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Fondements, Acteurs et Théories des Relations Internationales

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Cette note explore les fondements, les acteurs et les théories des relations internationales, en mettant l'accent sur l'évolution historique de la discipline et les différentes perspectives analytiques.

Relations Internationales : Synthèse pour le Partiel

Les Relations Internationales (RI) étudient les interactions entre les acteurs de la société internationale. Initialement centrées sur les États, elles se sont diversifiées avec l'émergence de nouveaux acteurs et la complexification des échanges.

I. Évolution Historique des Relations Internationales

Les RI existent bien avant les États modernes, marquées par des relations commerciales et militaires.
  • Antiquité :
    • Relations commerciales (routes méditerranéennes, maîtrise de la navigation).
    • Relations militaires (alliances défensives, traités de paix).
    • **Exemple :** La Ligue de Délos (477 av. J.-C.) : alliance militaire dirigée par Athènes contre l'Empire perse.
    • **Exemple :** La Paix de Nicias (421 av. J.-C.) : traité entre Athènes et Sparte mettant fin à la première guerre du Péloponnèse.
    • Domination culturelle : propagation des idées grecques.
  • Moyen-Âge :
    • Rôle central de l'autorité pontificale (le Pape) : régulation des conflits, encadrement de la guerre.
    • Croisades (1095-1270) : polarisation Orient/Occident, fondée sur des différences religieuses, subsiste encore.
  • Apparition de l'État Moderne :
    • Marque le début des relations inter-étatiques.
    • Concept de souveraineté : théorisé par Jean Bodin dans Les six livres de la République.
    • Définition de la souveraineté : « puissance absolue et perpétuelle d'une République ». L'État est indépendant dans ses affaires internes et externes.
  • Traité de Westphalie (1648) :
    • Met fin à la Guerre de Trente Ans.
    • Instaure les bases politiques de l'Europe moderne et les relations futures entre États.
    • Consacre la souveraineté exclusive de chaque État sur son territoire sans ingérence externe.
    • Secularisation des RI : autonomisation des États par rapport au Pape, reconnaissance de la liberté religieuse.
    • Donne naissance à l'État moderne.
    • Instaure l'équilibre des puissances : dissuasion mutuelle entre puissances équivalentes.
  • L'Ordre Westphalien :
    • Relations égalitaires entre États, basées sur la souveraineté extérieure (aucun État supérieur) et intérieure (non-ingérence).
    • Malgré la souveraineté, nécessité de coopération via des institutions permanentes (OI).
    • Institutionnalisation des RI :
      1. Diplomatie de conférence.
      2. Commissions permanentes (ex: fluviales).
      3. Unions administratives (ex: Bureau international des poids et des mesures).
    • Après la 2nde Guerre Mondiale : explosion des Organisations Internationales (OI) qui structurent les RI contemporaines.
  • Anarchie des RI :
    • Terme apparu chez Dickinson (The International Anarchy, 1916).
    • Signifie absence d'autorité supérieure (du grec anarkhia), NON le désordre.
    • Les États, souverains, se soumettent volontairement à des règles. L'absence d'autorité mondiale n'exclut pas l'ordre.

II. Distinctions et Théories des Relations Internationales

Les RI sont une discipline vaste, liée à d'autres domaines mais distincte.

A. Relations avec d'autres Disciplines

  • Droit International :
    • Étroitement liées : le droit international structure la société internationale.
    • Les réalistes marginalisent son rôle, considérant les RI comme des rapports de force.
  • Géopolitique :
    • Apparue fin XVIIe (Leibniz) : l'espace est façonné par le pouvoir politique.
    • Définition : étude des pouvoirs dans l'espace. Sous-discipline des RI.
    • Pertinence discutée : déterritorialisation du pouvoir, relations transnationales.
  • Autres disciplines : l'économie, l'histoire, la géographie, la science politique sont aussi cruciales.

