Introduction au système immunitaire
Keine KartenCe document présente une introduction détaillée au système immunitaire, couvrant son évolution, ses composantes, ses fonctions et ses interactions avec d'autres systèmes du corps. Il inclut également des perspectives historiques sur la vaccination et les découvertes clés en immunologie.
L'immunologie est l'étude du système immunitaire, sa capacité à différencier le soi du non-soi, et les mécanismes qu'il met en œuvre pour protéger l'organisme contre les agents pathogènes. Ce système, remarquablement adaptable, est essentiel à l'homéostasie, interagissant étroitement avec les systèmes nerveux, endocrinien et métabolique.
Perspectives Historiques de l'Immunologie
Premières Observations et Origines de l'Immunité
- Les premières observations par
Thucydide (430 av. J.-C.) lors de l'épidémie de peste à Athènes ont montré que les survivants étaient protégés d'une seconde infection. Ce concept, signifiant "être exempt de" (latin immunitis), n'a été expliqué que bien plus tard.
Les Débuts de la Vaccination
- Les premières tentatives d'induction d'une réponse immunitaire remontent au XVe siècle en Chine et en Turquie avec la variolisation.
- Ceci impliquait l'inhalation de croûtes de pustules varioliques ou l'inoculation de pus dans une lacération cutanée.
- En Amérique, la variolisation a été introduite par les esclaves, notamment à Haïti.
- En 1798,
Edward Jenner développe la vaccination en utilisant le pus de vaches atteintes de la variole bovine (cowpox), une forme moins sévère de la maladie, offrant ainsi une protection contre la variole humaine (smallpox). Cette méthode connut un grand succès en Europe et fut importée dans les Amériques.
Les Expériences de Louis Pasteur
Louis Pasteur marque le début de l'immunologie moderne avec ses expériences sur le choléra des gallinacés.- Il cultive la bactérie du choléra.
- Il inocule des poules avec cette culture; elles meurent.
- Après des vacances, il inocule de nouvelles poules avec une ancienne culture; elles survivent mais développent la maladie.
- Il répète l'expérience avec de nouvelles poules et des poules déjà inoculées: les nouvelles poules meurent, les anciennes survivent.
- Conclusion: La virulence d'une bactérie peut être atténuée par le vieillissement de sa culture. La version atténuée est appelée "vaccin" en l'honneur de Jenner.
- Pasteur applique cette méthode contre l'anthrax et en 1885, sauve un enfant mordu par un chien enragé, marquant la première application chez l'humain.
Portée Actuelle de l'Immunologie
L'immunologie ne se limite pas aux vaccins et aux maladies infectieuses; elle inclut:
- La compréhension de la manipulation de la réponse immunitaire (dépression ou amélioration).
- L'étude des maladies auto-immunes.
- La recherche sur le cancer.
- L'analyse des allergies.
- L'étude des maladies inflammatoires chroniques.
Les Deux Types d'Immunité
1. Immunité Humorale
- Découverte par
S. Kitasato etEmil von Behring (1890, Prix Nobel 1901). - Le sérum d'un animal immunisé contre la diphtérie confère une immunité à un animal non immunisé.
- Vers 1900, une substance du sérum (antitoxines, agglutinines, précipitines) capable de neutraliser les toxines et d'agglutiner les bactéries fut isolée.
- Vers 1930, cette substance fut identifiée comme une protéine, l'immunoglobuline ou anticorps.
- L'immunité humorale est celle médiatisée par les anticorps, présents dans les "humeurs" (liquides corporels).
Immunité Passive
- Transfert d'immunité par perfusion de plasma (contenant des anticorps) d'animaux immunisés ou produit par génie génétique.
- Caractéristiques: efficacité limitée et de courte durée, car l'individu ne produit pas lui-même les anticorps.
- Exemples:
- Antisérums contre la diphtérie et le tétanos (à partir de chevaux).
- Antitoxines d'urgence contre les morsures de scorpions ou de serpents (antivenins).
- Anticorps maternels transmis aux nouveau-nés via le sang et le lait.
- Utilisée en prophylaxie pour les individus immunodéprimés ou en cas d'exposition anticipée à un pathogène.
