le nombre de victimes et les conséquences environnementales :
- La phase communale : Déclenchée si la situation d'urgence est limitée à une seule commune. Lebourgmestre commande.
- La phase provinciale : Déclenchée si la situation dépasse les limites communales. Le gouverneur commande.
- La phase fédérale : Proclamée pour les crises dépassantles limites provinciales ou nécessitant une coordination fédérale, comme les attentats terroristes ou les catastrophes naturelles graves affectant des Belges à l'étranger.
6.3.2. Planification des urgences
La planification des urgences en Belgique repose sur troistypes de plans qui doivent être cohérents, tant verticalement (entre niveaux) qu'horizontalement (entre acteurs) :
- Les plans d'urgence et d'intervention multidisciplinaires, élaborés par les autorités communales.
- Les plans d'intervention monodisciplinaires, contrôlés par les autorités locales sur la base de critères spécifiques.
- Les plans d'urgence internes des entreprises à risques et institutions, supervisés par les autorités locales dans le cadre de leur propre planification d'urgence.
6.3.3. PC-OPS
Le PC-OPS (Poste de Commandement Opérationnel) est le niveau tactique d'une intervention, situé dans un environnement sûr mais proche du lieu de l'incident. Il peut s'agir d'un espace dans un bâtiment ou unvéhicule spécialisé (conteneur, bus, voiture de commandement) des pompiers, de la protection civile ou d'autres disciplines.
Les signes distinctifs du PC-OPS sont : un feu vert clignotant, un drapeau jaune avec "PC-OPS" en noir, et parfois un striping à damiers mauves et blancs.
Le PC-OPS regroupe les officiers de toutes les disciplines concernées, chacun recevant le titre de DIR (Directeur) :
- Dir-Si (petite blouse rouge) : Capitaine des pompiers ou grade supérieur.
- Dir-Med (petite blouse verte) : Médecin SMUR.
- Dir-Pol (petite blouse bleue) : Officier ou inspecteur principalde la police.
- Dir-Log : Officier de la protection civile ou autre partenaire logistique.
- Dir-Iinfo : Responsable de l'information à la presse et à la population.
Un DIR PC-Opsprend le commandement et passe en pensée multidisciplinaire. Chaque DIR peut être assisté d'un adjoint. Le PC-OPS filtre, structure et transmet les informations (météo, lits d'hôpitaux, plans d'intervention, conseiller CMD) à la cellule de crise et donne des ordres concrets aux unitésopérationnelles.
En tant que pompier, vous pouvez être directement impliqué dans l'aménagement et le fonctionnement du PC-OPS (gestion véhicule, électricité, éclairage, communication, protection, logistique). Si vous intervenez comme ambulancier, vous pouvez vous retrouver sous les ordres du Dir-Med.
6.3.4. Cellule de crise
La cellule de crise, distincte du PC-OPS, collecte les informations transmises par ce dernier. Selon la phase de la situation d'urgence, elle est dirigée par le bourgmestre, le gouverneur ou le ministre de l'intérieur. Située à distance de l'incident (maison communale, caserne), elle est souvent équipée de moyens de communication avancés.
Elle est composée de responsables politiques et d'officiers des disciplines concernées (OFF3 ou supérieur pour les pompiers) qui restent en contact avec le PC-OPS. Sur la base des informations reçues, elle informe le responsable politique et définit la stratégie à suivre, qui est ensuite transmise au PC-OPS pour traduction en plans d'action concrets. La cellule de crise assureégalement la communication avec la population et la presse.
6.3.5. Le pompier pendant les situations d'urgence
Pendant une situation d'urgence, le pompier fait partie d'un ensemble plus vaste, avec un commandement plus éloigné. Il doit continuer à exécuter ses tâches habituelles (lutte contre le feu, assistance technique, IMD) en suivant les procédures et instructions du chef d'intervention. Il peut aussi être assigné à des tâches logistiques (aide au PC-Ops, gestion de l'éclairage). Il est important de comprendre l'organisation du lieu d'intervention viale zonage.
Plusieurs périmètres :
En cas d'interventions à grande échelle, le dir PC-OPS établit et adapte plusieurs zones :
- Zone rouge (périmètre d'exclusion) : Lieu de l'incident, accessible uniquement aux secouristes directement impliqués dans la lutte.
- Zone orange (périmètre d'isolation) : Zone du PC-OPS, des postes de commandement monodisciplinaires, du poste médical avancé (PMA),et potentiellement d'une piste d'atterrissage hélicoptère. Les personnes évacuées et blessés y sont réunis. Le dir PC-OPS contrôle l'accès.
- Zone jaune (périmètre de dissuasion) : Assure la fluidité du trafic pourles secours. Comprend le point de première destination (PPD) et un parking pour les véhicules en attente. La police maintient les routes dégagées.
Point de Première Destination (PPD) :
En cas d'interventions degrande ampleur, le PPD assure un déroulement ordonné. Les renforts s'y présentent d'abord. Il peut être mono ou pluridisciplinaire. Des coordinateurs pour chaque discipline peuvent y être présents (ex : un sapeur-pompier pour informer le DIR-SI des arrivées de véhicules, donner des instructions, ou assigner les renforts). Entre le PPD et l'incident, des voies spécifiques sont définies : way-in pour l'arrivée, way-out pour le départ des véhicules.
| Zone rouge | |||
| POLICE | DANGER | POLITIE | GEVAAR |
| POLICE | DANGER | POLICE | DANGER |
| POLITIE | GEVAAR | POLITIE | GEVAAR |
| POLIZEI | GEFAHR | POLICE | DANGER |
| Zone orange | |||
| POLICE | STOP | POLITIE | STOP |
| POLICE | STOP | POLICE | STOP |
| POLITIE | STOP | POLITIE | STOP |
| POLIZEI | STOP | POLICE | STOP |
| Zone jaune | |||
| POLICE | CONTROLE | POLITIE | CONTROLE |
| POLICE | CONTROLE | POLICE | CONTROLE |
| POLITIE | CONTROLE | POLITIE | CONTROLE |
| POLIZEI | CONTROLE | POLICE | CONTROLE |
7. Awareness
Lesattentats du 22 mars 2016 en Belgique ont mis en lumière les défis uniques des interventions terroristes pour les services de secours. Ce chapitre, "Awareness", vise à fournir aux sapeurs-pompiers une compréhension du contexte du terrorisme, des procédures d'intervention spécifiques telles que le"RETT" (Reconnaissance, Extraction, pré-Tri, Transport), et des comportements pour assurer leur sécurité (Run-Hide-Tell). Il aborde la reconnaissance des IED (Improvised Explosive Devices), des armes à feu, et les différents "modus operandi" terroristes, soulignant l'importance de la collaboration multidisciplinaire et de la gestion des risques spécifiques.
