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Zu Diane

Le contrôle administratif et juridique des actes.

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Le contrôle de l'administration par le juge administratif et les différentes sources du droit administratif.

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Frage
Quel est le délai pour le Conseil d'État afin de statuer sur la transmission d'une QPC ?
Antwort
Le Conseil d'État doit statuer dans un délai de 3 mois.
Frage
Quelle est la distinction constitutionnelle entre les lois ?
Antwort
Il existe quatre types de lois constitutionnelles : constitutionnelles, organiques, ordinaires et référendaires.
Frage
Quelle est la hiérarchie des normes en droit français ?
Antwort
La hiérarchie des normes en droit français est : Constitution, traités internationaux, lois, principes généraux du droit, règlements (décrets, arrêtés).
Frage
Quel article de la Constitution confère au gouvernement la disposition de l'administration et de la force armée ?
Antwort
L'article 20, alinéa 2 de la Constitution confère au gouvernement la disposition de l'administration et de la force armée.
Frage
Quelle est la condition nécessaire pour qu'un traité ait un effet direct ?
Antwort
Pour un effet direct, un traité ne doit pas nécessiter de mesures d'application par les autorités internes.
Frage
Quelle est la limite de l'article 7 de la Charte de l'environnement en matière d'accès aux documents environnementaux ?
Antwort
L'accès aux documents environnementaux peut être limité par la théorie de l'écran législatif.
Frage
Qu'est-ce que l'autorité de la chose jugée en droit administratif ?
Antwort
L'autorité de la chose jugée impose les décisions du juge administratif à l'administration, mais a une valeur limitée à l'objet et la cause jugés.
Frage
Quel article de la Constitution établit la supériorité des traités sur la loi ?
Antwort
L'article 55 de la Constitution établit la supériorité des traités sur la loi.
Frage
Quel est l'objectif de la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) ?
Antwort
Vérifier la conformité des dispositions législatives aux droits et libertés garantis par la Constitution.
Frage
Quel est le sens large et moderne du principe de juridicité ?
Antwort
Le principe de juridicité impose la subordination de l'administration à l'ordre juridique et hiérarchique des normes.
Frage
Quel est le principe de primauté du droit primaire de l'UE selon l'arrêt Van Gend en Loos ?
Antwort
Le droit primaire de l'UE a un effet direct si ses obligations sont précises, claires et inconditionnelles.
Frage
Quelle est la particularité des directives de l'UE par rapport aux règlements ?
Antwort
Les directives de l'UE lient les États membres sur les objectifs à atteindre, laissant une marge de manœuvre sur les formes et moyens de transposition.
Frage
Quelle décision du Conseil d'État a reconnu la supériorité du traité sur la loi interne ?
Antwort
Par l'arrêt CE, ass., 20 octobre 1989, Nicolo.
Frage
Dans quel cas une loi peut-elle opposer un écran 'transparent' entre l'acte administratif et la Constitution ?
Antwort
L'écran est transparent si la loi n'émet pas de normes de fond.
Frage
Quel est le pouvoir réglementaire de droit commun en vertu de l'article 21 de la Constitution ?
Antwort
Le pouvoir réglementaire de droit commun, prévu par l'article 21 de la Constitution, appartient au Premier ministre pour l'exécution des lois.
Frage
Quel principe fondamental reconnu par les lois de la République est lié à l'indépendance des professeurs d'université ?
Antwort
Le principe fondamental reconnu par les lois de la République est l'indépendance des professeurs d'université.
Frage
Quel article de la Convention EDH concerne le droit au respect de la vie privée et familiale ?
Antwort
L'article 8 de la Convention EDH concerne le droit au respect de la vie privée et familiale.
Frage
Dans quels cas l'administration peut-elle employer la contrainte sans recours préalable au juge ?
Antwort
L'administration peut employer la contrainte sans recours préalable au juge en cas de circonstances exceptionnelles, de nécessité, ou lorsque le législateur n'a pas prévu de sanctions contre un usager récalcitrant.
Frage
Quelle est la différence entre un acte réglementaire et un acte individuel ?
Antwort
Un acte réglementaire fixe des règles générales et impersonnelles s'appliquant à tous, tandis qu'un acte individuel vise une personne déterminée.
Frage
Quel est le rôle du pouvoir réglementaire autonome selon l'article 37 de la Constitution ?
Antwort
Le pouvoir réglementaire autonome s'applique aux matières autres que celles réservées à la loi, sans être subordonné à celle-ci.
Frage
Quelle est la position du Conseil d'État concernant la primauté de la Constitution sur les traités ?
Antwort
Le Conseil d'État applique la primauté des traités sur la loi française, mais la Constitution prime sur les traités.
Frage
Combien de flashcards Diane génère-t-elle par défaut si la quantité n'est pas spécifiée ?
Antwort
Diane génère par défaut 1 flashcard lorsque la quantité n'est pas spécifiée.
Frage
Que prohibe la circulaire du 22 mars 2024 concernant la mise en œuvre du droit de l'Union européenne ?
Antwort
La circulaire prohibe la surtransposition des actes législatifs de l'UE, c'est-à-dire aller au-delà de leurs exigences minimales.
Frage
Quelle est la valeur juridique des PGD selon René Chapus ?
Antwort
Selon René Chapus, les Principes Généraux du Droit (PGD) ont une valeur juridique supranationale, s'imposant à l'administration.
Frage
Quelle est la position actuelle du Conseil d'État concernant l'invocabilité des directives non transposées ?
Antwort
Depuis l'arrêt Perreux (2009), tout justiciable peut invoquer une directive non transposée si elle est suffisamment précise et inconditionnelle.
Frage
Quelle est la particularité des questions de flashcards générées par Diane ?
Antwort
Les questions de flashcards générées par Diane présentent des réponses concises, précises et pédagogiquement pertinentes, adaptées au niveau de densité demandé.
Frage
Quel est le rôle du juge administratif en l'absence de loi 'écran' concernant le bloc de constitutionnalité ?
Antwort
En l'absence de loi « écran », le juge administratif applique le bloc de constitutionnalité aux actes administratifs.
Frage
Par quelle source les principes essentiels du droit administratif ont-ils été forgés à l'origine ?
Antwort
Les principes essentiels du droit administratif ont été forgés par la jurisprudence administrative.
Frage
Quel principe juridique la soumission de l'administration au droit représente-t-elle ?
Antwort
Le principe de juridicité, qui impose la soumission de l'administration à l'ordre juridique et à la hiérarchie des normes.
Frage
Qu'est-ce que le pouvoir discrétionnaire de l'administration ?
Antwort
Le pouvoir discrétionnaire de l'administration est une liberté d'appréciation de la loi selon les faits.
Frage
Qu'est-ce que la théorie de la 'loi-écran' ?
Antwort
Construction jurisprudentielle où la loi protège l'acte administratif, empêchant son contrôle direct par rapport à la Constitution.
Frage
Quel est l'un des domaines où seule la loi est compétente selon l'article 34 de la Constitution ?
Antwort
Les droits civiques et les garanties fondamentales des citoyens.
Frage
Quelle est la différence entre le pouvoir discrétionnaire et la compétence liée de l'administration ?
Antwort
Le pouvoir discrétionnaire laisse une marge d'appréciation à l'administration, tandis que la compétence liée impose une action prédéterminée par la loi.
Frage
Comment Diane assure-t-elle une couverture proportionnelle de tous les chapitres ?
Antwort
Diane applique un contrôle de proportionnalité, vérifiant que les avantages l'emportent sur les inconvénients, principalement dans des domaines spécifiques comme les DUP.
Frage
Dans quels cas les ministres peuvent-ils détenir un pouvoir réglementaire ?
Antwort
Les ministres peuvent détenir un pouvoir réglementaire s'il leur est expressément attribué par la loi, s'ils sont associés au pouvoir général par contreseing, ou par délégation du Premier ministre. Ils ont aussi un pouvoir de réglementation interne des services.
Frage
Quel est le rôle de l'HTML dans les questions générées par Diane ?
Antwort
L'HTML n'est pas mentionné dans le contexte fourni concernant le rôle dans les questions générées par Diane.
Frage
Quel principe d'égalité implique l'égalité devant l'impôt et devant les charges publiques ?
Antwort
L'égalité devant l'impôt et les charges publiques découle du principe général d'égalité devant la loi.
Frage
Quel mécanisme permet aux juridictions internes de demander une interprétation du droit européen à la CJUE ?
Antwort
La question préjudicielle (art. 267 TFUE) permet aux juridictions internes de demander une interprétation du droit européen à la CJUE en cas de *difficulté sérieuse*.
Frage
Quelle est l'une des conséquences de la délimitation de la compétence législative sur le pouvoir réglementaire ?
Antwort
Le Parlement peut toujours voter une loi pour annuler un règlement empiétant sur le domaine législatif.
Frage
Quel est l'article de la Charte de l'environnement concernant le principe de précaution ?
Antwort
L'article 5 de la Charte de l'environnement concerne le principe de précaution.
Frage
Comment les Principes Généraux du Droit (PGD) sont-ils créés ?
Antwort
Les PGD sont créés par la jurisprudence, dégagés des fondements du droit public français et de sources variées.
Frage
Quel est le rôle du juge administratif lorsqu'un décret de transposition d'une directive de l'UE est contesté pour inconstitutionnalité ?
Antwort
Le juge administratif vérifie la conformité du décret avec la Constitution, en examinant si la directive a un équivalent dans le droit de l'UE. Si non, il juge la conformité constitutionnelle.
Frage
Que fait le Conseil constitutionnel s'il estime qu'une disposition législative n'est pas conforme à la Constitution ?
Antwort
Il prononce l'abrogation de la loi, pouvant moduler les effets dans le temps.
Frage
Qui a forgé la plupart des grandes notions du droit administratif ?
Antwort
Presque toutes les grandes notions du droit administratif ont été forgées par la jurisprudence, notamment par les arrêts du Conseil d'État.
Frage
Quelle est la valeur constitutionnelle de la DDH du 26 août 1789 ?
Antwort
La DDH du 26 août 1789 a une valeur constitutionnelle reconnue, s'imposant aux autorités administratives.
Frage
Quel est le rôle de l'administration dans la formulation des projets de loi ?
Antwort
L'administration joue un rôle considérable dans la formulation et la préparation des projets de loi.
Frage
Quel principe de la Charte de l'environnement est invoqué en cas d'atteinte à la santé ?
Antwort
Le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé (Art. 1er).
Frage
Quel est le droit garanti par l'article 6§1 de la Convention EDH ?
Antwort
Le droit à un procès équitable, public dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial.
Frage
Quelle est la valeur juridique de la doctrine en droit administratif ?
Antwort
En droit administratif, la doctrine n'a pas de valeur obligatoire mais joue un rôle important d'analyse et de diffusion.
Frage
Que prohibe la circulaire du 22 mars 2024 concernant la mise en œuvre du droit de l'Union européenne ?
Antwort
Elle **prohibe la "surtransposition"** du droit de l'UE, c'est-à-dire l'ajout d'exigences nationales au-delà du minimum requis.
Frage
Quelle est la particularité des questions de flashcards générées par Diane ?
Antwort
