Diarrhée : Définition, Diagnostic et Traitement
45 KartenLa diarrhée : définition, étiologies, signes de gravité, diagnostic et traitement. La diarrhée du voyageur et post-antibiothérapie est également abordée.
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Introduction à la diarrhée
La diarrhée est définie par l'élimination d'une quantité anormale de selles liquides, soit au moins 3 selles liquides par jour ou un volume supérieur à 250g/jour. Cette pathologie est dans la majorité des cas aiguë et se résout spontanément.
Classification selon la durée
Diarrhée aiguë : dure moins de 2 semaines. Majoritairement d'origine infectieuse.
Diarrhée prolongée : dure entre 2 et 4 semaines.
Diarrhée chronique : dure plus de 4 semaines. Davantage d'étiologies non infectieuses.
Étiologies de la diarrhée
La cause principale des diarrhées est l'infection (virale, bactérienne, parasitaire).
Causes Infectieuses | Virus, bactéries, parasites |
Causes Inflammatoires | MICI (Maladies Inflammatoires Chroniques de l'Intestin), vascularites intestinales |
Causes Néoplasiques | Carcinome digestif, lymphome |
Causes Médicamenteuses | AINS (Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens), laxatifs |
Causes Endocriniennes | Hyperthyroïdie, insuffisance surrénalienne |
Autres | Fausse diarrhée du constipé, toxiques (ex: champignons) |
Les diarrhées aiguës sont principalement infectieuses, tandis que les diarrhées chroniques sont plutôt non infectieuses (tumorales, inflammatoires).
Complications et signes de gravité
La complication la plus critique et à rechercher systématiquement est la déshydratation aiguë.
Signes de déshydratation
Extracellulaire : pli cutané, cernes orbitaires, extrémités froides, marbrures, oligurie, collapsus.
Intracellulaire : soif intense, sécheresse des muqueuses, troubles de la conscience, coma.
Autres complications rares
Syndrome pseudo-occlusif : nausées, vomissements, arrêt des matières et des gaz. Souvent favorisé par l'hypokaliémie induite par la diarrhée.
Colite grave.
Sepsis grave et bactériémies avec foyers secondaires : quand l'infection se généralise.
Facteurs de risque de l'insuffisance rénale aiguë
Certains traitements au long cours augmentent le risque d'insuffisance rénale aiguë en cas de diarrhées aiguës:
Diurétiques
IEC (Inhibiteurs de l'Enzyme de Conversion)
Cette situation est fréquente chez les personnes âgées traitées pour insuffisance cardiaque ou hypertension artérielle.
Critères d'hospitalisation
Terrain :
Âge inférieur à 3 mois.
Décompensation d'une comorbidité.
Isolement social.
Clinique :
Vomissements empêchant la réhydratation.
Déshydratation aiguë, perte de poids supérieure à 8% du poids corporel.
Collapsus, signes de sepsis.
Syndrome occlusif fébrile.
Troubles de la vigilance.
Colectasie (ballonnement abdominal marqué).
Diarrhée fébrile au retour d'une zone d'endémie palustre.
Diagnostic étiologique
La plupart des diarrhées sont de courte durée, sans gravité et ne nécessitent pas d'examens complémentaires pour les patients non fragiles.
Causes des diarrhées infectieuses en Amérique du Nord
Virales.
Bactériennes.
Parasitaires.
Diarrhée post-antibiothérapie
Il est essentiel de penser au Clostridioides difficile chez les patients fragiles (âgés, immunodéprimés) ayant développé une diarrhée sous ou après antibiothérapie.
Examens complémentaires spécifiques
Coproculture
Recherche de bactéries pathogènes dans les selles. Indiquée en cas de:
Signes de gravité.
Syndrome dysentérique : épreintes (douleurs abdominales et besoins impérieux), ténesme (sensation de tension rectale), selles glairo-sanglantes.
Voyage récent en zone tropicale + diarrhée.
Immunodépression : recherche d'entérobactéries (Shigella, Salmonella, Campylobacter, Yersinia).
Examen virologique des selles
Recherche de rotavirus, adénovirus, norovirus. Effectuée pour:
Diarrhées de l'immunodéprimé.
Épidémies en collectivité.
Cet examen n'est pas systématique car il n'impacte pas toujours le traitement étiologique en l'absence de terrain particulier.
Examen parasitologique des selles
Recherche de parasites tels que Entamoeba histolytica, Giardia duodenalis, helminthes (larves d'anguillules, œufs de schistosome). Indiqué pour:
Personnes ayant voyagé en zone d'endémie.
Patients immunodéprimés (VIH ou non) : recherche de cryptosporidiose, microsporidiose et isosporidiose.
