Synthèse Droit Civil Q1 2024-2025

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Ce document est une synthèse du cours de droit civil Q1 pour l'année 2024-2025, couvrant des sujets tels que la personnalité juridique, l'état des personnes, la famille, le mariage, le divorce, la filiation et l'autorité parentale.

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مراجعة
سؤال
Quelle est la définition juridique d'une 'personne' ?
إجابة
Tout être capable d'avoir des droits et des obligations. La personne est donc un sujet de droit.
سؤال
Quelles sont les deux catégories de personnes en droit ?
إجابة
Les personnes physiques (les êtres humains) et les personnes morales (groupements, institutions).
سؤال
Quand un être humain acquiert-il la personnalité juridique ?
إجابة
Dès sa naissance, à la condition de naître vivant et viable. L'enfant simplement conçu peut hériter si c'est son intérêt.
سؤال
Qu'est-ce qu'une personne morale ?
إجابة
Un groupement (de personnes ou de biens) auquel la loi reconnaît une existence juridique autonome et la qualité de sujet de droit.
سؤال
Que signifie le principe de spécialité de la personne morale ?
إجابة
Une personne morale ne peut exercer que les activités prévues dans ses statuts, conformément à son objet social.
سؤال
Que protègent les 'droits de la personnalité' ?
إجابة
L'intégrité physique (droit à la vie) et morale (droit à la vie privée, à l'honneur) de chaque individu.
سؤال
Quelles sont les 3 caractéristiques de l'état des personnes ?
إجابة
L'état des personnes est indisponible (hors commerce), imprescriptible (ne se perd pas par le temps) et indivisible.
سؤال
Comment le nom de famille est-il attribué à un enfant ?
إجابة
Les parents choisissent le nom du père, de la mère, ou les deux. En cas de désaccord, c'est l'ordre alphabétique.
سؤال
Une femme mariée prend-elle le nom de son mari en Belgique ?
إجابة
Non, la loi belge prévoit que la femme mariée conserve son propre nom de famille.
سؤال
Définissez le jus sanguinis (droit du sang).
إجابة
Principe selon lequel la nationalité est transmise par la filiation, c'est-à-dire par le lien de sang avec un ou plusieurs parents.
سؤال
Définissez le jus soli (droit du sol).
إجابة
Principe selon lequel la nationalité est accordée à une personne née sur le territoire d'un État.
سؤال
Quelle est la définition légale du domicile selon le Code Civil ?
إجابة
Le lieu où une personne a son principal établissement, c'est-à-dire le centre de ses intérêts et de ses relations.
سؤال
Qu'est-ce que l'élection de domicile ?
إجابة
Le choix d'un domicile spécifique pour l'exécution d'un contrat, différent du domicile réel.
سؤال
Quelle est la différence entre capacité de jouissance et d'exercice ?
إجابة
La jouissance est l'aptitude à avoir des droits, tandis que l'exercice est l'aptitude à les mettre en œuvre soi-même.
سؤال
À quel âge la majorité civile est-elle fixée en Belgique ?
إجابة
L'âge du libre exercice de ses droits est fixé à dix-huit ans accomplis.
سؤال
Qu'est-ce qu'un mineur émancipé ?
إجابة
Un mineur de plus de 15 ans affranchi de l'autorité parentale, qui acquiert une capacité juridique élargie mais reste assisté par un curateur.
سؤال
Qu'est-ce que l'émancipation légale ?
إجابة
Une émancipation qui s'opère automatiquement par le mariage du mineur. Elle est irrévocable.
سؤال
Quand la tutelle s'ouvre-t-elle pour un mineur ?
إجابة
Lorsque ses deux parents sont décédés, inconnus, ou dans l'impossibilité durable d'exercer l'autorité parentale.
سؤال
Qui est la figure centrale supervisant la tutelle d'un mineur ?
إجابة
Le Juge de Paix est chargé de l'organisation et de la surveillance de la tutelle.
سؤال
Quel est le rôle du subrogé tuteur ?
إجابة
Il surveille la gestion du tuteur et le représente en cas de conflit d'intérêts avec le mineur.
سؤال
Qui est juridiquement considéré comme un 'absent' ?
إجابة
La personne qui a disparu de son domicile sans donner de nouvelles, créant une incertitude sur sa vie ou sa mort.
سؤال
Quels effets produit la déclaration d'absence ?
إجابة
Elle produit les mêmes effets que le décès : dissolution du mariage et ouverture de la succession.
سؤال
Quelle est la valeur probante d'un acte de l'état civil ?
إجابة
C'est un acte authentique ; il fait foi de ce qu'il constate jusqu'à inscription de faux.
سؤال
Qui est l'officier de l'état civil ?
إجابة
Un fonctionnaire communal (souvent un échevin) chargé de dresser les actes de naissance, mariage, décès et de conserver les registres.
سؤال
Définissez la parenté en ligne directe.
إجابة