7.0. Objectifs
Savoir (connaître - comprendre)
À la fin de ce chapitre, vous serez capable de :
- Reconnaître les IED (Improvised Explosive Devices).
- Énumérer les dangers des IED.
- Reconnaître des armes à feu et des munitions.
- Déplacer une arme à feu en toute sécurité.
- Énumérer les différentesmodi operandi.
- Décrire l'attitude d'engagement RETT.
- Décrire le principe run-hide-tell.
7.1. Précédents
Le terrorisme, bien que sesformes évoluent, n'est pas un phénomène nouveau. Des années 1960 aux années 1980, l'Europe a connu des vagues d'attaques à la bombe (ex : OAS en France, IRA, ETA), ce qui a conduit à la création du terme IED (Improvised Explosive Device) après des "booby traps" de l'IRA.
Après le 11 septembre 2001, le terrorisme est revenu au premier plan en Occident, avec des événements comme le marathon de Boston (2013),les attaques de Charlie Hebdo (2015) et le Bataclan à Paris (2015). Ces incidents soulignent l'évolution constante des menaces.
7.2. Explosive Risk Education (ERE)
L'Explosive Risk Education (ERE) est cruciale pour comprendre les IED (Improvised Explosive Devices), leur fonctionnement, les modes d'allumage, les manifestations et les distances de sécurité. Elle vise également à identifier les indicateurs de risques et à sensibiliser aux dangers potentiels.
7.2.1. Improvised Explosive Device (IED)
Un IED (Improvised Explosive Device), ou bombe improvisée, est un explosif fabriqué à partir de matériaux recyclés ou obtenus illicitement. Il peut être composé d'anciennes munitions ou d'explosifs disponibles sur le marché noir, voire confectionnés artisanalement, appelés HME (Home Made Explosives).
Les HME sont extrêmement dangereux en raison de leur mauvaise qualité et de leur sensibilité aux chocs, à la chaleur ou aux frottements. Le TATP (triperoxyde de triacétone) est un HME courant, fabriqué à partir d'acétone, de peroxyde d'hydrogène et d'acide. Il est très sensible et a une vitesse de combustion de 5300 m/s (détonation), ce qui en fait un explosif puissant.
7.2.2. Fonctionnement d'un IED
La fabrication d'un IED implique plusieurs composants essentiels :
- L'explosif : Peut être récupéré (ex: munitions de 155 mm, C4) ou fait maison (HMEcomme le TATP).
- Le démarreur / détonateur : Un tube détonateur (électrique ou improvisé avec un explosif sensible comme le TATP et un filament) est souvent utilisé pour initier l'explosion. Les explosifs stables ne détonnent pas seuls.
- La source de courant (batterie) : Nécessaire pour activer électriquement le démarreur.
- Le commutateur : Pour fermer le circuit électrique et déclencher l'explosion.
- Les projectiles supplémentaires : Des élémentscomme des roulements à billes, vis ou boulons peuvent être ajoutés pour augmenter l'impact des fragments, comme ce fut le cas lors des attentats de Zaventem.
7.2.3. Allumage d'un IED
L'allumage d'un IED, souvent électrique ou mécanique (ex : fil-piège), peut se faire de trois manières principales pour fermer un circuit électrique ou activer le dispositif :
- Actionné par la victime.
- Actionné par une commande.
- Par temporisation.
7.2.3.1. Actionné par la victime
Un IED actionné par la victime est déclenché par la personne ciblant l'attaque. Les méthodes courantes incluent :
- Le "plateau de pression" : Deux plaques conductrices reliées à un circuit électrique, agissant comme un commutateur. Placé sur le chemin de véhicules, il provoque l'explosion lorsqu'un véhicule passe.
- Les "boobytraps" (dispositifs de piégeage) : Des fils-pièges qui déclenchent une explosion (ex: grenages piégées).
7.2.3.2. Actionné par une commande
Dans ce type d'IED, le terroriste (le"trigger man") contrôle le moment de l'explosion. Plusieurs méthodes sont utilisées :
- "Command Wire IED" : Un interrupteur relié à distance par un fil à l'IED.
- "Radio Controlled IED" : L'IED est déclenché à distance via un téléphone mobile (appel) ou d'autres systèmes émetteurs-récepteurs (télécommandes de garage).
- "Suicide Bomber IED" : La forme la plus extrême, où l'auteur déclenche l'explosion surlui-même.
7.2.3.3. Par temporisation
L'IED contrôlé par temporisation est un mode de déclenchement où l'explosion est programmée pour un moment précis. Bien que connue, cette méthode est moins utilisée actuellement carson impact et son moment idéal pour causer un maximum de victimes sont difficiles à maîtriser avec précision.
7.2.4. Manifestation et distances de sécurité
Les IED peuvent prendre diverses formes, allant de dispositifs enterrés (bombes d'accotement)à des objets dissimulés dans des sacs à dos, valises, ou poubelles. Le "Vehicle Borne IED" (VBIED), ou voiture piégée, est particulièrement dangereux en raison de sa mobilité et de la grande quantité d'explosif qu'il peut contenir.Des exemples historiques incluent les attentats des CCC à Bruxelles (1985) et d'Oklahoma (1995).