Les flashcards de Diane offrent des réponses précises et pédagogiques, adaptées à la densité demandée.
Frage
Quel principe d'égalité implique l'égalité devant l'impôt et devant les charges publiques ?
Antwort
Le principe général d'égalité devant la loi implique l'égalité devant l'impôt et les charges publiques.
Frage
Quel est le sens large et moderne du principe de juridicité ?
Antwort
Au sens large, le principe de juridicité implique la soumission des autorités administratives à l'ensemble de l'ordre juridique et à la hiérarchie des normes.
Frage
Quelle est la valeur constitutionnelle de la DDH du 26 août 1789 ?
Antwort
La DDH du 26 août 1789 a une valeur constitutionnelle, opposable à l'administration et au public.
Frage
Quelle est la position actuelle du Conseil d'État concernant l'invocabilité des directives non transposées ?
Antwort
Le Conseil d'État permet l'invocabilité des dispositions précises et inconditionnelles d'une directive non transposée contre un acte administratif non réglementaire après expiration du délai.
Frage
Quel article de la Constitution confère au gouvernement la disposition de l'administration et de la force armée ?
Antwort
L'article 20, alinéa 2, de la Constitution confère au gouvernement la disposition de l'administration et de la force armée.
Frage
Quelle est la valeur juridique de la doctrine en droit administratif ?
Antwort
La doctrine n'a pas de valeur juridique obligatoire, mais elle joue un rôle crucial dans la divulgation et la systématisation du droit.
Frage
Quelle décision du Conseil d'État a reconnu la supériorité du traité sur la loi interne ?
Antwort
Le Conseil d'État a reconnu la supériorité du traité sur la loi interne dans l'arrêt Nicolo du 20 octobre 1989.
Frage
Quel principe de la Charte de l'environnement est invoqué en cas d'atteinte à la santé ?
Antwort
Le principe invoqué est le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé (Art. 1er de la Charte de l'environnement).
Frage
Quelle est la particularité des directives de l'UE par rapport aux règlements ?
Antwort
Les directives fixent des objectifs, laissant aux États membres le choix des "formes et moyens", tandis que les règlements sont directement applicables.
Frage
Quel est l'un des domaines où seule la loi est compétente selon l'article 34 de la Constitution ?
Antwort
Selon l'article 34 de la Constitution, seule la loi est compétente en matière, par exemple, de droits civiques, de nationalité, ou de création d'ordres de juridiction.
Frage
Quelle est la distinction constitutionnelle entre les lois ?
Antwort
Il existe des lois constitutionnelles, organiques, ordinaires (relevant de l'article 34), et référendaires.
Frage
Quelle est la hiérarchie des normes en droit français ?
Antwort
En droit français, la hiérarchie des normes est: Constitution
Traités internationaux
Lois
Principes généraux du droit
Décisions administratives réglementaires
Décisions administratives individuelles.
Frage
Quelle est la condition nécessaire pour qu'un traité ait un effet direct ?
Antwort
Un traité a un effet direct s'il ne requiert pas de mesures d'application des autorités internes et crée des droits/obligations pour les particuliers.
Frage
Quel est le rôle du juge administratif lorsqu'un décret de transposition d'une directive de l'UE est contesté pour inconstitutionnalité ?
Antwort
Le juge administratif vérifie si le principe constitutionnel invoqué a un équivalent en droit de l'UE. Si oui, il contrôle la directive ; sinon, il annule l'acte administratif si inconstitutionnel.
Frage
Que fait le Conseil constitutionnel s'il estime qu'une disposition législative n'est pas conforme à la Constitution ?
Antwort
Le Conseil constitutionnel peut abroger la loi, reporter l'abrogation, ou prévoir des mesures transitoires pour gérer les effets de l'annulation.
Frage
Quelle est la limite de l'article 7 de la Charte de l'environnement en matière d'accès aux documents environnementaux ?
Antwort
L'article 7 de la Charte est limité par la théorie de l'écran législatif concernant l'accès aux documents environnementaux.
Frage
Dans quel cas une loi peut-elle opposer un écran 'transparent' entre l'acte administratif et la Constitution ?
Antwort
Une loi peut opposer un écran "transparent" lorsque le texte législatif en question n'énonce pas de normes de fond.
Frage
Comment les Principes Généraux du Droit (PGD) sont-ils créés ?
Antwort
Les PGD sont créés par le juge via la jurisprudence, non par les textes écrits, pour combler les vides juridiques.
Frage
Quel est le rôle du pouvoir réglementaire autonome selon l'article 37 de la Constitution ?
Antwort
Selon l'article 37 de la Constitution, le pouvoir réglementaire autonome régit les matières qui ne sont pas du domaine de la loi, sans lui être subordonné.
Frage
Quel principe fondamental reconnu par les lois de la République est lié à l'indépendance des professeurs d'université ?
Antwort
Le principe fondamental est celui de l'indépendance des professeurs d'université.
Frage
Quel est le délai pour le Conseil d'État afin de statuer sur la transmission d'une QPC ?
Antwort
Le Conseil d'État doit statuer sur la transmission d'une QPC dans un délai de 3 mois.
Frage
Comment Diane assure-t-elle une couverture proportionnelle de tous les chapitres ?
Antwort
Diane assure une couverture proportionnelle via le « plein contrôle de proportionnalité » ou « contrôle du bilan coûts-avantages », vérifiant le processus décisionnel.
Frage
Qu'est-ce que la théorie de la 'loi-écran' ?
Antwort
La théorie de la loi-écran interdit au juge administratif de contrôler la constitutionnalité d'un acte administratif si une loi s'interpose entre cet acte et la Constitution.
Frage
Quelle est la différence entre un acte réglementaire et un acte individuel ?
Antwort
Un acte réglementaire est général et impersonnel, s'appliquant à des situations. Un acte individuel applique un règlement à une personne nommément désignée.
Frage
Quel est l'article de la Charte de l'environnement concernant le principe de précaution ?
Antwort
Le principe de précaution est inscrit à l'article 5 de la Charte de l'environnement.
Frage
Quel est le droit garanti par l'article 6§1 de la Convention EDH ?
Antwort
L'article 6§1 de la Convention EDH garantit le droit à un procès équitable, public et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial.
Frage
Quelle est la valeur juridique des PGD selon René Chapus ?
Antwort
Selon René Chapus, les PGD (Principes Généraux du Droit) sont des normes non écrites, dégagées par la jurisprudence pour combler les vides juridiques.
Frage
Quel est le rôle du juge administratif en l'absence de loi 'écran' concernant le bloc de constitutionnalité ?
Antwort
En l'absence de loi "écran", le juge administratif peut contrôler directement la constitutionnalité des actes administratifs, car la loi ne s'interpose pas.
Frage
Sous quelle forme l'administration édite-t-elle les mesures d'application de la loi ?
Antwort
L'administration édite les mesures d'application de la loi sous forme de textes d'application (actes réglementaires ou individuels).
Frage
Quel mécanisme permet aux juridictions internes de demander une interprétation du droit européen à la CJUE ?
Antwort
Les juridictions internes peuvent poser une question préjudicielle à la CJUE, en vertu de l'article 267 TFUE, pour interpréter le droit de l'UE.
Frage
Dans quels cas l'administration peut-elle employer la contrainte sans recours préalable au juge ?
Antwort
L'administration peut employer la contrainte sans juge si la loi n'a pas prévu de sanctions, en cas de circonstances exceptionnelles ou de nécessité.
Frage
Quelle est la différence entre le pouvoir discrétionnaire et la compétence liée de l'administration ?
Antwort
Le pouvoir discrétionnaire permet à l'administration d'apprécier la loi, tandis que la compétence liée l'oblige à agir sans appréciation.
Frage
Quelle est la position du Conseil d'État concernant la primauté de la Constitution sur les traités ?
Antwort
Le Conseil d'État affirme la primauté de la Constitution sur les traités internationaux en droit interne.
Frage
Qui a forgé la plupart des grandes notions du droit administratif ?
Antwort
Le Conseil d'État a forgé la plupart des grandes notions du droit administratif par ses arrêts.
Frage
Qu'est-ce que l'autorité de la chose jugée en droit administratif ?
Antwort
En droit administratif, l'autorité de la chose jugée confère aux décisions du juge une force de vérité légale s'imposant à l'administration, avec une portée variable selon le type de contentieux.
Frage
Quelle est l'une des conséquences de la délimitation de la compétence législative sur le pouvoir réglementaire ?
Antwort
Le pouvoir réglementaire ne peut empiéter sur les matières législatives, sauf habilitation temporaire.
Frage
Combien de flashcards Diane génère-t-elle par défaut si la quantité n'est pas spécifiée ?
Antwort
Par défaut, Diane génère une seule flashcard si la quantité n'est pas spécifiée.
Frage
Quel est le rôle de l'HTML dans les questions générées par Diane ?
Antwort
L'HTML est utilisé pour formater les réponses des flashcards (ex: `` pour les termes clés, `` pour les exemples).
Frage
Qu'est-ce que le pouvoir discrétionnaire de l'administration ?
Antwort
Le pouvoir discrétionnaire est la liberté de l'administration d'apprécier une situation et de prendre une décision non dictée d'avance par le droit.
Frage
Par quelle source les principes essentiels du droit administratif ont-ils été forgés à l'origine ?
Antwort
Les principes essentiels du droit administratif ont été forgés par la jurisprudence administrative, notamment les arrêts du Conseil d'État.
Frage
Quel article de la Constitution établit la supériorité des traités sur la loi ?
Antwort
L'article 55 de la Constitution établit la supériorité des traités régulièrement ratifiés sur les lois françaises.
Frage
Quel principe juridique la soumission de l'administration au droit représente-t-elle ?
Antwort
Elle représente le principe de légalité (soumission à la loi) ou de juridicité (subordination à l'ordre juridique).
Frage
Quel est le principe de primauté du droit primaire de l'UE selon l'arrêt Van Gend en Loos ?
Antwort
Le droit primaire de l'UE a un effet direct si ses obligations sont précises, claires et inconditionnelles, lui conférant la primauté sur le droit national.
Frage
Quel est l'objectif de la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) ?
Antwort
La QPC permet à toute personne de contester la constitutionnalité d'une loi déjà en vigueur lors d'une instance judiciaire, pour protéger les droits et libertés garantis par la Constitution.
Frage
Quel est le rôle de l'administration dans la formulation des projets de loi ?
Antwort
L'administration joue un rôle considérable dans la formulation et la préparation des projets de loi.
Frage
Quel article de la Convention EDH concerne le droit au respect de la vie privée et familiale ?
Antwort
L'article 8 de la Convention EDH garantit le droit au respect de la vie privée et familiale.
Frage
Quel est le pouvoir réglementaire de droit commun en vertu de l'article 21 de la Constitution ?
Antwort
En vertu de l'article 21 de la Constitution, le pouvoir réglementaire de droit commun appartient au Premier ministre. Il assure l'exécution des lois par des décrets d'application.
Frage
Dans quels cas les ministres peuvent-ils détenir un pouvoir réglementaire ?
Antwort
Les ministres peuvent détenir un pouvoir réglementaire si un texte de loi le leur attribue expressément, par délégation du Premier ministre, ou en tant que chefs de service pour l'organisation interne de leur administration (pouvoir Jamart).