B. Principales Théories des Relations Internationales

La vision du monde varie selon les présupposés théoriques. Il existe trois grandes théories.
1. La Théorie Réaliste
  • Exigence du "réel" : ne pas idéaliser les choses, observer le monde tel qu'il est.
  • RI fondamentalement marquées par la guerre et la compétition. L'état d'anarchie est un état de guerre inévitable.
  • Apport de :
    • Nicolas Machiavel (Le Prince) : États indépendants, loi du plus fort régit les RI.
    • Thomas Hobbes (Le Léviathan) :
      • Sociétés nationales : contrat social (renoncement à la liberté pour la sécurité de l'État).
      • Société internationale : pas de contrat social possible (les États ne renoncent pas à leur souveraineté). Société internationale condamnée à l'anarchie, méfiance, rivalité.
  • Dominante jusqu'à la fin de la Guerre Froide. Critique : observation sélective, entachée de jugements de valeur.
2. La Théorie Libérale
  • Apparition dans l'entre-deux-guerres, en opposition au réalisme, après la Première Guerre mondiale.
  • Insiste sur l'interdépendance et la coopération.
  • L'état de nature n'est pas une "jungle" mais un état d'égalité et d'harmonie.
  • Les États défendent des intérêts qui ne sont pas uniquement sécuritaires.
  • Les RI peuvent être pacifiées par : le droit, le libéralisme commercial, la démocratie (qui favorise les libertés et la coopération).
  • Valorise les relations commerciales régulières et la création d'OI.
  • Critique : excès d'optimisme, vision idéalisée.
3. La Théorie Constructiviste
  • Apparition dans les années 1990.
  • S'intéresse à la structure sociale des RI : facteurs culturels, idéologiques, discours, représentations, identités.
  • Les intérêts et comportements des États ne sont pas prédéterminés mais dépendent de la manière dont les États se perçoivent et interagissent.
  • Met l'accent sur le rôle du langage, des valeurs morales et éthiques.
  • Les interactions sociales expliquent la stabilité, la coopération ou les changements.
Exemple d'Application des Théories : L'absence d'utilisation de l'arme nucléaire depuis 1945
  • Réalistes : la dissuasion nucléaire (peur d'une riposte massive) et la rationalité des États pour leur survie.
  • Libéraux : rôle des OI (ONU) et des règles interdisant l'usage, favorisant la coopération.
  • Constructivistes : le tabou moral autour de l'arme nucléaire, son usage est perçu comme moralement inacceptable et nuirait à l'image internationale des États.

III. Les Acteurs des Relations Internationales

L'approche traditionnelle est statocentrique, mais le champ s'est élargi.

A. L'État : Acteur Principal

1. Définition et Éléments Constitutifs
  • Définition (Commission d'arbitrage européenne, 1991) : collectivité composée d'un territoire, d'une population, soumise à un pouvoir politique organisé.
  • Trois éléments constitutifs :
    1. Territoire : espace délimité par des frontières, taille et forme variables, sur lequel l'État exerce ses compétences.
    2. Population : ensemble d'individus résidant en permanence sur le territoire (nationaux et étrangers). Pas de critère de nombre minimum (mais pas arbitrairement faible).
    3. Pouvoir politique organisé : appareil politique et gouvernement effectif capable d'exercer ses compétences. La contestation interne n'affecte pas la qualité étatique (ex: Iran).
  • La souveraineté est une caractéristique distinctive, pas un critère constitutif. Sans souveraineté, une collectivité locale pourrait être un État.
2. La Reconnaissance d'État
  • Acte juridique : manifestation de volonté par laquelle un État reconnaît qu'un autre groupement est un État et accepte d'entrer en relation.
  • Débat : caractère déclaratif ou constitutif ?
    • Déclaratif : la reconnaissance constate une existence déjà établie.
    • Constitutif : la reconnaissance participe à la création de l'État (4ème élément constitutif ?). Critique : combien d'États ? Quelles puissances ?
  • La reconnaissance a une influence pratique sur la capacité d'un État à agir sur la scène internationale (ex: Palestine, Abkhazie).
3. Conséquences de l'Existence Juridique de l'État
  • Compétence de la compétence (Kompetenz-Kompetenz) : pouvoir illimité de l'État de définir et d'attribuer ses compétences. Un État peut déléguer des compétences sans perdre sa souveraineté, car il peut les reprendre.
  • Sur le plan interne : principe de non-ingérence. Liberté de l'État de s'organiser économiquement et politiquement.
  • Sur le plan externe : principe d'égalité souveraine des États (Art. 2 par. 1 Charte des Nations Unies). Tous les États ont les mêmes droits et obligations juridiques, malgré les inégalités factuelles (richesse, puissance).
4. La Politique Étrangère des États
  • Définition (James Rosenau) : « ligne d'action que les responsables nationaux suivent pour présenter une situation internationale compatible avec leurs objectifs. »
  • Étroitement liée aux intérêts nationaux.
  • Perceptions selon les théories :
    • Réalistes : se limite aux relations diplomatiques et stratégiques, vise à maximiser la puissance militaire pour la survie de l'État.
    • Autres écoles : va au-delà de la puissance militaire, englobe toutes les relations extérieures.
  • Poreuse entre politique intérieure et extérieure (influences mutuelles). Ex: crise sociale interne ayant des répercussions internationales (Iran), pandémie mondiale influençant politiques nationales.
  • Facteurs déterminants : physiques/géographiques (ressources, étendue), structurels (système politique/économique), humains (personnalité des dirigeants), culturels (mentalités, opinion publique, religion - ex: neutralité suisse).
  • En France : déterminée principalement par les autorités exécutives (Chef de l'État, Premier Ministre, Ministre des Affaires Étrangères).
  • Mise en œuvre par la diplomatie (ambassades, corps diplomatique, Ministère de l'Europe et des Affaires Étrangères).
  • Tendance à la privatisation : appel à des agents privés (experts, ONG) pour certaines questions techniques, montrant que l'État n'a pas le monopole absolu.