La distance de sécurité est cruciale et dépend de la quantité d'explosif et de la présence de projectiles. Une distance minimale de 100 m doit toujours être respectée en cas de suspicion d'IED.
| Nature de l'objet | Évacuation totale | Évacuation partielle |
|---|---|---|
| Paquet et porte-documents | 100 m | À déterminer par le service de déminage sur place |
| Valise | 200 m | |
| Voitureparticulière | 200 m | |
| Camionnette ou plus grand | 400 m | |
| Risques secondaires | 400 m |
7.2.5. Indicateurs
Les secouristes doivent être conscients des dangers liés aux attentats (engins non explosés, auteurs armés). Il est crucial de repérer les indicateurs de risques spécifiques. L'analysede "l'absence du normal" et "la présence de l'anormal" est un bon point de départ. Le mot mnémotechnique "ALERT" aide à identifier les comportements suspects. La détection rapide d'objets ou de lieux suspects, tels que les HME-lab, est égalementfondamentale pour assurer la sécurité du personnel.
7.2.5.1. Personnes suspectes
Les personnes impliquées dans un attentat terroriste, qu'elles soient motivées par leurs convictions ou contraintes, subissent un stress intense qui peut se manifester pardes comportements inhabituels. Il est difficile de définir un profil type de terroriste ou des comportements uniformément suspects. Pour aider à identifier des indices, le mot mnémotechnique ALERT peut être utilisé :
- A Agitation (agitation visible).
- L Loose clothing (vêtements amples), parfois inappropriés aux conditions météorologiques.
- E Electrical wires (fils électriques) visibles ou dépassant des vêtements.
- R Rigid middle section (section centrale rigide) : pourrait indiquer une ceinture explosive ou un gilet pare-balles.
- T Tight fist (poing serré) : signe de stress ou de tenue d'un dispositifd'allumage.
7.2.5.2. Objets suspects
La "présence de l'anormal" est un indicateur clé. Les objets suivants peuvent être liés à des explosifs :
- Valises ou objets abandonnés.
- Bonbonnes de gaz et poubelles placées dans des lieux inhabituels.
- Véhicules lourdement chargés (s'affaissant sur l'essieu arrière).
- Odeurs étranges : citron, amande, poissonpourri, diesel, acétone, vinaigre fort.
7.2.5.3. Home Made Explosives Lab (HME-lab)
Un HME-lab (Home Made Explosives Lab) est un laboratoire improvisé où des explosifs sont fabriqués à partir d'ingrédients souvent faciles à obtenir. Ces laboratoires sont très dangereux en raison de l'instabilité des HME. Au lieu de distinguer entre HME-lab et laboratoire de fabrication de drogue, il faut toujours présumer d'abord qu'il s'agit d'un HME-laben raison du risque élevé d'explosion. En cas de découverte, la police locale doit être alertée pour demander l'intervention du service de déminage (SEDEE).
Indicateurs d'un HME-lab :
- Grands volumes de produits chimiques : engrais (nitrate d'ammonium), fluides réfrigérants, acétone, eau oxygénée, acide chlorhydrique ou sulfurique.
- Matériel de laboratoire : éprouvettes, entonnoirs, pipettes, installations de distillation.
- Récipients de refroidissement : baignoires ou tonneaux remplis de glace (la production de TATP est fortement exothermique).
- Composants électroniques : Pour fabriquer des mécanismes d'allumage.
Lorsque ces indicateurs sont observés,il faut toujours partir du principe qu'il s'agit d'un HME-lab et agir avec la plus grande prudence.
7.2.5.4. Transmission de renseignements
La transmission rapide et claire des informations est cruciale lors d'une intervention, surtout encas d'identification d'indicateurs d'IED ou de HME-lab. Pour une communication structurée, suivez ces quatre questions :
- QUI
- QUOI
- OÙ
- QUAND
7.2.6. Risques d'explosions
Les explosions génèrent deux principaux dangers initiaux : le blast (souffle) et la fragmentation. En plus de ces effets directs, des dangers supplémentaires peuvent inclure des agents CBRN et des nuages depoussière nocifs, nécessitant une protection et une vigilance accrues des intervenants.
7.2.6.1. Dangers initiaux
Les principaux dangers d'une explosion sont le blast et la fragmentation.
7.2.6.1.1 Blast
Toute explosion produit un souffle (blast), dont la vitesse dépend de celle de réaction de l'explosif :
- Déflagration : Vitesse inférieureà celle du son (ex: poudre à canon).
- Détonation : Vitesse supérieure à celle du son (onde de choc, ex: TNT).
Le blast heurte tout sur son passage, son effet diminuant avec la distance du point d'allumage.
7.2.6.1.2 Fragmentation
Lors d'une explosion, des fragments sont projetés. Ceux-ci peuvent provenir de l'enveloppe de l'explosif, de projectiles ajoutés intentionnellement, ou des débrisenvironnants (ex: fenêtres brisées). L'effet des débris et fragments porte toujours à de plus grandes distances que l'effet du blast.
7.2.6.2. Dangers supplémentaires (CBRN)
Enplus du blast et de la fragmentation, les explosions d'IED peuvent entraîner des dangers supplémentaires liés à des agents CBRN (Chimiques, Biologiques, Radiologiques, Nucléaires). Ces menaces, historiquement présentes dans les conflits armés, sont désormais des préoccupations sérieuses dans le contexte terroriste.
7.2.6.2.1 Dangers chimiques
Les armes chimiques, utilisées en guerre depuis longtemps, peuvent être classées en deux catégories :
- Agents "high tech" : Substances chimiques complexes, difficiles à obtenir.
- Agents incommodants (ex: gaz lacrymogène) : Effet temporaire, non létal.
- Agents asphyxiants (ex: chlore gazeux, phosgène) : Endommagent les poumons, empêchant la respiration.
- Agents vésicants (ex: gaz moutarde) : Causent des brûlures sur la peau et dans les poumons.
