Fondements et évolution de la psychologie
99 KartenExplorez les racines historiques et philosophiques de la psychologie, de l'antiquité à l'âge classique, en passant par la psychologie expérimentale et la logique.
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La psychologie, en tant que discipline étudiant l'esprit et le comportement humain, tire ses racines deprofondes considérations historiques, philosophiques et épistémologiques. Pourcomprendre pleinement son évolution, il est essentiel d'explorer les fondements qui ont façonné notre appréhension de l'être humain et de la connaissance.
1. Fondements Pré-Grecs et la Naissance d'une Réflexion sur l'Âme
L'étude de l'âme et desphénomènes mentaux ne débute pas avec la Grèce antique, mais trouve ses prémices dans des civilisations plus anciennes.
Premières Civilisations et Croyances
- Humanité Préhistorique : Les premières traces de réflexion sur la condition humaine se manifestent il y a environ 1 500 000 ans (Homo Erectus). Des tombes datant de 100000 ans au Proche-Orient et des trépanations mésolithiques (12 000 ans) témoignent d'une préoccupation pour la vie, la mort et les maux physiques et mentaux.
- Pensées Antiques : Des civilisations comme lesMésopotamiens, les Égyptiens, les Hébreux et les Perses ont développé des systèmes de pensée sophistiqués.
- Mésopotamie : Le Code d'Hammourabi (1740 av. J.-C.) régissait des pratiques médicales incluant des traitements psychopharmacologiques et des rituels magico-religieux.
- Égypte : Les papyrus, notamment le Papyrus Ebers et le Papyrus Smith (3000 av. J.-C.), révèlent une connaissance du cerveau comme organe des fonctions mentales, contrastant avec d'autres cultures qui localisaient l'âme ailleurs. L'hystérie y est décrite.
- Hébreux : La maladie et la folie sont souvent interprétées comme des châtiments divins. Le cœur est considéré comme l'organe de l'âme. Des descriptions de la mélancolie (Roi Saül) et de la lycanthropie (Nabuchodonosor) figurent dans la Bible.
- Perse : Zarathoustra (VIe siècle av. J.-C.) introduit un dualisme corps-âme, expliquant la folie par ce conflit. La "médecine par la parole" est déjà présente.
- Inde et Extrême-Orient : Des contactsavec la Grèce antique (gymnosophistes) ont existé. Les concepts de Nirvana et l'attention portée aux souvenirs (comparable à la psychanalyse) sont importants.
2. L'Antiquité Gréco-Romaine: Âme, Philosophie et Logique
La Grèce antique marque un tournant avec l'émergence de la rationalité (logos) parallèlement aux croyances mystiques.
Problème de l'Âme et Cures Philosophiques
- Chez Homère, la «psukhè» est le souffle vital. L'héroïsme et la vie terrestre sont valorisés.
- La période archaïque voit l'émergence de cultes mystiques (Dionysos, Orphée) où l'on cherche à se libérer du corps par l'ascèse. Cette période est cruciale pour la question de la "psychologie".
- La philosophie antique vise à apprendre à «bien vivre» (eudaimonia) et n'est pas une pratique purement intellectuelle. Elle englobe diverses disciplines dont une forme de psychologie.
Les Présocratiques (VIIe-Ve siècles av. J.-C.)
Ils tentent d'expliquer le monde par des éléments naturels et des principes universels, marquant le passage du mythe au logos.
- Monisme (un seul principe fondamental) :
- Thalès : l'eau (phusis)est le principe d'unité.
- Anaximandre : l'apeirôn (infini) est le principe originel.
- Anaxagore : le Noûs (esprit organisateur) organise la matière.
- Empédocle : les quatre éléments (feu, eau, terre, air) mus par l'amour et la haine.
- Héraclite : le feu comme principe premier, tout est mouvement («On ne descend jamais deux fois dans le même fleuve»).
- Matérialisme Abdéritain (Démocrite, Leucippe) :
- L'univers est composé d'atomes et de vide. Pas d'âme immatérielle.
- Le plaisir (hédonisme) est le but éthique de l'existence (euthymia).
- La connaissance est un contact intime avec les «simulacres» (copies) des choses, via les sens.
- La mort n'est qu'une désagrégation atomique, sans peur.
- Pythagore :
- Impliqué dans la secte orphique. Dualisme âme-corps.
- L'âmeest prisonnière du corps, et le salut passe par l'étude des nombres (musique, astronomie).
- Théorie de la Palingénésie (retour à la vie/réincarnation).
Socrateet les Sophistes (Ve-IVe siècles av. J.-C.)