Le lien qui unit des personnes qui descendent les unes des autres (par exemple, un grand-père, son fils et son petit-fils).
سؤال
Définissez la parenté en ligne collatérale.
إجابة
Le lien qui unit des personnes descendant d'un auteur commun (par exemple, frères et sœurs, cousins).
سؤال
Qu'est-ce que l'alliance en droit de la famille ?
إجابة
Le lien juridique créé par le mariage entre un époux et les parents de son conjoint.
سؤال
Quelles sont les deux conditions de l'obligation alimentaire ?
إجابة
L'état de besoin du créancier d'aliments et les ressources suffisantes du débiteur d'aliments.
سؤال
Comment le mariage est-il défini en droit civil ?
إجابة
Un contrat civil solennel par lequel deux personnes établissent entre elles une communauté de vie.
سؤال
Une promesse de mariage (fiançailles) est-elle contraignante ?
إجابة
Non, les fiançailles ne créent aucune obligation légale de se marier et peuvent être rompues à tout moment.
سؤال
Quels sont les trois devoirs personnels entre époux ?
إجابة
Le devoir de cohabitation, le devoir de fidélité et le devoir de secours et d'assistance.
سؤال
Qu'est-ce qu'un mariage putatif ?
إجابة
Un mariage annulé qui produit néanmoins certains effets juridiques, car au moins un des époux l'a contracté de bonne foi.
سؤال
La bigamie est-elle une cause de nullité du mariage ?
إجابة
Oui, la bigamie (le fait d'être déjà marié) est une cause de nullité absolue du second mariage.
سؤال
L'erreur sur les qualités d'un conjoint peut-elle annuler un mariage ?
إجابة
Non, seule l'erreur sur l'identité physique ou civile de la personne est une cause de nullité relative du mariage.
سؤال
Quelles sont les deux formes de divorce en Belgique ?
إجابة
Le divorce pour cause de désunion irrémédiable et le divorce par consentement mutuel.
سؤال
Qu'est-ce que la désunion irrémédiable ?
إجابة
Une détérioration grave du lien conjugal qui rend raisonnablement impossible la poursuite de la vie commune.
سؤال
Que sont les 'conventions préalables' au divorce ?
إجابة
L'accord que les époux doivent conclure pour régler toutes les conséquences de leur divorce par consentement mutuel.
سؤال
Qu'est-ce que la séparation de corps ?
إجابة
Un relâchement du lien conjugal qui maintient le mariage mais met fin au devoir de cohabitation et entraîne la séparation de biens.
سؤال
Une faute grave peut-elle affecter la pension alimentaire après divorce ?
إجابة
Oui, un époux reconnu coupable d'une faute grave peut se voir refuser le droit à une pension alimentaire.
سؤال
Quelle présomption de paternité s'applique à un enfant né durant le mariage ?
إجابة
Le mari de la mère est présumé être le père. C'est la règle pater is est quem nuptiae demonstrant.
سؤال
Comment la filiation maternelle est-elle principalement établie ?
إجابة
Par la simple mention du nom de la mère dans l'acte de naissance de l'enfant.
سؤال
Qu'est-ce qu'une reconnaissance de paternité ?
إجابة
Un acte volontaire et solennel par lequel un homme déclare être le père d'un enfant avec qui il n'a pas de lien de paternité légal.
سؤال
La présomption de paternité du mari peut-elle être contestée ?
إجابة
Oui, elle peut être contestée par le mari, la mère, l'enfant ou le père biologique, par toute voie de droit (ex: test ADN).
سؤال
Qu'est-ce que la possession d'état ?
إجابة
Un ensemble de faits publics qui démontrent un lien de filiation, comme le port du nom, le traitement comme son enfant et la réputation.
سؤال
Qu'est-ce que l'autorité parentale ?
إجابة
L'ensemble des droits et devoirs que la loi reconnaît aux parents sur la personne et les biens de leurs enfants mineurs.
سؤال
L'autorité parentale est-elle exercée conjointement après une séparation ?
إجابة
Oui, l'exercice conjoint de l'autorité parentale reste le principe, sauf décision contraire du tribunal de la famille.
سؤال
Que comprend le contenu de l'autorité parentale ?
إجابة
Elle inclut le droit d'éducation, l'administration légale des biens de l'enfant et le droit de jouissance légale sur ses revenus.
سؤال
Les grands-parents ont-ils un droit de visite ?
إجابة
La loi leur reconnaît le droit d'entretenir des relations personnelles avec l'enfant, qui peut être aménagé par un juge.
سؤال
Dans quel cas la déchéance de l'autorité parentale peut-elle être prononcée ?
إجابة
En cas de traitement indigne (abus, mauvais traitements) ou de condamnation pour des faits graves commis sur l'enfant.
سؤال
Qu'est-ce qu'une action alimentaire non déclarative de filiation ?
إجابة
Une action permettant à un enfant (par exemple incestueux) d'obtenir une pension de son parent biologique sans établir légalement de lien de filiation.

