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Définitions et champ de l'économie

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Exploration des origines, définitions et champs sémantiques de l'économie, incluant ses aspects historiques, théoriques et pratiques.

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Frage
Que signifie l'expression « usage alternatif » ?
Antwort
Un usage alternatif implique un choix entre différentes options avec les mêmes ressources, par exemple acheter un livre ou un disque.
Frage
Quelle est la différence entre « économie politique » et « politique économique » ?
Antwort
L'économie politique est une discipline scientifique, tandis que la politique économique est l'ensemble des interventions des pouvoirs publics dans l'économie.
Frage
D'où vient le mot 'économie' ?
Antwort
Le mot « économie » vient du grec ancien "oikonomia", composé de "oikia" (maison) et "nomos" (loi/règle).
Frage
Que signifie 'oikonomia' au sens restreint primitif ?
Antwort
Au sens restreint, "oikonomia" signifie l'administration ou la gestion intérieure d'une maison ou d'une famille.
Frage
Qu'est-ce que l'économie au sens courant ?
Antwort
Au sens courant, l'économie désigne l'art de gérer des biens en évitant les dépenses inutiles, voire la science de la production, répartition et circulation des richesses.
Frage
Que signifie le principe du
Antwort
Le rasoir d'Ockham est un principe nominaliste qui dit : « Ne pas multiplier les entités sans nécessité. »
Frage
Qui a formulé le principe du rasoir d'Ockham ?
Antwort
Le principe du rasoir d'Ockham a été formulé par Guillaume d'OCKHAM (1285-1349).
Frage
Quel est le sens courant de l'économie en tant que science sociale ?
Antwort
L'économie, en tant que science sociale au sens courant, étudie la production, l'échange et la consommation des biens et services d'une société.
Frage
Quelle est la définition « formelle » de l'économie selon Lionel Robbins ?
Antwort
Selon Lionel Robbins, l'économie est la science qui étudie le comportement humain en tant que relation entre les fins et les moyens rares à usages alternatifs.
Frage
Pourquoi la définition de Robbins est-elle dite « formelle » ?
Antwort
Elle est dite formelle car elle s'applique à toutes les situations où l'homme doit effectuer des choix, quelles que soient les sociétés ou cultures.
Frage
Quelle est la définition « substantive » de l'économie selon Karl Polanyi ?
Antwort
Selon Karl Polanyi, l'économie est un « processus institutionnalisé » d'interaction avec l'environnement pour satisfaire les besoins (1957).
Frage
Quels sont les quatre aspects polysémiques du terme « Économie » ?
Antwort
Les quatre acceptions sont : comme comportement, comme système productif, comme discipline scientifique et comme science morale.
Frage
Qu'est-ce que l'économie en tant que comportement ?
Antwort
L'économie comme comportement est un comportement d'épargne ou de gestion des ressources rares au moindre coût (principe d'économicité).
Frage
Qu'est-ce que la microéconomie ?
Antwort
La microéconomie étudie le comportement des agents économiques individuels (consommateurs, entreprises) et la formation des prix et quantités.
Frage
Qu'est-ce que la macroéconomie ?
Antwort
La macroéconomie étudie les relations entre les grands agrégats économiques, comme le revenu national, l'épargne, l'investissement, la consommation et l'emploi.
Frage
Quand le syntagme
Antwort
Le syntagme « économie politique » a été utilisé pour la première fois en 1613 par Antoine de MONTCHRESTIEN.
Frage
Quelle est la distinction aristotélicienne entre économique et politique ?
Antwort
Aristote distinguait l'économique relevant de la gestion de la maison et le politique de la gestion de la Cité.
Frage
Comment Adam Smith définit-il l'économie politique ?
Antwort
Pour Adam Smith, l'économie politique vise à procurer au peuple un revenu abondant et à l'État des ressources pour le service public.
Frage
Quelle est la définition de l'économie politique selon Thomas Robert Malthus ?
Antwort
Malthus définit l'économie politique comme la branche de la politique traitant des moyens d'existence d'une nation, liés à la population et la richesse.
Frage
Qui a défini l'économie comme « la science des richesses » ?
Antwort
Pellegrino Rossi a défini l'économie politique comme « la science des richesses ».
Frage
Comment Karl Marx a-t-il défini l'économie scientifique ?
Antwort
Marx l'assimile à l'étude des formes selon lesquelles les hommes produisent, échangent et règlent la répartition au sein des rapports de production.
Frage
Qu'est-ce que la rareté selon Léon Walras ?
Antwort
La rareté, pour Walras, est l'ensemble des choses matérielles ou immatérielles qui ont un prix car elles sont utiles et limitées en quantité.
Frage
Quels sont les principaux objectifs de la politique économique ?
Antwort
Les objectifs principaux sont la croissance économique, le plein-emploi, la stabilité des prix et l'équilibre des échanges extérieurs.
Frage
Qu'est-ce que la politique économique conjoncturelle ?
Antwort
C'est une politique économique à court terme visant à orienter l'activité (soutien de l'emploi, lutte contre l'inflation, etc.).
Frage
Quelle est la définition de la mésoéconomie ?
Antwort
La mésoéconomie est le terme désignant la partie de la science économique intermédiaire entre la micro et la macroéconomie.