- Mutation d'une question ontologique («Quel est l'élément premier du monde ?») à une question épistémologique («À quelles conditions une connaissanceest-elle certaine ?»).
- Sophistes (Gorgias, Protagoras) : Relativisme, enseignement de la rhétorique.
- Socrate : Opposé au relativisme. Recherche de valeurs universelles, la connaissance et la vertu vontde pair.
- Méthode de la maïeutique : par le dialogue, amener l'interlocuteur à «accoucher» de la vérité.
- Docte ignorance : reconnaître son ignorance pour progresser.
- Induction socratique : partir d'exemples particuliers pour trouver des lois universelles.
- Dialogue «Le Ménon» : introduit l'hypothèse de la réminiscence (l'âme se souvient de connaissances antérieures).
Platon (428-348 av. J.-C.)
- Successeur de Pythagore dans l'idéalisme et le dualisme.
- Théorie des trois parties de l'âme :
- Epithumia (désir, concupiscible, mortelle).
- Thumos (colère, irascible, mi-mortelle, mi-immortelle).
- Logistikon (raison,divin, immortelle) – seule capable de pensée.
- Théorie de la métempsycose (réincarnation de l'âme dans différents corps selon la dominance des parties de l'âme).
- Diogène de Sinope (cynique) : Critique du platonisme et de l'idéalisme, insiste sur la corporalité («Je ne vois pas d'âme, je vois des corps.»).
Zénon (Stoïcisme) etÉpicure (Épicurisme)
Ces philosophies proposent des voies pour atteindre la sérénité (ataraxie) par la maîtrise des passions.
- Zénon (Stoïcisme) :
- Pratique de l'endurance à la douleur, entraînement cognitif sur les représentations pour s'en rendre insensible.
- Recherche de la modération pour éviter la souffrance.
- Épicure (Épicurisme):
- Matérialisme radical et atomisme. Vie en communauté, valorisation de l'amitié.
- «Tetra Pharmakon» (les quatre remèdes) : ne pas craindre les dieux, ne pas craindrela mort, la douleur est supportable, le bonheur est accessible par la classification des désirs.
- Recherche de la sérénité de l'âme par l'évitement des passions excessives et une vie modérée.
- Ces deux courants,bien qu'opposés, partagent l'idée de la nécessité d'éviter la démesure (hubris) et débauchent sur un hédonisme ascétique.
La Médecine Grecque : Hippocrate et Galien
- Les sanctuaires d'Asclépios : Lieux de traitement par les «sommeils d'incubation» (rêves thérapeutiques).
- Hippocrate de Cos (Ve-IVe sièclesav. J.-C.) : Penseur matérialiste, considéré comme le père de la médecine.
- Théorie des quatre humeurs en harmonie (sang, phlegme, bile jaune, bile noire), impliquant une thérapeutique diététique et hygiénique.
- Le cerveau est l'organe des idées et émotions.
- Désacralisation de l'épilepsie, classification des maladies (hystérie, manie, mélancolie).
- Aulus Cornélius Celsus (Celse) : Compilateur romain, utilise jeûne, coups, chaînes pour les agités, et plantes psychotropes (pavot, hellébore).
- Claude Galien (IIe siècle ap. J.-C.) : Synthétise Hippocrate et les stoïciens.
- Propose un modèle thérapeutique en trois étapes : maîtrise des réactions émotives, appel à un mentor, effort incessant de maîtrise des passions.
- Ses ouvrages ont servi de base à la médecine pendant des siècles.
Aristote et la Logique (384-322 av. J.-C.)
- Critique du dualisme platonicien : L'âme et le corps sont liés (hylémorphisme).L'âme est le principe de vie du corps, non une entité séparée. Il la situe dans le cœur.
- Père de la logique formelle, base de la pensée rationnelle.
- L'Organon : Son œuvre logique (catégories, del'interprétation, premiers et seconds analytiques, topiques et réfutations sophistiques).
- Logique des propositions : «si...alors...» (modus ponens, modus tollens).
- Logique des prédicats (syllogismes) : Raisonnements déductifs utilisant des prémisses et une conclusion (ex: «Tous les Hommes sont Mortels, Socrate est un Homme, donc Socrate est mortel.»).
- Les diagrammes de Venn sont une représentationvisuelle postérieure des relations entre propositions.
Scepticisme (Pyrrhon, Énésidème, Sextus Empiricus)
Remise en question de la certitude de la connaissance.
- Pyrrhon d'Élis : L'ataraxie (absence de troubles) est atteinte en suspendant tout jugement, car rien n'est connaissable avec certitude.