Introduction au Droit Civil Q1 (Synthèse)

Cette synthèse couvre les concepts fondamentaux du Droit Civil, en abordant la personnalité juridique, l'état des personnes, la famille, le mariage, le divorce, la filiation et l'autorité parentale.

Chapitre 1 : La Personnalité Juridique

En droit, une « personne » est tout être capable d'avoir des droits et des obligations. La personnalité juridique est la situation qui permet à une personne d'accéder à la vie juridique. On distingue deux catégories de personnes : les personnes physiques et les personnes morales.

Section 1 : Les Personnes Physiques

  • Définition : Tout être humain est une personne physique, titulaire de droits et d'obligations [Source 5].

  • Capacité de jouissance : Aptitude à être titulaire de droits et d'obligations. Elle s'acquiert à la naissance (vivant et viable) et prend fin à la mort (cérébrale ou quasi certaine) [Source 5]. Un enfant simplement conçu peut acquérir la personnalité s'il en va de son intérêt.

  • Capacité d'exercice : Aptitude à exercer ces droits et obligations (conditions : majorité, absence d'incapacité juridique) [Source 5].

Section 2 : Les Personnes Morales

  • Définition : Associations ou institutions auxquelles la loi reconnaît la faculté d'être sujet de droit. Il s'agit d'un groupement de personnes physiques ou morales dotées d'une existence autonome [Source 6]. Les personnes morales sont titulaires de droits et d'obligations.

  • Catégories :

    • Personnes morales de droit public : Organes constitutionnels de l'administration publique, établissements publics [Source 6].

    • Personnes morales de droit privé : Sociétés à but lucratif, ASBL [Source 6].

  • Attribution de la personnalité : Résulte nécessairement d'une disposition de la loi [Source 7].

  • Spécialité de la personnalité : Une personne morale ne peut exercer que les activités spécifiées dans ses statuts [Source 8].

  • Dissolution :

    • Certaines ont une existence indéfinie (État, provinces, communes).

