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Communication corporate et réputation

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Exploration des stratégies de communication corporate pour construire et protéger la réputation d'une entreprise, en mettant l'accent sur l'engagement des parties prenantes et la gestion des crises.

La Communication Corporate

La communication corporate est la communication où l'entreprise parle d'elle-même, de son identité, de sa mission et de ses valeurs et se présente comme personne morale, au-delà de ses produits et services.

Elle débute généralement avec un public/récepteur/destinataire en tête.

Historiquement, la communication corporate a évolué des relations publiques vers une fonction de management à part entière, intégrant diverses disciplines spécifiques telles que le corporate design, la publicité corporate, la communication interne, la gestion des enjeux et des crises, les relations médias, les relations avec les investisseurs, la communication de changement, et les affaires publiques.

Elle se distingue du marketing (centré sur les produits/services et les clients) et des relations publiques (plus tactiques).

Le terme « corporate » provient du latin « corpus », signifiant « corps », soulignant son approche holistique de l'organisation.

La communication corporate s'intéresse à des domaines tels que la psychologie, la sociologie et les sciences de la communication pour comprendre et interagir avec ses publics.

Évolution de la Communication Corporate

1900s-1970s

1980s-2000s

2000s-Aujourd'hui

Publicité

Positionnement :

Engagement des stakeholders

Promotion

Naissance de l'identité et de la réputation corporate

- Mobilisation

Information

- Transparence

- Interactivité

- Authenticité

Elle est une fonction de management offrant un cadre pour la coordination efficace de toute communication interne et externe. Son but est d'établir et de maintenir une réputation favorable auprès des parties prenantes dont l'organisation est dépendante.

La communication corporate est stratégique, se différenciant des relations publiques qui sont plus tactiques, et du marketing qui se concentre sur les produits/services et les clients.

La Réputation d'Entreprise

La réputation est la manière dont une entreprise est considérée par ses stakeholders (employés, actionnaires, clients, fournisseurs, autorités, etc.). L'avenir d'une entreprise est inévitablement lié à sa réputation.

Caractéristiques de la Réputation

  • Intangible : la réputation ne peut être quantifiée avec des scores précis.

  • Ne vous appartient pas : elle est détenue par les parties prenantes, même si l'entreprise peut l'influencer.

La réputation est le produit de la notoriété et de la perception d'une organisation. Sans notoriété, il n'y a pas de réputation.

Exemples illustrant l'importance de la réputation :

  • UCLouvain : la visite du Pape met en avant la transition, un élément de communication institutionnelle plutôt que commerciale.

  • Abercrombie & Fitch : la communication se concentre sur les chiffres et la gestion, traduisant une préoccupation pour la perception globale de l'entreprise.

  • Ethias : la communication post-fusion avec Belfius vise à rassurer sur la solidité de l'entreprise.

  • Apple et le FBI : le refus d'Apple d'aider le FBI dans une enquête protège sa réputation en matière de sécurité et de valeurs.

  • TotalEnergies : la communication sur les énergies renouvelables et le changement de nom (ajout d'un "S") reflète une stratégie de repositionnement.

  • Odoo : est devenue un symbole de la tech belge en se mobilisant contre l'exclusion du régime des droits d'auteur, renforçant sa réputation.

  • Mécénat culturel : utilisé par les entreprises pour attirer les meilleurs candidats et améliorer leur image via le soutien de causes culturelles, sans imposition de la marque.

  • Facebook et YouTube : ces entreprises utilisent des stratégies de communication (public affairs) pour démontrer leur contribution aux économies locales et à la création d'emplois, ciblant les autorités et le grand public pour influencer favorablement leur réputation.

Objectifs de la Gestion de la Réputation

  • Développer : pour maîtriser la perception des parties prenantes.

  • Protéger : contre les menaces potentielles.

  • Mettre à profit : une bonne réputation augmente la recevabilité de la voix de l'entreprise et son impact.

Malgré sa reconnaissance unanime, la définition exacte de la réputation reste souvent floue au sein des organisations.