- Agents neurotoxiques (ex:VX, sarin) : Perturbent le système nerveux central, causant paralysie et mort. Le gaz sarin, utilisé par les terroristes, a causé des symptômes neurologiques graves.
- Agents sanguins (ex: cyanure d'hydrogène) : Bloquent l'apport en oxygène dans le sang.
- Agents "low tech" : Produits chimiques courants, facilement accessibles, mais nocifs (ex: pesticides, raticides, cyanure). Peuvent être diffusés via l'alimentation ou l'eau.
Les lieux d'intervention peuvent être contaminés par ces agents, soulignant l'importance d'une reconnaissance minutieuse avant tout sauvetage.
7.2.6.2.2 Dangers biologiques
Les agents biologiques sont des organismes naturels (bactéries, virus, moisissures) qui causent des effets nuisibles sur le corps humain. Ils se divisent en deux catégories :
- Agents "high tech" : Rares et difficilement accessibles (ex: anthrax, bactérie de la peste).
- Agents "low tech" : Courants et faciles à confectionner (ex: contamination de l'eau potable par des cadavres d'animaux en décomposition).
7.2.6.2.3 Dangers radiologiques
Les armes nucléaires traditionnelles sont complexes à produire. Les terroristes privilégient souvent une "bombe sale" ou RDD (Radiological Dispersion Device), qui utilise des explosifs conventionnels pour disperser des matières radiologiques dans l'air. Des RDD non explosés ontété découverts en Russie dans les années 1990.
Une autre menace est la RED (Radiological Exposure Device), où une source radioactive (ex: césium 137) est dissimulée dans des lieux publics. Pour se protéger de ces dangers, lessecouristes doivent éviter la contamination radiologique. Une reconnaissance avec du matériel de détection radiologique est essentielle pour prévenir la propagation de la contamination le long de la chaîne d'intervention.
7.2.6.2.4 Dangers nucléaires
Les armes nucléaires, comme celles utilisées pendant la Seconde Guerre mondiale, sont basées sur une réaction nucléaire (scission ou fusion) générant une énorme explosion et des retombées radioactives (nuage de poussière de particules radioactives). Ces retombées peuvent entraîner des cancersdes décennies plus tard. Un autre effet est l'EMP (Electro Magnetic Pulse), qui désactive tous les équipements électroniques.
Étant donné la complexité et le coût de production des armes nucléaires, leur utilisation par des terroristes est considérée comme peuprobable.
7.2.6.2.5 Nuage de poussière
Un danger fréquent et important lors d'une explosion est le nuage de fumée et de poussière. Ce nuage contient des substances nocives telles que l'amiante et la suie, ainsi que des particules résiduelles de la combustion des explosifs. Pour se protéger de ces substances nocives, il est crucial de toujours porter une protection des voies respiratoires (minimum un masque FFP3) lors des interventions après une explosion.
7.3. Armesà feu et munitions
Lors d'un "active shooter event" ou de situations comme un suicide, les secouristes peuvent être confrontés à des armes à feu. Cette section vise à reconnaître les différents types d'armes et de munitions, comprendre leur impact sur le corps humain, et surtout, savoir manier une arme en toute sécurité.
7.3.1. Armes à feu
Lors d'un incident impliquant des armes à feu, les secouristes peuvent être confrontés à deux types principaux : les armes de poing et les fusils (armes longues). Quelques exemples :
- Armes de poing : Revolver, Pistolet.
- Fusils : Fusil, AK-47.
7.3.2. Munition
Lamunition désigne l'ensemble d'un projectile et de sa charge. Outre les projectiles d'artillerie et les grenades, on parle de cartouches pour les armes à feu. Une cartouche se compose d'une douille, une amorce, la poudre etun ou plusieurs projectiles (selon la circulaire ministérielle du 25 octobre 2011).
Les projectiles, communément appelés "balles", peuvent prendre différentes formes, les plus courantes étant :
- La "Full Metal Jacket" (balle blindée).
- La "Hollow Point" (balle à pointe creuse).
7.3.3. Effet sur le corps humain : cavité temporaire et permanente
Lorsqu'un projectile àhaute énergie cinétique (typique des munitions de guerre) pénètre le corps humain, l'énergie est transférée aux tissus, créant des dommages complexes :
- La "cavité permanente" correspond aux dommages directs causés par le passage du projectile à travers lestissus, qui peut tourner ou se briser.
- La "cavité temporaire" est causée par une onde de pression générée par la transmission d'énergie cinétique. Cette onde secoue et peut déchirer les organes hydratés (vessie, estomac), s'étendant bien au-delà de la trajectoire directe de la balle.
7.3.4. Grenades à main
Les grenades à main, des explosifs relativement simples, sont couramment utilisées dans la criminalité organisée et peuvent causer desdommages importants. Si des secouristes en découvrent une sur un lieu d'intervention, il est impératif de ne pas la toucher. La police doit être immédiatement avertie pour faire intervenir le service de déminage.
7.3.5. Sécuritéavec les armes à feu
Les règles générales de sécurité pour les armes à feu sont cruciales, même pour les secouristes qui ne sont pas amenés à les manipuler activement. Les accidents surviennent souvent avec des armes "non chargées". Les deux premières règles sont fondamentales :
- Toutes les armes sont toujours considérées comme chargées. (90% des accidents)
- Ne jamais pointer le canon d'une arme vers quelque chose ou quelqu'un que l'on ne veut pas toucher. (Pour éviter untir accidentel dû à une défaillance technique ou un maniement passif)
Si une arme à feu est rencontrée sur un lieu d'intervention, elle doit toujours être considérée comme chargée. Si un déplacement est nécessaire (en l'absence d'autres options) :
- Maintenir l'arme chargée dans son hypothèse.
- Orienter le canon vers une direction sûre.
- Ne pas actionner la détente.
- Manipuler l'arme avec le moins de doigts possible pour ne pas altérer lespreuves (porter des gants nitriles de préférence).
- Informer la police le plus rapidement possible et fournir un maximum de détails.