Introduction au Droit Administratif et au Contrôle de l'Administration

Le Droit Administratif (DA) régit l'organisation et l'activité de l'administration, ainsi que ses rapports avec les particuliers. Conformément à l'ordre démocratique, l'administration est soumise au droit, ou au principe de « légalité », tel que mis en œuvre par la juridiction administrative. Ce principe englobe une soumission à l'ordre juridique dans son ensemble, allant des normes constitutionnelles aux décisions administratives individuelles, en passant par les traités internationaux, les lois et la jurisprudence. Cependant, l'administration conserve une certaine liberté d'action, notamment à travers le pouvoir discrétionnaire, la théorie de l'acte de gouvernement et un rapport plus ou moins souple à la légalité. Le contrôle de l'administration est essentiel pour garantir la protection des droits et libertés des citoyens.

La Soumission de l'Administration au Droit

L'administration assure la gestion quotidienne des affaires publiques, mais elle est juridiquement subordonnée. Elle joue un rôle crucial dans la préparation des lois et est chargée de leur application par l'édition de mesures réglementaires (générales et impersonnelles, ex : arrêté préfectoral) et individuelles (ex : arrêté ministériel de cessation de fonctions). L'administration a aussi la prérogative et l'obligation d'exécuter la loi, pouvant recourir à la contrainte si nécessaire, soit par le concours de la force publique (après décision de justice), soit par exécution forcée sans juge préalable en cas de circonstances exceptionnelles ou de nécessité (ex : fourrière, déblaiement d'office). La Constitution du 4 octobre 1958 consacre un État de droit, fondé sur le contrôle de constitutionnalité des lois. Au sens strict, le principe de légalité implique la soumission à la loi. Au sens large, dit de *juridicité*, il soumet l'administration à l'ensemble de l'ordre juridique et de la hiérarchie des normes. La spécificité du DA réside historiquement dans le rôle prépondérant de la jurisprudence administrative, qui a forgé ses principes essentiels. Aujourd'hui, on observe une codification croissante (ex : Code de justice administrative).

La Hiérarchie des Normes

La soumission de l'administration au droit s'organise autour d'une hiérarchie stricte des normes :
  1. Constitution
  2. Traités internationaux
  3. Lois
  4. Décisions de justice et jurisprudence (incluant les Principes Généraux du Droit)
  5. Décisions administratives réglementaires
  6. Décisions administratives individuelles et contrats

Les Sources du Droit Administratif

Les Sources Constitutionnelles : le "Bloc de Constitutionnalité"

Le "bloc de constitutionnalité" s'impose naturellement à l'administration. Le juge administratif applique ces normes en l'absence de "loi écran".
La Constitution du 4 octobre 1958
Au sommet de la hiérarchie des normes en droit interne, la Constitution détermine les compétences des pouvoirs publics et irrigue la légalité administrative.
  • Articles clés :
    • Art. 5 : assure la continuité de l'État (rôle du Président de la République).
    • Art. 13 : pouvoirs de nomination du Président.
    • Art. 20 al. 2 : le gouvernement dispose de l'administration et de la force armée.
    • Art. 21 : pouvoir réglementaire de droit commun du Premier Ministre.
    • Art. 72 al. 6 : rôle des collectivités territoriales.
    • Art. 34, 37, 38, 41 : délimitation des domaines respectifs de la loi et du règlement.
Il n'est pas possible de former un recours direct pour inconstitutionnalité d'une loi devant la juridiction administrative, sauf via la Question Prioritaire de Constitutionnalité (QPC). La Constitution sert toujours de norme d'interprétation pour le juge.
Les Déclarations des Droits, Préambules Constitutionnels et Principes Constitutionnels
Le Conseil Constitutionnel a consacré la valeur constitutionnelle de la totalité du Préambule de la Constitution de 1958, qui intègre le Préambule de 1946 et la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 (DDHC). * DDHC du 26 août 1789 :
  • Art. 1 : principe de liberté (libertés publiques : opinion, expression).
  • Art. 2 : propriété privée.
  • Art. 6 : égalité d'accès à la fonction publique (CE, 1988, Bleton).
  • Art. 8 : non-rétroactivité des lois pénales (étendu aux sanctions administratives ; CE, 1960, Société Eky ; CE, 2016, Football Club de Nantes).
  • Art. 11 : libre communication.
  • Art. 15 : droit de demander des comptes à tout agent public.
* Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 :
  • PFRLR (Principes Fondamentaux Reconnus par les Lois de la République) :
    • Indépendance des professeurs d'université (CE, 1988, Blet et Sabiani).
    • Liberté de conscience, liberté d'association (CE, 1956, Amicale des Annamites de France).
    • Respect des droits de la défense.
    • Liberté individuelle, liberté de l'enseignement.
    • Indépendance de la juridiction administrative (CC, 1980).
    • Compétence réservée à la juridiction administrative (CC, 1987, Conseil de la concurrence).
    • Autorité judiciaire gardienne de la propriété privée immobilière (théorie de la voie de fait).
    • Principes de la justice pénale des mineurs (CC, 2002).
    • Interdiction d'extradition politique (CE, 1996, Moussa Koné).
    • Principe de laïcité (CE, 2001, Synd. nat. des enseignements du second degré).
  • PPNNT (Principes Particulièrement Nécessaires à Notre Temps) :
    • Égalité entre les sexes (al. 3).
    • Droit de grève (al. 7) (CE, 1950, Dehaene).
    • Nationalisation de tout service public national et des monopoles de fait (al. 9).
* Charte de l'Environnement de 2004 (intégrée au bloc de constitutionalité en 2005) :
  • Art. 1 : droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé.
  • Art. 3 : obligation de prévention des atteintes à l'environnement (CE, 2013, Fédération nationale pêche en France).
  • Art. 4 : devoir de réparer les dommages environnementaux.
  • Art. 5 : principe de précaution (CE, 2008, Commune d'Annecy). La méconnaissance de ce principe peut être invoquée pour contester la légalité des décisions administratives (CE, 2024, Société Bayer Seeds, selon les données scientifiques disponibles à la date de la décision). Le principe de précaution figure également à l'article 191 paragraphe 2 du TFUE.
  • Art. 6 : promotion du développement durable.
  • Art. 7 : droit à l'information et à la participation, mais avec des limites en matière d'accès aux documents environnementaux (théorie de l'écran législatif, ex: CE, 2022, Réseau « Sortir du nucléaire »).
Le Conseil d'État peut aussi invoquer des "exigences constitutionnelles" (CE, 2006, France Nature Environnement), des "objectifs à valeur constitutionnelle" (ex: clarté de la norme) ou des "principes à valeur constitutionnelle" (ex: continuité du service public, libre disposition de la force armée - CE, 2021, n° 437125).
La Question du Contrôle de Constitutionnalité devant la Juridiction Administrative
Face à la hiérarchie des normes, la théorie de la "loi-écran" (CE, 1936, Arrighi) stipule que le juge administratif ne peut apprécier directement la conformité d'un acte administratif au bloc de constitutionnalité si une loi s'intercale. Cette exclusion s'explique par le dogme de la souveraineté de la loi, la séparation des pouvoirs, et l'existence du Conseil Constitutionnel. * Exceptions et assouplissements :
  • Écran transparent : si la loi ne contient pas de normes de fond, elle ne fait pas écran (CE, 1986, Soc. Smanor).
  • Absence de loi : le juge peut examiner la constitutionnalité des actes administratifs (CE, 1960, Société Eky).
  • Loi réglementaire : le gouvernement peut faire déclarer par le CC le caractère réglementaire d'une loi votée par le Parlement dans le domaine de l'article 37-2 de la Constitution.
  • Question Prioritaire de Constitutionnalité (QPC) : Introduite par la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 (art. 61-1 C.), la QPC permet de contester la constitutionnalité d'une disposition législative en cours d'instance. Le Conseil d'État peut être saisi par renvoi et transmet au Conseil Constitutionnel si plusieurs conditions sont remplies :
    • La disposition législative porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution.
    • Elle est applicable au litige.
    • Elle n'a pas déjà été déclarée conforme à la Constitution (sauf changement de circonstances).
    • Elle a un caractère sérieux ou nouveau.
Si le Conseil Constitutionnel estime la loi non conforme, il peut l'abroger, moduler les effets de l'abrogation dans le temps, ou reporter sa date. L'autorité de chose jugée des décisions du Conseil Constitutionnel est absolue (art. 62 C.) et s'impose à toutes les autorités administratives et juridictionnelles. La distinction entre disposition législative et réglementaire peut être complexe, notamment pour les ordonnances de l'article 38 de la Constitution (CE, 2022, n° 444994). Concernant l'arbitrage entre QPC et question préjudicielle à la CJUE, la CJUE a affirmé le principe de la libre saisine des juridictions nationales pour toute question préjudicielle nécessaire à tout moment de la procédure, y compris après une QPC, et la possibilité d'écarter la loi nationale contraire au droit de l'Union (CJUE, 2010, Melki ; Abdeli). Le Conseil d'État suit cette jurisprudence (CE, 2016, Jacob).

