Chapitre 2
99 KartenUnderstanding economic fluctuations, unemployment, GDP measurement, household responses to economic shocks, and investment behavior.
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Fluctuations Économiques et Chômage : Une Analyse Détaillée
Ce chapitre explore la nature des fluctuations économiques, l'impact du chômage sur le bien-être, la mesure des agrégats nationaux et la réaction des ménages et des entreprises face aux chocs économiques. La compréhension de ces dynamiques est essentielle pour appréhender les cycles économiques et le rôle des politiques publiques.1. Croissance et Fluctuations
Les économies modernes, notamment celles qui ont connu la révolution capitaliste, affichent une croissance à long terme souvent décrite comme une courbe en « crosse de hockey », témoignant d'une augmentation rapide du PIB par habitant après des siècles de stagnation. Cependant, cette croissance n'est pas linéaire et est caractérisée par des phases d'expansion et de récession, constituant ce que l'on appelle les cycles économiques ou d'affaires.1.1 Définition des Récessions
Il existe deux définitions principales d'une récession :- Lorsque le niveau de production d'une économie est inférieur à son niveau normal. Cette définition est plus qualitative et fait référence à un potentiel de production non atteint.
- Selon le NBER (National Bureau of Economic Research), une récession est caractérisée par une baisse de la production. C'est cette définition qui est généralement retenue pour des raisons de mesure et de comparabilité.
1.2 Impact des Chocs sur le Bien-être
La perte d'emploi due aux chocs économiques a des répercussions significatives :- Préjudice financier: Selon Clark et Oswald (2002), la perte de salaire d'un Britannique en 2002 était d'environ par mois.
- Préjudice moral: Le coût psychologique du chômage est bien plus élevé que le coût financier. Il se manifeste par une réduction de l'estime de soi, du stress, et un sentiment de dépréciation. Des études, comme celles d'Algan et al. (2014) suite à la crise financière de 2008, ont montré une corrélation positive entre le chômage et l'augmentation des recherches Google pour des médicaments contre le stress. Il est crucial de noter que corrélation ne signifie pas causalité, mais des analyses plus approfondies confirment un lien entre la recherche d'emploi, la sécurité financière et le bien-être. Pour illustrer la corrélation sans causalité, des exemples comme ceux trouvés sur le site tylervigen.com mettent en évidence des relations statistiques sans fondement logique.
1.3 La Loi d'Okun
La loi d'Okun est une relation empirique, souvent stable, linéaire et décroissante, observée dans de nombreuses économies avancées depuis la Seconde Guerre mondiale. Elle établit une corrélation entre le taux de croissance du PIB réel et les variations du taux de chômage.- Lorsque le PIB croît fortement, le chômage diminue.
- Inversement, une faible croissance ou une contraction du PIB entraîne généralement une augmentation du chômage.
2. Comprendre la Mesure de l'Économie Agrégée
Pour décrire l'économie dans son ensemble, les économistes utilisent des agrégats, calculés via la comptabilité nationale. Cette dernière est une discipline qui vise à fournir une représentation globale, détaillée et chiffrée de l'économie nationale. En France, l'établissement de ces statistiques est le fruit du travail de plusieurs institutions comme la Banque de France, la Direction de la Comptabilité Publique, la Direction de la Prévision et l'INSEE.2.1 Le Produit Intérieur Brut (PIB)
Le PIB est un agrégat essentiel qui peut être calculé de trois manières équivalentes : par les dépenses, par la production et par les revenus.2.1.1 Approche par les dépenses
Le PIB correspond aux dépenses totales de tous les acteurs de l'économie (ménages, entreprises, État, non-résidents) pour acquérir les biens et services produits dans l'économie domestique.- C (Consommation): Biens et services achetés par les ménages (durables, non-durables, services). C'est souvent la composante la plus importante du PIB dans les pays développés.
- I (Investissement): Investissement privé, comprenant la Formation Brute de Capital Fixe (FBCF) (actifs fixes, corporel et incorporel, incluant les logements neufs et les grosses réparations) et les variations de stocks. Il représente environ 20% du PIB dans les pays avancés, la Chine étant une exception avec une part bien plus élevée.
- G (Dépense publique): Consommation et investissement de l'État (investissement public). Les transferts sociaux ne sont pas inclus. La part de est généralement plus élevée en Europe qu'aux États-Unis.