CHAPITRE 1.- ÉCONOMIE : ÉTYMOLOGIE ET CHAMP DÉFINITIONNEL

L'économie, comme tout concept définissant une discipline scientifique, possède une étymologie et un champ définitionnel spécifiques.

1.1.- ÉTYMOLOGIE DU CONCEPT « ÉCONOMIE»

  • Le mot « économie » dérive du grec ancien oikonomia.
  • Oikonomia est composé de oikia ou oikos (maison) et nomos (loi, règle ou norme).
  • Au sens restreint primitif, oikonomia signifie administration ou gestion de la maison ou de la famille.
  • Au sens large primitif, il s'assimile à administration du patrimoine, où « maison » représente le patrimoine et « loi » la gestion.

1.2. - CHAMP DÉFINITIONNEL DU TERME « ÉCONOMIE »

Le terme « économie » possède de nombreuses définitions, dont les plus importantes sont les définitions courante, formelle et substantive.

1.2.1.- Définition « courante » de l’économie

  • Au sens courant, l’économie désigne l’art de gérer des biens.
  • Elle implique une gestion évitant les dépenses inutiles, s’appuyant sur le principe d’économie ou rasoir d’Ockham : « Ne pas multiplier les entités sans nécessité. »
  • Le Dictionnaire d’économie et de sciences sociales définit le nominalisme comme la théorie selon laquelle « Les constructions scientifiques, les catégories utilisées ne sont pas des reproductions du réel mais des créations contingentes de l’observateur. »
  • Ce principe, issu de Guillaume d’OCKHAM (1285-1349), a inspiré de nombreux philosophes (Thomas HOBBES, John LOCKE, Étienne Bonnot de CONDILLAC, Willard Van ORMAN).
  • De nos jours, l’économie désigne aussi soit l'état des grandes variables économiques (production, répartition, consommation) au sein d’un territoire donné (économie nationale), soit la Science qui étudie la production, la répartition et la circulation des richesses.
  • Elle est également définie comme une science sociale qui étudie la production, l’échange et la consommation des biens et services d’une société.

1.2.2.- Définition « formelle » de l’économie

  • L'économiste Lionel ROBBINS (1898-1984) a défini l'économie en 1932 comme : « la science qui étudie le comportement humain en tant que relation entre les fins et les moyens rares à usages alternatifs ».

1.2.2.1.- Justification de cette définition « formelle »

  • Cette définition est dite formelle car elle s’applique à toutes les situations et cultures où l’homme doit faire des choix, quelle que soit la nature de l’activité.
  • Faire un choix exige un usage alternatif.

1.2.2.2.- De l’expression « usage alternatif »

  • Un usage alternatif implique un choix, comme acheter un dictionnaire ou un enregistrement avec la même somme d'argent, ou choisir entre travailler moins et gagner moins, ou travailler plus pour gagner plus.