- Énésidème et Sextus Empiricus : Élaborent les «tropes» – arguments pour susciter le doute (variété des animaux, différences humaines, circonstances, coutumes, etc.).
- Critique du scepticisme (Augustin) : L'existence du doute implique l'existence d'un sujet pensant («Je doute, donc j'existe»), ainsi que la validité des vérités mathématiques et logiques.
3. Le Moyen-Âge : Christianisme, Scolastique et Débuts de la Psychologie Hospitalière
Période de transition où la philosophie antique est conciliée avec la doctrine chrétienne.
Contexte Historique et Culturel
- Chute de l'Empire Romain d'Occident (476) et d'Orient (1453).
- Montée en puissance du Christianisme comme religion d'État.
- Fondation des universités (XIIe-XIIIe siècles), développement de techniques (charrue à roue).
- Le savoir antique est préservé et filtré parles abbayes.
La Pensée Médiévale
- Saint Augustin (IVe-Ve siècles) : Figure majeure.
- Sa conversion marque une introspection intense («Les Confessions»).
- Dualisme âme-corps, l'âme étant d'essence divine.
- Questionne la mémoire et les limites de la conscience.
- La Scolastique (IXe siècle) : Méthode d'unification des savoirs antiques et chrétiens.
- Commentaire de textes, usage de la logique pour résoudre les divergences.
- Recherche de la conformité aux dogmes chrétiens.
- Le trivium (grammaire, rhétorique, dialectique) et le quadrivium (arithmétique, géométrie, astronomie, musique) composaient les arts libéraux.
- La Querelle des Universaux : Débat fondamental sur la nature de l'existence des conceptsgénéraux (universaux).
- Universalia ante res (Platonisme, Réalisme platonicien) : Les universaux existent avant les choses, indépendamment d'elles (ex: l'idée de «cheval» avant les chevaux concrets).
- Universalia in rebus (Aristotelisme) : Les universaux existent dans les choses (la «chevalité» est une propriété des chevaux).
- Universalia post res (Nominalisme) : Les universaux sont de simples noms ou concepts mentaux («flatus vocis»), des constructions humaines pour regrouper des particuliers (Roscelin de Compiègne, Guillaume d'Ockham).
- Pierre Abélard (Xe-XIIe siècles) : Tente une voie médiane : les universaux ont une réalité dansles choses (in rebus) et sont des constructions psychiques par abstraction.
- Le rasoir d'Ockham (Guillaume d'Ockham) : Ne pas multiplier les explications sans nécessité.
Psychologie au Moyen-Âge
- L'Église et la folie : Les malades mentaux sont souvent pris en charge, parfois traités par exorcisme ou l'intercession de saints guérisseurs.
- Les ordres monastiques pratiquent laphytothérapie et maintiennent les principes médicaux hippocratiques.
- La confession : Mécanisme comparable à la catharsis grecque.
- Les grandes épidémies (Peste Noire) : Renforcent l'idée de punition divine,initiant la chasse aux sorcières (Malleus Maleficarum).
- Les bouffons : Figure du fou sage, capable de dire des vérités.
- Les peintures (Jérôme Bosch) et littérature (Sébastien Brant, Érasme) : Représentent la folie comme un vice ou une pathologie.
Apports du Monde Islamique
- Préservation et développement des savoirs grecs (Hippocrate,Galien).
- Création des premiers hôpitaux psychiatriques (moristans).
- Rhazès (IXe-Xe siècles) : Médecin-chef à Bagdad, utilise le jeu d'échecs et la thérapie parla parole.
- Avicenne (Xe-XIe siècles) : Synthèse des savoirs médicaux et philosophiques dans le «Canon de la Médecine» et le «Livre de la Guérison».
- Averroès (XIIe siècle) : Célèbre pour ses commentaires d'Aristote, s'oppose aux traitements radicaux comme le cautère.
4. La Renaissance : Humanisme, Découvertes et Réformes
Une période de renouveau technique, scientifique et culturelqui bouscule les paradigmes médiévaux.
Caractéristiques et Répercussions
- Inventions techniques (imprimerie de Gutenberg) : Diffusion du savoir, démocratisation de l'accès aux textes.
- Redécouverte de l'Antiquité : Grâce aux érudits byzantins fuyant Constantinople (1453). L'humanisme naît de l'étude des langues et cultures antiques.
- Découvertes géographiques : Remise en question de la visiondu monde, relativisme culturel, colonisation.