- X (Exportations): Biens et services produits localement et vendus à l'étranger.
- M (Importations): Biens et services produits à l'étranger et achetés localement.
- (X - M) (Exportations nettes ou Balance commerciale): Différence entre exportations et importations. Un excédent indique davantage de ventes à l'étranger que d'achats, et inversement pour un déficit.
2.1.2 Approche par la production
Cette approche mesure la production totale des industries domestiques, via la valeur ajoutée. La valeur ajoutée d'une production est la valeur finale des biens et services produits, moins le coût des biens et services intermédiaires utilisés dans le processus de production.2.1.3 Approche par les revenus
Le PIB est aussi la somme de tous les revenus perçus dans l'économie : salaires, profits, impôts et taxes, revenus du capital, revenus des travailleurs indépendants.2.2 Équivalence des trois approches
L'équivalence des trois approches s'explique par le flux circulaire de l'économie, identifié par les Physiocrates dès le 18e siècle :- Les richesses produites (production) sont distribuées sous forme de revenus (salaires, profits, etc.). Par exemple, une entreprise qui produit des biens verse des salaires à ses employés et génère des profits pour ses propriétaires.
- Les revenus distribués sont ensuite dépensés dans l'économie pour acquérir des biens et services (dépenses). Les employés de l'entreprise utilisent leurs salaires pour consommer.
2.3 Spécificités du PIB
- Le PIB concerne la production domestique. Ainsi, une importation de riz thaïlandais par une entreprise réunionnaise est une dépense, mais la valeur ajoutée ne contribue pas au PIB français.
- La production de l'État est évaluée par convention : la valeur ajoutée des services publics (enseignement, santé, défense) est considérée comme égale à leurs coûts de production. Par exemple, le salaire des fonctionnaires ou les dépenses de matériel.
2.4 Variables Nominales et Réelles
Une variable nominale est exprimée en monnaie courante (par exemple, en euros de l'année en cours). Une variable réelle est une variable nominale dont on a retiré l'influence de la variation des prix, c'est-à-dire l'inflation.
- Le PIB nominal mesure la production aux prix de l'année en cours. Il intègre l'évolution des prix et des volumes.
- Le PIB réel est mesuré aux prix d'une année de référence (ou de base). Il permet de n'isoler que la variation en volume de la production, offrant une meilleure mesure de la croissance économique.
| Date | Prix unitaire | Quantités | Production en valeur (nominale) | Production réelle (base 2014) |
|---|---|---|---|---|
| 2014 (année de référence) | 10€ | 50 | 500€ | 500€ |
| 2015 | 15€ | 40 | 600€ |
2.5 Mesure de l'Inflation
- L'inflation est l'augmentation générale et durable du niveau des prix dans une économie, mesurée généralement sur une année.
- L'Indice des Prix à la Consommation (IPC) est un indice synthétique (de Laspeyres) qui mesure l'évolution du coût de la vie pour les consommateurs. Il est basé sur un panier de biens et services couramment achetés par les ménages.
- Le déflateur du PIB rend compte de l'évolution des prix de l'ensemble de la production nationale. Il est souvent utilisé pour ajuster le PIB nominal en PIB réel.
3. La Mesure du PIB : l'Approche par les Dépenses (Détail)
La décomposition du PIB par les dépenses fournit une vue détaillée des contributeurs à l'activité économique. Cette formule permet d'analyser la contribution de chaque composante à la croissance du PIB, en tenant compte à la fois de son poids relatif dans le PIB et de son propre taux de croissance. Exemple de la France (2009) :| PIB | CONSOMMATION | INVESTISSEMENT | DÉPENSES PUBLIQUES | EXPORTATIONS NETTES | |
|---|---|---|---|---|---|
| 2009 | -2.8 | -1.06 | -3.52 | 0.64 | 1.14 |
4. Les Ménages face aux Fluctuations
Les ménages sont confrontés à des chocs, des événements inattendus qui peuvent affecter leurs revenus (événements météorologiques, guerres, pertes d'emploi, etc.). Leur capacité à gérer ces chocs dépend de leur nature et de leur étendue.4.1 L'Agriculture et les Fluctuations Économiques Historiques
Historiquement, l'agriculture a été une source majeure de fluctuations économiques. En Grande-Bretagne (1550–1700) ou en Inde (1961-2014), les aléas climatiques (sécheresses, inondations) pouvaient entraîner de mauvaises récoltes, réduisant les revenus et la consommation, et se propageant à l'ensemble de l'économie. Dans des économies moins diversifiées et plus dépendantes de l'agriculture, le secteur agricole peut être la principale source de volatilité du PIB.4.2 Stratégies face aux Chocs de Revenus
Les ménages adoptent des stratégies pour lisser leur consommation face aux chocs de revenus, cherchant à maintenir un niveau de vie stable même en cas de fluctuations.4.2.1 Chocs spécifiques à un ménage
Pour faire face à des chocs négatifs individuels (ex: perte d'emploi d'un membre du ménage), deux stratégies sont possibles :- L'auto-assurance: Utilisation d'épargne antérieure ou recours à l'emprunt pour maintenir la consommation. C'est le principe du lissage de la consommation sur le cycle de vie.