B. Les Organisations Internationales (OI)

1. Caractéristiques Communes
  • Très nombreuses, multiplication après la 2nde GM.
  • Définition : Regroupement d'États institué par traité international, doté d'organes permanents pour poursuivre des objectifs d'intérêts communs.
  • Création par traité constitutif/international : différence avec les États dont la naissance repose sur des faits. Le traité détermine son fonctionnement, adhésion, retrait.
  • Sujet dérivé du droit international : créées par les États (sujets originaires).
2. Fonctionnement des OI
  • Moyens humains (organes permanents) et financiers (budget).
  • Organes permanents :
    • Intergouvernementaux : représentent les États membres (ex: Assemblée générale de l'ONU).
    • Intégrés : composés de fonctionnaires agissant pour l'OI (ex: Commission européenne).
  • Budget : contributions obligatoires (selon PIB) et volontaires des États.
    • Fragilité financière : retards de paiement, retraits d'États (ex: USA/OMS sous Trump).
    • Influence des gros contributeurs.
3. Classification des OI
  • Vocation :
    • Universelle : ouverte à tous les États pacifiques, avec critères d'adhésion (ex: ONU, Art. 4 Charte des NU).
    • Régionale : limitée à des États d'un espace géographique (ex: UE, ASEAN) ou partageant des affinités (ex: Coopération islamique). Phénomène de régionalisation croissant.
  • Critère matériel (objet) :
    • Mandat général : compétence large (ex: ONU - paix et sécurité).
    • Mandat spécialisé : limité à un secteur (ex: OMS - santé).
  • Critère fonctionnel (finalité) :
    • Coopération : coordination de politiques, fonctionnement intergouvernemental (ex: OPEP).
    • Intégration : logique supranationale, prise de décision par organes intégrés (ex: UE).
  • Les OI sont en crise (ralentissement de création, remise en cause du multilatéralisme), mais structurent fortement les RI.

C. Les Organisations Non Gouvernementales (ONG)

  • Définition : Personnes morales de droit privé, créées par acte de droit interne, but non-lucratif, champ d'action international. Différentes des OI (créées par États, droit international).
  • Objectif : pallier les insuffisances de l'action publique (ex: aide humanitaire en Haïti).
  • Missions diversifiées : assistance en temps de guerre, développement, droits de l'Homme, environnement.
  • Trois modes d'actions :
    • Opérationnelles : missions de terrain, collaboration possible avec OI.
    • Communicationnelles : lobbying, influence sur politiques et opinions publiques.
    • Normatives : participation à la négociation de textes internationaux (ex: observateur aux COP).
  • Financement : dons privés ou d'États (peut soulever des critiques).
  • Rôle : combler les lacunes de l'action étatique, attirer l'attention sur des sujets délaissés.
  • Image généralement positive, mais parfois critiquée pour ingérence.