    • D'autres disparaissent par expiration du temps ou par volonté des associés [Source 9].

Chapitre 2 : Droit de la Personnalité

Section 1 : Notions

Les droits de la personnalité protègent l'intégrité physique et morale de chaque individu. Ils ne sont pas toujours explicitement reconnus par la loi mais sont considérés comme essentiels [Source 10].

Section 2 : Quelques Droits de la Personnalité

  • Droit au respect de l'intégrité physique : Le droit à la vie et à l'intégrité physique sont les plus fondamentaux, confirmés par la Convention européenne des Droits de l'Homme [Source 11].

  • Droit au respect de l'intégrité morale : Inclut le droit au respect de la vie privée, le droit à l'honneur et à la réputation, le droit à l'image et à la voix, la liberté du mariage, le droit au secret des communications, le droit au sentiment d'affection, etc. [Source 12].

Chapitre 3 : L'État des Personnes

Section 1 : Généralités

  • Notions : L'état des personnes désigne les qualités qui déterminent la situation d'un individu dans son milieu (cité, famille, situation physique) [Source 13].

  • Caractéristiques : L'état des personnes est indisponible (ne peut être vendu ou renoncé), imprescriptible (le temps ne le modifie pas) et indivisible (on ne peut avoir deux états différents simultanément) [Source 14].

Section 2 : Le Nom

  • Notions : Le nom a pour mission d'identifier et d'individualiser les personnes. Il se compose principalement du nom patronymique (nom de famille) et du ou des prénoms [Source 15]. Le principe de fixité du nom implique l'obligation de le porter et l'intervention du Ministère Public pour sa rectification [Source 18].

  • Nom de famille :

    • Commun à plusieurs membres et transmis par filiation ou adoption.

    • Les parents choisissent le nom du père, de la mère ou les deux. À défaut d'accord, c'est l'ordre alphabétique [Source 16].

    • Pour les enfants de filiation inconnue, le nom est donné par l'officier de l'état civil [Source 16].

    • La femme mariée ne prend pas le nom de son mari [Source 20].

    • Les titres de noblesse n'ont plus de valeur juridique [Source 19].

  • Prénoms : Permettent de distinguer les individus au sein d'une famille [Source 18]. Le choix est libre pour les parents, mais l'officier de l'état civil peut refuser un prénom prêtant à confusion ou nuisible à l'enfant [Source 18].

  • Changement de nom ou prénom :

    • Les rectifications de nom relèvent de l'autorité judiciaire (tribunaux/communes).

    • Les changements de nom nécessitent l'accord de l'autorité étatique (Roi/Gouvernement) pour motifs sérieux. La procédure actuelle implique une demande au ministre de la Justice, publication au Moniteur Belge et, en l'absence d'opposition, transcription à l'État Civil [Source 17].

    • Le prénom peut être changé sur demande à l'état civil [Source 18].

Section 3 : La Nationalité

  • Définition : Lien qui rattache une personne à un État, conférant droits et obligations (notamment droits politiques) [Source 21]. Elle est régie par le Code de la Nationalité belge.

  • Principes :

    • Tout individu doit avoir une nationalité.

    • Toute personne ne peut avoir qu'une seule nationalité (principe parfois assoupli).

    • Toute personne doit pouvoir changer de nationalité [Source 22].

  • Modes d'acquisition :

    • Par la naissance : Droit du sang (filiation) ou droit du sol (naissance sur le territoire) [Source 23].

    • Par l'adoption : Conditions spécifiques liées au lieu de naissance et à la nationalité des parents adoptifs [Source 24].

    • Par déclaration de nationalité : Pour les étrangers majeurs respectant des conditions de langue, de résidence (5 ans) et d'intégration [Source 24].

    • Par naturalisation : Pour les majeurs ou émancipés, avec séjour légal en Belgique, mérites exceptionnels (doctorat, sport) et justification de l'impossibilité d'une déclaration [Source 24].

    • Par le mariage : Pour un étranger épousant un Belge, via la déclaration de nationalité [Source 24].