Les Sources Internationales et Européennes

Les Traités et Accords Internationaux
L'article 55 de la Constitution confère aux traités ou accords régulièrement ratifiés une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve de leur application par l'autre partie. * Conditions de supériorité des traités :
  • Effet direct : le traité doit créer des droits ou des obligations au profit de particuliers en dehors des États (CE, 1952, Dame Kirkwood). Le juge vérifie si le traité ne nécessite pas de mesures d'application des autorités internes (CE, 2012, GISTI). Exemples d'absence d'effet direct: certaines dispositions de la convention d'Aarhus (CE, 2021, PRIARTEM), ou de l'art. 6 de la Convention n°52 de l'OIT (CE, 2024, n°470533). Néanmoins, un traité sans effet direct peut amener le CE à exiger des compléments d'instruction pour vérifier le respect des engagements (CE, 2020, Commune de Grande-Synthe, dit "effet indirect du droit international").
  • Régularité de la ratification/approbation et publication : le juge vérifie que l'engagement a été validement conclu et publié (CE, 1984, Roujansky).
  • Réciprocité : la condition de réciprocité de l'art. 55 n'est plus une question préjudicielle au ministre des Affaires étrangères depuis (CE, 2010, Mme Cheriet-Benseghir). Elle ne s'applique pas au droit de l'UE.
Une fois ces conditions remplies, le juge national contrôle la conventionnalité de la loi et écarte son application au profit du traité en cas de contradiction (CE, 1989, Nicolo). C'est un contrôle *in concreto* (CE, 2016, Mme Gonzalez Gomez). * Pouvoirs du juge administratif en matière de traités :
  • Interprétation des traités : le juge administratif se reconnaît compétent pour interpréter les clauses non claires, sans renvoi systématique au ministre (CE, 1990, GISTI).
  • Combinaison des traités : le juge peut combiner les traités entre eux (CE, 2011, M. Kandyrine de Brito Paiva).
Le Droit de l'Union Européenne (DUE)
Le DUE se caractérise par son effet direct et sa primauté sur le droit national. * Droit primaire (Traités) :
  • Effet direct : s'il est précis, clair et inconditionnel, le droit primaire a un effet direct (CJCE, 1963, Van Gend en Loos).
  • Primauté : il l'emporte sur toutes les législations nationales, antérieures ou postérieures (CJCE, 1964, Costa c/ ENEL ; CJCE, 1978, Simmenthal).
* Droit dérivé :
  • Règlements de l'UE et décisions : directement applicables et ont un effet direct s'ils sont clairs et précis (CE, 1990, Boisdet). Ex: interdiction de produits phytopharmaceutiques annule les dérogations nationales (CJUE, 2023, Pesticide Action Network Europe ; CE, 2023, association Agir pour l'environnement).
  • Directives de l'UE : elles fixent des objectifs mais laissent une marge aux États pour leur transposition. Bien qu'a priori sans effet direct, elles peuvent en avoir un pour les particuliers si leurs dispositions sont suffisamment précises et inconditionnelles, même si la transposition n'a pas eu lieu (CJCE, 1974, Van Duyn c/ Home Office).
    • Obligation constitutionnelle de transposition : l'État ne peut pas laisser subsister ou édicter des dispositions réglementaires incompatibles avec les objectifs d'une directive (CE, 1989, Cie Alitalia).
    • Responsabilité de l'État : l'État peut voir sa responsabilité engagée pour violation ou non-transposition d'une directive (CE, 1992, S.A. Rothmans International France).
    • Jurisprudence Perreux (CE, 2009) : tout justiciable peut invoquer l'illégalité de dispositions réglementaires contraires à une directive, ou se prévaloir de dispositions précises et inconditionnelles d'une directive non transposée contre un acte administratif non réglementaire.
    • La circulaire du 22 mars 2024 proscrit la surtransposition des directives européennes.
Une question préjudicielle à la CJUE (art. 267 TFUE) est nécessaire en cas de difficulté sérieuse d'interprétation du DUE par le juge national. * Articulations DUE / Constitution : Malgré l'intégration du DUE, la Constitution reste la norme suprême en droit interne (CE, 1998, Sarran, Levacher et autres). Cependant, l'article 88-1 de la Constitution consacre l'existence d'un ordre juridique communautaire intégré. Le contrôle de constitutionnalité d'un décret de transposition d'une directive de l'UE (qui reprend ses termes) par le juge administratif implique de rechercher un principe constitutionnel équivalent dans le droit primaire de l'UE. Si un équivalent existe, le juge administratif tranche lui-même la question ou saisit la CJUE en cas de difficulté sérieuse (CE, 2007, Société Arcelor Atlantique et Lorraine). Si aucun équivalent n'existe et que le principe est spécifique à la Constitution française, le juge examine la conformité de l'acte administratif à ce principe constitutionnel et peut annuler l'acte pour inconstitutionnalité. Le CE a réaffirmé la supériorité de la Constitution sur le DUE (CE, 2021, French Data Network et autres), consacrant des "exigences constitutionnelles" comme la "nécessaire disposition de la force armée" (CE, 2021, n° 437125).
La Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l'Homme (CESDH)
La CESDH et sa jurisprudence influencent fortement le droit administratif français.
  • Art. 6 § 1 : droit à un procès équitable (implique le respect du contradictoire par l'administration).
  • Art. 8 : droit au respect de la vie privée et familiale (ex: extension des vaccinations obligatoires ; annulation de mesures de restriction d'entrée sur le territoire sans dérogation pour regroupement familial - CE, 2021, Association des avocats pour la défense du droit des étrangers).
  • Art. 13 : droit à un recours effectif.
  • Art. 14 : principe de non-discrimination (CE, 2001, Diop).
La procédure de demande d'avis consultatif de la Cour EDH (protocole n°16) permet d'éviter les divergences (CE, 2021, Forestiers privés de France). La Convention européenne du paysage (Conseil de l'Europe) a même fait évoluer la conception du paysage (CE, 2023, Société Combray Énergie).

