Management et psychologie sociale
30 KartenPrésentation du cours R5.03 et R5.05. Le rôle du management, ses enjeux et les conséquences d'un mauvais management. Théories du pouvoir et du contrôle organisationnel.
30 Karten
Introduction au Management
Les Conséquences d'un Mauvais Management
34% des salariés pourraient quitter leur poste à cause de leur manager (Opinion Way, 2024).
100 milliards € : Coût de l'absentéisme lié au mauvais management en France (Institut Sapiens, 2018).
Le désengagement coûte 14 840€/an/salarié en2024 (IBET©), soit +12% vs. 2023.
21% des salariés citent le mauvais management comme frein à la productivité (ADP, 2019).
Pourquoi Étudier le Management ?
Comprendre les interactions et la collaboration pour atteindre les objectifs organisationnels.
Apprendre à motiver, diriger et gérer les individus.
Développer l'esprit critique.
Opportunités de projet professionnel (consulting, RH, gestion de projets, management du changement).
Développer vos Compétences Managériales
Théorie (sciences) : Définitions, exemples, concepts, méthodes.
Pratique : Expériences de terrain (stages, apprentissages).
Compétences managériales : Mariage réussi de la théorie et de la pratique + travail réflexif.
Clés de Lecture des Grandes Théories du Management
Approches d'ensemble, représentations variées, aujourd'hui multi-disciplinaires.
Guide, non une contrainte : à adapter au contexte.
Prendre en compte le contexte historique.
Exemplesactuels : l'entreprise libérée.
Où Travaille le Manager ?
Dans une organisation : regroupement de personnes pour un but, avec division du travail et coordination.
Entreprise : organisation spécifique pour produire biens/services etsatisfaire des besoins, avec efficacité (sanction du marché).
Distinction entre Managers et Autres Membres
Employés : Tâche donnée, pas de supervision.
Managers : Coordonnent et dirigent les activités.
Hauts managers (Top-managers, dirigeants) : Prise de décisions stratégiques, définissent les politiques globales.
Niveaux de Management et Compétences Nécessaires
Compétences conceptuelles : Pour les hauts managers.
Compétences humaines et interculturelles : Pour tous les niveaux.
Compétences techniques : Pour le bas de la hiérarchie.
Exemple d'entreprise libérée : https://www.youtube.com/watch?v=ZrAFpPbz7O4
Les Deux Dimensions du Management
« Technique » : Gestion de l'ensemble d'uneorganisation, optimisation des ressources (management stratégique et opérationnel).
« Humaine » : Gestion des individus et des groupes, organisation du collectif (management d'équipe).
Thématique 1 : Pouvoir et Contrôle
Introduction au Pouvoir dans les Organisations
Expérience de S. Milgram (1961-1974) :
Dispositif expérimental à Yale : Donneur d'ordre en blouse blanche (légitimité).
Résultats : 62,5% des participants infligent jusqu'à 450 volts.
Conclusion : L'obéissance ne vient pas de l'individu, mais de la situation (état agentique vs. autonome).
Tendance à se conformer et à obéir, surtout si l'autorité est perçue comme légitime.
Légitimité : Actions souhaitables, convenables, appropriées dans un système socialement construit (Suchman, 1995).
Explication du pouvoir basé sur l'autorité hiérarchique avec des dilemmes éthiques.
Définition du pouvoir par Dahl (1957) : « A a du pouvoir sur B dans la mesure où il peut obtenir de lui quelque chose que Bn'aurait pas fait autrement. »
Le Pouvoir est-il Négatif ?
Mise en situation : Blocage d'un projet étudiant sans responsable désigné, manque de compromis.
Question : Pourquoi le blocage et comment s'en sortir ? (Nécessité de clarification de l'autorité, des rôles).
1. Les Sources du Pouvoir
Niveau d'analyse : Le pouvoir s'applique à des individus, des groupes, des organisations entières.
Unité d'analyse : Le pouvoir est une caractéristique de la relation entre A et B, non intrinsèque à A.