  • Perte de la nationalité : Adoption d'une nationalité étrangère, renoncement, adoption par un étranger, déchéance pour manquement aux obligations de citoyen [Source 25].

Section 4 : Le Sexe

  • Détermination du sexe à la naissance : Généralement déterminé à la naissance. Les erreurs flagrantes peuvent être rectifiées.

  • Sexe ambigu (intersexe) : L'article 48 du Code Civil permet aux parents de déclarer le sexe dans les trois mois suivant la naissance, sur attestation médicale [Source 26].

  • Transidentité : La loi du 18 juin 2018 (modifiée en 2023) régit la modification de l'enregistrement du sexe. Dès 16 ans, un individu peut déclarer à l'officier de l'état civil que le sexe figurant sur son acte de naissance ne correspond pas à son identité de genre. Une seconde comparution est requise. Le procureur du Roi peut s'y opposer pour ordre public. La loi de 2023 a supprimé le caractère irrévocable de la modification et simplifié le changement de prénom. La modification n'a d'effet que pour l'avenir, sans rétroactivité [Source 26].

Section 5 : Le Domicile

  • Notions : Le domicile varie selon les lois.

    • Code Civil Art. 102 : Lieu du principal établissement d'une personne [Source 27].

    • Code Judiciaire Art. 36 : Lieu d'inscription principale aux registres de population. La résidence est tout autre établissement (bureau, commerce) [Source 27].

    • Résidence conjugale : Lieu où un couple marié établit le siège de sa communauté de vie [Source 27].

    Le domicile est réglementé par la loi et présente un caractère de fixité, même en cas d'absence prolongée. Il fixe l'activité juridique de l'individu dans l'espace [Source 27].

  • Détermination du domicile : Le principal établissement inclut le centre des affaires, relations familiales et fortune. La jurisprudence apprécie l'apparence, l'inscription aux registres n'étant pas une preuve automatique.

    • Mineurs : Domiciliés chez leurs représentants légaux.

    • Fonctionnaires (juges, notaires) : Domiciliés là où ils exercent leurs fonctions.

    • Depuis 1958, les femmes mariées peuvent avoir un domicile distinct de celui de leur mari, sans affecter les obligations conjugales [Source 28].

  • Élection de domicile : Article 111 du Code Civil. Permet aux parties d'un acte ou contrat de désigner un domicile spécifique (distinct du domicile réel) pour l'exécution de cet acte. Ce domicile « élu » attribue compétence au tribunal du lieu choisi et sert pour les communications. Ses effets sont limités au contrat concerné et entre les parties [Source 29].

Section 6 : Les Incapacités

  • Notions de capacité : La capacité est l'aptitude à faire un acte juridique valable, à être sujet de droit et à faire valoir ses droits. L'incapable ne possède pas cette aptitude [Source 30].

  • Capacité de jouissance et capacité d'exercice :

    • Capacité de jouissance : Aptitude à avoir des droits et obligations (toutes les personnes physiques nées vivantes et viables). Exception : pour un avantage, il faut être conçu et naître vivant et viable.

    • Incapacité de jouissance spéciale : Limitée à des situations particulières pour préserver justice, équité ou ordre public (ex: éviter abus ou conflits d'intérêts).

    • Capacité d'exercice : Aptitude à exercer seul les droits dont on jouit. L'incapacité d'exercice ne porte que sur la possibilité d'exercer le droit, pas sur le droit lui-même (ex: un mineur peut être propriétaire, mais ne peut vendre un immeuble) [Source 30].

  • Principes dominants :

    • L'incapacité ne concerne que les actes juridiques (volonté de produire des conséquences juridiques) et non les faits juridiques (conséquences juridiques non recherchées) [Source 30].

    • La capacité est la règle, l'incapacité l'exception (nécessite un texte formel et spécial) [Source 30].

  • Objectif : Protection des personnes contre elles-mêmes [Source 31].

  • Catégories d'incapacités [Source 31] :

    • Totales, générales ou spéciales : Selon leur étendue.