Rôle de la Réputation

Une bonne réputation est indispensable car elle renforce la confiance des parties prenantes, attire les clients et les investisseurs, et motive les employés. Elle agit comme un avantage compétitif, facilite l'accès aux financements et aide à gérer les crises. En bref, une réputation solide est un pilier de la réussite à long terme de l'organisation.

La réputation est un lien émotionnel qui garantit les intentions comportementales des différentes parties prenantes :

  • Les clients achètent les produits.

  • Les décideurs et régulateurs accordent des licences d'exploitation.

  • La communauté financière investit.

  • Les médias rapportent favorablement sur l'entreprise.

  • Les employés s'alignent avec la stratégie corporate.

La réputation est corrélée aux résultats commerciaux, à la reprise après crise, au cours des actions, à l' EBITDA et aux KPI financiers.

Bénéfices d'une bonne réputation

  • Distinction : reconnaissabilité et confiance, ainsi qu'un sentiment de "nous" pour les employés.

  • Impact : favorise l'organisation et augmente les performances (achats, investissements, soutien aux décisions).

  • Cohérence : évite les messages mal perçus lors de changements de parties prenantes.

Les 7 piliers de la réputation (selon RepTrak)

  • Les produits et services

  • L'innovation

  • Le rôle d'employeur

  • Le mode de gouvernance

  • Les actions de citoyenneté

  • Le leadership

  • La performance financière

Ces piliers peuvent être regroupés en trois catégories (grappes) pour faciliter la structuration et la priorisation des efforts de gestion de la réputation. Ce processus, mesurable sur 2 à 3 ans, peut aussi s'appliquer à la réputation d'un CEO.

  1. Première grappe : Produits et services, Innovation, Performance financière.

  2. Deuxième grappe : Rôle d'employeur, Mode de gouvernance, Leadership.

  3. Troisième grappe : Actions de citoyenneté, Innovation, Leadership.

Exemple de Sundar Pichai (CEO de Google) :

  • Excellente réputation en leadership, management et influence, avec un solide score en responsabilité.

  • Image de leader avec une vision stratégique claire, anticipant les changements.

  • S'est exprimé et a agi sur des sujets comme l'aide à Porto Rico post-ouragan, l'immigration et le changement climatique.

  • A pris des décisions fermes en interne, comme le licenciement d'un employé ayant rédigé un mémo controversé sur la diversité en milieu de travail.

Les clés de la réputation d'un CEO incluent : l'empathie, la confiance, la cohérence, le désir de bien agir et l'ouverture.

Les Parties Prenantes (Stakeholders)

Une partie prenante est tout groupe ou individu qui peut affecter ou est affecté par la réalisation de la finalité et des objectifs d'une organisation.

La communication corporate vise à établir des images et une réputation corporate favorables auprès de tous les groupes de parties prenantes d'une organisation, afin qu'ils agissent d'une manière propice au succès de l'organisation.

Théorie Économique Néo-Classique vs Parties Prenantes

La théorie économique néo-classique stipule que l'objectif principal d'une entreprise est de maximiser le profit pour ses actionnaires. Cependant, ce modèle montre ses limites face à la pression croissante des parties prenantes externes (clients, régulateurs, médias) dont l'influence peut déterminer la survie ou l'échec de l'entreprise.

Il existe une logique bidirectionnelle constante entre une organisation et ses parties prenantes. L'entreprise influence ses parties prenantes par ses actions et décisions, et celles-ci, à leur tour, affectent les choix et la stratégie de l'organisation en fonction de leurs attentes et retours. Cette interaction réciproque est cruciale pour des relations équilibrées.

Les intérêts des individus et des groupes peuvent être variés et contradictoires, obligeant l'organisation à équilibrer ces intérêts.

  • Intérêts économiques : assurer la rentabilité.

  • Intérêts moraux : dépasser la seule recherche de profit.

