Corynebacterium et Diphtérie
20 KartenCe document explore le genre Corynebacterium, détaillant ses caractéristiques et les infections associées, notamment la diphtérie causée par Corynebacterium diphteriae, ulcerans et pseudotuberculosis. Il aborde la physiopathologie de la toxine diphtérique, le diagnostic microbiologique et les méthodes d'identification.
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Genre Corynebacterium
Bactéries courantes avec des implications variées en santé humaine.
Caractéristiques Générales
- Gram +
- Se décolorent facilement par traitement à l'alcool.
- Formes polymorphes : bâtonnets, massues, raquettes, alphabétiques (au moment de la division).
- Disposition caractéristique : isolées, groupées en petits amas, en palissades ou en lettres d'alphabet.
- Non sporulées.
- Possèdent des granulations métachromatiques.
- AéroBie ou AéroAnaérobie Facultatif (AAF).
- Catalase +.
Habitat
- Saprophytes dans l'environnement.
- Commensaux de la peau et des muqueuses de l'homme (surtout les voies respiratoires).
Rôle Pathogène et Exemples
- Souvent considérées comme des contaminants.
- Peuvent causer des infections nosocomiales.
- Exemples : Corynebacterium xerosis, Corynebacterium pseudotuberculosis, Corynebacterium jeikeium.
- D'autres espèces sont isolées lors d'infections chez des sujets fragilisés.
La Diphtérie - Angine Diphtérique
Maladie grave causée par des corynébactéries du complexe diphtérique.
- Corynebacterium diphtheriae est la cause principale.
- Corynebacterium ulcerans et Corynebacterium pseudotuberculosis peuvent aussi sécréter la toxine diphtérique.
- Les souches toxinogènes sont lysogénisées par un bactériophage (gène tox).
Transmission de la Diphtérie
- Corynebacterium diphtheriae :
- Maladie très contagieuse, strictement humaine.
- Transmission par contact direct (malade ou porteur sain) via inhalation de gouttelettes salivaires.
- Corynebacterium ulcerans et Corynebacterium pseudotuberculosis :
- Zoonoses (transmission par les animaux).
- La vaccination a réduit la diphtérie mais ne l'a pas éradiquée.
- La vaccination cible la toxine diphtérique, seul facteur de pathogénicité.
Manifestations Cliniques
- Apparition brusque : fièvre, malaises, maux de gorge.
- Incubation : 2 à 6 jours.
- Forme typique : angine pseudomembraneuse (fausses membranes blanchâtres, extensives, adhérentes).
- Localisation : amygdales, piliers, voile du palais.
- Accompagnée d'adénopathies satellites.
- Complication grave : "croup" (extension des fausses membranes au larynx, pouvant causer asphyxie et nécessiter une trachéotomie).
- Gravité liée à la diffusion de la toxine diphtérique par voie sanguine :
- Atteinte de divers organes, notamment le myocarde et le système nerveux périphérique.
- Formes sévères : paralysies du voile du palais, polynévrites des membres, myocardite (troubles du rythme, hypotension), troubles rénaux.
- Gravité accrue par le délai de traitement et la toxicité des souches.
Physiopathologie de la Diphtérie
- Multiplication des bactéries dans le rhinopharynx.
- Adénopathies locales.
- Production d'enzymes et de toxines.
- Seules les souches portant le gène tox (via prophage à ADN) produisent la toxine.
- Toxine diphtérique :
- Nature protéique.
- Composée de 2 fragments (A et B).
- Bloque la synthèse protéique des cellules cibles.
- Mécanisme d'action : fixation au récepteur, endocytose, séparation A/B dans l'endosome acide, fragment A pénètre dans le cytoplasme et inhibe les ribosomes.
- Conséquences locales : lésions des cellules épithéliales, formation de fausses membranes (leucocytes, fibrine, débris cellulaires).
- Conséquences systémiques : diffusion sanguine de la toxine, atteinte du myocarde et du système nerveux périphérique.
Diagnostic Microbiologique de la Diphtérie
- Permet de déterminer l'espèce et le pouvoir toxinogène.
- Diagnostic de certitude : isolement de la bactérie à partir de prélèvement (nasal, pharyngé, fausses membranes).
- Recherche du pouvoir toxinogène en urgence :
- PCR : recherche du gène tox (méthode de référence).
- ELISA.