Domaine de la Loi et du Règlement

La distinction entre loi et règlement est fondamentale pour le contrôle de l'action administrative.
La Loi et le Domaine de la Loi
La loi est l'acte juridique adopté par le pouvoir législatif (Parlement) et promulgué. Différentes dénominations peuvent correspondre à des lois (ordonnances royales, décrets de la Convention, ordonnances de l'art. 38 après ratification). * Types de lois : constitutionnelles, organiques, ordinaires, référendaires. * Objet des lois : programmation, financement (LFSS), habilitation, etc. * Domaine de la loi (art. 34 de la Constitution) : fixation des règles et détermination des principes fondamentaux dans des matières énumérées :
  • Droits civiques et garanties fondamentales des libertés publiques.
  • Sujétions imposées par la défense nationale.
  • Nationalité, état et capacité des personnes, régimes matrimoniaux, successions, libéralités.
  • Détermination des crimes et délits, procédure pénale, amnistie.
  • Création de nouveaux ordres de juridiction et statut des magistrats.
  • Assiette, taux et modalités de recouvrement des impositions de toutes natures ; régime d'émission de la monnaie.
  • Régime électoral des assemblées parlementaires et locales.
  • Création de catégories d'établissements publics.
  • Garanties fondamentales des fonctionnaires civils et militaires.
  • Nationalisations et transferts de propriété d'entreprises.
  • Organisation générale de la Défense nationale.
  • Libre administration des collectivités territoriales, leurs compétences et ressources.
  • Enseignement (principes fondamentaux).
  • Régime de la propriété, droits réels et obligations civiles et commerciales.
  • Droit du travail, droit syndical et Sécurité sociale.
Cette liste n'est pas exhaustive et peut être complétée par une loi organique.
Le Pouvoir Réglementaire
Le pouvoir réglementaire est la capacité d'édicter des actes administratifs à portée générale, impersonnelle et obligatoire, précisants et complétant la loi (règlements d'application de la loi) ou intervenant dans des matières non réservées à la loi (règlements autonomes). Il est subordonné à la loi. * Titulaires du pouvoir réglementaire :
  • Autorités de l'État à compétence générale :
    • Président de la République (art. 13 C.) : signe les décrets délibérés en Conseil des ministres et les ordonnances (pouvoir réglementaire résiduel). Il peut étendre sa compétence en inscrivant des décrets à l'ordre du jour du Conseil (CE, 1992, Meyet). Les décrets non délibérés en Conseil sont valables s'ils sont contresignés par le Premier Ministre et les ministres responsables (CE, 1962, Sicard et autres).
    • Premier Ministre (art. 21 C.) : détient le pouvoir réglementaire de droit commun, assurant l'exécution des lois par décret dans un délai raisonnable. Il est compétent pour les mesures de police applicables à l'ensemble du territoire (CE, 1975, Bouvet de La Maisonneuve) et signe tous les décrets non délibérés en Conseil des ministres.
    • Ministres : n'ont pas de pouvoir réglementaire général, sauf attribution expresse par un texte, ou par délégation du Premier Ministre. Ils détiennent un pouvoir de réglementation interne en tant que chefs de service pour le bon fonctionnement de leur administration (CE, 1936, Jamart ; CE, 1950, Dehaene). Par contre, un ministre n'a pas une compétence réglementaire pour définir les conditions d'attribution d'une aide sur la seule base de crédits budgétaires (CE, 2024, n°475310).
  • Autorités à pouvoir réglementaire "local" ou "spécial" :
    • Chefs de service (préfets, directeurs d'établissements publics, maires) pour l'organisation interne.
    • Collectivités territoriales (décentralisation) : disposent d'un pouvoir réglementaire subordonné (art. 72 C.).
    • Autorités administratives (sans personnalité juridique : AAI) ou personnes morales de droit public (établissements publics, API).
    • Personnes privées dans le cadre de l'exécution d'un service public délégué (comités d'organisation, ordres professionnels, associations, concessionnaires).
* Nature des règlements :
  • Règlements d'exécution des lois (art. 21 C.) : relève du Premier Ministre.
  • Règlements autonomes (art. 37 al. 1 C.) : matières non réservées à la loi. Non subordonnés à la loi dans leur domaine, mais restent des actes administratifs soumis au juge (CE, 1959, Syndicat général des ingénieurs conseils). Le Premier Ministre peut intervenir spontanément pour assurer le bon fonctionnement des services publics ou le maintien de l'ordre public (CE, 1919, LABONNE).
* Étude du pouvoir réglementaire :
  • Obligation d'édicter les règlements nécessaires à l'application de la loi dans un délai raisonnable, sauf si un engagement international s'y oppose.
  • Devoir de s'abstenir de prendre des règlements irréguliers ou incompatibles avec un engagement international.
  • Obligation d'édicter des règlements imposés par une situation d'urgence.
  • Possibilité de modifier à tout moment les normes réglementaires (mutabilité).
  • Obligation d'abroger un règlement illégal (CE, 1989, Cie Alitalia).
  • Obligation de ne pas appliquer un règlement illégal.
* Distinction Acte Réglementaire et Acte Individuel :
  • Acte réglementaire : porte des règles générales et impersonnelles, destinées à régir objectivement des situations, s'impose à des destinataires indéterminés. Ne crée pas de droit acquis, sa légalité est contestable par REP ou exception d'illégalité. Doit être publié. Il existe une hiérarchie des règlements.
  • Acte individuel : applique un règlement, concerne une personne déterminée, désignée nommément (ex: permis de construire). Ne vise pas un groupe de personnes lié solidairement (qui serait un acte collectif).
  • Décisions d'espèce : intermédiaire, impersonnel et général, mais se référant à une situation précise et ponctuelle (ex: déclaration d'utilité publique).
* Effets de la Distinction des Domaines de la Loi et du Règlement : Le principe de légalité "exige à la fois le respect des attributions du législateur et celui des règles supérieures de droit" (CC, 1982).
  • Délimitation de la compétence législative : le pouvoir réglementaire ne peut empiéter sur le domaine de la loi, sauf habilitation (ordonnances art. 38 C.). Un règlement intervenu dans une matière législative peut être supplanté par une loi. Les administrés peuvent contester un règlement pour incompétence.
  • Délimitation de la compétence réglementaire :
    • Une loi antérieure à 1958 portant sur le domaine du règlement peut être modifiée par décret après avis du CE (art. 37 al. 2 C.).
    • Le gouvernement peut opposer l'exception d'irrecevabilité à une proposition de loi qui empiète sur le domaine réglementaire (art. 41 C.).
    • Le Conseil Constitutionnel contrôle la délimitation des domaines (art. 61 C.).
    • La procédure de délégalisation (art. 37 al. 2 C.) permet au Premier Ministre de demander au CC de déclarer le caractère réglementaire d'une loi promulguée, pour la modifier par décret.
Les Ordonnances de l'Article 38 de la Constitution
Le Gouvernement' peut être autorisé par le Parlement (loi d'habilitation) à prendre des ordonnances relevant du domaine de la loi. Elles sont signées par le Président en Conseil des ministres et entrent en vigueur à leur publication. Le Gouvernement doit déposer un projet de loi de ratification dans le délai prévu par la loi d'habilitation, sinon elles deviennent caduques. Le régime juridique et contentieux des ordonnances non ratifiées est complexe : * Avant ratification : elles ont un caractère réglementaire et peuvent être modifiées par le gouvernement. * Après expiration du délai d'habilitation et sans ratification : * Si elles portent atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution dans le domaine législatif, la contestation prend la forme d'une QPC (CE, 2020, Fédération CFDT des Finances). * Le Conseil d'État contrôle leur conformité aux autres règles constitutionnelles, aux traités internationaux, aux limites de la loi d'habilitation, PGD, et aux règles de compétence et de forme. * Une fois ratifiées : elles acquièrent valeur législative et ne sont plus contrôlables directement par le juge administratif (principe de la loi-écran).

La Jurisprudence

La jurisprudence est une source majeure du droit administratif, ayant forgé la plupart de ses grandes notions (responsabilité, contrat, service public...). Elle est souple, recherche l'équilibre entre l'intérêt général et la sécurité juridique.

L'Autorité Limitée de la chose Jugée

Le jugement administratif a force de vérité légale. En plein contentieux, il s'impose aux parties. En contentieux de la légalité (ex: REP), il s'impose à tous. Le Conseil d'État peut fixer la date d'effet d'une nouvelle règle jurisprudentielle (CE, 2007, Société Tropic travaux signalisation Guadeloupe) pour garantir la sécurité juridique.

La Pratique du Droit Jurisprudentiel

Le juge administratif crée de véritables règles de droit en cas de silence ou d'obscurité des textes, affirmant l'autonomie du droit administratif par rapport au droit civil.

Les Principes Généraux du Droit (PGD)

Ce sont des principes non écrits, dégagés par la jurisprudence pour des motifs d'équité, de sauvegarde des droits individuels, et pour combler des vides juridiques. Ils s'imposent à toute autorité administrative. Les PGD ont une valeur infra-législative et supra-décrétale. Certains PGD ont même une valeur constitutionnelle, comme l'interdiction d'extrader un réfugié politique (CE, 1996, Moussa Koné) ou le principe de laïcité (CE, 2001, SNES). * Exemples de PGD :
  • Égalité devant la loi, l'impôt, les charges publiques, le service public, l'accès à la fonction publique (CE, 1951, Société des concerts du conservatoire).
  • Droits de la défense (CE, 1944, Dame veuve Trompier-Gravier).
  • Droit à un recours en cassation (CE, 1947, d'Aillières).
  • Possibilité d'attaquer tout acte administratif par le recours pour excès de pouvoir (CE, 1950, Ministre de l'Agriculture e/ Dame Lamotte).
  • Principes de "justice sociale" (ex: droit à une vie familiale normale pour les étrangers - CE, 1978, GISTI ; interdiction de licencier une femme enceinte - CE, 1973, Dame Peynet ; droit à une rémunération minimum égale au SMIC - CE, 1982, Ville de Toulouse).
  • Principes de sécurité juridique (non-rétroactivité des actes administratifs - CE, 1948, Société du journal L'Aurore ; prévisibilité des mesures transitoires - CE, 2006, Sté KPMG ; délai de recours raisonnable - CE, 2016, M. Czabaj ; non bis in idem - CE, 2016, ACNUSA ; confiance légitime - CE, 2001, FNSEA).
  • Principes applicables à l'extradition (ex: interdiction d'extrader un réfugié politique - CE, 1988, Bereciartua-Echarri).
  • Principe de libre choix du médecin, liberté contractuelle, liberté du commerce et de l'industrie, etc.

La Coutume

La coutume ne joue qu'un rôle réduit en droit administratif. Il existe des usages locaux, mais le Conseil d'État refuse la coutume internationale comme source de droit direct (CE, 1997, Aquarone), même si la France se conforme aux règles du DIP.

La Liberté d'Action Administrative : Pouvoir Discrétionnaire et Actes de Gouvernement

Bien que soumise au principe de légalité, l'administration dispose d'une marge de manœuvre.

Pouvoir Discrétionnaire vs Compétence Liée

* Pouvoir discrétionnaire : l'administration apprécie l'opportunité d'agir, n'est pas dictée par la loi (ex: octroyer une décoration). Le juge exerce un contrôle minimum. * Compétence liée : l'administration a l'obligation d'agir dans le sens déterminé par la loi dès que les conditions sont réunies, sans pouvoir d'appréciation. Le juge exerce un contrôle maximum.

Actes de Gouvernement

Ce sont des actes administratifs insusceptibles de recours devant les juridictions. Cette immunité est une construction jurisprudentielle. Initialement basée sur le "motif politique" (CE, 1822, Laffitte), cette conception est abandonnée en 1875 (CE, Prince Napoléon) au profit d'une distinction entre fonction administrative (contrôlable) et fonction gouvernementale (non-contrôlable). La liste des actes de gouvernement est empirique et fixée par la jurisprudence. * Catégories d'actes de gouvernement :
  • Relations entre pouvoirs publics (droit interne) :
    • Décisions relatives aux compétences constitutionnelles de l'exécutif (art. 16 C. - CE, 1962, Rubin de Servens), relations avec le corps électoral (promulgation de la loi).
    • Actes concernant le corps électoral (national) : référendums (sauf actes détachables et préparatoires).
    • Actes concernant le pouvoir législatif : refus de déposer un projet de loi, dissolution de l'Assemblée nationale (CE, 1989, Allain), actes parlementaires (règlements intérieurs, résolutions, sauf certains litiges individuels ou marchés administratifs - CE, 1999, Président AN).
    • Actes concernant le Conseil constitutionnel : désignation des membres, refus du PM de saisir le CC en urgence, refus du PR de déférer une loi au CC, règlement interne du CC.
  • Relations internationales :
    • Actes relatifs à l'exercice de la protection diplomatique, refus de titre de séjour pour membre de mission diplomatique.
    • Actes se rattachant à l'élaboration, dénonciation, ratification des conventions internationales (ex: choix du mode de conclusion d'un traité).
    • Actes se rattachant à la conduite de la guerre (CE, 2014, Mme Kodric et Mme Heer), à la protection de la souveraineté française (CE, 1995, Assoc. Greenpeace France).
    • Refus du PM de soumettre un projet de loi de transposition d'une directive UE (T. confl., 2015, M. Grégoire K. et autres).
    • Refus du PM de suspendre des licences d'exportation de matériel de guerre (CE, 2023, Association Action sécurité éthique républicaines).
* Actes détachables (soumis à recours) :
  • Mesures d'exécution des traités qui ne résultent pas directement du traité (expulsion, extradition - CE, 1952, Dame Kirkwood).
  • Décision d'autorisation d'implantation d'émetteur radiophonique étranger (CE, 1982, Société Radio Monte-Carlo).
  • Décision du PR de ne pas rapatrier tous les enfants de djihadistes (CE, 2020, n° 439520).
* Régime juridique des actes de gouvernement : Immunité juridictionnelle absolue, aucune contestation possible. Cependant, la responsabilité sans faute de l'État peut être engagée pour des dommages causés par une convention internationale (CE, 1966, Cie Gale d'Energie radio-électrique). La jurisprudence récente tend à réévaluer le régime, acceptant la responsabilité sans faute de l'État pour des décisions non détachables de la conduite des relations internationales (CE, 2024, Mutuelle centrale de réassurance).