Typologie des Parties Prenantes

Stakeholders contractuels

Stakeholders communautaires

Parties prenantes directement impliquées dans des relations contractuelles avec l'organisation, ayant des obligations formelles et légales (clients, employés, distributeurs, fournisseurs, actionnaires, créanciers).

Parties prenantes sans relations contractuelles directes, mais influencées par les actions de l'entreprise et pouvant affecter son image, sa réputation, ou ses performances à long terme (consommateurs, régulateurs, gouvernement, groupes de pression, communautés locales, médias).

Le cas d'Akkanto illustre l'importance d'aligner les priorités des parties prenantes. Un problème de qualité de service, bien que non perçu par le personnel en interne, affecte les clients (contractuels) et les régulateurs/consommateurs (communautaires), nécessitant une action proactive pour gérer toutes les attentes.

Le modèle des parties prenantes suggère d'identifier chaque groupe et de s'adresser à eux selon leurs intérêts spécifiques en leur fournissant des informations pertinentes.

Exemple de la restructuration de Delhaize :

Parties prenantes concernées :

  • Les employés (pertes d'emploi).

  • Les clients (question morale de continuer à acheter).

  • Les syndicats.

  • Les franchisés.

  • Les députés (interventions politiques).

Les Messages Clés et la "Message Map"

Pour les services de livraison de repas à domicile, souvent critiqués, une "message map" (carte de messages) permet de structurer la communication pour défendre le business model et améliorer la réputation auprès des médias et politiciens.

Exemple de messages et faits d'appui :

Message 1 : les services de livraison à domicile sont un vecteur d'emplois faiblement qualifiés.

  • Supporting fact 1 : Aucun prérequis de connaissances en langue, diplôme ou expérience, permettant l'accès à une large population.

  • Supporting fact 2 : Ils offrent un complément salarial important pour les familles à faibles revenus ou les personnes cherchant de la flexibilité.

Message 2 : Les plateformes de livraison agissent comme des intermédiaires entre les restaurants et les clients, leur permettant d'atteindre un public plus large.

  • Supporting fact 1 : Elles facilitent l'accès aux commerces locaux, surtout là où les restaurants n'ont pas de service de livraison propre.

  • Supporting fact 2 : Elles contribuent à relancer l'économie de la restauration locale post-crise.

Message 3 : Offrir la possibilité de commander de la nourriture à domicile procure un confort appréciable.

  • Supporting fact 1 : Bénéfique après une journée de travail bien remplie.

  • Supporting fact 2 : Offre une large variété de plats permettant aux consommateurs de varier leur alimentation.

Quotable quote : « À la suite du COVID, les services de livraison à domicile ont contribué à relancer l'économie de la restauration locale. »

Pour trouver une « quotable quote », il faut identifier l'idée centrale, la formuler de manière concise et percutante, en utilisant des verbes forts et positifs, pour qu'elle soit facilement mémorisable et réutilisable.

Identification et Gestion des Parties Prenantes

  • Internes : employés, actionnaires, direction.

  • Externes : clients, fournisseurs, partenaires, gouvernements, ONG, médias, communautés locales, concurrents.

Chaque partie prenante a des attentes spécifiques :

  • Clients : qualité, prix équitable, service après-vente.

  • Employés : salaires justes, conditions de travail, opportunités de développement.

  • Actionnaires : rentabilité, croissance durable.

  • Gouvernements : conformité réglementaire, responsabilité sociale.

Opportunités : renforcer la fidélité client, attirer les talents, améliorer la réputation grâce à des actions responsables.

Défis : gérer des intérêts parfois contradictoires, anticiper les crises.

La communication avec les parties prenantes doit répondre à des responsabilités :

  • Économiques : rentabilité et durabilité.

  • Juridiques : respect des lois.

  • Éthiques : pratiques équitables.

  • Philanthropiques : soutien aux communautés et causes sociales.

Stratégies de communication adaptées : utiliser les canaux préférés, un dialogue ouvert et être adaptable aux préoccupations.