- Affranchissement du religieux : L'homme et la Terre reprennent une place centrale (humanisme).
- Essor économique : Naissance des premières théories économiques (mercantilisme), lien entre richesseet psychologie.
- Réforme Protestante (Luther, 1517) : Logique individualiste, remise en cause des dogmes, importance du travail et de la prédestination.
- Le mot «Psychologia» (Marulic, 1520) apparaît, mais son usage pour désigner la science de l'âme se popularise plus tard avec Christian Wolff.
Figures Clés de la Renaissance
- Érasme (XVe-XVIe siècles): Humaniste européen, prône une nouvelle traduction de la Bible et une pédagogie libérale.
- Michel de Montaigne (XVIe siècle) : Auteur des «Essais», exploration de l'intériorité et de l'inconscient. Sequestionne sur la mémoire, le déni, et la «purgation de la cervelle» (catharsis).
- Paracelse (XVe-XVIe siècles) : Médecin et alchimiste, précurseur de la pharmacologie minérale, utilise les aimantset comprend l'importance de la suggestion thérapeutique.
- Johann Weyer (XVIe siècle) : Précurseur de la psychiatrie. Dénonce la chasse aux sorcières dans «De praestigiis daemonorum», arguant que nombre de «sorcières» sont en réalité des malades mentaux.
- Saint Jean de Dieu (XVe-XVIe siècles) : Suite à sa propre expérience de maladie mentale, il fonde en Espagne des hôpitaux dédiés aux malades mentaux où les patients sont traités humainement. Son œuvre étendles hôpitaux psychiatriques dans le monde.
5. L'Âge Classique (XVIIe siècle) et la Question de la Métaphysique
Cette période est marquée par un désir d'ordre et de raison, influençant l'art, la philosophie et la compréhensionde l'homme.
Le «Grand Renfermement»
- Édit de 1656 : Création d'hôpitaux généraux pour «renfermer» marginaux, pauvres, sans-abris, et malades mentaux. Ces institutions sont des lieux de travail forcé et de prière, où les agités sont enchaînés.
- En 1793, Philippe Pinel libérera les «fous» de Bicêtre, marquant le début de l'asile moderne.
Le Problème de la Métaphysique
- Terme hérité d'Aristote désignant la «philosophie première» – l'étude de l'être entant qu'être (ontologie), des principes premiers, et des moteurs célestes.
- Au Moyen-Âge, la métaphysique est souvent assimilée à la théologie.
- À l'Âge Classique, elle est remise en question par les avancées scientifiques et philosophiques.
René Descartes (1596-1650)
- Père du rationalisme moderne.
- Doute méthodique : Remise en question de la tradition philosophique, des sens, et mêmede la distinction veille-sommeil.
- «Dubito, ergo cogito, ergo sum» (Je doute, donc je pense, donc j'existe) : Le seul fait indubitable est l'existence du sujet pensant. Ce n'est pas un syllogisme, mais une évidence intuitive.
- Preuve de l'existence de Dieu : Part de l'idée de perfection en lui-même pour déduire l'existence d'un être parfait (Dieu) comme cause de cette idée.
- Dualitasme corps-esprit (Res extensa - Res cogitans) : Le corps est une «chose étendue» (mécaniste), l'âme est une «chose pensante» (non étendue, consciente, libre).
- Problème de l'interaction :Comment une substance immatérielle (l'âme) interagit-elle avec une substance matérielle (le corps) ? Descartes suggère la glande pinéale comme siège de cette interaction.
Le Matérialisme et l'Empirisme
- Francis Bacon (XVIe-XVIIe siècles) : Père de l'empirisme et de la science moderne.
- Le «Novum Organum» : Critique de l'ancienne science,promotion de l'observation et de l'induction.
- La science procède par collecte d'observations, classification et généralisation progressive (lois universelles).
Le Sensualisme et l'Empirisme Anglais
- Thomas Hobbes (XVIIe siècle) :
- Les sensations sont le principe de la connaissance (contradictoire avec l'innéisme des idées de Descartes).
- Conception atomistique : L'analyse déconstruit la pensée en sensations simples, la synthèse les recombine.
- Projet politique («Léviathan») : Comment passer de l'état de nature («guerre de tous contre tous») à la société civile par le contrat social.
- L'homme est motivé par la conservation de son être et le désir. La parole ouvre à la culture.
- John Locke (XVIIe-XVIIIe siècles) :
- L'esprit est une table rase à la naissance. Les idées simples proviennent des sensations et de la réflexion.
- Les idées complexes résultent de l'association d'idées simples (atomisme mental, associationnisme).