Pouvoir Formel et Informel
Critères | Pouvoir Formel | Pouvoir Informel |
Source | Position hiérarchique officielle | Relations personnelles, charisme, expertise |
Légitimité | Officiellement reconnue (règles, organigramme) | Non officiel, mais reconnu par les membres |
Stabilité | Relativement stable | Variable (dynamiques sociales) |
Exemples | Directeurs, managers | Leaders d'opinion, experts internes |
Moyens | Décision, contrôle, sanction, allocation ressources | Persuasion, conseil, réseau, expertise informelle |
Reconnaissance | Institutionnelle (contrats) | Sociale (par les pairs) |
Impact | Direct sur décisions officielles | Indirect sur comportements et décisions |
Avantages | Clarté des rôles, cadre structuré | Flexibilité, adaptation rapide |
Risques | Perçu comme rigide, bureaucratique | Conflits avec autorité formelle, manque transparence |
Identifier les Symboles du Pouvoir
Exemples : Tenue, titre, place de parking, espace de travail (taille du bureau), moyens/équipe alloués (assistant, budget), salaires/frais autorisés, droit de tutoyer la hiérarchie.
Il est possible d'acquérir les symboles sans autorité formelle.
Sources Générales de Pouvoir
Autorité (centralisation)
Caractéristiques personnelles des individus (charisme)
Expertise
Coercition (force)
Contrôle de ressources matérielles rares et critiques
Aptitude à appliquer des sanctions normatives
Opportunité
Le pouvoir ne dérive pas uniquement de l'autorité (ex : un expert a du pouvoir sur sa hiérarchie).
Focus sur le Pouvoir qui Dérive de l'Autorité (au sens de Weber)
« Toute forme de pouvoir qui a acquis de la légitimité dans le contexte organisationnel. »
Liée à la structure sociale/physique (hiérarchie).
Distinction :
Dirigée du haut vers le bas.
Exercice accepté et attendu.
Source institutionnalisée (stable et peu coûteuse).
La Théorie de la Dépendance des Ressources (Pfeffer et Salancik, 1978)
Points clés :
La dépendance est la clé du pouvoir.
La rareté des ressources critiques provoque l'incertitude.
Le pouvoir provient de la capacitéà acquérir et gérer ces ressources.
Le pouvoir est dynamique : Il y a jeu politique quand le pouvoir est utilisé pour légitimer la position des détenteurs du pouvoir.
2. Influence et Comportements Politiques
Remise en cause de l'idéal rationnel :
L'idéal rationnel suppose un problème sans ambiguïté, une information complète, des critères clairs et des objectifs organisationnels uniques.
Simonet March (1958) et Cyert et March (1963) ont montré que le processus de décision est influencé par les intérêts individuels.
L'organisation comme arène politique :
Les décideurs manipulent les processus pour leurs propres intérêts.
Évaluation des forces en présence et du pouvoir individuel.
Formation de coalitions si le pouvoir individuel est insuffisant.
Compétences politiques : Capacité à percevoir l'intelligence sociale, adapter son comportement, inspirer confiance et sincérité, influencer et contrôler les réponses des autres.
3. Implications pour le Système de Contrôle
3.1. Mary Parker Follett (1868-1933) - Pionnière
Travailleuse sociale, critique du management scientifique.
Valorise le collectif, l'intégration de l'individu, la conception démocratique de l'organisation.
Argumentaire : Confier des responsabilités et des décisions aux employés pour optimiser la production.
« Le meilleur leader n'a pas de suiveurs, mais des hommes et des femmes avec qui il travaille » (Follett, 1918).
Le rôle du manager : Expliquer la finalité, coordonner, faire émerger des solutions (sans lesdonner).
Concept du « pouvoir avec » (power with) en opposition au « pouvoir-sur » (power over).
L'autorité n'est plus centralisée, elle repose sur les compétences et connaissances de chacun (auto-contrôle collectif).
3.2. Contrôler : Une Fonction Clé du Manager (Fayol)
Contrôler : Surveiller les performances, les comparer aux objectifs et corriger les écarts.
Objectifs d'un système de contrôle :
Standardisation des performances.
Protection des ressources.
Clarification des missions.
Vérification de la production (qualité).
Contrôle de performance globale.
Prévision.
Coordination des activités.
Contrôle des comportements (règles disciplinaires).