Les Circonstances Exceptionnelles et la Légalite d'Exception

La théorie des circonstances exceptionnelles, par laquelle des décisions administratives normalement illégales peuvent devenir légales, est une construction jurisprudentielle (CE, 1918, Heyriès). Elle est distincte et complémentaire des régimes d'urgence prévus par la Constitution.

La Théorie des Circonstances Exceptionnelles

Elle s'applique en cas d'événements de guerre ou de troubles graves à l'ordre public, sous 4 conditions : 1. Réalité du caractère exceptionnel des circonstances. 2. Atteinte réelle à une mission essentielle de la vie en société. 3. Inadaptation des moyens légaux de période normale. 4. Proportionnalité des moyens utilisés face à la situation. Cette théorie peut autoriser l'administration à enfreindre les règles de compétence, de forme et de fond (ex : atteinte à la liberté individuelle, suspension de lois) (CE, 1919, Dames Dol et Laurent ; CE, 1918, Heyriès). Les dérogations sont temporaires et limitées à ce qu'exigent les circonstances. Le juge contrôle toujours la nécessité matérielle de l'infraction au principe de légalité.

Les Régimes Constitutionnels d'Exception

* Article 16 de la Constitution : pouvoirs exceptionnels du Président de la République en cas de menaces graves et immédiates sur les institutions, l'indépendance de la nation, l'intégrité du territoire ou les engagements internationaux, et d'interruption du fonctionnement régulier des pouvoirs publics. * La décision d'appliquer l'article 16 est un acte de gouvernement, non contrôlable par le juge. * Le contrôle du juge sur les mesures prises en vertu de l'article 16 est réduit : il refuse d'examiner les actes pris dans le domaine législatif, mais contrôle les décisions réglementaires et individuelles (CE, 1962, Rubin de Servens et autres). * État d'urgence (loi du 3 avril 1955) : déclaré par décret en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou calamité publique. Durée initiale de 12 jours, prolongeable par loi. Renforce les pouvoirs des autorités civiles et restreint les libertés (interdiction de manifestations, perquisitions administratives, assignations à résidence). Appliqué notamment en 2005 et 2015. * État d'urgence sanitaire (loi du 23 mars 2020) : créé face à l'épidémie de Covid-19, décrété par Conseil des ministres. Permet des restrictions de liberté (aller et venir, entreprendre, réunion), réquisitions de biens et services, contrôle des prix. Ces mesures doivent être proportionnées. * État de siège (art. 36 C.) : décrété en Conseil des ministres en cas de péril imminent ou conflit. Prolongation au-delà de 12 jours par loi. Les pouvoirs de police sont exercés par les autorités militaires, et les juridictions militaires jugent certains crimes et délits.

Les Conséquences du Non-Respect du Principe de Légalité

Le non-respect de la légalité par l'administration peut entraîner : * La critique politique. * La mise en jeu des responsabilités disciplinaires des agents. * Le retrait ou l'abrogation de l'acte illégal. * Le recours pour excès de pouvoir devant le juge administratif. * Une exception d'illégalité devant les tribunaux judiciaires. * La mise en jeu de la responsabilité de l'administration.

Les Contrôles de l'Administration

Deux types de contrôle essentiels se distinguent : le contrôle administratif et le contrôle juridictionnel.

Contrôle Administratif et Contrôle Juridictionnel

Contrôle Administratif Contrôle Juridictionnel
Autorité Autorités administratives (corps d'inspection, organes d'évaluation) Juges (juridictions administratives)
Saisine Peut s'autosaisir ou statuer sur recours Uniquement sur saisine (recours)
Nature du contrôle En droit et en opportunité Exclusiverment en droit
Décision finale Peut être implicite Jugement explicite avec autorité de chose jugée

Le Pouvoir Hiérarchique

Détenu de plein droit par le supérieur. Il s'exerce sur la légalité et l'opportunité des actes des subordonnés, spontanément ou sur demande. Il comprend : * Un pouvoir d'instructions (a priori). * Un pouvoir d'annulation (rétroactif). * Un pouvoir de réformation (a posteriori, non rétroactif).

Le Pouvoir de Tutelle

Exercé par une personne morale de droit public sur une autre. * L'autorité de tutelle peut : * Annuler (rétroactivement) ou déférer au juge administratif des actes. * Autoriser. * Se substituer à une autorité en cas d'inaction (ex: maire qui n'accorde pas de permission d'occupation du domaine public). * L'autorité de tutelle peut aussi déclencher un contrôle juridictionnel.

Les Modes Alternatifs de Résolution des Différends (MARC/MARD/MARL)

Les Recours Administratifs Préalables (RAP)
Adresses à l'administration pour contester un acte. Ils interrompent le délai de recours contentieux. * Recours gracieux (à l'auteur de la décision). * Recours hiérarchique (au supérieur de l'auteur de la décision). * Recours Administratif Préalable Obligatoire (RAPO) : exigé par certains textes avant toute action contentieuse. Un recours contentieux sans RAPO est irrecevable. La décision prise sur RAPO se substitue à la décision initiale. Exemples de RAPO : accès aux documents administratifs (CADA), certaines décisions sociales (APA, PCH), fonction militaire, contentieux des étrangers, contestation du forfait de post-stationnement (FPS).
Autres Modes Non Juridictionnels
* Médiation : amiable, avec l'aide d'un médiateur (L. 421-1 CRPA). Peut être à l'initiative des parties (L213-5 s. CJA) ou du juge (L213-7 s. CJA). L'accord résultant de la médiation a force obligatoire. * Transaction : contrat administratif (ou de droit privé) écrit, impliquant des concessions réciproques et équilibrées, pour prévenir ou terminer un litige avec l'administration (L. 423-1 CRPA). * Arbitrage : Principe d'interdiction pour les personnes publiques (PGD, L. 432-1 CRPA), sauf exceptions législatives ou internationales (ex: marchés publics). * Saisine du Défenseur des droits : autorité constitutionnelle indépendante, créée en 2008.

L'Ordre de Juridiction Administratif

Un ordre de juridiction spécialisé a été progressivement construit en France, expliquant la séparation des autorités administratives et judiciaires.

Historique et Construction de la Juridiction Administrative

* Principe de séparation : affirmé par la loi des 16-24 août 1790 et le décret du 16 fructidor an III, interdisant aux juges de troubler l'administration. * Justice retenue : l'administration elle-même juge les litiges, le Conseil d'État rendant un avis au chef de l'État qui décide. * Justice déléguée : La loi du 24 mai 1872 confère au Conseil d'État le pouvoir de trancher les litiges administratifs. * Abandon du ministre-juge : la décision Cadot (CE, 1889) permet le recours direct au Conseil d'État, distinguant les actes juridictionnels des actes administratifs. * Limitation du juge : le juge administratif ne peut se substituer aux pouvoirs publics pour déterminer une politique publique (CE, 2023, n° 454836, Amnesty International France et autres).
Les Critères de Répartition des Compétences
Les principes peuvent être organiques (personnes publiques) ou matériels (intérêt général). * Critère général : l'activité de service public : Historiquement, le service public a été LE critère matériel de compétence des juridictions administratives (TC, 1873, Blanco). Ce critère est imparfait en raison de l'évolution de l'action administrative (SPIC relevant du juge judiciaire, missions de service public confiées à des personnes privées). La notion de service public reste importante pour les contrats publics, travaux publics, domaine public et responsabilité. * Critère organique : la personne publique : Généralement, pour que le juge administratif soit compétent, l'action doit être dirigée contre une personne publique. C'est une présomption de compétence. * Critère de la prérogative de puissance publique : La compétence du juge administratif est justifiée lorsque l'administration utilise des prérogatives de puissance publique. L'absence de telles prérogatives pour une personne privée gérant un service public renvoie au juge judiciaire (TC, 1982, Mme Cailloux). * Compétences attribuées par la loi : La loi peut explicitement attribuer des compétences à la JUA ou à la J°Jud (ex : loi du 31 décembre 1957 sur les accidents de véhicules).
La Compétence du Juge Administratif Limitée à l'Activité de l'Administration
* Incompétence en matière de litiges concernant la justice judiciaire : Le juge administratif ne connaît pas du fonctionnement du service public de la justice judiciaire, mais il est compétent pour les mesures relatives à son organisation administrative (TC, 1952, Préfet de la Guyane ; CE, 1975, Rousseau pour le statut des magistrats ; CE, 2008, M. El Shennawy pour certains actes du service pénitentiaire). Il est incompétent pour les actes juridictionnels des magistrats, les actes de procédure judiciaire et les actes préparatoires aux décisions judiciaires (police judiciaire). Par contre, les actes de police administrative restent de sa compétence. * Incompétence en matière de litiges concernant la justice constitutionnelle : La décision du CC de refuser de redéfinir le contenu de son site internet est un acte de gouvernement. Toute nomination au CC est un acte de gouvernement (CE, 2022, n° 460456).
La Compétence Dérogatoire du Juge Judiciaire
* Compétence judiciaire par détermination législative : Certaines matières sont explicitement attribuées au juge judiciaire : contentieux fiscal (impôts indirects), redevances des SPIC (enlèvement ordures ménagères), dommages causés par des véhicules (loi du 31 décembre 1957), expropriation, réquisition, responsabilité de l'État pour fautes de l'enseignement public, pratiques anticoncurrentielles. * L'administration agissant dans les conditions du privé : * Services à caractère industriel et commercial (SPIC) : les litiges avec les usagers, les contrats et les agents relèvent du juge judiciaire (TC, 1921, Société commerciale de l'Ouest africain). * Gestion du domaine privé. * Contrats de travail de droit privé. * L'autorité judiciaire, gardienne de la liberté individuelle et de la propriété privée : * État et capacité des personnes : juge judiciaire compétent (nationalité, état civil, famille, noms, sauf naturalisation - CE, 2014, Association Juristes pour l’enfance). * Liberté individuelle et propriété privée : art. 66 C. Le juge judiciaire est le gardien de la liberté individuelle. * Voie de fait : l'administration a agi avec une irrégularité grossière portant atteinte à la liberté individuelle ou aboutissant à l'extinction d'un droit de propriété (TC, 2013, Bergoend c/ Sté ERDF Annecy Léman). Le juge judiciaire est compétent pour en ordonner la cessation ou la réparation. * Emprise irrégulière : atteinte à la propriété privée. Le juge administratif est désormais compétent pour l'annulation de la décision et l'indemnisation, sauf en cas de dépossession définitive relevant du juge judiciaire. * Les questions préjudicielles devant le juge judiciaire : Une question préjudicielle est une question de la compétence d'un autre ordre de juridiction, qui doit être résolue avant d'examiner le fond du litige. Le juge civil peut interpréter les actes réglementaires mais non leur légalité (TC, 1923, Septfonds). Le juge pénal (art. 111-5 Code pénal) peut interpréter et apprécier la légalité des actes administratifs. La CJUE peut être saisie d'une question préjudicielle (art. 267 TFUE).