7.3.6. Protection balistique
Les gilets pare-balles disponibles pour les secouristes sontconçus pour résister aux impacts de projectiles de 9 mm. Cependant, ils sont insuffisants contre les calibres plus lourds des armes de guerre. Les forces militaires et policières utilisent des gilets en kevlar renforcés de plaques céramiques pour une protection accrue.
Lorsqu'un projectile frappe un gilet, l'énergie est transmise aux tissus sous-jacents, provoquant des blessures douloureuses, même si le projectile ne pénètre pas le corps (si le gilet est adapté au calibre).
7.4. Modus operandi
Les terroristes emploient divers modus operandi, visant à maximiser l'angoisse et les victimes. Il existe deux grandes catégories : l'utilisation d'explosifs, armes à feu et de guerre (IED, active shooter, attaques complexes, CBRN, 3D), ou l'emploi de moyens disponibles sur le marché (attaques à la voiture, sabotage, incendies, cyber-attaques). Il est crucial de rester vigilant face à la "secondary attack", un risque où les services de secours deviennent cibles.
7.4.1. Secondary Attack
Le terrorisme vise à créer l'angoisse et le chaos, et à maximiser le nombre de victimes. Les leçons des attentats passés démontrent le risque de "Secondary Attack" (ou "Second Strike") : une deuxième attaque se produitau moment où les services de secours arrivent. Cela retarde les secours, ce qui augmente le nombre de victimes. En tant que services de secours, il est crucial de toujours considérer l'intervention et le personnel comme des cibles potentielles. Cette prise de conscience ("awareness") est capitale pour la sécurité.
7.4.2. Attaque complexe
Une attaque complexe combine souvent plusieurs modes opératoires, comme l'utilisation simultanée d'IED et d'armes à feu. Les attentats de Paris en 2015 ou de Bombay en 2008 sont des exemples où des terroristes lourdement armés ont frappé plusieurs lieux, causant un grand nombre de victimes et impliquant des services de secours dans des situations de combat actives. Ces scénarios mettent en évidence la non-limitation des dangers et la nécessité pour les secours d'intervenir dans des zonespotentiellement non sécurisées.
7.4.3. Risques pour les services de secours
Le principal danger des attaques terroristes réside dans l'absence de limites claires du lieu d'intervention. L'attaque peut être en cours à l'arrivée des secours,ou plusieurs attaques peuvent se produire simultanément. Cette situation expose les services de secours à devenir des cibles, d'autant plus que le chaos peut masquer la localisation exacte de la menace.
7.4.4. Attaque 3-dimensionelle
L'attaque 3D est une attaque menée par la voie aérienne. Cela peut inclure l'utilisation de mortiers (comme par l'IRA ou en Syrie), ou de drones modifiés pour larguer des "bomblets" (comme à Mossoul, Irak). Face à uneattaque 3D, il est impératif de se mettre à l'abri dans un "hard cover" (structure solide comme un bâtiment) pour organiser les secours, le Point de Rassemblement Victimes (PRV), et les structures de commandement en toute sécurité.
7.4.5. Attaque CBRN
Une attaque CBRN (Chimique, Biologique, Radiologique, Nucléaire) implique l'utilisation d'agents toxiques pour commettre un attentat. Cela représente un énorme défi pour les services de secours, car les victimes contaminées doivent être isolées sur place pour éviter la propagation de la contamination. En cas de confrontation avec une attaque CBRN, la procédure ISD (Intervention Sur le Danger) doit impérativement être suivie.
7.4.6. Attaque à la voiture
Les attaques à la voiture, où un véhicule fonce dans une foule, sont un modus operandi observé ces dernières années (Nice 2016, Berlin 2016). Bien que ne causant pas des blessures de guerre typiques, elles provoquent des traumatismes contondants. Une fois le terroriste neutralisé, ces incidents peuvent être traités comme de grands accidents routiers, mais une vigilance constante pour une "secondary attack" est nécessaire. Le véhicule peut en effet contenir des IED, comme le montre l'attaque de Londres 2017,où les assaillants portaient de fausses ceintures explosives et ont ensuite attaqué avec des couteaux.
7.5. Attitude en cas de terrorisme
Face à des actes de terrorisme, l'attitude des services de secours est cruciale.Cette section décrit la procédure d'intervention pour les pompiers (D1), allant des points importants à l'approche, au zonage (Noir, Rouge, Orange, Jaune), au rôle du Forward Command Post (FCP), à la gestion des victimes (nid, PRV), et aux procédures d'engagementspécifiques comme le "RETT" (Reconnaissance, Extraction, pré-Tri, Transport).
7.5.1. Domaine d'application
La procédure d'intervention décrite ici s'applique à tous les incidents de catégorie "terreur", qui impliquent l'utilisation d'explosifs, d'IED, d'armes à feu, etc. Elle est destinée au personnel du service d'incendie (discipline 1), travaillant potentiellement dans des zones dangereuses et exposés à des risques spécifiques.
7.5.2. Points importants pendantl'approche
Lors de l'approche d'une intervention terroriste, plusieurs points sont cruciaux :
- Respecter strictement les directives de la police.
- Ne pas prendre de risques superflus.
- Limiter l'usage des feux bleus et des sirènes à l'approche de la zone pour éviter les embuscades.
- Porter la preuve de légitimation (badge) de manière visible.
- Maintenir les vitres baissées dans les derniers kilomètres pour une meilleure perception sonore.
- Positionner le véhicule en "pole position" ou "position de départ" à l'arrivée.
- Être attentif à l'environnement avec une "360° situational awareness".
7.5.3. Zonage
Lors d'une attaque terroriste, le terrain d'intervention est divisé en plusieurs zones. Ce zonage est évolutif et s'adapte en fonction dutype d'attaque, des événements, et du risque de "secondary attack".
7.5.3.1. Périmètre réflexe
Dans un premier temps, ou en situation incertaine, il est essentiel de respecter un zonage réflexe sécurisé et de chercher un abri derrière des structures solides (murs de bâtiments).