Détermination de la rémunération (MBO).
Le contrôle cybernétique : Alignement des buts (organisation, unité, individus) via allocation des ressources, évaluation de performance, feedback et récompenses.
3.3. Comment et Quand Contrôler ?
Les systèmes et outils de contrôle varient selon l'activité et l'industrie (ex : mesure de performance, objectifsindividuels, entretiens annuels, examens).
La Théorie de l'Agence :
Le contrôle garantit que les managers agissent dans le meilleur intérêt des propriétaires.
Le contrôle est effectué via des contrats.
Il est coûteux (informations, personnel dédié).
Problème d'agence : Information manipulable par les managers.
Solutions : Emplois simples contrôlables, investissement dans un SI de contrôle, systèmes de récompensebasés sur les résultats, culture d'entreprise (Ouchi).
Temporalité du contrôle managérial : Contrôle en amont, pendant l'activité, après l'activité.
Obstacles à la réussite du contrôle :
Trop de contrôle (peu de créativité).
Trop peu de participation des employés.
Trop d'importance aux résultats plutôt qu'aux moyens.
Accent excessif sur les rapports administratifs.
Accent sur un point de contrôleunique.
3.4. Trois Systèmes de Contrôle (Ouchi, 1979, 1982)
Systèmes de contrôle | Mécanismes de contrôle |
Contrôle par le marché | Mesures financières et de performance, buts organisationnels, contrôle des opérations |
Contrôle bureaucratique | Supervision directe, management par objectifs, règleset standards |
Contrôle clanique | Valeurs, normes, socialisation |
3.5. Analyse Critique
Idéologie managériale : Défend la légitimité del'autorité et des propriétaires/managers à donner des ordres et contrôler.
Acceptation par les salariés par hégémonie (Gramsci, 1971) : Pratiques, discours, culture favorisant cette idéologie.
Le pouvoir comme domination (Marx) : Questionne la légitimité de l'autorité, vise l'émancipation des groupes dominés, promeut des fonctionnements démocratiques.
Exemples de discours/pratiques idéologiques :
Récits/slogans ("Nous sommes une famille").
Métaphores ("Guerre des talents").
Artefacts (open space, écrans KPI).
Pratiques de gestion (employé du mois).
Politiques (emails tardifs).
Documents (valeurs affichées).
Idéologies typiques (productivisme, compliance, ESG, D&I).
Pouvoir disciplinaire et surveillance (Foucault) :
Source dans les pratiques routinières de surveillance.
Mécanismes comme la définition d'objectifs, fiches de postes/compétences.
Auto-surveillance : Combinaison du regard de l'inspection et de l'intériorisation de ce regard.
Cas dedéfaillance du contrôle : ENRON (2001)
Gonflement artificiel des profits, masquage des pertes via sociétés écran.
Scandale menant à de nouvelles lois et normes de gouvernance.
Symbole de fraudeà grande échelle.
Quizz des Concepts Clés
1. Les grandes théories du management : Offrent des perspectives complémentaires (B).
2. Cadres fonctionnels vs. intermédiaires : Faux. Les cadres fonctionnels sont supervisés par les intermédiaires.
Quizz Pouvoir :
1. La seule source de pouvoir est l'autorité formelle : Faux. Le pouvoir est contextuel.
2. Le processus de contrôle débute par la mesure de performance : Faux. Il débute par la définition des objectifs et standards.
3. Un fabricant électroménager achetant des composants de haute qualité recherche un contrôle : En amont (D).
4. Uncontrôle réalisé par un employé de même niveau hiérarchique est : Un contrôle décentralisé (B).
5. Le contrôle après l'activité est peu répandu : Faux. C'est la forme la plus répandue.
6. Un bon objectif de performance estfixé de manière à : Être mesuré sans difficulté (D).
7. Contrôle hiérarchique préféré dans organisations capables d'auto-organisation : Faux. Auto-organisation = contrôle plus relâché.
8. Les technologies peuvent-ellesasservir les salariés : Oui, selon l'approche de Foucault (surveillance).
9. Un membre d'équipe informant un autre d'un comportement inapproprié : Contrôle clanique (C).
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