1.2.3.- Définition « substantive » de l’économie

  • Pour des économistes comme Karl POLANYI (1886-1964), l’économie est un « processus institutionnalisé » d’interaction entre « l’homme et son environnement naturel et social » visant l'approvisionnement en « moyens matériels de satisfaire les besoins » (1957).
  • Cette définition est également appelée « matérielle » et s’oppose à la définition « formelle ».

1.3.- CHAMP SÉMANTIQUE DU TERME "ÉCONOMIE"

  • Autrefois liée aux institutions sociales (parenté, politique, religion), l'économie s'est aujourd'hui élargie pour devenir une « sphère d'activités spécifiques », rendant le terme polysémique.

1.3.1.- Aspect polysémique du terme « Économie »

Le vocable « économie » peut être compris sous quatre acceptions distinctes :

  1. L'économie comme comportement :
    • Comportement d'épargne (« faire des économies »).
    • Comportement de gestion au moindre coût des ressources rares (principe d'économicité).
    • Comportement de non-utilisation (« faire l'économie d'un discours »).
    • La question économique associée est : Comment faire coïncider au mieux la demande et l’offre ? La réponse réside dans la description et l’explication des comportements des agents économiques au niveau individuel (microéconomie) et national (macroéconomie).
  2. L'économie comme système productif :
    • Représente l'ensemble des activités productives d'un pays, d'une région ou d'une branche (ex : « l'économie française »).
  3. L'économie comme discipline scientifique :
    • Elle est étudiée au sein des sciences sociales, connue sous le nom d'économie politique ou science économique.
    • Adam SMITH est souvent considéré comme le « père de la science économique ».
  4. L'économie comme science morale :
    • Selon Amartya Kumar SEN (Prix Nobel 1998), l'économie est une « science morale ».
    • « L'économie est une science morale car il est nécessaire d'agir sur le plan économique quand la dignité humaine est bafouée. Les individus sont en droit de saisir les opportunités de l'existence pour vivre dignement en société. Il appelle « capabilité » la capacité que possède toute personne de choisir sa vie. La société doit permettre l'exercice des libertés fondamentales et contribuer à la satisfaction des besoins essentiels. » (Éthique et économie, 1993)

1.3.2.- Évolution syntagmatique du terme « économie »

  • Le contenu du terme « économie » varie selon les époques et les contextes (champs d'études, fluctuations des variables, tensions sociales, etc.).
  • Le terme « économie politique » a été utilisé pour la première fois en 1613 par Antoine de MONTCHRESTIEN dans son Traité de l'économie politique, et en 1773 par Pierre-Samuel DUPONT de NEMOURS.

1.3.2.1.- Distinction "aristotélicienne"

« Rappelons, en effet, que pour Aristote, ces deux domaines doivent être distingués : le premier relève du « sage et légitime gouvernement de la maison pour le bien commun de toute la famille », tandis que le second concerne la « gestion de la Cité ». » « (...) L'accouplement des fonctions du prince et du père de famille contribue également à modifier les représentations courantes de l'État comme institution de commandement. Il justifie en effet une expansion de l'art de gouverner sur le terrain économique — la recherche du bien-être matériel – qu’Aristote réservait à la seule famille se voyant promu au rang de tâche légitime du gouvernement. »

1.3.2.2.- Acception "mercantile"

« Les mercantilistes pour leur part, s’emploient à amalgamer les deux notions en un seul syntagme économie politique ou police économique. Ce faisant, ils contribuent de façon décisive non seulement à inventer une nouvelle discipline, dont on connaît l’essor prodigieux qu’elle aura par la suite, mais à instituer une représentation morale de l’État où le souverain de la polis se retrouve avec les mêmes responsabilités qu’un père à l’égard de sa famille : il lui incombe d’assurer la subsistance, la reproduction et le « bien-être » de ses membres. »

1.4.- QUELQUES DÉFINITIONS DU SYNTAGME NOMINAL "ÉCONOMIE POLITIQUE"

L'économie politique a été définie de diverses manières au cours de l'histoire.