- Réaction de précipitation en gel (Test d'Elek).
Traitement de la Diphtérie
- Sérothérapie :
- La plus précoce possible.
- Neutralise la toxine (injection d'anticorps anti-toxine).
- Antibiothérapie :
- Amoxicilline et érythromycine (systématique).
- N'a pas d'effet sur les lésions toxiniques.
- Interrompt le portage et la contagiosité en moins de 48h.
- Traitements spécifiques : trachéotomie si obstruction respiratoire.
Prévention de la Diphtérie
- Vaccination obligatoire :
- Vaccin inactivé sous-unitaire (anatoxine diphtérique).
- Calendrier vaccinal français (rappel à 25, 45, 65 ans, etc.).
- Maladie à déclaration obligatoire :
- Isolement du malade.
- Antibioprophylaxie des contacts proches.
- Dépistage et traitement des porteurs sains.
- Exclusion scolaire.
Genre Haemophilus
Bactéries exigeantes qui peuvent causer diverses infections, notamment respiratoires.
Caractéristiques Générales
- Bacilles ou coccobacilles Gram –.
- Souvent polymorphes.
- Immobiles, non sporulées.
- AAF, fermentent le glucose, généralement NR+.
- Exigences nutritives : ne cultivent pas sur milieux ordinaires car nécessitent :
- Facteur V (NAD) : thermolabile, coenzyme.
- Facteur X (Hémine) : thermostable, composant d'enzymes respiratoires.
Espèces Principales
- Haemophilus influenzae : l'espèce la plus pathogène.
- Capsulées : sérotypes a, b, c, d, e, f (sérotype b le plus fréquent et invasif).
- Non capsulées : différents biotypes (I à VIII).
- Haemophilus parainfluenzae : différents biotypes.
- Haemophilus haemolyticus.
- Haemophilus ducreyi : agent du chancre mou (IST tropicale, difficile à cultiver).
Habitat et Écologie
- Parasites obligatoires de l'homme et des animaux (dépendance aux facteurs hémophiles).
- Ne survivent pas dans l'environnement extérieur.
- Présents sur les muqueuses humaines et animales, surtout voies respiratoires supérieures (flore normale oropharyngée).
- Haemophilus parainfluenzae : espèce dominante de la flore oropharyngée (10%).
- Haemophilus influenzae (non capsulées) : commensal du rhinopharynx (chez 50% des individus).
- Souches capsulées rares (moins de 5% avant vaccination).
- Peuvent être présents sur les muqueuses génitales ou digestives.
Pouvoir Pathogène et Infections
- Pathogènes occasionnels ou opportunistes (BPO).
- Causes d'infections variées, principalement respiratoires et méningées par Haemophilus influenzae.
Infections non invasives ou muqueuses
- Otites moyennes aiguës (OMA) de l’enfant (40% des cas, 90% non capsulées).
- Sinusites aiguës.
- Conjonctivites (presque exclusivement biotype III).
- Épiglottites (souches capsulées, enfants 1-7 ans).
- Bronchite aiguë ou chronique (souches non capsulées, après défaillance des défenses locales).
Infections invasives
- Méningites purulentes (majoritairement sérotype b avant vaccination, mortalité 2-3%).
- Bactériémies.
- Pneumonies (plus rares, souche capsulée type b).
- Ces infections touchent surtout les enfants de 4 mois à 6 ans et sont rares après 7 ans.
Facteurs de Virulence
- Facteurs d'adhésion : pili, protéines de paroi.
- Rôle du LPS.
- Capsule : résistance à la phagocytose et effet bactéricide.
- Sécrétion d'IgA protéases (inactivent les IgA).
- Sécrétion de ciliotoxine (ralentit et détruit l'épithélium respiratoire).
- Mécanisme d'infection invasive : colonisation muqueuse, pénétration sanguine, dissémination, fixation et infection localisée.
Facteurs de Sensibilité de l'Hôte
- Virulence accrue chez les sujets immunodéprimés : enfants, personnes âgées, malades.
- Adultes et enfants plus âgés développent une résistance humorale (anticorps anti-capsulaires).
Diagnostic Microbiologique
Prélèvements
- Monomicrobiens (interprétation simple) : LCR, hémocultures, liquides d'épanchement, pus de ponction/drainage.