D. Les Firmes Multinationales (FM)

  • Définition : Entreprises avec activités et localisation dans plusieurs États, part importante du CA dans les échanges internationaux.
  • Apparition avec la révolution industrielle, essor forte au XXe siècle, renforcée par la mondialisation.
  • Objectif : main-d'œuvre moins chère, normes moins exigeantes.
  • Poids économique conséquent (certaines ont un CA supérieur au PIB d'États). Représentent 2/3 des échanges internationaux.
  • Acteurs politiques : influent sur les politiques publiques nationales et les équilibres régionaux (ex: Huawei, GAFAM).
  • Concurrence avec les fonctions régaliennes de l'État (sécurité, monnaie, cartographie numérique).
  • Dépendance croissante des États au numérique et à ces entreprises.
  • Relais de la politique étrangère des États : vecteurs de puissance et de soft power (ex: contrats Pentagone/GAFAM, Starlink/Ukraine).
  • Intrication entre secteur privé et public (lobbies, personnalités).

E. Les Mouvements Religieux

  • Acteurs anciens et omniprésents dans les RI.
  • Façonnent les RI : source de conflits (croisades, fanatisme, Chiites/Sunnites, Irlande, Kosovo) et de paix.
  • Vecteurs d'influence : positionnement sur questions internationales (guerre, paix, environnement - ex: Pape François aux COP).
  • Influence sur les conflits locaux/internationaux et politiques internationales (ex: Dalaï-Lama pour le Tibet).
  • Même les OI s'adressent aux chefs religieux (ex: Secrétaire des NU pendant la pandémie).

F. Les Organisations Criminelles Transnationales (OCT)

1. Définition et Caractéristiques
  • Organisations qui commettent des crimes transnationaux (infractions dans plusieurs États ou avec effet dans des États tiers).
  • Exemples : trafic de drogue, traite d'êtres humains, cybercriminalité. S'adaptent aux évolutions sociétales.
  • Profitent de la mondialisation (développement des transports/communications, libéralisation, déréglementation) pour accroître leurs activités.
  • Diffèrent des organisations terroristes :
    • OCT : liées au territoire, agissent pour un but lucratif, cherchent à rester cachées.
    • OT : très diffuses, motivations idéologiques/politiques, violence de masse revendiquée, recherchent la terreur.
  • Constituent la « face noire de la mondialisation ».
2. Influences et Conséquences
  • Exploitation des failles de la mondialisation (ex: réseaux de passeurs exploitant migrants).
  • Cibles variées : Mafias, gangs, narcotrafiquants, réseaux de traite. Se diversifient et s'internationalisent.
  • Effet perturbateur direct sur les RI : menacent la sécurité collective, entravent le développement des sociétés.
  • Victimes directes (personnes privées) et victimes indirectes (affaiblissent les États et les institutions publiques).
  • Prosperent dans les États affaiblis, révèlent les limites de l'action étatique.
  • Contraignent les États à la coopération (ex: Interpol).

G. Le Terrorisme International

1. Définition et Évolution
  • Phénomène ancien, idéologies variées, difficile à définir.
  • Pas de consensus international sur une définition juridique contraignante. Les résolutions (ex: AGNU 1996) ne sont pas contraignantes.
  • Historiquement, certains actes terroristes liés aux luttes d'indépendance/décolonisation étaient perçus comme légitimes.
  • Évolution vers le terrorisme religieux (ex: Al Qaïda, 1988) : d'un terrorisme "ciblé" à un terrorisme "diffus" et global, s'opposant aux pays occidentaux.
  • Métamorphoses des groupes (ex: GIA, Al Qaïda, Daech).
2. Conséquences et Défis
  • Daech : a montré la frontière fine entre État et organisation terroriste (revendiquait un territoire, une structure gouvernementale).
  • Effet perturbateur : sème le trouble, le chaos, la peur.
  • Perturbe les conceptions classiques des RI : crée une zone intermédiaire entre paix et guerre.
  • Pas de frontière claire entre intérieur et extérieur : menace externe peut frapper l'intérieur.
  • Contraint les États à revoir leur sécurité et à coopérer.
  • Considéré comme l'une des menaces les plus essentielles pesant sur la société civile.

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