Cœur rhumatismal : diagnostic et traitement
Keine KartenLe document traite du cœur rhumatismal, incluant sa définition, ses causes, ses manifestations cliniques, ses critères diagnostiques, et les options de traitement.
CŒUR RHUMATISMAL : Fiche Récapitulative pour l'Examen
Le cœur rhumatismal est une pathologie cardiaque résultant du Rhumatisme Articulaire Aigu (RAA), lui-même une séquelle d'une infection à Streptocoque ß hémolytique du groupe A. Il est crucial de distinguer le RAA aigu de la cardiopathie rhumatismale chronique.
Définitions Clés (OMS 1965)
Rhumatisme Articulaire Aigu (RAA) : Séquelle d'une infection streptococcique, se manifestant par une ou plusieurs de ces manifestations majeures :
Polyarthrite aiguë fugace et mobile
Cardite
Chorée
Nodules sous-cutanés
Érythème marginé
Cardiopathie Rhumatismale Chronique : Cardiopathie survenant après un RAA, caractérisée par des atteintes valvulaires (souvent mitrale, moins aortique) et une possible participation myocardique.
Intérêt Épidémiologique et Pronostique
Fréquent dans les pays sous-développés.
Grave en raison des séquelles, souvent diagnostiqué tardivement au stade de complications.
L'échocardiographie Doppler est essentielle pour le diagnostic.
Étiologie
Agent causal : Streptocoque ß hémolytique du groupe A.
Conditions étiologiques :
Sexe : Prédominance féminine (62%).
Âge : entre 5 et 15 ans (rare avant 3 ans et après 25 ans).
Conditions de vie défavorables : Maladie des populations défavorisées.
Mécanisme étiopathogénique : Réaction auto-immune (Kaplan, 1963) due à une parenté antigénique entre le streptocoque et le sarcolemme myocardique.
Anatomie Pathologique
Atteint quasi-exclusivement le cœur gauche.
L'endocarde valvulaire est électivement touché : valves mitrales (face auriculaire), sigmoïdes aortiques (face ventriculaire).
L'atteinte est souvent mixte : épaississement, induration valvulaire et soudure des commissures.
Critères Diagnostiques de JONES (Modifiés OMS 2002-2003)
Critères Majeurs | Critères Mineurs |
|---|---|
1- Polyarthrite | 1- Fièvre |
2- Cardite | 2- Arthralgies |
3- Chorée | 3- Allongement de l'intervalle PR (ECG) |
4- Nodosités sous-cutanées | 4- Augmentation VS, CRP, Leucocytose |
5- Érythème marginé | 5- Signes d'infection streptococcique antérieure |
6- Antécédents rhumatismaux personnels ou cardiopathie rhumatismale non évolutive |
Classification selon JONES pour le Diagnostic
1er épisode RAA : 2 critères majeurs + signes d’infection streptococcique OU 1 critère majeur + 2 critères mineurs + signes d’infection streptococcique.
Récidive RAA sans atteinte cardiaque documentée : 2 majeurs ou 1 majeur + 2 mineurs + signes d’infection streptococcique.
Récidive RAA chez un patient avec cardiopathie rhumatismale documentée : 2 critères mineurs + signes d’infection streptococcique.
Chorée rhumatismale ou Cardite rhumatismale insidieuse : Pas d’autre critère majeur et pas de signe évident d’infection streptococcique.
Cardiopathie Rhumatismale Chronique : Atteinte valvulaire évidente (RM, IM, IA) à la 1ère consultation, pas de critère évolutif.
CŒUR RHUMATISMAL AIGU
Ensemble des manifestations cardiaques aiguës du RAA.
La Cardite Rhumatismale
Risque majeur de la maladie, justifiant l'auscultation quotidienne.
Touche toutes les tuniques cardiaques (péricarde, myocarde, endocarde).
Formes Anatomo-Cliniques
Péricardite aiguë rhumatismale isolée :
Bruyante, fébrile, sèche puis avec épanchement.
Évolution généralement favorable, jamais vers la constriction.
Rarement due au RAA seule, sans lésions valvulaires.
Myocardite aiguë :
Fréquente mais rarement patente.
Forme latente : BAV 1 à l'ECG.
Forme patente : dyspnée, assourdissement des bruits, tachycardie, galop, cardiomégalie.
Une myocardite isolée n'est pas vraisemblablement d'origine rhumatismale.