- L'éducation est cruciale pour former debonnes associations mentales.
- Thomas Sydenham (XVIIe siècle) : L' «Hippocrate anglais», ami de Locke.
- Décrit l'hystérie chez les hommes et les femmes.
- Inventeur du Laudanum (à base d'opium).
- Notion de «species morbosa» (maladies existent indépendamment du porteur).
- Bernard Mandeville (XVIIe-XVIIIe siècles):
- «La Fable des Abeilles» : Les «vices privés» (recherche du plaisir individuel) peuvent conduire au «bien public» (prospérité collective).
- Considéré comme un précurseur du libéralisme économique (Adam Smith: «la main invisible»).
6. Le Siècle des Lumières (XVIIIe siècle) : Raison, Progrès et Utilitarisme
Mouvement philosophique et culturel prônant l'usage de la raison et le progrès social.
Caractéristiques des Lumières
- «Sapere aude!» (Ose savoir!) : Appelle à l'autonomie de la raisonindividuelle (Kant).
- Abandon du principe d'autorité au profit de la raison.
- Reconnaissance des différences culturelles, tolérance.
- Importance de la nature, de l'éducation.
- Diffusion du savoir (Encyclopédie de Diderotet D'Alembert), salons, loges maçonniques.
- Le déisme (Dieu est le grand horloger mais n'intervient plus dans le monde) remplace la religion révélée.
David Hume (1711-1776)
- Penseur précoce et radical, critique la métaphysique par l'empirisme.
- Origine des connaissances : impressions (plus fortes) et idées (copies affadies des impressions).
- Critique de la causalité : La causalité n'est pas une nécessité objective, mais une conjonction observée d'événements et une habitude mentale.
- Critique de l'induction : Impossible de garantir que le futur ressemblera au passé. La sciencerepose sur des croyances, non sur des certitudes absolues.
- Critique de l'éthique et de la morale : Les normes morales ne sont pas rationnelles, mais dérivent des sentiments, des conventions sociales et de l'utilité.
- Critique du «moi» : Le moi n'est pas une substance fixe, mais un faisceau de perceptions et de sensations.
- Les énoncés scientifiques sont synthétiques (issus de l'expérience), les logico-mathématiques sont analytiques (tautologies). Lesénoncés métaphysiques n'ont pas de sens.
Autres Philosophes des Lumières
- Étienne Bonnot de Condillac (XVIIIe siècle) :
- Sensualiste radical («Traité des Sensations»).
- L'esprit se construit entièrement à partir des sensations, via une statue s'éveillant progressivement aux sens. Toutes les fonctions mentales dérivent des sensations.
- Claude-Adrien Helvétius (XVIIIe siècle) :
- L'homme est motivé par la recherche du plaisir et l'évitement de la souffrance (hédonisme).
- Prône l'utilitarisme : le plus grand bonheur pour le plus grand nombre de citoyens.
- Christian Wolff (XVIIe-XVIIIe siècles) : Idéaliste allemand.
- Systématise la philosophie, divisant la métaphysique en ontologie, théologie, cosmologie et psychologie rationnelle.
- Distingue une psychologie empirique (a posteriori, liée aux sensations mesurables) et une psychologie rationnelle (a priori, étude des facultés de l'âme).
- Autres Penseurs : Beccaria (utilitarisme appliquéau droit pénal), Adam Smith (économie, «main invisible»), Bentham et John Stuart Mill (utilitarisme, quantification du plaisir).
L'Utilitarisme et le Traitement des Passions
- Sécularisation de la société, remise en question du rôle de Dieu comme régulateur.
- Recherche de lois naturelles (Newton) pour régir la société et le comportement humain.
- Le commerce comme paradigme de passion compensatrice.
- Principe d'utilité : Le bien est ce qui est utile, le plaisir, l'absence de souffrance.
- Maximalisation du bonheur pour le plus grand nombre.
- Conséquentialisme : Une action est jugée par ses conséquences surle bonheur collectif.
- L'utilitarisme relie le sensualisme (idées venant des sens) à une morale basée sur le plaisir et l'égoïsme individuel, qui, s'il est librement exprimé, peut conduire au bien public (Mandeville,Smith). Cette morale est «naturelle», calculable et rationnelle, non pas révélée.
En somme, l'histoire de la psychologie est un tissage complexe de questions sur l'âme, le corps, la connaissance, la morale et lasociété, évoluant des mythes aux observations empiriques, des spéculations philosophiques aux tentatives de classification et de mesure, annonçant l'avènement d'une science de l'esprit.
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