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Conceptions et expressions de l'animation

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Explore les différentes conceptions de l'animation, de l'illusion de vie à l'animation limitée, et aborde la représentation du corps animé.

Animation, Animisme, du Fixe au Mouvant : Différentes Conceptions de l'Animation

L'animation, loin d'être unconcept monolithique, englobe diverses approches et philosophies. Ces notes explorent la transition du "fixe au mouvant" à travers trois conceptions majeures del'animation : l'école animiste (l'illusion de la vie), l'animation limitée, et l'art de manipuler les interstices invisibles, révélant ainsi la complexité esthétique et technique derrière chaque image animée.

1. « L’illusion de la vie » ou la tradition animiste

Cette approche est caractérisée par latentative de donner vie à des éléments non-vivants, s'enracinant dans l'étymologie latine anima (âme, souffle, vie).

  • Origine: Le terme est fortement associé à la spiritualité et à l'animisme.
  • Conception : L’expression « The Illusion of Life », popularisée par Hamilton Luske (animateur chez Walt Disney dans les années 1930) et cristallisée dans le manuel de FranklinThomas et Ollie Johnston (1981), présente les 12 principes fondamentaux de l’animation.
  • Exemple : Le principe de l'« anticipation » vise à traduire le vitalisme de l'univers animé, plutôt qu'un réalisme strict.
  • Hyperréalisme Disney : Souvent associée à cette école, cette notion, selon Xavier Kawa-Topor, combine :
    • L’observation des règles physiques pour se rapprocher de la réalité.
    • L’émancipation de ces règles pour une représentation plus« expressive » et « poussée » par le médium de l’animation.
    • Exemple : Toy Story (John Lasseter, 1995).
  • Différence avec la vie : Dick Tomasovic (Le Corps en abîme, 2006) distingue :
    • La vie : L'ordre du mouvement (capacité de bouger ou non).
    • L'illusion de la vie : Le mouvant, où les objets sont constamment mus pour masquer leur inertie.

2. Animation (il)limitée ?

Cette perspective explore l'animation non pas comme une quête de réalisme, mais comme un moyen efficace de communication et de simplification.

  • « Limited Animation » / « Reduced Animation Process » :
    • Développées au studio United Productions of America (UPA) en contrepoint à la tradition Disney.
    • Manifeste « Animation Learns a New Language » (John Hubley et Zachary Schwartz, 1948).
  • Caractéristiques du UPA :
    • Les qualités transformistes et abstraites servent à des situations complexes.
    • L’animation s’apparente à une forme eidétique (incarnant l’essentiel).
    • Un moyen efficace pourrésumer, simplifier et transmettre un message.
  • Exemples :
    • Gerald McBoing Boing (Robert Cannon, 1950) : La simplification des lignes, monochromes et effets géométriques suffisent àraconter l'histoire.
    • Man In The Frame (Fyodor Khitruk, 1966).
  • L'Animation Limitée au Japon (dès les années 1960) :
    • Accompagneles développements industriels, techniques et stylistiques.
    • Production d'épisodes de séries animées pour la télévision, comme Astro Boy (Tetsuwan Atomu, 1963) par Osamu Tezuka et Mushi Production.
    • Comparaison : Premier épisode d'Astro Boy (1200 planches) contre 20 minutes Disney (17 000 planches).
    • Philosophie de Tezuka : « La série a été réalisée à l'économie, en dessinantle moins de planches possible et en n'animant que les parties de l'image strictement nécessaires et les scènes de combat. »
    • Nouvelle grammaire filmique : Dominique Willoughby (Le Cinéma graphique, 2009) note que l'animation limitée a engendré une esthétique unique au Japon.
    • Esthétique : Dépend de la répétition de conventions et de schémas identifiés, permettant variation et rupture.
    • Va-et-vient esthétique : Alternance entre animation minimale et brusques mouvements complexes (Stevie Suan, Anime’s Identity Performativity and Form beyond Japan, 2021).
      • Éléments de design de personnages (cheveux pointus, grands yeux réfléchissants).
      • Expressions faciales répétées (yeux arqués, yeux brillants, yeux circulaires toutblancs).
      • Tropes narratifs (pilotes as, extraterrestres envahisseurs, adolescents en bataille).
      • Schémas de rythme (alternance entre moments intimes et séquences d'action intenses).
    • Exemple : LeVoyage de Chihiro (Hayao Miyazaki, 2001).

3. Manipuler les interstices invisibles

Cette vision de l'animation met l'accent sur ce qui se passe "entre" les images, plutôt que dans lesimages elles-mêmes.

  • La définition de Norman McLaren :
    Animation is not the art of DRAWINGS-that-move but the art of MOVEMENTS-that-are-drawn. What happens between each frame is much more important than what exists on each frame. Animation istherefore the art of manipulating the invisible interstices that lie between frames.

    Traduction (Georges Sifianos) : « L’animation n’est pas l’art des DESSINS qui bougent, mais l’art des MOUVEMENTS dessinés. Ce qui se passe entre chaque photogrammeest plus important que ce qu’il y a sur chaque photogramme. L’animation est par conséquent l’art de manipuler les interstices invisibles qui sont entre les photogrammes. »

  • Principe : L'animation repose sur l'image par image,nécessitant la manipulation ou reproduction d'éléments pour créer une seconde d'animation.
  • Intervalles : Les interstices renvoient aux « intervalles », c'est-à-dire imaginer ce qui se passe d'une position A à une position B. Une animation n'est jamais "complète" dans son exécution.
  • Conception de l'animateur : Hervé Joubert-Laurencin (La Lettre volante, 1992) décrit l'animateur comme l'artisan du "devenir", de l'image ni fixeni mouvante, dont le "véritable mouvement" est la permutation entre deux états.
  • Exemple : Blinkity Blank (Norman McLaren, 1955), film réalisé avec la technique de l'animation sans caméra.
  • Exemple : Freeze Frame (Soetkin Verstegen, 2019).

Pour conclure...

L'animation moderne explore la richesse de l'immobilité et de l'image fixe au sein du film d'animation.

  • Espace séquentiel complexe :L'image fixe demande au spectateur de compléter ce qui manque et d'associer les formes.
  • Seuil de narrativité iconique : Questionne le pouvoir narratif de l'image fixe.
  • Exemple : Le Temps d’Iblard (Ibarâdo jikan, Naohisa Inoue, 2004).

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