2. Immunité Cellulaire
Elie Metchnikoff (1883, Prix Nobel 1908) a démontré que la phagocytose était plus efficace chez les animaux immunisés, concluant que des cellules étaient responsables de l'immunité.- L'expérience de
Merrill Chase (1940s) à l'Institut Rockefeller a montré qu'une immunité contre la tuberculose pouvait être conférée à des cobayes par transfusion de globules blancs, alors que les tentatives par sérum avaient échoué. - Dans les années 1950, les lymphocytes ont été identifiés comme les cellules responsables de l'immunité humorale et cellulaire, puis distingués en deux types:
- Lymphocytes T (du thymus): immunité cellulaire.
- Lymphocytes B (de la bourse de Fabricius chez les oiseaux, moelle osseuse chez les mammifères): immunité humorale.
Résolution de la Controverse
La controverse entre l'immunité humorale (Van Behring, Kitasato) et l'immunité cellulaire (Metchnikoff, Ehrlich) a duré près de 30 ans. Il a été démontré que les deux sont correctes et que la réponse immunitaire nécessite l'entremêlement des deux composantes pour une réponse complète.
Reconnaissance des Antigènes
- Un antigène est une substance qui provoque une réponse immunitaire (ex: production d'anticorps) par les lymphocytes T ou B.
Jules Bordet au début du XXe siècle a montré que des substances non pathogéniques (comme les globules rouges d'une autre espèce) peuvent aussi induire une réponse immunitaire spécifique.Karl Landsteiner a prouvé que l'injection de produits chimiques étrangers induisait la production d'anticorps se liant spécifiquement à ces produits, même s'ils différaient par un simple détail moléculaire.
Premiers Concepts: Théorie des Chaînes Latérales de Paul Ehrlich
- Une cellule possède des récepteurs spécifiques pour les agents infectieux, qui sont ensuite dégradés.
- La liaison de l'agent induit la production et la sécrétion d'autres récepteurs spécifiques dans le sérum.
- La cellule est pluripotente et exprime différents récepteurs sur sa surface.
- La spécificité du récepteur est pré-déterminée chez l'hôte, et l'antigène sélectionne le récepteur approprié.
Théories Modernes
Les théories actuelles ont corrigé la théorie d'Ehrlich:
- Une cellule n'exprime qu'un seul type de récepteur à sa surface.
- Une "armée" de cellules, chacune avec sa propre spécificité, est nécessaire.
- Lorsqu'un antigène se lie à un lymphocyte B, celui-ci sécrète des copies de récepteurs solubles (anticorps) spécifiques à cet antigène.
Concepts Importants en Immunologie
Pathogènes
Organismes causant des maladies. La pathogenèse est le processus par lequel le pathogène induit la maladie.
- Types majeurs de pathogènes: Virus, Bactéries, Champignons, Parasites.
- Les pathogènes doivent vaincre les défenses de l'hôte, et le "micro-environnement" initial de l'infection est crucial.
- La réponse immunitaire est adaptée chimiquement au pathogène.
Reconnaissance du Pathogène
- L'interaction entre le pathogène et les molécules de l'hôte (récepteurs membranaires ou solubles) est essentielle.
- Les ligands peuvent être:
- Le pathogène entier.
- Des fragments du pathogène (épitopes).
- Des produits sécrétés par le pathogène (toxines).
- La liaison ligand-récepteur déclenche une réponse complexe, pouvant mener à la destruction de la cellule infectée.
- Exemple: Le VIH infecte les lymphocytes T auxiliaires (Th), essentiels à la réponse immunitaire. Leur destruction par le SI conduit à des infections opportunistes.
Stratégies de Réponse du SI
- Pour les pathogènes extracellulaires (champignons, bactéries, parasites): les anticorps produits par les lymphocytes B "marquent" ces pathogènes pour la phagocytose.
- Pour les pathogènes trop gros pour la phagocytose: les cellules du SI sécrètent des substances toxiques ou activent des mécanismes d'expulsion (toux, diarrhée).
Reconnaissance Innée et Acquise
Les molécules impliquées dans la reconnaissance du pathogène sont soit innées, soit générées aléatoirement.
- Innées: La plupart des pathogènes expriment des structures chimiques non présentes chez les mammifères, appelées PAMPs (Pathogen-Associated Molecular Patterns). Ces structures sont reconnues initialement par des PRRs (Pattern Recognition Receptors) sur les globules blancs.
- Exemple: Les bactéries encapsulées ont des polysaccharides spécifiques reconnus par des récepteurs des globules blancs.