Classification des Parties Prenantes (Modèle Movers, Floaters, Blockers)

Ce modèle classe les parties prenantes selon leur influence et leur engagement, permettant d'adapter la communication et les actions.

  1. Movers : actifs et influents, soutiennent l'organisation (actionnaires convaincus, employés engagés).

  2. Floaters : neutres ou indécis, nécessitent une mobilisation positive (grand public, médias).

  3. Blockers : s'opposent activement à l'organisation (ONG critiques, concurrents).

Exemple pour une entreprise de mode durable : les movers seraient les influenceurs écologiques, les floaters les clients sensibles mais non informés, et les blockers les organisations dénonçant le greenwashing.

Matrice Influence-Intérêt

Cet outil aide à cartographier les parties prenantes en fonction de leur niveau d'influence et d'intérêt pour un projet ou une organisation. Il permet de prioriser les actions de communication :

  • Forte influence / Fort intérêt : à gérer de près (impliquer activement).

  • Faible influence / Fort intérêt : à écouter attentivement (informer régulièrement).

  • Forte influence / Faible intérêt : à satisfaire (tenir informé pour éviter leur opposition).

  • Faible influence / Faible intérêt : à surveiller (un minimum d'informations).

Exemple des jeux de paris en Belgique : des acteurs comme la Pro-League (forte influence, faible intérêt initial) ou Ladbrokes (faible influence, fort intérêt) doivent être stratégiquement pris en compte pour influencer la décision sur l'interdiction des publicités.

Modèle de l'Importance des Parties Prenantes (Power, Legitimacy, Urgency)

Ce modèle permet d'identifier les parties prenantes clés dans un dossier :

  • Pouvoir : capacité d'influencer le résultat d'une organisation.

  • Légitimité : crédibilité et expertise sur un sujet.

  • Urgence : nécessité d'une action immédiate pour répondre aux attentes.

La catégorie "Definitive" représente les parties prenantes qui cumulent ces trois attributs et qui nécessiteront le plus d'attention dans la gestion de la réputation ou d'une situation.

Stratégies d'Engagement des Parties Prenantes

Effet sur les parties prenantes

Type de stratégie

Tactique

Sensibilisation

Stratégie d'information

Newsletter, rapports, mémos

Compréhension

Stratégie d'information/de persuasion

Discussions ouvertes, réunions

Participation

Stratégie de dialogue

Consultation, réseaux sociaux

Engagement

Stratégie de dialogue

Résolution collective de problèmes, partenariats

Un échange « riche » est caractérisé par la capacité de fournir un retour d'information immédiat, de personnaliser les messages et d'exprimer un message de différentes manières.

Identité et Image d'Entreprise

La communication corporate ne se limite pas à l'information ; elle vise la création et la projection symbolique d'une image particulière pour l'organisation. Coca-Cola, par exemple, vend « la recette du bonheur » plutôt qu'une simple boisson, illustrant la dimension émotionnelle au-delà du produit.

Modèle de Birkigt et Stadler sur le Corporate Branding

Ce modèle définit 3 attributs essentiels pour l'identité d'une marque d'entreprise :

  1. Symbolisme : logos, style maison (papier à lettres, etc.).

  2. Communication : toutes les formes de communication planifiées (publicité, événements, parrainage).

  3. Comportement : les actions et interactions des employés (directeurs, réceptionnistes, vendeurs) qui laissent une impression aux parties prenantes.

Ces trois éléments interagissent pour constituer la réputation et l'identité globale de la marque.

Distinction entre Identité, Image et Culture d'Entreprise

  • Identité : c'est l'« âme », l'« esprit », la « culture » de l'organisation. Elle est fondée sur les valeurs fondamentales partagées et n'est pas toujours tangible. Elle est davantage liée à l'interne, à la manière dont l'organisation fonctionne.

  • Image : c'est la manifestation tangible de la personnalité d'une entreprise. Elle se construit pour différencier la position de l'entreprise aux yeux des parties prenantes externes par le symbolisme, la communication et le comportement. C'est la perception externe.