7.5.3.2. ZONE Noir «Périmètre Létal»
La Zone Noire, ou «Périmètre Létal», est une zone où laprésence de terroristes ou un danger de mort immédiat est avérée. Les disciplines D1 et D2 y sont formellement interdites :
- Seule la D3 (police) est autorisée à y accéder.
- Lapolice est responsable de la protection et de la définition de cette zone.
- Sa forme évolue avec la situation, l'objectif de la D3 étant de la réduire.
7.5.3.3. ZONE Rouge délimitée par le «Périmètre d'Exclusion»
La Zone Rouge, délimitée par le «Périmètre d'Exclusion», est une zone fouillée par la police, sans danger immédiatement identifiable, mais qui n'est pas encore considérée comme sûre. La police y assure la protection des intervenants :
- C'est la zone où s'effectue l'extraction des victimes.
- Elle est située à un minimum de 100 m autour du bâtiment ou de la zone noire.
- L'accès y est autorisé uniquementpour les pompiers en tenues adéquates, avec l'autorisation du FCP (Forward Command Post).
- Le périmètre est établi et maintenu par la police, avec un ou plusieurs sas de contrôle mobiles et adaptables comme unique point de passage.
- Les équipes intervenant doivent porter des vêtements de protection et des moyens de mesure adaptés (ex: risque radiologique).
- La population et les travailleurs de cette zone sont évacués ou reçoivent des directives spécifiques (ex: fermeture des portes et fenêtres).
7.5.3.4. ZONE Orange délimitée par le «Périmètre d'Isolation»
La Zone Orange, délimitée par le «Périmètre d'Isolation», est une zone où aucun danger de mort n'est constaté, et donc jugée relativement sûre. Elle est essentiellepour le tri médical et la coordination :
- C'est la zone où le pré-triage des victimes est organisé. La sécurité du point de rassemblement des victimes (PRV) doit être initialement assurée par la D3.
- Elle est accessible aux services de secours, et potentiellement aux résidents ou travailleurs avec l'accord du PCA (Poste de Commandement Avancé) ou PC-OPS. Il est recommandé de limiter les personnes non essentielles.
- La zone est sécurisée par la D3 avec des sas de contrôle mobiles et adaptables.
- Le PC-OPS et le PMA (Poste Médical Avancé) sont situés à l'intérieur de ce périmètre.
- Une évacuation rapide de cette zone peut être nécessaire, nécessitant un point de rendez-vous pourle personnel et le matériel.
7.5.3.5. Zone Jaune délimitée par le «Périmètre Dissuasion»
La Zone Jaune, marquée par le «Périmètre Dissuasion», se situe entre le périmètre d'isolation et les voies d'accès/évacuation. Son objectif est de garantir l'accès des services d'intervention :
- Des mesures sont prises pour assurer la fluidité des services de secours.
- Accès déconseillé aux non-résidents/travailleurs et à la presse, sauf décision du PC-OPS. Le trafic de transit est détourné pour écarter les curieux.
- La police instaure ce périmètre, n'occupant que les principales voies d'accès.
- Un parking de service est prévu pour les services d'intervention.
- Un point de rendez-vous (RV) et un parking pour ambulances sont indispensables, reliés au PC-OPS et au PMA pour l'envoi d'ambulances selon les besoins.
- Un parking pour les véhicules detransport de personnes évacuées et/ou victimes non blessées est également mis en place.
7.5.3.6. Forward Command Post (FCP)
Le Forward Command Post (FCP) est un poste de commandement avancé, installé suiteà une concertation. Il se situe idéalement en marge de la zone orange, mais dans un lieu sûr (derrière un mur ou un bâtiment). Le FCP doit pouvoir se replier immédiatement en raison du caractère dynamique de l'incident. Il assure la coordination multidisciplinaire des activités de secours enzone rouge et, en première phase, la coordination globale des secours avant l'activation du PC-OPS. Il réunit en permanence la D1, D3 et potentiellement la D2.
Les services de secours n'interviennent que dans les zones orange/jaune. Seul le FCP/PC OPS peut autoriser l'engagement du personnel d'incendie en zone rouge, après que la D3 ait évalué le niveau de sécurité. Si la D3 approuve, le commandant D1 du FCP prend la décision finale d'engager ses hommes. En cas d'attaque activeet dynamique, seuls les Casualty Extraction Teams (CET), accompagnés et protégés par la D3, pourront franchir la zone rouge.
7.5.3.7. Nid de victimes
Un nid de victimes est un point de rassemblement pourles victimes, situé dans la zone rouge. Il est mis en place uniquement si la situation l'exige et le permet, et sert à prodiguer des soins médicaux supplémentaires. Ce nid doit toujours être surveillé par la D3.
7.5.3.8. Point de Rassemblement Victimes (PRV)
Le Point de Rassemblement Victimes (PRV) est situé à la frontière entre la zone rouge et la zone orange. C'est le lieu où les victimes sont transférées à la discipline médicale (D2). Des soins médicaux supplémentaires peuvent y être prodiguésselon un protocole établi. La sécurité de ce point est assurée par la police.
7.5.3.9. Représentation schématique
Une représentation schématique illustre le zonage et les points clés de gestion des victimes lors d'une intervention terroriste, intégrant la Zone Noire, Rouge, Orange, Jaune, le Forward Command Post (FCP), le Nid de Victimes, et le Point de Rassemblement Victimes (PRV).
7.5.4. Engagement du service d'incendie
L'engagement du serviced'incendie (discipline 1 ou D1) lors d'actes terroristes dépend de la situation. Deux scénarios principaux impactent la manière dont le personnel est déployé :
-
Attaque terminée, terroriste neutralisé ou disparu (ex: attentats de 2016) :
- La menace directe a cessé, mais la situation reste instable.
- Le bâtiment ou la zone du terroriste est classé "zone rouge".
- Le service d'incendie est engagé avec les équipesclassiques (autopompe multifonctionnelle).