Génération de la Diversité
- Les pathogènes ont une durée de vie courte et se multiplient rapidement, avec un taux de mutation élevé.
- Les vertébrés ont développé une réponse coûteuse en énergie, la "génération de la diversité", portée par les lymphocytes B et T.
- Chaque lymphocyte génère une molécule de reconnaissance unique pour un antigène, permettant une réponse spécifique à n'importe quel antigène.
Tolérance
- Le système immunitaire doit développer une tolérance pour éviter de s'attaquer aux cellules de l'hôte.
- Les travaux de
Burnet etMedawar (Prix Nobel 1960) ont montré que l'exposition précoce à certains antigènes non-soi peut entraîner leur acceptation comme du soi (tolérance).
Échec du Système Immunitaire
Un équilibre délicat entre engagement et dysfonctionnement.
- Hypersensibilité: Réponse robuste contre un pathogène bénin (allergies, asthme).
- Maladies auto-immunes: Ciblage erroné d'une protéine du soi, incapacité à distinguer le soi du non-soi.
- Exemples: Sclérose en plaques, maladie de Crohn, arthrite rhumatoïde, Lupus Érythémateux Systémique (SLE).
- Le lupus attaque les tissus sains de la plupart des organes. Les symptômes varient (gonflement des articulations, fièvre, douleurs abdominales, perte de cheveux, ulcères buccaux, éruption cutanée).
- La cause est inconnue mais implique des facteurs hormonaux (plus fréquent chez les femmes), environnementaux et peut-être génétiques.
- La pathophysiologie inclut la présence d'anticorps antinucléaires (ANA) et anti-ADN double brin, une augmentation de l'apoptose et une diminution de l'activité immunitaire.
- Le lupus affecte la peau, les muscles, les os, le sang, le cœur, les poumons, les reins et le cerveau.
- Traitement: Palliatif (analgésiques, corticostéroïdes, immunosuppresseurs, hydroxychloroquine, méthotrexate).
- Déficiences immunitaires: Système inefficace contre les agents infectieux.
- Peuvent être primaires (congénitales) ou secondaires (acquises, ex: SIDA).
- Exemples: Immunodéficience sévère combinée (SCID), SIDA (le VIH détruit les lymphocytes Th).
Cellules et Organes du Système Immunitaire
Toutes les cellules sanguines proviennent d'une seule lignée: la Cellule Hématopoïétique Souche (CHS).
Organes Lymphoïdes Primaires
Lieux de développement et de maturation des lymphocytes:
- Thymus: Pour les lymphocytes T (immunité cellulaire).
- Moelle osseuse: Pour les lymphocytes B (immunité humorale).
Cellules Souches
- CS embryonnaires: Pluripotentes.
- CS adultes: Donnent une diversité de cellules d'un même tissu.
- Les CHS se divisent en:
- Cellules filles qui conservent les propriétés de la cellule mère.
- Cellules progénitrices qui deviendront des cellules sanguines (committed cells).
- Le nombre de CHS diminue avec l'âge.
Lignées Principales des Cellules Sanguines
- Common Myeloid-Erythroid Progenitor (CMP):
- Globules rouges (érythroïdes).
- Granulocytes.
- Monocytes, macrophages (myéloïdes).
- Common Lymphoid Progenitor (CLP):
- Lymphocytes (B, T).
- NK (Natural Killers).
Les cellules myéloïdes et NK sont les premiers "répondeurs" à toute infection.
Cellules de la Lignée Myéloïde
Répondent en premier et transmettent l'information aux lymphocytes.
1. Les Granulocytes (Cellules PMN - PolyMorphoNucléaires)
- Contiennent des granules et un noyau multilobé.
- Fonctions des granules: Toxiques pour les pathogènes, régulation du trafic des globules blancs (cytokines), remodelage du tissu infecté.
a) Neutrophiles
- Fonctions: Phagocytose (non spécifique), dégranulation.
- 40% à 75% des leucocytes circulants.
- Circulent 7 à 10 heures avant de migrer vers les tissus; espérance de vie de quelques jours.
- Premiers à arriver sur le site de l'inflammation (chimiotaxis).
- Leur nombre augmente en cas d'infection (leucocytose).
- Chimiotaxis: Réponse directe à des cytokines (interleukines, interférons, leucotriènes).