1.4.1.- Selon Adam SMITH (1723-1790)

Dans Recherche sur la nature et les causes de la richesse des Nations (1776) :

« L’économie politique, considérée comme une branche des connaissances du législateur et de l’homme d’État, se propose deux objets distincts : le premier, de procurer au peuple un revenu ou une subsistance abondante ou, pour mieux dire, de le mettre en état de se procurer lui-même ce revenu ou cette subsistance abondante ; le second est de fournir à l’État ou à la communauté un revenu suffisant pour le service public. Elle se propose d’enrichir en même temps le peuple et le souverain. »

1.4.2.- Pour Thomas Robert MALTHUS (1766-1834)

Dans Essai sur le principe de population (1798) et Aperçus sur les effets passés et présents relativement au bonheur de l'humanité (1803) :

« L'économie politique semble être cette branche de la politique qui traite des moyens d'existence d'une nation. Ces moyens sont manifestement les individus qui la composent et les ressources qui servent à l'existence de ces individus. La population et la richesse sont donc les deux (2) titres sous lesquels se rangent tous les principes de l'économie politique. »
  • Malthus soutenait que la misère est inévitable car la population croît plus vite que les moyens de subsistance (progression géométrique vs progression arithmétique).
  • Il proposait une politique antinataliste (continence, mariages tardifs, célibat) pour réduire la population.
  • Il soulignait que : « Un homme [...] si la société ne peut pas utiliser son travail [...] est de trop sur la terre. Au grand banquet de la nature, il n'y a pas de couvert mis pour lui ; la nature lui commande de s'en aller et elle ne tarde pas à mettre cet ordre elle-même à exécution. »

1.4.3.- À l’âge classique

  • Pour Jean-Baptiste SAY (1767-1832), elle étudie « les lois de la production, de la distribution et de la consommation des richesses. »

1.4.4.- Pour Pellegrino ROSSI (1787-1848)

Dans DE LA DISTRIBUTION DE LA RICHESSE (1836-1837) :

« C’est la science des richesses. »

1.4.5.- Pour John Stuart MILL (1806-1873)

Dans ses Principes de l’économie politique (1848) :

« L’économie politique est la science qui traite de la production et de la distribution des richesses, en tant que cette production et cette distribution dépendent des lois de la nature humaine. »

1.4.6.- Selon Karl MARX (1818-1883)

Dans Le Capital :

« L’économie scientifique est l’étude des formes selon lesquelles les hommes produisent, échangent et règlent la répartition au sein des rapports de production caractéristiques d’une société. »

1.4.7.- D’après Raymond BARRE (1924-2007)

« L’économie politique est la science de l’administration des ressources rares dans une société humaine. Elle étudie les formes que prennent les comportements humains et les conduites sociales dans l’aménagement onéreux du monde extérieur et les actes qui se proposent de réduire la tension qui existe entre les désirs illimités et les moyens limités des sujets économiques. »
  • La notion de rareté est centrale.
  • Selon Léon WALRAS (1834-1910) : « L'ensemble de toutes les choses, matérielles ou immatérielles, qui sont susceptibles d'avoir un prix parce qu'elles sont rares, c'est-à-dire à la fois utiles et limitées en quantité, forme la richesse sociale. »
  • Le Dictionnaire d'économie et de sciences sociales définit la rareté comme : « Tension entre les besoins et les ressources disponibles pour les satisfaire. »
  • Il convient de distinguer la rareté relative et la rareté absolue. Les prix de marché sont des indicateurs de la rareté relative.

1.4.8.- Position des économistes russes d'avant 1991

« l'économie politique est la science du dégagement des rapports sociaux de production humaine, c'est-à-dire des relations économiques. Elle explique les lois qui gouvernent la production et la distribution des biens matériels dans la société humaine aux différents stades de son développement. » (Économie politique soviétique, page 10)

1.5.- "ÉCONOMIE POLITIQUE" N'EST PAS "POLITIQUE ÉCONOMIQUE"

  • Le syntagme « économie politique » est distinct de la « politique économique ».
  • La politique économique est définie comme : « Ensemble des interventions des pouvoirs publics dans l'économie caractérisées par la hiérarchie des objectifs poursuivis et le choix des instruments mis en œuvre pour les atteindre. »
  • Objectifs principaux : croissance économique, plein-emploi, stabilité des prix, équilibre des échanges extérieurs.
  • Instruments principaux : budget, régulation de la masse monétaire, taux d'intérêt, taux de change, formation des revenus, redistribution, réglementation.
  • Les politiques économiques sont conjoncturelles et structurelles, avec des impacts souvent croisés.