- Polymicrobiens (interprétation délicate) : expectorations, sécrétions trachéo-bronchiques, prélèvements rhinopharyngés.
Examen Direct
- Petits bacilles Gram –, coccobacillaires.
- Immobiles, parfois capsulés.
- Parfois groupés en "banc de poissons".
- Utile pour les prélèvements monomicrobiens, plus difficile pour les polymicrobiens.
Culture
- L'identification du genre Haemophilus repose sur les exigences en facteurs X et V.
- Milieux de culture :
- Gélose chocolat supplémentée (PVX) : apporte facteurs X et V.
- Gélose chocolat PVX + bacitracine : sélectif pour produits polymicrobiens.
- Conditions de culture : ensemencement rapide et massif, milieux préchauffés à 37°C, incubation à 37°C sous 10% CO₂.
- Aspect des colonies :
- Souches capsulées : colonies de type M (volumineuses, sous-ondance) ou S (lisses).
- Souches non capsulées : colonies de type S, parfois R.
Identification
- Vérification morphologique (petits bacilles Gram-).
- Recherche de l'oxydase (parfois lente).
- Recherche des exigences en facteurs X et/ou V (méthodes) :
- Méthode en tubes (eau peptonnée +/– facteurs).
- Méthode des disques en boîte de Petri.
- Méthode du satellitisme : croissance autour d'une strie de S. aureus (fournisseur de facteur V) sur gélose chocolat (fournisseur de facteur X).
- Méthode en boîte de Petri compartimentée.
- Identification complète :
- Genre et biotype : galeries d'identification (API NHI).
- Sérotype : agglutination sur lame (antisérums polyvalents ou monovalents, anti-b surtout).
- Technologies avancées :
- Spectrométrie de masse (MALDI-TOF).
- PCR (détermination du type capsulaire moléculaire).
- Diagnostic rapide : recherche d'antigènes solubles (polysaccharidiques) dans les liquides biologiques (LCR, sérum, urines) par agglutination de particules de latex.
Antibiogramme
- Haemophilus influenzae est naturellement sensible à de nombreux antibiotiques.
- Problème de résistances dues à la production de β-lactamases plasmidiques (résistance à l'ampicilline).
- CMI déterminées par E-test sur milieu MH-F ou gélose chocolat supplémentée.
Prévention
- Concerne uniquement les infections à Haemophilus influenzae type b (Hib).
- Vaccination obligatoire : polysaccharide b (administré avec DTCoq-Polio).
- Primovaccination : 2 injections (2 et 4 mois).
- Rappel : 11 mois.
Genre Legionella
Bactéries associées aux milieux aquatiques et responsables de la légionellose.
Classification
- Famille : Legionellaceae.
- 3 genres, dont Legionella (plus de 50 espèces, nombreux sérovars).
- Légionellose humaine : principalement causée par Legionella pneumophila sérovar 1.
Caractéristiques Générales
- Bacilles Gram – (se colorent mal).
- Non sporulés, non capsulés.
- Aérobies strictes.
- Inertes vis-à-vis des glucides.
- Exigences nutritives : cystéine et fer (ne produisent pas de sidérophores).
Écologie et Habitat
- Bactéries hydrotelluriques : présentes dans les milieux aquatiques naturels (lacs, rivières, puits) et dans les sols, boues, terreaux, plantes aquatiques.
- Conditions de prolifération :
- Température de l'eau : 25 à 45°C.
- Eau stagnante.
- Présence de nutriments (organiques ou minéraux).
- Présence d'un biofilm (amibes, ciliés, cyanobactéries) les protégeant.
- Sources de contamination :
- Sources naturelles (lacs, rivières, sols).
- Écosystèmes artificiels :
- Réseaux d'eau chaude sanitaire (ECS).
- Tours aéro-réfrigérantes (TAR), fontaines réfrigérantes.
- Eaux thermales, bains à remous.
- Humidificateurs, systèmes d'air conditionné.