- La co-assurance: Demander de l'aide à ceux qui ne sont pas affectés par le même choc. Elle peut être :
- Informelle: Soutien familial, amical ou communautaire, basé sur la réciprocité, la confiance et l'altruisme.
- Institutionnelle: Systèmes d'assurance sociale, allocations chômage, aide publique.
4.2.2 Chocs affectant tout un territoire
Quand un choc touche l'ensemble d'un territoire (ex: catastrophe naturelle, crise économique nationale), la co-assurance devient plus complexe et pourtant essentielle. Les systèmes institutionnels sont alors primordiaux. Des études (Ruben, 2010) montrent que des normes d'entraide peuvent se construire et perdurer dans des régions fréquemment touchées, comme dans certains pays scandinaves.5. Le Lissage de la Consommation Agrégée
Les ménages cherchent à lisser leur consommation sur l'ensemble de leur vie, préférant une consommation stable plutôt que des pics et des creux. Cette volonté de lisser leur consommation est une source de stabilisation pour l'économie.5.1 Le Cycle de Vie et le Lissage de la Consommation
La vie d'un individu est un cycle avec des variations de revenus prévisionnelles (études, carrière, retraite) et inattendues (chômage, maladie). Les ménages tentent d'anticiper ces revenus futurs pour planifier leur consommation.- En période de faibles revenus (jeunesse, retraite), les individus peuvent emprunter ou désépargner.
- En période de revenus élevés (vie active), ils épargnent pour rembourser leurs dettes et préparer leur retraite.
5.2 Réaction aux Chocs Inattendus
La réaction des ménages face à un choc de revenu inattendu dépend de deux facteurs clés :- Persistance du choc:
- Choc transitoire court: L'impact sur le revenu total de la vie est faible. L'individu peut simplement épargner moins ou emprunter davantage pendant la période du choc, sans modifier drastiquement son plan de consommation à long terme. La consommation reste relativement stable.
- Choc permanent: Le revenu total de la vie est significativement affecté. L'individu doit réviser son plan de consommation pour l'aligner sur son nouveau revenu à long terme, entraînant une modification durable de la consommation.
- Signe du choc de revenu:
- Choc négatif: Diminution du revenu, pouvant entraîner une réduction de la consommation ou un recours à l'épargne/emprunt.
- Choc positif: Augmentation du revenu, pouvant entraîner une hausse de la consommation ou une augmentation de l'épargne.
5.3 Difficultés au Lissage de la Consommation
Malgré la volonté de lisser leur consommation, les ménages rencontrent des obstacles :- Difficultés d'anticipation:
- Manque d'informations sur l'avenir.
- Manque de temps ou de compétences pour analyser ces informations (ex: il est difficile de distinguer un choc transitoire d'un choc permanent). Ceci est une source d'incertitude.
- Rationnement du crédit: Les individus n'ont pas toujours accès au crédit nécessaire pour lisser leur consommation (taux d'intérêt élevés, garanties insuffisantes). Les banques peuvent refuser des prêts ou les accorder à des conditions défavorables.
- Manque de volonté ou impatience élevée: La préférence pour la consommation présente (impatience pure) ou des phénomènes comme l'effet de cliquet (difficulté à réduire son niveau de consommation une fois qu'il a atteint un certain seuil) ou l'effet de démonstration/imitation peuvent empêcher un lissage parfait.
- Co-assurance limitée: La co-assurance informelle est moins efficace face à des chocs persistants ou généralisés. La co-assurance institutionnelle (systèmes sociaux) peut être coûteuse et insuffisamment développée dans certains pays, ne couvrant pas toutes les situations.