1.5.1.- Politique économique conjoncturelle

  • C'est une politique économique à court terme visant à orienter l'activité (soutien de l'emploi, limitation de l'inflation, réduction du déficit extérieur).
  • Elle vise à rétablir les grands équilibres sans nécessairement tous les atteindre.
  • Elle se subdivise en :
    • Politiques conjoncturelles de relance (go) : d'inspiration keynésienne, stimulant la croissance et luttant contre le chômage.
    • Politiques conjoncturelles de rigueur (stop) : privilégiant la lutte contre l'inflation, l'assainissement financier et la réduction du déficit extérieur, souvent au prix d'un freinage de la croissance.
  • N.B. : Keynes, en prônant l'intervention de l'État (injection de liquidités, distribution de revenus, grands travaux, etc.) se positionne en défenseur d'une politique conjoncturelle contracyclique.

1.5.2.- Politique économique structurelle

  • Elle s'oppose à la politique conjoncturelle et vise « une modification profonde du fonctionnement de l'économie », en agissant sur les institutions et les comportements des agents économiques.
  • Exemples de mesures structurelles : nationalisation, planification, réglementation du marché, protection sociale.

1.6.- ÉCONOMIE POLITIQUE N'EST PAS "FONCTIONS ÉCONOMIQUES DE L'ÉTAT"

Les fonctions économiques de l'État se répartissent en trois registres selon Pascal CAMBEMALE et Jean-Paul PIRIOU :

  1. L'allocation des ressources (politique de la concurrence, gestion des imperfections du marché).
  2. La distribution des revenus (si elle ne correspond pas aux attentes de la collectivité).
  3. La régulation de l'activité économique (lutte contre le chômage et l'inflation).
  • L'État-gendarme correspond principalement à la première fonction.
  • L'État-providence (après 1945) couvre les trois fonctions, avec un accent sur la distribution des revenus et la régulation.

1.7.- DÉFINITION DE L' "ÉCONOMIQUE"

  • Arthur Cecil PIGOU (1877-1959), dans The Economics of Welfare (1920) définit l'économique par rapport au bien-être :
  • « L'économique est l'étude du bien-être économique qui est cette partie du bien-être qui peut, directement ou indirectement, se mesurer en monnaie. »
  • L'économie du bien-être repose sur des hypothèses individualistes et cherche à déterminer quelle situation économique est la meilleure en termes de répartition des ressources et des revenus.

1.8.- OBJET DE L'ÉCONOMIE POLITIQUE

L'objet de l'économie politique est défini différemment par divers économistes.

1.8.1.- Opinion de Jean-Baptiste SAY

« l’objet de l’économie politique est de faire savoir comment les richesses se forment, se distribuent et se consomment. »

1.8.2.- Opinion de Charles GIDE (1847-1932)

« L’économie politique a pour objet, parmi les rapports des hommes vivant en société, ceux-là seulement qui tendent à la satisfaction de leurs besoins matériels, à tout ce qui concerne leur bien-être. Elle est au corps social à peu près ce que la physiologie est au corps humain. »
  • Adam SMITH est conventionnellement considéré comme le « père de l’économie politique » grâce à son œuvre Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776).
  • D'autres cofondateurs de l'économie politique en tant que science incluent :
    1. Thomas Robert MALTHUS (Essai sur le principe de population, 1798)
    2. Jean-Baptiste SAY (Traité d’économie politique, 1803)
    3. David RICARDO (Principes de l’économie politique et de l’impôt, 1817)
    4. John Stuart MILL (Principes d’économie politique, 1848)

CHAPITRE 2.- DE LA SCIENCE ÉCONOMIQUE

L'économie n'est pas spontanément devenue une science ; ses fondements remontent aux premières activités humaines de production, d'échange et de consommation. Elle a évolué pour devenir une science sociale systématique.