    • Représentation ou assistance : Certaines incapacités exigent la représentation (un tiers agit au nom de l'incapable), d'autres l'assistance (l'incapable agit lui-même, contrôlé par un tiers).

    • Protectrices (majorité) ou d'ordre social (minorité).

Incapacité édictée en raison de l'âge

  • Majorité : La personne majeure (18 ans) a le libre exercice de ses droits [Source 32].

  • Minorité :

    • Mineur ordinaire : Incapable d'agir seul. Ses actes juridiques sont accomplis par son représentant légal.

    • Mineur émancipé : Intervient personnellement, mais doit être assisté pour certains actes [Source 33].

  • Sanction : La nullité (annulation automatique par le juge) ou la rescision (annulation si l'acte a causé un préjudice) [Source 34].

    • Nullité absolue : Peut être demandée par toute partie ou tiers, même soulevée d'office par le juge.

    • Nullité relative : Seule la partie protégée ou ses représentants peuvent la demander.

  • Périodes de la minorité [Source 35] :

    • Mineur sans discernement (enfance) : Incapacité naturelle, non responsable des actes juridiques ou faits illicites.

    • Mineur avec discernement : Incapacité civile ou de protection.

      • Actes conservatoires : Peut les accomplir seul (protéger son patrimoine).

      • Actes de disposition : Frappés de nullité de droit sans preuve de préjudice.

      • Actes d'administration : Peuvent être annulés s'il y a préjudice.

      Le mineur peut aussi faire des actes courants (petites dépenses), un testament (dès 16 ans), gérer des relations bancaires, ou signer un contrat d'emploi avec autorisation parentale.

Représentation du mineur (Tutelle)

  • Représentant :

    • Parents en vie : Les deux parents sont administrateurs légaux et agissent conjointement.

    • Parents décédés ou incapables : La tutelle s'ouvre, institution complexe et d'ordre public, visant à protéger les mineurs.

  • Réforme de la tutelle [Source 36] :

    • Maintien de l'autorité parentale pour le parent survivant.

    • Suppression du conseil de famille (compétences au Juge de Paix).

    • Tutelle non obligatoire dans tous les cas.

    • Modernisation des règles de gestion des biens.

    • Revalorisation du subrogé tuteur (surveille le tuteur, intervient en cas de conflit d'intérêts).

    • Prise en compte du mineur (audition dès 12 ans pour questions personnelles, 15 ans pour biens ; possibilité de saisir le Procureur du Roi).

  • Ouverture de la tutelle : Seulement si les deux parents sont décédés, inconnus ou durablement incapables d'exercer l'autorité parentale. Le parent survivant ou unique reconnu exerce l'autorité parentale sans être tuteur [Source 36]. L'organisation et la surveillance sont confiées au Juge de Paix.

  • Nomination du tuteur et subrogé tuteur : Le Juge de Paix nomme. Les parents peuvent désigner un tuteur par testament. Si aucun choix parental, le Juge privilégie les proches après consultation et audition du mineur de 12 ans et plus. Le subrogé tuteur est désigné par le Juge, souvent d'une autre branche familiale [Source 37].

  • Pouvoirs du tuteur et subrogé tuteur : Le tuteur a des pouvoirs sur la personne et les biens de l'enfant (éducation, gestion du patrimoine, représentation). Certains actes importants nécessitent l'autorisation du Juge de Paix ou le contreseing du subrogé tuteur. Le Juge de Paix a des pouvoirs étendus de contrôle et d'adaptation des mesures [Source 37].

  • Contrôle de la tutelle [Source 38] :

    • Mesures préventives (inaptitude du tuteur, intervention du subrogé tuteur en cas de conflit d'intérêts).

    • Actes interdits ou non autorisés par le tuteur sont frappés de nullité relative.

    • Le tuteur gère les biens avec prudence (sinon destitution, responsabilité). Des garanties peuvent être exigées.