  • Identité organisationnelle : les valeurs fondamentales que les membres partagent en interne, comment les employés perçoivent la mission et les objectifs de l'entreprise.

  • Identité d'entreprise : la présentation extérieure et la communication de ces valeurs (logo, publicité, discours de la direction).

L'image corporate est essentielle pour la réputation, la différenciation, l'attraction et la résilience.

L'identité d'entreprise, basée sur les valeurs et traits fondamentaux internes, se reflète dans l'image présentée aux parties prenantes externes, définissant ainsi la mission et la vision de l'organisation.

Les 5 principes de la communication d'identité

  • Visible : la présence des thèmes de l'entreprise dans toutes les communications.

  • Différenciante : la capacité de l'organisation à se distinguer des autres.

  • Authentique : les valeurs communiquées sont ancrées dans la culture.

  • Transparente : l'ouverture de l'organisation quant à son comportement.

  • Cohérente : l'uniformité des messages à travers tous les canaux.

Types d'Identité d'Entreprise

  1. Monolithique : tous les produits, services, communications et comportements portent le même nom d'entreprise (ex : Apple).

  2. De Marque : les produits et services sont commercialisés sous leur propre nom de marque distinct (ex : Procter & Gamble). De plus en plus d'organisations se dirigent vers l'identité monolithique.

  3. Endossée : les filiales ou marques ont leur propre style, mais la société mère reste reconnaissable en arrière-plan, formant un lien commun (ex : Marriott International).

La communication corporate s'adresse à toutes les parties prenantes, contrairement à l'image de marque des produits qui cible les clients. Le cœur de la communication corporate est l'alignement entre la vision, la culture et l'image de l'entreprise. La vision des cadres supérieurs peut transformer la perception interne et externe de l'entreprise.

L'importance de l'alignement

L'alignement entre la vision de la direction, la culture vécue par les employés et la perception des parties prenantes externes est crucial pour renforcer la réputation d'une entreprise.

  • Vision : aspirations de la haute direction.

  • Culture : valeurs ressenties et partagées par les employés.

  • Perception : image de l'entreprise auprès des parties prenantes externes.

Exemple de British Airways : la perte de son caractère britannique distinctif a nui à l'alignement entre sa perception externe, sa vision et sa culture, ce qui a affecté son identité et sa réputation.

Quand la perception des parties prenantes est alignée sur l'image projetée par le symbolisme, la communication et le comportement, l'organisation est respectée et comprise comme elle le souhaite. Un écart entre l'identité projetée et la perception peut entraîner un manque de différenciation et une réputation individuelle faible.

Stratégie de Communication Corporate

La communication corporate :

  • Vise les parties prenantes.

  • S'articule autour de la stratégie globale de l'organisation.

  • Est soutenue par le top management.

  • Repose sur une perception souhaitée (réputation).

  • Est orientée résultat.

Une stratégie est une combinaison d'actions planifiées, une orientation générale plutôt que de simples tactiques, et concerne l'organisation dans son ensemble et son environnement.

Rôle de la Communication Corporate dans la Stratégie

  • Analyser la position de l'organisation par rapport à ses parties prenantes.

  • Identifier les questions émergentes.

  • Intégrer l'identité et la perception des parties prenantes dans le processus de gestion stratégique.

  • Faciliter la mise en œuvre de la stratégie en communiquant les intentions aux parties prenantes internes et externes.

La stratégie d'entreprise définit l'objectif global, la vision et la manière dont l'entreprise souhaite être perçue.

La stratégie de communication, fonctionnelle ou opérationnelle, développe des plans de communication pour les différentes parties prenantes afin de concrétiser cette vision.

Ces deux stratégies sont interdépendantes et s'influencent mutuellement, ne suivant pas un processus descendant mais plutôt un échange réciproque.

Pour être efficace, il faut évaluer comment l'organisation est perçue par ses parties prenantes et comparer cette perception à l'image souhaitée. L'écart entre la réputation et la vision constitue la base de la formulation d'une intention stratégique.