La Résolution des Conflits de Compétence : Le Tribunal des Conflits (TC)

Le Tribunal des Conflits (créé en 1848, confirmé par la loi du 24 mai 1872) est une juridiction paritaire chargée de trancher les litiges de compétence entre les deux ordres de juridiction. Sa composition est paritaire (Conseil d'État et Cour de cassation). * Types de conflits jugés : * Conflit positif : le préfet conteste la compétence d'une juridiction judiciaire. * Conflit négatif : les deux ordres se sont déclarés incompétents sur la même question. * Conflit de décisions au fond : décisions contradictoires et définitives sur le fond de la même affaire, rendues par les deux ordres. * Prévention de conflit : lorsqu'une juridiction se déclare incompétente et qu'une juridiction de l'autre ordre saisie du même litige estime que le litige ressortit à l'ordre initialement saisi, elle renvoie la question au TC. * Renvoi pour difficulté sérieuse de compétence : une juridiction saisie d'un litige présentant une question de compétence sérieuse peut la renvoyer au TC.

L'Organisation de la Juridiction Administrative

L'indépendance de la juridiction administrative est un PFRLR (CC, 1980), et sa compétence propre a une valeur constitutionnelle (CC, 1987).
Le Conseil d'État
Créé en 1799, le Conseil d'État est la juridiction administrative suprême, avec des attributions administratives et contentieuses. * Fonctions administratives : * Consultatives : participe à l'élaboration des lois et ordonnances (avis obligatoire sur les projets de loi et d'ordonnance ; facultatif sur les projets de décret). * Hiérarchiques : gestion du corps des magistrats administratifs (Conseil supérieur des TA et CAA). * Administration active : missions d'inspection. * Fonctions contentieuses : juge de premier et dernier ressort, d'appel et de cassation. * Formation de jugement : chambre (3 membres), chambres réunies (9 membres), section du contentieux (15 membres), Assemblée du contentieux (17 membres) pour les affaires exceptionnelles. * Compétence directe : recours contre les ordonnances du Président, décrets, actes réglementaires des ministres ou autorités nationales, litiges de recrutement/discipline des agents nommés par décret du PR, décisions de certaines autorités administratives indépendantes (AAI), élections régionales/territoriales, actions en responsabilité pour délai excessif de jugement. * Juge d'appel : rejuge des litiges de certains tribunaux administratifs (élections municipales/départementales, référé liberté). * Juge de cassation : contrôle la légalité des jugements rendus en dernier ressort par les CAA ou les juridictions administratives spécialisées. * Compétences spéciales : juge disciplinaire, formation spécialisée en renseignement, filtration des QPC, avis contentieux.
Les Cours Administratives d'Appel (CAA)
Créées en 1987, elles sont au nombre de 9. Elles connaissent en appel des jugements des tribunaux administratifs, sauf compétences réservées au CE. Elles peuvent avoir compétence en premier et dernier ressort pour certains litiges techniques.
Les Tribunaux Administratifs (TA)
Créés en 1953, ils sont 42. Ils sont les juges de droit commun du contentieux administratif en premier ressort. Leur compétence territoriale est d'ordre public.
Les Juridictions Administratives Spécialisées (JAS)
Créées pour des raisons techniques (ex: Cour des comptes, Cour nationale du droit d'asile, Conseils supérieurs des ordres professionnels).

La Procédure Contentieuse Administrative

La procédure est écrite, inquisitoriale, et soumise au principe du contradictoire.

La Requête et la Recevabilité du Recours

* Forme de la requête : écrite, en français, signée, mentions obligatoires (nom, domicile, objet, moyens, conclusions), copie de la décision contestée. * Conditions de recevabilité (d'ordre public) : 1. Qualité du requérant : capacité juridique, intérêt à agir (direct, personnel, né et actuel, moral ou matériel), faisant partie d'un "cercle d'intérêt" visé par l'acte. Intérêt collectif pour les syndicats et associations. 2. Nature de l'acte attaqué : doit être un acte administratif exécutoire et faire grief (décision qui modifie la situation juridique du destinataire). Sont exclu : les actes relatifs aux fonctions législatives/juridictionnelles, les actes de gouvernement, les mesures préparatoires, les avis, les mesures d'ordre intérieur, les actes non unilatéraux (sauf exception). 3. Délai du recours : en principe deux mois à partir de la notification ou publication. Possibilité de prorogation par demande d'aide juridictionnelle ou recours administratif préalable (gracieux, hiérarchique, RAPO, MPO). La jurisprudence Czabaj (CE, 2016) introduit un délai de recours "raisonnable" d'un an en l'absence de notification régulière, mais cette jurisprudence a été tempérée par la CEDH (2023, Legros et autres c/ France). 4. Absence de recours parallèle : le REP est irrecevable s'il existe une autre voie de droit d'efficacité équivalente.

Les Moyens et l'Étendue du Contrôle du Juge (REP)

Pour obtenir l'annulation d'un acte, le requérant doit démontrer son illégalité. Le juge examine d'abord les moyens de légalité externe, puis interne (CE, 1953, Société Intercopie). * La Légalité Externe (procédure d'élaboration de la décision) : 1. Incompétence : l'autorité a agi en dehors de ses attributions (ratione materiae, loci, temporis). C'est le vice le plus sévèrement sanctionné ("inexistence" de l'acte en cas d'usurpation de pouvoir). 2. Vice de forme et de procédure : non-respect des règles de procédure (consultations obligatoires, délai, avis) ou de forme (signature, motivation). Un vice n'entraîne l'illégalité que s'il a influencé la décision ou privé les intéressés d'une garantie (CE, 2011, M. Danthony et autres). * La Légalité Interne (contenu et mobile de la décision) : 1. Détournement de pouvoir : l'autorité a agi dans un but autre que celui pour lequel l'acte pouvait être légalement accompli (intérêt privé, politique ou financier, but d'intérêt général autre que celui poursuivi). Difficile à prouver, considéré comme subsidiaire. 2. Violation de la loi : non-conformité de l'acte aux normes supérieures (bloc de constitutionnalité, traités, lois, PGD, autres actes administratifs). Peut être directe (illégalité de l'objet) ou indirecte (erreur sur les motifs). * Erreur de droit : mauvaise application ou interprétation des textes. * Erreur de fait : * Inexactitude matérielle des faits (CE, 1916, Camino). * Inexacte qualification juridique des faits (CE, 1914, Gomel). * L'Étendue du contrôle du juge sur l'erreur de fait : * Contrôle "ultra-minimum" : sur des actes de pouvoir totalement discrétionnaire (ex: nomination Légion d'honneur - CE, 1986, M. Crépin Lorédon). * Contrôle minimum ou restreint (erreur manifeste d'appréciation - EMA) : le juge vérifie s'il y a une erreur "évidente" (ex: choix du nom d'une région - CE, 2017, association citoyenne " Pour E...Pays Catalan "). Appliqué quand le juge ne veut pas se substituer à l'administration ou en raison du caractère technique de la matière. * Contrôle normal : sur l'incompétence, le vice de forme, le détournement de pouvoir, la violation de la loi, l'erreur de droit, l'exactitude matérielle et la qualification juridique des faits. Inclut le contrôle de proportionnalité (ex: sanctions disciplinaires - CE, 2013, Dahan). * Contrôle maximum (ou bilan coûts-avantages, plein contrôle de proportionnalité) : vérifie totalement le processus décisionnel. Appliqué aux déclarations d'utilité publique (DUP) (CE, 1971, Ville Nouvelle Est), licenciements de salariés protégés, dérogations environnementales, mesures de police administrative.

La Décision du Juge sur Recours pour Excès de Pouvoir

* Jugement de rejet : l'acte est considéré comme légal. Effet relatif. * Jugement d'annulation : 1. Effet rétroactif : l'acte est réputé n'avoir jamais existé (CE, 1925, Rodière). Atténuations possibles : indemnité au fonctionnaire révoqué, ou modulation dans le temps des effets de l'annulation (CE, 2004, Association AC ! et autres, pour éviter des conséquences excessives). Possibilité d'abrogation d'un acte réglementaire par le juge s'il est devenu illégal en cours d'instance (CE, 2021, Association des avocats ELENA France). 2. Effet absolu (erga omnes) : l'annulation s'impose à tous (requérant, tiers, administration, autres juges). Exceptions : lois de validation par le législateur (pour impérieux motifs d'intérêt général - CE, 2001, Min. défense c/ Diop), réserves d'interprétation, régularisation de la décision administrative. Le juge peut également "réécrire" une disposition entachée d'une erreur matérielle. Le juge de l'excès de pouvoir peut désormais apprécier la légalité au regard des circonstances existant à la date de sa décision pour certains refus (refus d'abroger un acte réglementaire, refus de prendre un acte réglementaire ou non réglementaire, refus de prendre toute mesure utile, refus de retrait de décoration) : c'est l'"appréciation dynamique de la légalité".