  • La définition la plus complète de la « science économique » est celle de Paul Anthony SAMUELSON (1915-2009).
  • Prix Nobel d’économie en 1970, représentant du « courant de la synthèse » :
  • « La science économique contemporaine est science de l’échange et des choix. Étroitement liée à la sociologie, elle insiste soit sur la rareté des moyens, soit sur le caractère illimité des désirs, toujours sur les calculs rationnels d’acteurs sociaux en interaction. » (L’Économique, 1948)

2.1.- EN QUEL SENS L’ÉCONOMIE EST-ELLE UNE SCIENCE ?

L’économie est une science car elle respecte les exigences d'objectivité, de théories et d'évolution, à l'instar d'autres sciences humaines et sociales.

2.1.1.- Caractéristique “objective”

  • L’économie se fonde sur des faits réels, sans partialité ni émotion, et obéit aux principes d’impartialité et de désintéressement.

2.1.2.- Caractéristique "théorique"

  • L’économie est un ensemble de théories élaborées méthodiquement, testées, corrigées et complétées.
  • Elle se distingue d'un simple agrégat d'opinions ou de doctrines par son caractère systématique.
  • Elle implique une « conception rationnelle d’un certain état de faits » et une « construction rationnelle et synthétique » pour déduire des principes et des lois.
  • La théorie économique définit les cadres pour analyser la disparité des taux de croissance, prévoir les flux monétaires, comprendre les cycles économiques et les comportements des entreprises transnationales.

2.1.3.- Caractéristique "évolutive" ou "dynamique"

  • L’économie évolue constamment en fonction des variables économiques, de l'environnement, de la technologie et des nouveaux besoins à satisfaire.

2.2.- QUID DU SAVOIR-FAIRE ÉCONOMIQUE ?

  • Pour Raymond GUILLIEN et Jean VINCENT, le savoir-faire est constitué de « Connaissances dont l'objet concerne la fabrication des produits, la commercialisation des produits ou services ainsi que le financement des entreprises qui s'y consacrent, fruit de la recherche ou de l'expérience, non protégées par brevet, non immédiatement accessibles au public et transmissibles par contrat. »
  • Un brevet d'invention est un « Titre délivré par les pouvoirs publics [...] conférant un monopole temporaire d'exploitation (20 ans) sur une invention à celui qui la révèle ».
  • Les critères de brevetabilité sont la nouveauté, l'activité inventive et l'application industrielle.

2.3.- BUT DE LA SCIENCE ÉCONOMIQUE

  • Le but de la science économique est d'expliquer et de prévoir.
  • Pour cela, elle utilise l'analyse théorique (connaissance a priori) et la recherche empirique (connaissance a posteriori, basée sur l'expérience).
  • La recherche empirique permet de vérifier les hypothèses de l'analyse théorique.
  • La science économique étudie la production, la distribution et la consommation en tenant compte de la loi de la rareté, car les besoins sont illimités et les ressources limitées.

2.4.- OBJET DE LA SCIENCE ÉCONOMIQUE

  • Selon Étienne Bonnot de CONDILLAC, l'objet de la science économique est le commerce.
  • Elle étudie et recherche les « lois » qui gouvernent la production, la consommation et l'échange des biens et services.
  • Elle vise à trouver des moyens de répartition rationnelle des ressources rares pour répondre aux besoins humains.

2.5.- LES PHASES DE LA SCIENCE ÉCONOMIQUE

La science économique a traversé quatre phases distinctes :

  1. La phase préscientifique (des origines à 1750) : apparition du mercantilisme.
  2. La deuxième phase (1750-1870) : naissance de la science économique proprement dite, avec :
    • L'École libérale classique ou École des Physiocrates en France (1750-1870).
    • L'École classique anglaise en Angleterre (1776-1850).
  3. La troisième phase (1870-1930) : découverte et élaboration des principes théoriques fondamentaux, avec la naissance de l'École Néo-classique ou École Marginaliste (1870-1930).
  4. La quatrième phase (des années 1930 à nos jours) : approfondissement et extension de la science économique, marquée par :
    • La création du terme « macroéconomie » par Ragnar Anton Kittil FRISCH en 1933.
    • L'expansion de la macroéconomie avec la « Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie » de John Maynard KEYNES (1936).
    • Le « courant de synthèse » après la Seconde Guerre mondiale, avec des modèles macroéconomiques par John Richard HICKS (schéma IS/LM), Paul Anthony SAMUELSON, James TOBIN, Franco MODIGLIANI et Don PATINKIN.
    • Les débats entre keynésiens et classiques, avec l'École de Cambridge (Joan ROBINSON, Nikolas KALDOR), la théorie du déséquilibre (Edmond MALINVAUD, Jean-Pascal BENASSY), l'École du circuit (Frédéric POULON, Alain PARGUEZ) et l'École des conventions (Olivier FAVEREAU, André ORLÉAN).
    • Les nouveaux keynésiens, comme Gregory Nicholas MANKIW, qui, selon certains, s'éloignent des préceptes originaux de Keynes.