Les messages thématiques sont conçus pour modifier ou renforcer les perceptions, en se rapportant à des capacités, forces ou valeurs spécifiques de l'organisation. Ces messages sont traduits en contenu pertinent (articles, publicités, blogs) et visent à créer de réels changements dans la réputation.

Les styles de messages thématiques

Il existe 5 styles de messages généraux pour la communication des messages d'entreprise, qui peuvent être utilisés seuls ou combinés pour différentes parties prenantes :

  1. Orientation fonctionnelle (message rationnel) :

    • Définition : revendication de supériorité basée sur des réalisations réelles ou des avantages concrets.

    • Conditions : utile quand la différenciation est difficilement égalable par les concurrents.

    • Contenu : informatif, étayé par des faits.

  2. Orientation symbolique (association symbolique / message émotionnel) :

    • Définition : différenciation psychologique par association avec des valeurs ou symboles culturels. Ou provoque des réactions émotionnelles positives/négatives.

    • Conditions : idéal pour organisations homogènes ou messages sur la RSE difficiles à communiquer rationnellement. Authenticité perçue de l'émotion.

    • Contenu : transformationnel, attribue une image particulière. Fait appel à des émotions spécifiques.

  3. Orientation sectorielle (message générique) :

    • Définition : revendication directe sur un secteur ou une cause sans supériorité.

    • Conditions : monopole ou domination extrême du secteur.

    • Contenu : affirmation générale pour stimuler la demande d'une catégorie de produits ou sensibiliser.

  4. Message préventif :

    • Définition : revendication générique avec suggestion de supériorité.

    • Conditions : changement d’industrie, permet de prendre position sur une question liée à l'industrie.

    • Contenu : revendication de leadership à l'échelle du secteur sur une question ou capacité pertinente.

Exemple de Toyota lors de la crise des rappels de véhicules : une communication stratégique axée sur la transparence et la responsabilité, reconnaissant le problème et renforçant son image de fiabilité.

La planification et l'exécution des plans et campagnes sont essentielles.

Relations Médias et Agendas

Les médias sont considérés comme un canal essentiel pour générer de la publicité et influencer les parties prenantes clés (investisseurs, clients, employés). Les professionnels de la communication corporate les voient comme un moyen d'atteindre leur public, plutôt qu'une partie prenante en soi.

Rôle des Médias d'Information

  1. Journalistes : rédigent les articles en fonction des besoins de la rédaction, sans toujours décider de la publication finale ni de la titraille.

  2. Organes de presse : les rédacteurs en chef éditent les articles selon les "routines d'information", qui peuvent refléter une idéologie ou une orientation politique (logique médiatique).

Critères de Notoriété des Médias

  • Timing : le moment de l'événement.

  • Meaningfulness (pertinence) : l'importance des résultats (ex : croissance du chiffre d'affaires).

  • Proximity : l'impact direct sur les événements locaux.

  • Unexpectedness : le caractère surprenant de l'événement.

  • Superlatives : les records ou les extrêmes.

  • Well-known people : l'implication de célébrités.

  • Emotions : les histoires touchantes.

  • A story with added value : l'enrichissement par le contexte ou l'analyse.

La couverture médiatique peut avoir un effet « amplificateur » sur la réputation de l'entreprise, en renforçant les opinions positives ou négatives existantes. Elle influence ainsi l'agenda : la fréquence de couverture d'un sujet public détermine sa saillance dans l'esprit du public. Les médias ne disent pas quoi penser, mais à quoi penser.

L'agenda est influencé par ceux qui font l'objet de la couverture médiatique et par le cadrage (framing) qui sélectionne et met l'accent sur certains attributs ou associations.

La réputation d'une entreprise se construit par de multiples interactions et est relativement inerte. Une réputation solide peut servir de tampon contre les nouvelles négatives et minimiser leur effet. Cela peut permettre aux organisations de mieux gérer les situations défavorables, sauf si l'ensemble du secteur est compromis.