Les Voies de Recours Contre les Jugements

* Voies de réformation (devant un juge supérieur) : * L'appel : devant la CAA, expression du double degré de juridiction. Réexamen complet de l'affaire. Délai de deux mois. Le ministère d'avocat est obligatoire devant les CAA. L'appel n'a pas d'effet suspensif. * Le recours en cassation : devant le Conseil d'État, contre les jugements définitifs rendus en dernier ressort. Le CE contrôle la légalité du jugement en droit (incompétence, vice de forme, violation de la loi, erreur de fait matérielle ou dénaturation). Il peut rejeter, casser sans renvoi, casser avec renvoi, ou régler l'affaire au fond. * Voies de rétractation (devant le juge qui a rendu le jugement) : * L'opposition : contre les jugements par défaut. * La tierce opposition : sans condition de délai, pour les tiers non présents à l'instance dont les droits sont préjudiciés. * Le recours en révision : pour erreur matérielle (sur "pièce fausse", absence de présentation de pièce décisive, vices de procédure importants). * Le recours en rectification d'erreur matérielle. * Le recours dans l'intérêt de la loi : des ministres, en annulation, pour purger l'ordre juridique d'actes juridictionnels erronés.

L'Exécution des Décisions de Justice Administrative

Les jugements sont exécutoires (L. 11 CJA). Le juge administratif ne se reconnaît pas le pouvoir d'adresser des injonctions générales (CE, 1933, Le Loir), mais des dispositifs existent pour obtenir l'exécution.

Les Astreintes

Visent à obtenir l'exécution de la chose jugée en cas de résistance de la personne publique. * Astreintes suite à condamnation au paiement d'une somme d'argent : procédure de mandatement d'office par le représentant de l'État (L. 911-9 CJA). * Astreintes pour inexécution d'une décision de justice : le Conseil d'État peut prononcer une astreinte d'office contre les personnes morales de droit public ou organismes de gestion de SP (L. 911-5 CJA) (ex: en matière de pollution de l'air - CE, 2020, association Les amis de la Terre – France et autres).

L'Injonction

* Injonction préventive (a priori) : pouvoir du juge depuis la loi de 1995 pour assurer l'exécution future des décisions. * Injonctions d'exécution simple : prescription d'une mesure d'exécution dans un sens déterminé (L. 911-1 CJA) ou d'une nouvelle décision après instruction (L. 911-2 CJA). Ex: obligation de prendre des mesures réglementaires contre les pesticides (CE, 2021, Collectif des maires anti-pesticides). * Injonctions préventives assorties d'astreintes (L. 911-3 CJA). * Dispositifs a posteriori d'exécution : * Demande d'exécution : la partie intéressée peut demander à la juridiction, après la décision, d'en assurer l'exécution, de définir les mesures d'exécution, de fixer un délai et prononcer une astreinte (L. 911-4 CJA). * Définition des mesures d'exécution par le Conseil d'État (L. 911-5 CJA). * Liquidation de l'astreinte (L. 911-7 CJA). * Le Défenseur des droits peut enjoindre à une administration de se conformer à un jugement. Le juge ne peut cependant "se substituer aux pouvoirs publics pour déterminer une politique publique" (CE, 2023, Amnesty International France et autres).

Les Procédures d'Urgence (Référés)

Les recours ne sont pas suspensifs en principe. Les référés sont des procédures d'urgence pour obtenir des mesures utiles et provisoires. * Le référé suspension (L. 521-1 CJA) : suspend l'exécution d'une décision administrative si l'urgence le justifie et si un moyen crée un doute sérieux de légalité. * Conditions : requête en annulation/réformation au fond, requête distincte en suspension, urgence (atteinte grave et immédiate), doute sérieux sur la légalité. * Exemple : suspension de la chasse à la tourterelle (CE, 2020, LPO), suspension du calendrier de contrôle technique des deux-roues (CE, 2022, Associations Respire, Ras-le-Scoot et Paris sans voiture). * Le référé liberté (L. 521-2 CJA) : ordonne toute mesure nécessaire à la sauvegarde d'une liberté fondamentale en cas d'atteinte grave et manifestement illégale par une personne publique ou un organisme gérant un SP, dans les 48 heures. * Conditions cumulatives : urgence (approche objective et globale, "extrême urgence"), atteinte à une liberté fondamentale (liste jurisprudentielle et évolutive : environnement, droits de la défense, libre administration des CT, liberté d'aller et venir, culte, expression, entreprendre, vie privée, mandat parlementaire, santé, pluralisme opinion...), atteinte grave et manifestement illégale. * Exemples : injonction de fournir des masques aux détenus (CE, 2020, Garde des sceaux), suspension de la dissolution d'associations (CE, 2022, Association « Comité Action Palestine »), injonction de cesser les survols par drones pour surveiller le déconfinement (CE, 2020, La Quadrature du Net). * Le référé conservatoire ou "mesures utiles" (L. 521-3 CJA) : commande des mesures utiles en cas d'urgence, sans faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative (ex: accès aux guichets d'une préfecture - CE, 2021, n° 448178). * Autres référés spécifiques : précontractuel, contractuel, suspension du préfet, instruction, provision, constat, expertise. Le juge unique peut statuer pour la plupart des référés.

La Responsabilité Administrative

Les personnes publiques peuvent engager leur responsabilité pour les dommages causés par leur activité, selon un régime autonome du Code civil (TC, 1873, Blanco).

Le Régime Général de la Responsabilité Administrative

Fondé sur la faute, mais aussi sur le risque dans des cas limitativement fixés.
Le Dommage et le Fait Générateur
* Dommage : doit être direct, certain, spécial (pour la responsabilité sans faute), et peut être matériel ou moral. Le juge administratif indemnise le préjudice d'anxiété (CE, 2022, Ministre des armées). * Fait générateur : faute ou responsabilité sans faute. * La faute : manquement à une obligation de droit administratif. * Faute simple : principe. Ex: carence de l'État (CE, 2025, CAA Nantes sur les algues vertes), défaut de surveillance. * Présomption de faute : renversement de la charge de la preuve pour l'usager (ex: ouvrages publics, patients des hôpitaux publics, lutte contre les discriminations). * Faute lourde : exigée dans des domaines spécifiques en raison de la difficulté de l'action ou de la particularité du service (ex: service de police en action matérielle difficile - CE, 1949, Consorts Lecomte, services de contrôle, justice judiciaire, service pénitentiaire). La tendance est au recul de la faute lourde au profit de la faute simple (ex: activités médicales, services fiscaux). * Responsabilité sans faute : * Fondée sur le risque : lorsque l'administration crée un risque exceptionnel (ex: risque anormal de voisinage – CE, 1919, Regnault-Desroziers - choses et activités exceptionnellement dangereuses : armes à feu, produits sanguins, aléa thérapeutique, méthodes pénitentiaires et psychiatriques, travaux et ouvrages publics). * Fondée sur la rupture d'égalité devant les charges publiques : un préjudice excessif, spécial et anormal, subi par un particulier dans l'intérêt général. Ex: refus d'exécution des décisions de justice (CE, 1923, Couitéas), responsabilité du fait des lois (CE, 1938, Société des produits laitiers La Fleurette) et des règlements légaux (CE, 1963, Commune de Gavarnie), dommages permanents de travaux publics, lenteur non fautive.
Le Lien de Causalité et les Causes d'Exonération
* Lien de causalité : le préjudice doit être la conséquence directe de l'action administrative. * Causes d'exonération : * Communes : force majeure (imprévisible, irrésistible, extérieure) et faute de la victime (totale ou partielle). * Spécifiques à la responsabilité pour faute : cas fortuit (cause inconnue), fait du tiers.

La Responsabilité des Agents Publics

* Distinction faute de service / faute personnelle (TC, 1873, Pelletier) : * Faute de service (FS) : liée au service, compétence du juge administratif. La victime ne peut agir contre l'agent, ni l'administration contre son agent. Ex: mauvais fonctionnement du service, imprudence, négligence, carence. * Faute personnelle (FP) : liée à la personne de l'agent, compétence du juge judiciaire. Faute grave commise totalement en dehors des fonctions, ou à l'occasion du service mais avec intention malveillante ou imprégnée de motifs personnels. * Cumul de fautes et de responsabilités : * Cumul de fautes : le dommage résulte d'une conjonction de FS et FP. La victime peut agir contre l'administration (juge admin) ou l'agent (juge jud). Ex: Anguet (CE, 1911), Lhuillier (CE, 1916). * Cumul de responsabilités (pour faute unique de l'agent) : la faute personnelle est "couverte" par la responsabilité du service, offrant à la victime un choix d'action. Ex: Sadoudi (CE, 1973) pour faute non dépourvue de lien avec le service. * Actions récursoires : l'administration peut se retourner contre son agent en cas de FP, et l'agent contre l'administration en cas de FS (CE, 1951, Laruelle, Delville).

Les Régimes Spéciaux de Responsabilité

* Dommages causés par les attroupements et rassemblements : l'État est civilement responsable des dégâts et dommages résultant de crimes/délits commis par des attroupements (L. 211-10 CSI). Responsabilité fondée sur le risque social. * Régimes législatifs de réparation nationale : multiplication de fonds d'indemnisation (ONIAM pour accidents médicaux, fonds pour victimes du SIDA, FGTI pour actes de terrorisme, FIVA pour amiante, fonds essais nucléaires). * Régimes d'attribution de responsabilité : * Faute des membres de l'enseignement (loi de 1937) : l'État est responsable. * Dommages causés par des véhicules (loi de 1957) : compétence judiciaire, responsabilité de la personne publique employeuse. * Dommages causés par les services des assemblées parlementaires (loi organique de 1958) : l'État est responsable.

Conclusion

Le Droit Administratif français, à travers un système complexe de sources normatives et un corps de juges spécialisés, vise à encadrer l'action de l'administration tout en lui laissant la faculté d'agir efficacement. Le contrôle rigoureux de la légalité, l'indépendance de la juridiction administrative, et l'évolution constante de la jurisprudence (notamment en matière de responsabilité et de référés) assurent un équilibre entre l'impératif d'action publique et la protection des droits des administrés.

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