    • Le Juge de Paix, le subrogé tuteur et le Ministère Public contrôlent la tutelle.

    • Formalités de gestion : Inventaire des biens, reddition de compte annuelle, compte définitif à la fin des fonctions.

  • Fin de la tutelle : Majorité, émancipation, adoption, décès du mineur ou du tuteur, démission/destitution du tuteur, établissement d'un lien de filiation [Source 39].

Émancipation du mineur

  • Définition : Bénéfice légal ou judiciaire affranchissant le mineur de l'autorité parentale ou tutélaire, lui donnant le gouvernement de sa personne et une capacité limitée pour ses biens [Source 40].

  • Types d'émancipation :

    • Légale : Automatique et définitive par le mariage du mineur, quel que soit l'âge. Chaque époux devient curateur de son conjoint mineur. Si les deux sont mineurs, une curatelle est mise en place pour les biens [Source 40].

    • Judiciaire : Pour les mineurs de 15 ans et plus, par le Tribunal de la famille sur requête des parents (ou d'un seul en cas de désaccord), du Ministère public (si parents manquants), ou du mineur lui-même (si parents manquants) [Source 40].

  • Le curateur : Assiste le mineur émancipé (ne le représente pas) pour l'éclairer dans ses actes. En cas de mariage, chaque époux est curateur de son conjoint mineur. Dans les autres cas, le curateur est désigné par le Tribunal de la famille [Source 40].

  • Effets de l'émancipation [Source 41] :

    • Sur la personne : Le mineur émancipé a la pleine maîtrise de sa personne, équivalente à celle d'un adulte.

    • Sur le patrimoine : Capacité limitée. Peut accomplir des actes de pure administration (touchant seulement les revenus), mais doit être assisté pour les autres actes (disposition, administration complexe).

    • Validité des actes : Valides dans les limites de capacité. Réduction possible des dépenses excessives. Les actes hors limites peuvent être annulés pour lésion (nécessite preuve du préjudice).

  • Révocabilité : L'émancipation légale est irrévocable. L'émancipation judiciaire peut être révoquée par le tribunal si le mineur montre son incapacité à gérer sa personne [Source 41].

Incapacité des majeurs

  • Protection : Les majeurs dont les facultés sont altérées peuvent être placés sous protection si [Source 42]:

    • Ils sont majeurs.

    • Totalement ou partiellement incapables de gérer leurs affaires en raison de leur état de santé.

    • L'incapacité est temporaire ou définitive.

    • Ils ne peuvent gérer leurs intérêts patrimoniaux ou non-patrimoniaux sans assistance ou protection.

    Deux types de protection : extrajudiciaire et judiciaire.

  • Protection extrajudiciaire (concerne les biens) [Source 43] :

    • Une personne peut anticiper une incapacité future en enregistrant un mandat (contrat conférant à un mandataire le pouvoir d'accomplir des actes juridiques en son nom) dans un registre central.

    • Si l'incapacité survient, le mandat reste valide, et le mandataire agit au nom du mandant.

    • Le Juge de Paix contrôle l'exécution du mandat, peut l'ajuster, le suspendre ou instaurer une protection judiciaire s'il nuit aux intérêts du mandant.

  • Protection judiciaire [Source 44] :

    • Prononcée par le Juge de Paix si la protection légale ou extrajudiciaire est insuffisante.

    • Concerne les majeurs incapables d'accomplir certains actes (matériels, juridiques, de procédure). Le Juge définit précisément les actes interdits, la personne protégée conservant sa capacité pour les autres.

    • Un administrateur est désigné pour assister ou représenter :

      • Administrateur de la personne : Chargé des soins et de l'accompagnement (souvent un proche).

      • Administrateur des biens : Peut être le même que l'administrateur de la personne, sauf si cela nuit aux intérêts de cette dernière.

    • Le Juge surveille les administrateurs qui rendent des rapports réguliers.

  • Protection des malades mentaux (Loi du 26 juin 1990) [Source 45] :

    • Système de protection régulé par le Juge de Paix, nécessitant un rapport médical détaillé.