- Neutropénie: Manque de neutrophiles dû à des médicaments (chimiothérapie), anémie aplasique, leucémies, colonisation de la moelle osseuse par des bactéries. Leur fonction diminue en hyperglycémie.
b) Éosinophiles
- Phagocytes mobiles, 1% à 6% des leucocytes.
- Importants contre les parasites multicellulaires (vers).
- Secrètent des cytokines pour activer les lymphocytes T et B.
- Rôle dans l'asthme et les allergies.
- Présents dans le thymus, rectum, ovaires, utérus, ganglions lymphatiques, mais pas dans les poumons, peau, œsophage (sauf en cas de maladie).
- Éosinophilie: Augmentation des éosinophiles (>500/µl), principalement due à des infections parasitaires, allergies (asthme), ou certains cancers/arthrite rhumatoïde.
c) Basophiles
- Rares (<1% des leucocytes).
- Non phagocytiques, contiennent de grandes granules riches en histamine (aussi sérotonine, héparine) impliquées dans la réaction inflammatoire.
- Réponse aux parasites (vers).
- Rôle fondamental dans les allergies et le choc anaphylactique.
- Secrètent des cytokines pour activer les lymphocytes T et B.
- Basophilie: Rare, associée aux néoplasies myéloprolifératives (leucémie myéloïde chronique), diabète, infections, radiations.
d) Mastocytes
- Forme tissulaire des basophiles (indifférenciés à la sortie de la moelle osseuse).
- Nombreuses granules sécrétant surtout de l'histamine.
- Grand rôle dans les allergies et le choc anaphylactique.
Choc Anaphylactique
Réaction allergique grave chez un sujet sensibilisé, pouvant être fatale.
- Signes: Éruption cutanée (urticaire), hypotension, œdème de la gorge (difficulté à respirer/avaler), troubles intestinaux, diarrhée, vomissements, troubles du rythme cardiaque, collapsus général.
- Pathophysiologie: Le premier contact avec l'allergène sensibilise l'individu (fixation d'anticorps IgE sur les mastocytes et basophiles). Le deuxième contact provoque la dégranulation (libération d'histamine, sérotonine, prostaglandines).
- Causes principales: Agents anesthésiques, piqûres d'abeilles, antalgiques, dérivés iodés, antibiotiques (bêta-lactamines).
- Traitement: Injection d'adrénaline, correction de l'hypovolémie, corticoïdes.
Cellules Présentatrices d'Antigènes Myéloïdes (APC)
Faire le pont entre les systèmes inné et adaptatif.
- Monocytes, Macrophages, Cellules dendritiques.
- Rencontrent le pathogène et le présentent aux lymphocytes T dans les ganglions lymphatiques.
- Fonctions: Phagocytent et digèrent les pathogènes en acides aminés ou courts peptides (épitopes), puis les présentent sur leur membrane pour stimuler les lymphocytes T (surtout les T auxiliaires).
Monocytes
- Se différencient en macrophages et cellules dendritiques.
- Types:
- Inflammatoires: Répondent rapidement aux infections dans les tissus (peuvent se différencier en ostéoclastes, cellules microgliales, macrophages alvéolaires).
- Patrouilles: Circulent lentement dans le sang à la recherche de pathogènes.
- Monocytose: Augmentation des monocytes sanguins due à des infections (mononucléose), certains cancers, ou maladies auto-immunes (vascularites, SLE).
- Opsonisation: Procédure où les anticorps "couvrent" un pathogène, le marquant et le rendant plus apte à être phagocyté par le macrophage (plus de mille fois plus efficace).
Cellules Dendritiques (DC)
- Abondantes dans les zones exposées à l'environnement externe (peau, muqueuses, organes sexuels, estomac, intestins).
- Première ligne de défense.
- Sont activées par un pathogène, migrent vers les ganglions lymphatiques pour présenter l'antigène aux lymphocytes.
- Très ramifiées (grand rapport surface/volume), essentielles pour la réponse immunitaire.
- Peuvent phagocyter, internaliser via récepteurs, pinocyter et présenter les antigènes aux récepteurs des lymphocytes T (TCR) et B (BCR).
Cellules de la Lignée Lymphoïde (Réponse adaptative)
- 20% à 40% des globules blancs, 99% des cellules de la lymphe.
- Identifiées par les récepteurs protéiniques de leur membrane (CD - Cluster of Differentiation).
- Trois populations: Lymphocytes T, B, et NK.