L'endocardite rhumatismale :
Forme commune, souvent difficile à diagnostiquer.
Recherche systématique par l'auscultation : apparition de souffles.
Souffles systoliques : organicité difficile à affirmer.
Souffles diastoliques : souvent définitifs (insuffisance aortique).
Le cœur rhumatismal malin de TROUSSEAU (Pancardite) :
Asystolie fébrile, touche la petite enfance et l'adolescent.
Associe : altération de l'état général, signes valvulaires évidents, signes précoces d'insuffisance cardiaque globale, frottement péricardique, signes cutanés (érythème marginé de BESNIER, nodosités sous-cutanées de MEYNET, purpura/pétéchies).
Le cœur rhumatismal évolutif (RCE) :
Évolution du processus inflammatoire cardiaque.
Peut réveiller un processus rhumatismal chez l'adulte.
Signes Biologiques de la Cardite Rhumatismale
Signes d'inflammation générale non spécifique.
Signes d'infection streptococcique : élévation progressive des anticorps (ASLO), streptocoque ß hémolytique dans le prélèvement de gorge (rare), test rapide positif.
Évolution et Traitement de la Cardite Rhumatismale
Évolution : Favorable avec ou sans séquelles, mais pronostic immédiat défavorable en cas de pancardite.
Traitement de l’angine streptococcique :
Pénicilline V : 400 000 à 800 000 UI x 2/j pendant 10 jours.
Benzathine Benzyl Pénicilline (Extencilline) : dose unique IM (<60kg : 900 000 UI, >60kg : 1.2 Millions UI).
Traitement anti-inflammatoire :
Aspirine : 100 mg/kg/jour (3 semaines) puis 75 mg/kg/jour (3 semaines).
Corticoïdes (si cardite) : Prednisone 1.5 à 2 mg/kg/jour (3 semaines) puis dégression.
Traitement des complications :
Chorée : Diazépam, Halopéridol.
Insuffisance cardiaque : Régime désodé, diurétiques, vasodilatateurs, digitaliques.
Troubles du rythme, accidents thrombo-emboliques.
Chirurgie cardiaque à terme possible.
CŒUR RHUMATISMAL CHRONIQUE
Formes Anatomo-Cliniques
Myocardite rhumatismale chronique : Dyspnée, palpitations, assourdissement des BDC, galop, cardiomégalie, hypokinésie cardiaque diffuse.
Péricardite rhumatismale chronique : Évolution vers la constriction exceptionnelle.
Endocardite rhumatismale chronique : Remaniement valvulaire, épaississement/rétraction des feuillets, fusion commissurale, menant à des valvulopathies :
Rétrécissement Mitral (RM)
Insuffisance Mitrale isolée (IM)
Maladie Mitrale : Association RM + IM
Insuffisance Aortique (IA)
Maladie Aortique : Association rétrécissement et IA
Signes du Cœur Rhumatismal Chronique
Clinique : Selon les localisations valvulaires.
Biologie : Pas de signe d'évolutivité rhumatismale. Le syndrome inflammatoire et les ASLO sont normaux.
Complications
Insuffisance cardiaque (droite, gauche ou globale).
Accidents gravido-cardiaques (OAP en cas de RM).
Greffe bactérienne (endocardite d'Osler).
Troubles du rythme, accidents thrombo-emboliques.
Traitement
Médical : Diurétiques, vasodilatateurs, traitement des complications.
Commissurotomie mitrale percutanée (ballon d’Inoue).
Chirurgical :
Commissurotomie (à cœur fermé ou ouvert).
Remplacement valvulaire (bioprothèse ou prothèse mécanique).
Prévention
Prévention secondaire : Essentielle pour éviter les rechutes.
Pénicillinothérapie au long cours (Extencilline IM toutes les 3 semaines) :
5 ans sans cardite.
Le plus longtemps possible en cas de cardite associée.
Alternatives : Pénicilline orale, Sulfonamide, Érythromycine.
Mesures d'hygiène buccale (amygdalectomie, avulsion des dents mortifiées).
Prévention primaire :
Amélioration du niveau de vie et éducation sanitaire.
Chimioprophylaxie : Traitement correct des angines streptococciques pendant 10 jours ou injection unique d'Extencilline.
CONCLUSION
Le cœur rhumatismal est une pathologie fréquente et grave.
La prise en charge est difficile et coûteuse.
La prévention est possible et passe par le traitement correct des angines streptococciques.
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