2.6.- DIVISION DE LA SCIENCE ÉCONOMIQUE

La science économique est traditionnellement divisée en deux branches principales, avec une troisième branche intermédiaire plus récente.

  • La microéconomie, dont les rudiments remontent aux origines de la famille.
  • La macroéconomie, terme créé en 1933 par Ragnar Anton Kittil FRISCH, et popularisée par John Maynard KEYNES en 1936.
  • La mésoéconomie, terme créé en 1975 par Stuart Kingsley HOLLAND, en tant que branche intermédiaire.

2.6.1.- Définition de la microéconomie

  • Pour John J. HARTER : « Branche des sciences économiques qui s’intéresse avant tout à l’étude de ceux qui prennent des décisions à titre individuel (consommateurs, chefs d’entreprise et sociétés), à la façon dont leurs décisions interviennent dans la détermination des prix relatifs des marchandises et des facteurs de production, et des quantités achetées ou vendues. »
  • Le Dictionnaire d'économie et de sciences sociales distingue :
    • Microéconomie : « Partie de la science économique qui analyse les comportements des individus ou des entreprises, et leur choix dans le domaine de la production, de la consommation, de la fixation des prix et des revenus. »
    • Microéconomie (nouvelle) : « Développements récents de la microéconomie qui, s'intéressant aux problèmes d'incertitude et donc d'information, mettent l'accent sur les contrats et les institutions. »

2.6.1.1.- Approche micro-économique

  • L'approche micro-économique analyse le comportement des agents économiques (consommateurs, producteurs) et les mécanismes de détermination des composantes de la production nationale.
  • Elle étudie le comportement du consommateur (courbes d'indifférence), du producteur (coûts), et la formation des prix sur différents types de marchés (concurrence pure et parfaite, monopole).

2.6.2.- Définition de la macroéconomie

  • Pour John J. HARTER : « Branche des sciences économiques qui s’intéresse avant tout à l’étude des rapports entre de grands agrégats économiques tels que le revenu national, l’épargne, les investissements, la consommation, l’emploi, la masse monétaire, le niveau moyen des prix, les exportations, les importations et la balance des paiements. »
  • Le dictionnaire précédemment cité la définit comme : « Partie de la science économique qui s'intéresse aux quantités globales (PIB, investissement, consommation), agrégées au niveau d'une région, d'un pays ou d'un groupe de pays et à leurs relations. » Elle est fortement influencée par la pensée keynésienne.

2.6.2.1.- Approche macro-économique

  • L'approche macro-économique analyse le fonctionnement global de l'économie nationale pour expliquer les phénomènes économiques dans leur ensemble.
  • Elle s'intéresse à la production globale, au revenu national, au niveau d'emploi et au niveau général des prix. Elle étudie les mécanismes qui déterminent le volume de la production nationale, le chômage, l'inflation, etc.

2.6.3.- Définition de la mésoéconomie

  • La mésoéconomie est définie comme : « Terme créé en 1975 par S. Holland ; il désigne la partie de la science économique intermédiaire entre la micro et la macroéconomie, et analyse les comportements au niveau des grands groupes ou des branches industrielles. »
  • Elle se concentre sur des niveaux intermédiaires comme le secteur d'activité, la branche d'activité ou la région.

En somme, la microéconomie, la macroéconomie et la mésoéconomie, bien que se combinant parfois, conservent leurs spécificités pour décrire et catégoriser les phénomènes économiques.

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