6. Les Explications de la Forte Volatilité de l'Investissement
Les dépenses d'investissement (I) sont généralement beaucoup plus volatiles que les dépenses de consommation (C).6.1 Différences fondamentales entre Consommation et Investissement
- Les ménages ont tendance à lisser leur consommation pour assurer un minimum vital. La consommation a une certaine rigidité à la baisse.
- L'investissement, en revanche, n'a pas la même inertie. Une entreprise peut cesser d'investir du jour au lendemain si les perspectives changent.
- L'investissement est diversifié :
- De renouvellement: Remplacement de machines usées.
- De productivité: Amélioration de l'efficacité.
- D'expansion: Augmentation des capacités de production.
- D'innovation: Recherche et développement, nouvelles technologies.
- D'image: Marketing, amélioration de la réputation.
- Sociaux: Amélioration des conditions de travail.
- Obligatoires: Conformité réglementaire.
6.2 Financement de l'Investissement
L'investissement dépend fortement des financements externes (emprunts bancaires, émissions d'actions), plus que la consommation.- Les contraintes de crédit (taux d'intérêt, exigences de garanties bancaires, solidité financière de l'entreprise) jouent un rôle majeur. Une crise financière peut assécher ce financement et réduire drastiquement l'investissement.
- Le dynamisme des marchés boursiers influence également la capacité des entreprises à lever des capitaux.
6.3 Rôle des Anticipations et de la Confiance
Un facteur clé de la volatilité de l'investissement est le rôle des anticipations de l'avenir et de la confiance :- L'investissement est un processus long : il y a un délai entre la décision d'investir et la mise en œuvre opérationnelle. Les entreprises doivent anticiper les conditions futures du marché.
- L'opinion sur l'avenir est fortement influencée par l'activité économique globale et les interactions sur les marchés. Cela peut créer des mécanismes de cercles vicieux ou vertueux:
- Cercle vertueux: Confiance investissement activité économique profits confiance...
- Cercle vicieux: Manque de confiance baisse d'investissement ralentissement économique baisse des profits manque de confiance...
- L'investissement est donc très sensible à la confiance des entreprises. En période d'incertitude ou de pessimisme, l'investissement peut chuter brutalement, même si d'autres indicateurs restent stables.
6.4 Le Rôle des Innovations Majeures
Les innovations technologiques majeures peuvent générer des vagues d'investissement importantes:- Exemple 1: L'invention de la machine à filer le coton au 18e siècle a stimulé les ventes (baisse des prix, amélioration de la qualité) et a entraîné une forte course à l'investissement dans le secteur textile.
- Exemple 2: Le développement des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication (NTIC) dans les années 1990 a mené à une bulle d'investissement, avec une croissance rapide des dépenses dans ce secteur, parfois déconnectée de la croissance réelle du PIB.
7. Conclusion
Ce chapitre a permis d'étudier en profondeur :- Les données de la comptabilité nationale et les grands agrégats, notamment le PIB et ses différentes mesures (nominal/réel et ses composants).
- Les fluctuations économiques récurrentes, leurs causes (chocs) et leurs manifestations sur le chômage, en soulignant le coût moral et financier de la perte d'emploi.
- Les stratégies de lissage de la consommation par les ménages, les obstacles rencontrés (contraintes de crédit, anticipations imparfaites, impatience) et les mécanismes d'auto-assurance et de co-assurance.
- La forte volatilité de l'investissement des entreprises, expliquée par le rôle des anticipations, des conditions de financement et des vagues d'innovation.
7. Conclusion
Ce chapitre a permis d'étudier en profondeur :- Les données de la comptabilité nationale et les grands agrégats, notamment le PIB et ses différentes mesures (nominal/réel et ses composants).
- Les fluctuations économiques récurrentes, leurs causes (chocs) et leurs manifestations sur le chômage, en soulignant le coût moral et financier de la perte d'emploi.
- Les stratégies de lissage de la consommation par les ménages, les obstacles rencontrés (contraintes de crédit, anticipations imparfaites, impatience) et les mécanismes d'auto-assurance et de co-assurance.
- La forte volatilité de l'investissement des entreprises, expliquée par le rôle des anticipations, des conditions de financement et des vagues d'innovation.
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