Lymphocytes
- 1012 lymphocytes circulent dans le sang.
- Morphologiquement indifférenciables, identifiés par marqueurs cellulaires (CD).
- Expriment des récepteurs spécifiques aux antigènes:
- B Cell Receptors (BCR) pour les lymphocytes B.
- T Cell Receptors (TCR) pour les lymphocytes T.
- Grande diversité de récepteurs (>109), un lymphocyte exprimant des récepteurs spécifiques pour un seul antigène. Les clones produits lors de la mitose sont spécifiques au même antigène.
- Les lymphocytes naïfs rencontrent l'antigène une première fois, produisant deux types de cellules:
- Cellules effectrices: Combattent le pathogène, la plupart meurent.
- Cellules mémoires: Persistent et déclenchent une défense plus rapide en cas de réinfection (réponse secondaire).
Lymphocytes B (Immunité Humorale)
- Maturation dans la moelle osseuse.
- Exhibent des BCR et anticorps uniques à un antigène (IgD).
- Une fois activée (par cytokines des Th), se différencie en plasmocyte (cellule effectrice productrice d'anticorps) et cellules mémoires. Les plasmocytes perdent les Ig de surface.
- Peut augmenter son affinité pour les anticorps (hypermutation somatique) et générer plusieurs classes d'anticorps (Ig).
Lymphocytes T (Immunité Cellulaire)
- Maturation dans le thymus.
- Expriment un unique TCR.
- Ne reconnaissent que des peptides (épitopes) liés à une protéine membranaire, le Complexe Majeur d'Histocompatibilité (CMH ou MHC).
- Le MHC (classe I ou II) forme un complexe avec les antigènes et les expose aux lymphocytes T.
- Types de CMH:
- Classe I: Sur toutes les cellules nucléées des vertébrés.
- Classe II: Sur les APC (expriment aussi la classe I).
Deux classes de lymphocytes T:
- Lymphocytes T cytotoxiques (Tc):
- Expriment les CD8.
- Reconnaissent l'antigène sur le MHC classe I.
- Surveillent les cellules de l'organisme et éliminent celles qui présentent des antigènes sur leur MHC I (cellules infectées, tumorales, greffées).
- Lymphocytes T auxiliaires (Th, T helper):
- Expriment les CD4.
- Reconnaissent l'antigène sur le MHC classe II.
- Les T auxiliaires activés se différencient en Th1 (régulation de la réponse aux pathogènes intracellulaires) et Th2 (régulation de la réponse aux pathogènes extracellulaires), tous deux par sécrétion de cytokines.
Le rapport CD4/CD8 est normalement de 2. Un changement indique une immunodéficience (ex: SIDA).
Les lymphocytes naïfs s'activent lorsqu'ils rencontrent un antigène sur un MHC d'une APC, se différenciant en cellules effectrices (TCL) ou cellules mémoire.
NK Lymphocytes (Natural Killers)
- Ne possèdent pas de récepteurs spécifiques aux antigènes (partie de l'immunité innée).
- Grandes granules dans leur cytoplasme.
- Très efficaces dans la phagocytose et attaquent une variété de cellules.
Organes Lymphoïdes Secondaires (SLO)
Lieux où les cellules immunitaires rencontrent l'antigène et initient la réponse immunitaire.
- Principaux:
- Nodules lymphatiques (ganglions).
- Rate: Contient des cordons de Billroth (fibres et tissu conjonctif de la pulpe rouge) remplis de macrophages et monocytes. Elle filtre le sang, et les érythrocytes qui ne peuvent pas passer à travers les cordons sont phagocytés.
- Moins organisés (MALT - Mucosa-Associated Lymphoid Tissue): Organes dispersés dans les tissus, associés aux muqueuses.
- Amygdales.
- Intestins (plaques de Peyer).
- Appendice.
- Voies respiratoires.
- Organes sexuels.
Les Anticorps (Immunoglobulines: Ig)
Grosses protéines en forme de "Y", sécrétées principalement par les plasmocytes (lymphocytes B activés), servant à neutraliser les pathogènes.
Structure
- Forme de "Y" avec deux branches liées par des ponts disulfure à une région charnière (hinge).
- Chaque branche a une partie variable et une partie constante.
- Chaque branche est composée de deux chaînes: une lourde (CH) et une légère (CL).