-
Attaque en cours avec prise d'otages ou confrontation policière (ex: Bataclan 2015) :
- L'endroit où se trouvent lesterroristes est classé "zone noire".
- La salle de concert (zone impactée) est en "zone rouge".
- Les secours ne peuvent pas intervenir directement tant que l'action policière est en cours.
- Pour ces situations, le Casualty Extraction Team (CET) a été créé : des pompiers avec une formation spécialisée en TECC (Tactical Emergency Casualty Care) et en collaboration avec la police. Ils sont engagés en zone rouge.
- Le pompier classique ne sera pas engagé tant que l'action policièrese déroule.
7.5.5. Proceédure d'engagement 'RETT'
En cas de suspicion d'acte terroriste, il est crucial de minimiser l'exposition du personnel. La procédure RETT (Reconnaissance, Extraction, pré-Tri, Transport) est utilisée pour structurer l'intervention. La première autopompe effectue la reconnaissance, les autresmoyens restent à distance de sécurité. Une vigilance constante pour identifier les objets ou individus suspects est de mise.
7.5.5.1. Reconnaissance
La reconnaissance est la première étape cruciale pour évaluer la situation et les menaces potentielles.
7.5.5.1.1 But
La reconnaissance vise à obtenir une vue d'ensemble de la situation et à évaluer les menaces potentielles (explosifs, risques radiologiques, chimiques).
7.5.5.1.2 Execution
Lareconnaissance est effectuée par la première équipe arrivée sur les lieux, généralement une autopompe multifonctionnelle (APMF), qui dispose des équipements de détection nécessaires. Elle doit approcher le lieu de l'incident en se positionnant au-dessus du vent. Les autres équipes doiventpatienter à une distance de sécurité jusqu'à ce que l'équipe de reconnaissance ait évalué la situation. Cette reconnaissance doit être réalisée rapidement et efficacement.
7.5.5.1.3 EPI
La reconnaissance doit être effectuée en tenue d'intervention complète, avec un appareil respiratoire à air comprimé, et les appareils de mesure suivants si possible :
- Un dosimètre radiologique (SOR-R ou autre).
- Un explosimètre.
- Un multidétecteur de gaz.
- Un'Photo Ionisation Detector'.
7.5.5.1.4 Après la reconnaissance
Si la reconnaissance confirme une situation stable et l'absence de dangers supplémentaires (ex: rayonnement radiologique), les autres équipes peuvent être rapprochées pour l'étape d'extraction. Siun IED, d'autres explosifs ou des individus suspects sont détectés, les services de secours doivent se retirer. La police déterminera alors si la situation est sécurisée ou non.
7.5.5.2. Extraction
L'extraction consiste à évacuer les victimes des zones dangereuses en minimisant les risques de "secondary attack", en effectuant un contrôle rapide, et en prodiguant les premiers soins essentiels.
7.5.5.2.1 But
L'objectif de l'extractionest de rapide évacuer toutes les victimes de la zone dangereuse et de minimiser les effets d'une éventuelle "Secondary Attack".
7.5.5.2.2 Exécution
Durant l'extraction, les équipes effectuent un contrôle rapide des victimes : celles sans signe de vie sont laissées, celles qui peuvent survivre sont évacuées. Un "Body Sweep" rapide (max. 5 secondes) est réalisé pour vérifier l'absence d'intentions malveillantes ou d'explosifs/armes. Les blessures mortelles graves (ex: hémorragie massive) reçoivent des premiers soins limités (voir TECC). Tous les bagages et effets personnels sont abandonnés. La vitesse est primordiale en raison du risquede "Secondary Attack". Tout danger supplémentaire (nouvelle bombe) est signalé au Chef des Opérations (CdO) et géré par les services compétents.
7.5.5.2.3 EPI
En cas de risque d'explosion ou d'attaque supplémentaire ("Secondary Attack"), il est fortement recommandé de conserver la tenue d'intervention complète. Face à de grandes quantités de poussière et d'autres gaz, un appareil respiratoire offre la meilleure protection contre l'inhalation de particules toxiques. Si l'appareil respiratoire nepeut être utilisé, la protection minimale absolue est un masque FFP3.
7.5.5.2.4 Premiers soins
En mode extraction, la rapidité prime, donc il n'y a pas de temps pour stabiliser les victimes. L'utilisation de colliers cervicaux rigides, matelas à dépression ou RCP sur des victimes décédées est proscrite. La priorité est donnée aux victimes aidables. Les premiers soins se limitent au "Stop the Bleed" (application d'un tourniquet) directementsur le lieu. Les sapeurs-pompiers seront équipés d'un kit médical spécifique et formés au TECC (Tactical Emergency Casualty Care). Des soins supplémentaires sont possibles dans un nid de victimes sécurisé en zone rouge, si la situation le permet, mais idéalement, les victimes sont conduites directement au PRV (Point de Rassemblement Victimes).
7.5.5.2.5 Marquer les victimes
Pour éviter la confusion et la perte de temps en cas de chaos et de multiples équipes, il est essentiel de marquer les victimes déjà contrôlées. Cela permet de savoir qui a été examiné, même si l'on doit s'échapper (ESCAPE). Puisque le "body sweep" est la première étape, une victime marquée est considérée comme contrôlée et exempte d'objets suspects. Deux combinaisons de couleurs sont possibles pour le marquage : rouge/jaune et noir/blanc.
7.5.5.3. Pré-Tri
Le pré-tri est une étape clé de la procédure RETT, agissant comme interface entre les disciplines d'incendie etmédicales pour la gestion initiale des victimes.
7.5.5.3.1 But
Le but du pré-tri est le transfert des victimes de la discipline 1 (service d'incendie) à la discipline 2 (service médical) au Pointde Rassemblement Victimes (PRV). Ce PRV est situé à la frontière entre la zone rouge et la zone orange, dans un endroit sécurisé et surveillé par la police.