Maladies Causées par Legionella pneumophila
Provoque deux syndromes distincts :
| Maladie des Légionnaires (Légionellose) | Fièvre de Pontiac | |
| Durée d'incubation | 2 à 10 jours | 1 à 2 jours |
| Taux de mortalité | 0 à 20% (40% ou + chez l'hospitalisé) | 0% |
| Syndrome clinique | Pneumonie (parfois atypique) | Syndrome grippal bénin |
| Symptômes généraux | Fièvre, myalgies, céphalées, diarrhées, vomissements, confusion mentale | Fièvre, myalgies |
| Symptômes respiratoires | Dyspnée, toux, douleur thoracique | Toux |
| Autres organes atteints | SNC, tractus gastro-intestinal, reins, système cardiovasculaire | - |
| Complications | Insuffisance respiratoire, rénale. État de choc avec CIVD | - |
| Évolution | Mortelle si absence d'antibiothérapie | Bénigne, guérison spontanée (en qqs jours) |
Contexte Épidémiologique
- Maladie à déclaration obligatoire.
- Peut être une infection nosocomiale.
- Peut apparaître en cas groupés ou épidémies.
Facteurs de Risque pour la Légionellose
- Âge (> 50 ans).
- Sexe masculin.
- Tabagisme et alcoolisme.
- Immunodépression (maladie ou traitement).
- Affections respiratoires chroniques.
- Exposition prolongée à des sources de contamination.
Transmission
- Transmission aérienne : inhalation d'aérosols d'eau contaminée.
- Pas de transmission interhumaine.
Physiopathologie
- Inhalation.
- Atteinte des alvéoles pulmonaires.
- Passage dans les macrophages.
- Résistance à la phagocytose.
- Multiplication des Legionella dans les phagosomes des macrophages.
- Destruction des macrophages.
- Dissémination (cause systémique).
Traitement de la Légionellose
- Antibiothérapie :
- Traitement classique : érythromycine + rifampicine.
- Alternative : fluoroquinolones (seules ou associées).
- Production fréquente de β-lactamases (rend inefficaces les β-lactamines).
- Durée : 2 à 6 semaines.
Prévention de la Légionellose
- Contrôle et surveillance des eaux.
- Entretien régulier des réseaux d'eau.
- Circulation permanente de l'eau, élimination des points morts.
- Température suffisante de l'eau (pour éviter la prolifération).
- Chloration de l'eau.
Diagnostic Microbiologique de la Légionellose
Quand suspecter une légionellose ?
- Toute pneumopathie avec :
- Absence d'amélioration sous β-lactamines.
- Patient avec facteurs de risque.
- Notion de contagions (source commune).
- Systématiquement en cas de pneumonie nosocomiale.
Prélèvements
- Bronchopulmonaires : LBA (Lavage Broncho-Alvéolaire), aspirations bronchiques, biopsies pulmonaires.
- Hémocultures (rarement positives).
- Urines.
- Acheminement différé : congélation du prélèvement à -20°C.
Détection d'Antigènes Urinaires
- Diagnostic rapide, précoce et simple (dès le début).
- Concerne Legionella pneumophila sérogroupe 1.
- Antigènes polysaccharidiques détectables 2-3 jours après le début des symptômes.
- Méthodes : ELISA, test rapide d'Immunochromatographie.
Amplification Génique (PCR)
- Réalisable sur de nombreux prélèvements.
- Détecte toutes les espèces de Legionella et tous les sérogroupes de L. pneumophila.
Culture
- Legionella ne cultivent pas sur milieux usuels.
- Milieux spécifiques :
- BCYE-alpha (Buffered Charcoal Yeast Extract).
- Contient : tampon, facteurs de croissance (extrait de levures, cystéine), fer (pyrophosphate de fer III), charbon (détoxifiant), acide alpha-céto-glutarique.
- pH : 6,9.
- Peut contenir des antibiotiques sélectifs (ex: BMPA, MWY).
- Conditions : incubation à pendant 10 jours, sous 2,5% .
- Croissance lente (2 à 15 jours).
- Aspect des colonies : "verre fritté", parfois pigmentées (bleu au rose, plus intense en UV).
Identification des Colonies
- Aspect typique sur BCYE alpha.
- Repiquage :
- BCYE sans cystéine : absence de culture.
- Gélose au sang : absence de culture.
- Méthodes confirmatives : MALDI-TOF, tests immunologiques (IFD, agglutination), PCR.
Sérologie (Recherche d'Anticorps)
- Diagnostic tardif (séroconversion après 1 à 10 semaines).
- Méthodes : IFI (Immunofluorescence Indirecte), ELISA.
- Peut confirmer une suspicion clinique, mais faible sensibilité (80%) et faux positifs possibles (réactions croisées).
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