Construction de l'Agenda et Cadrage

Les professionnels de la communication corporate jouent un rôle clé dans la construction de l'agenda médiatique par des discussions avec les journalistes, décideurs politiques, et groupes d'intérêt. La relation entre communicateurs et journalistes est bidirectionnelle.

Lorsqu'un sujet est proposé à un journaliste, deux processus sont activés :

  1. Solliciter l'intérêt pour le sujet.

  2. S'assurer que l'histoire est présentée selon le cadre préféré de l'organisation.

Le cadrage est l'élément le plus difficile mais le plus important. Il consiste à sélectionner et mettre en évidence des aspects de la réalité pour promouvoir une définition particulière du problème, une interprétation causale, une évaluation morale et/ou une recommandation de traitement.

Exemple : La perception du prix des médicaments. Les pharmas le justifient par l'investissement en recherche, tandis que le public le perçoit comme une maximisation du profit ("BIG PHARMA = ").

La compétence en relations médias réside dans la capacité à aligner la proposition d'histoire de l'entreprise avec les attentes d'histoire des médias. Cela nécessite une relation de confiance avec les journalistes.

Exemple de la CILE : en cas de crise (manquements du DG, plomb dans les raccordements), la communication vise à pointer la responsabilité du DG pour protéger l'image de l'entreprise.

Outils de Relation Média

  • Communiqué de presse : factuel, ciblé pour les intérêts des journalistes.

  • Conférence de presse : permet aux journalistes d'interroger directement les dirigeants, offrant une interaction que le communiqué n'a pas.

  • Interviews : les communicateurs conseillent sur les angles et le format.

  • Pressroom : guichet unique en ligne avec rapports, discours, communiqués, vidéos, fils d'actualité.

  • Prises de parole publiques : conférences, cartes blanches pour cadrer un point de vue avec liberté et valider la pertinence d'un discours.

La "Message Map"

La "message map" est un outil structuré pour la communication, surtout en période de repositionnement, restructuration, crise ou changement. Elle se compose d'une quotable quote (titre ou phrase clé), de 3 messages principaux, chacun soutenu par 2 faits et chiffres (facts & figures).

Elle peut être utilisée pour différents scénarios :

  • Positionnement ou grande annonce : "Why", "What", "How".

  • Restructuration : "What's happening in the world?", "How is it affecting us?", "What do we do about it?".

  • Crise : "We know", "We do", "We care".

  • Changement : "Where we stood", "Where we stand", "Where we will stand".

  • Gestion des enjeux ou plaidoyer : "The problem", "The consequence", "The solution".

Règles clés : être court et simple, réécrire les longues phrases et éviter les concepts techniques. C'est une feuille de route, adaptable à la situation, mais le narratif doit rester cohérent. Choisir le vocabulaire avec soin pour maximiser l'effet du cadrage souhaité.

Communication Interne et Engagement des Employés

La communication avec les employés représente un dilemme entre transparence et confidentialité. Un excès d'information peut saturer, un manque peut créer méfiance. Le choix des canaux et la fréquence sont essentiels. Une communication bidirectionnelle, encourageant les retours dans le respect, est cruciale pour une relation saine.

Importance de la Communication Interne

Les organisations reconnaissent que la performance repose sur une communication efficace avec les employés. Les entreprises les plus réputées investissent trois fois plus dans cette communication. Une communication régulière et efficace est liée à l'engagement, la productivité, la satisfaction et une moindre probabilité de démission. Les nouvelles technologies ont estompé les frontières entre communication interne et externe, rendant l'engagement des employés (employee engagement) d'autant plus vital.

Deux Formes de Communication avec les Employés

  1. Management Communication :

    • Entre managers et employés de leur équipe.

    • Liée aux tâches, moral et bien-être.

    • Majoritairement verbale, en face-à-face, mais aussi par mails, vidéoconférence.

    • Responsabilité des managers, avec soutien des communicateurs.

  2. Systèmes d'Information et de Communication Corporate (SICC) :