7.5.5.3.2 Exécution
Le lieu de pré-tri (point relais) doit être sécurisé, situé à au moins 100 m du lieu de l'incident pour éviter les effets d'une "Secondary Attack". Il est sécurisé par la police. À ce stade, des premiers soins supplémentaires peuvent être prodigués avec plus de temps.
7.5.5.4. Transport
Le transport des victimes est l'étape finale de la procédure RETT, où les blessés sont acheminés vers des structures de soins et des mesures spécifiques sont prises pour garantir la sécurité et la fluidité de cette opération.
7.5.5.4.1 But
Après le pré-tri, l'objectif est de transporter les blessés vers le PMA (Poste Médical Avancé) pour des traitements médicaux supplémentaires, puis vers les hôpitaux appropriés.
7.5.5.4.2 Exécution
Le transport des victimes suit les plans d'urgence classiques, mais avec des mesures spécifiques :
- Les victimes entrant au PMA doivent être fouillées à nouveau par la police pour prévenirl'infiltration de terroristes ou malfaiteurs.
- Le PMA doit être sécurisé par la police pour garantir la sécurité des secours.
- Les terroristes peuvent tenter d'utiliser les ambulances pour atteindre le PMA.
7.5.6. Communication Radio
Lors d'un incident de grande ampleur, les moyens de communication (téléphonie fixe, mobile, ASTRID) peuvent être surchargés. Pour garantir une communication minimale et efficace pour les coordinateurs, les utilisateurs ASTRID doivent respectertrois règles fondamentales :
- Les messages doivent être brefs et concis.
- Utiliser le mode Direct Mode Operation (DMO) le plus possible.
- Investir dans la formation pour que chaque secouriste maîtrise l'utilisation de ses moyens de communication.
7.6. Survivre en cas de terreur
En cas d'attaque terroriste où la vie d'un secouriste est menacée, il est essentiel d'adopter des comportements adaptéspour survivre. Le principe "run-hide-tell" offre une ligne directrice pour réagir face à un danger imminent, priorisant la sécurité personnelle et la communication rapide des informations.
Signal de repli : Le mot clé ESCAPE (oralement ou par radio)ou l'utilisation de la corne d'appel des véhicules indique de quitter immédiatement la zone rouge. Le premier point de rassemblement est le point relais (aire des blessés) dans la zone orange.
7.6.1. Run
Les secouristes doivent immédiatement quitter la zone de danger, tout en essayant d'aider les victimes ou d'autres secouristes si possible. La sécurité personnelle prime, et le matériel est abandonné. L'accès à la zone dangereuse doit être refusé, une responsabilité partagée par tous, et notamment par la police.
7.6.2. Hide
Après avoir quitté la zone de danger, il est crucial de se mettre à couvert pour éviter d'attirer l'attention des terroristes. Se protéger derrière des structures solides (murs en béton, bâtiments) est recommandé. Les radios doivent être mises en mode silencieux. Restez à couvert jusqu'à ce que la situation soit clairement déclarée sûre par la police.
7.6.3. Tell
Il est impératif de communiquer rapidement ce qui se passe à toutes les parties concernées. Un SITREP (Situation Report) clair (qui, quoi, où) est essentiel pour informer tout le monde de la situation et des étapes à suivre.
7.7. Collaboration multidisciplinaire
L'efficacité des interventions en situation d'urgence, notamment terroriste, repose sur une collaboration multidisciplinaire étroite entre les différents services (D1, D2, D3). La communication joue un rôle fondamental : chacun doit être informé de la situation et de sonévolution. Cette responsabilité est partagée par tous les intervenants.
7.8. Carte réflexe
Une carte réflexe est un outil essentiel offrant une vue d'ensemble concise de la procédure d'intervention en cas d'acte terroriste. Elle récapitule les étapes clés du processus RETT (Reconnaissance, Extraction, pré-Tri, Transport), en abordant les actions à mener lors de l'approche, de l'arrivée sur les lieux, et de la gestion des victimes. Elle met en lumière les zones de sécurité (zones rouge, orange, jaune)et les rôles des différents intervenants.
B01 Cadet Pompier Module 1 Culture administrative Attitude et comportement
Sur le chemin de l'intervention :
- Lors des derniers kilomètres, limiter l'usage des sirènes et des feux bleus (risque d'embuscades).
Arrivée sur les lieux :
- Reconnaissance : La première APMF (Autopompe Multifonctionnelle) débute la reconnaissance. Les autres véhicules restent à distance de sécurité.
- Situation stable : Les autres véhicules rejoignent les lieux d'intervention.
Extraction :
- Extraction immédiate de toutes les victimes qui montrent des signes de vie.
- Exécution d'une fouille rapide (max. 5 secondes).
- Utilisation éventuelle d'un garrot-tourniquet pour l'arrêt d'hémorragies mortelles.
Triage :
- Prétriage dans la zone sécurisée.
- Utilisation éventuelle de chest seal (pansement pour plaie thoracique), pansement compressif, etc.
Transport :
- Laisser à la police la fouille des victimes.
- Transport vers le PMA (Poste Médical Avancé).
7.9. Sources
- Angel Rabasa, The Lessons of Mumbai, RAND corporation, 2009.
- CC LAND - Département Génie, Tewerkstelling van springstoffen en vuurwerkmidddelen, Dept Fmg Gn Sec D&E, 2011.
- CC LAND - Département Génie, Counter-IED, powerpoint, 2011.
- Lefebvre, EnergeticMaterials - High Explosives, Koninklijke Militaire School, 2007.
- Ministerie van binnenlandse zaken en koninkrijksrelaties, Effecten van explosie op personen, VROM, 2003.
- Ministère de la Justice, Circulairedu 25/10/11 relative à l'application de la législation sur les armes, 25 octobre 2011.
- United Nations General Assembly Security Council, Report of the United Nations Mission to Investigate Allegations of the Use of Chemical Weapons in the Syrian Arab Republicon the alleged use of chemical weapons in the Ghouta area of Damascus on 21 August 2013, 16 septembre 2013.
- Vantomme John, De effecten van de explosies op constructies, Koninklijke Militaire School, 2009.
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