- Un anticorps reconnaît une molécule unique et spécifique de l'antigène appelée épitope, avec laquelle il se lie avec une très grande précision.
- Les pointes du "Y" contiennent un "paratope" spécifique à l'épitope.
- Plus loin de l'épitope, chaque chaîne peut être divisée en fragments: Fab (Fragment antigen binding) et Fc (Fragment crystallisable).
- Le fragment Fc, glycosylé, communique avec d'autres composantes du système immunitaire.
Types d'Anticorps
- Libres dans le plasma: Sécrétés par les plasmocytes.
- Attachés à la surface du lymphocyte B (BCR, IgD): Sous l'action des cytokines des Th, ils activent et différencient les cellules B en plasmocytes et cellules mémoire.
Il existe 5 types d'anticorps, définis par les chaînes lourdes: IgG, IgA, IgM, IgE, IgD.
La région constante est divisée en domaines (un pour la chaîne légère, 3 ou 4 pour la chaîne lourde).
| IgG | IgA | IgM | IgE | IgD | |
|---|---|---|---|---|---|
| Localisation | Sang | Muqueuses, sécrétions | Lymphocyte B, sang | Basophiles, mastocytes | Lymphocyte B |
| Proportion | 70% à 75% | 15% à 20% des anticorps sériques | 10% | Moins de 1% | Moins de 1% |
| Valence | 2 | 2 à 4 | 2 à 10 | 2 | 2 |
| Rôles | Neutralisation des toxines, bactéries et virus | Agglutination du pathogène, neutralisation des bactéries, virus | Agglutination, voie classique du complément | Allergies, neutralisation de parasites | Activation du lymphocyte B |
IgG
- Type le plus important et le plus abondant (75%) dans la circulation et le liquide extracellulaire.
- Sécrétés par les plasmocytes. Protègent contre virus, bactéries, champignons, toxines.
- Fonctions: Agglutination, opsonisation, initiation de la voie classique du complément, association à certains types d'hypersensibilité.
- 4 types (IgG1, IgG2, IgG3, IgG4). Tous passent la barrière placentaire sauf IgG2. Tous peuvent activer le complément et se lier aux récepteurs Fc des phagocytes.
- Usage: Diagnostic (concentration d'IgG indique le statut immunitaire), thérapeutique (injection d'IgG dans les infections et maladies auto-immunes).
IgM
- Le plus gros anticorps circulant.
- Premier anticorps produit en réponse à une attaque antigénique.
- Site majeur de production: la rate (plsmoblastes).
- Ne traverse pas la barrière placentaire.
IgA
- Rôle important dans la protection des muqueuses (plus grand pourcentage que tous les autres Ig combinés).
- Dimère le plus souvent (parfois monomère).
- 15% des Ig du corps.
Exemple d'Application: ELISA (Enzyme-Linked ImmunoSorbent Assay)
Test utilisant des anticorps liés à une enzyme qui change de couleur lors de la liaison. Très utilisé pour le diagnostic et le dépistage de maladies infectieuses (grande sensibilité > 95%).
Deux types: Direct et Indirect (Sandwich).
ELISA Direct (Recherche d'Anticorps)
- La plaque contient l'antigène.
- Ajout d'anticorps liés à une enzyme.
- Ajout d'un révélateur qui modifie la couleur de l'enzyme.
- Lecture du résultat au spectromètre.
ELISA Indirect (Recherche d'Antigènes)
- Surface préparée avec des anticorps de capture (non spécifiques).
- La solution à tester (sérum) est versée sur la plaque, retenant les antigènes.
- Ajout d'un anticorps primaire spécifique à l'antigène.
- Ajout d'un anticorps secondaire spécifique au premier, lié à une enzyme.
- Ajout d'un révélateur.
Complément
Partie du système immunitaire qui rehausse l'efficacité des anticorps et des phagocytes, et peut détruire directement les pathogènes en attaquant leur membrane.
- Plus de 30 petites protéines agissant en cascade, sécrétées par le foie, circulent sous forme inactive.
- Généralement activé quand C1 se lie à un anticorps lui-même lié à un pathogène (pour éviter les problèmes auto-immunitaires).
- Ce système est régulé par des protéines de contrôle, en plus grande concentration que les protéines du complément dans le plasma.
- Une déficience du complément est associée à des maladies auto-immunes (lupus, glomérulonéphrite, MICI, sclérose en plaques, arthrite rhumatoïde).
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