Diarrhée rebelle du voyageur.
Diarrhée rebelle du sujet immunocompétent (cryptosporidiose).
Ces étiologies parasitaires appellent un traitement spécifique.
Recherche de toxines de Clostridioides difficile
À demander spécifiquement. La bactérie est détectée par la GHD (Glutamate Déshydrogénase) et la production de toxines par tests immuno-enzymatiques ou PCR. Cette recherche est effectuée chez les personnes développant une diarrhée sous antibiothérapie ou ayant reçu une antibiothérapie moins de 3 mois avant le début de la diarrhée.
Autres examens
Hémocultures en cas de fièvre.
Examens d'évaluation du retentissement : NFS, électrolytes, créatinine, équilibre acidobasique.
Examens endoscopiques (rectosigmoïdoscopie, coloscopie) : rarement, en cas de persistance de la diarrhée, rectorragies ou diarrhée rebelle.
Traitement de la diarrhée
Le traitement vise à prévenir et corriger la déshydratation, et à réduire l'intensité de la diarrhée.
Réhydratation
Voie orale : autant que possible.
Voie intraveineuse (IV) : indiquée pour les pertes de poids corporelles > 8% ou formes graves.
Hydratation IV sur 24h, correspondant au poids perdu.
Perfusion de la moitié des pertes hydrosodées entre H0 et H6.
L'autre moitié entre H6 et H24.
Réduction de l'intensité de la diarrhée
Maintien des apports alimentaires.
Anti-diarrhéiques anti-sécrétoires : l'acétorfan est préféré au lopéramide (ce dernier pouvant ralentir le transit et entraîner des complications).
Antibiothérapie
L'antibiothérapie n'est pas systématique car la moitié des étiologies sont virales. Elle est réservée aux cas suivants:
Aux formes graves de diarrhées :
Cholériformes (très aqueuses).
Gastro-entéritiques (diarrhée + fièvre + vomissements).
Aux terrains fragiles :
Âges extrêmes de la vie.
Immunodéprimés.
Prothèses vasculaires/anévrismes.
Drépanocytose.
Aux diarrhées à Clostridioides difficile et aux syndromes dysentériques fébriles.
Hygiène
L'hygiène des mains et les précautions contact sont cruciales. Pour Clostridioides difficile, des précautions renforcées par lavage des mains avec eau et savon sont nécessaires (en plus du SHA).
Diarrhée du voyageur (retour des tropiques)
Très fréquente chez les voyageurs et liée au péril fécal (contamination de l'eau potable par les matières fécales). Elle est généralement précoce, de courte durée et résolutive au retour.
Caractéristiques
Apparaît souvent la première semaine de voyage.
Étiologie bactérienne majoritaire (> 50%, principalement E. coli entérotoxinogène).
Virale : 5-25%.
Parasitaire : < 10%.
Gestion et traitement
La plupart des diarrhées du voyageur guérissent sans antibiothérapie, avec réhydratation, attention à l'alimentation et utilisation d'anti-diarrhéiques (racécadotril ou lopéramide). Guérison en 3-5 jours.
L'antibiothérapie n'est pas automatique. Elle est indiquée pour les diarrhées cholériformes (> 1-2 jours) ou invasives (ciprofloxacine ou azithromycine pendant 1 à 5 jours).
En cas de diarrhée associée à la fièvre au retour d'un voyage, penser au paludisme et à la fièvre typhoïde.
Prévention
L'exposition au péril fécal se fait principalement par les aliments et l'eau.
L'hygiène alimentaire est la première mesure préventive.
La chimioprophylaxie n'est généralement pas recommandée en raison des effets indésirables et de la lourdeur du traitement.
Conseils d'hygiène alimentaire
Ces conseils préviennent la tourista, l'hépatite A et E, la typhoïde et les parasitoses intestinales.
Se laver les mains (eau + savon ou gel hydro-alcoolique).
Boire de l'eau capsulée (attention aux glaçons) ou rendue potable.
Consommer du lait pasteurisé ou bouilli.
Peler les fruits.
Éviter les crudités et les coquillages.
Consommer œufs, viandes, poissons, crustacés bien cuits.
Points clés
Risque majeur de déshydratation.
les étiologies virales sont fréquentes en dehors des voyageurs.
La recherche étiologique est ciblée sur les cas hospitalisés, post-antibiotiques, immunodéprimés, toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) et formes rebelles.
Le traitement symptomatique est toujours de mise.
Un traitement étiologique est parfois nécessaire.
Une bonne hygiène est essentielle, avec des précautions contact et des précautions spécifiques pour Clostridioides difficile.
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