    • Procédure de mise en observation :

      • Demande par toute personne intéressée (y compris le ministère public), avec certificat médical récent.

      • Le Juge enquête, auditionne la personne concernée et son avocat.

    • La mise en observation initiale est limitée à 40 jours, prolongeable jusqu'à deux ans.

    • Cette loi protège la personne du malade, mais le Juge peut aussi prendre des mesures pour ses biens.

Section 7 : L'Absence et la Disparition

  • Définition de l'absent : Personne disparue sans nouvelles, dont on ne sait si elle est vivante ou morte. L'état d'incertitude caractérise l'absence juridique [Source 46].

  • Régime de l'absence [Source 47] : Le régime des absences est simplifié en deux phases :

    • Présomption d'absence : Le Tribunal de première instance constate la présomption d'absence au moins trois mois après la disparition. Un administrateur judiciaire est désigné pour gérer les biens.

    • Déclaration d'absence : Déclarée par le tribunal cinq ans après le jugement de présomption. Si la première démarche n'a pas été faite, la déclaration peut intervenir sept ans après la disparition.

  • Effets de la déclaration d'absence : Équivaut au décès (ouverture succession, dissolution mariage, pension de survie).

  • Réapparition de l'absent :

    • Pendant la présomption : Le Juge met fin au mandat de l'administrateur, l'intéressé recouvre ses biens.

    • Après la déclaration : L'acte d'état civil est modifié, il recouvre ses biens gérés (mais le mariage reste dissous).

Section 8 : Les Actes de l'État Civil

  • Définition : Éléments déterminant la situation juridique, familiale et sociale d'une personne. Modifiés par faits (naissance, décès) ou actes (mariage, divorce). Les actes de l'état civil, rédigés par un officier, sont des actes authentiques prouvant ces faits [Source 48].

  • Registres de l'État Civil : Publics, consultables via copies ou extraits, strictement organisés et conservés pour éviter la fraude. Les communes tiennent des registres en double exemplaire (naissances, mariages, décès) [Source 48].

  • Officier de l'État Civil : Souvent un échevin. Il enregistre les actes, célèbre les mariages, conserve les registres. Son rôle est actif (constater) et passif (enregistrer les déclarations) [Source 48].

  • Actes principaux [Source 49] :

    • Acte de naissance : Établit l'identité du nouveau-né et sa filiation. Déclaration dans les 15 jours suivant l'accouchement à l'officier de l'état civil du lieu de naissance.

    • Acte de décès : Atteste le décès et l'identité. Déclaration sans délai précis avant l'inhumation, à l'officier du lieu du décès ou de la découverte du corps. Deux témoins (proches ou voisins) doivent faire la déclaration.

  • Force probante : Les actes de l'état civil sont des actes authentiques qui font foi jusqu'à preuve du contraire et sont généralement la seule preuve des informations relatives à l'état civil [Source 50].

  • Exceptions : La loi prévoit d'autres modes de preuve :

    • Un jugement ayant force de chose jugée peut remplacer l'absence d'actes, si les données ne sont pas contestées.

    • Un époux ne pouvant obtenir son acte de naissance peut présenter un document consulaire équivalent ou un acte de notoriété [Source 50].

Chapitre 4 : La Famille

Section 1 : Notions

La famille est l'ensemble des personnes unies par le mariage, la filiation et l'adoption. Les dispositions du droit de la famille sont d'ordre public. L'effet fondamental est la création de l'état des personnes (parents, alliés, époux) [Source 54].

Section 2 : La Parenté

  • Définition : Lien entre deux personnes descendant l'une de l'autre (ligne directe) ou d'un auteur commun (ligne collatérale). Basée sur le lien du sang (parenté réelle) ou fictive (adoption) [Source 55].

  • Types de parenté :

    • Parents directs ou collatéraux / paternels ou maternels.

    • Parenté légitime (mariage) ou illégitime (hors mariage).

    • Germaine : Même père et même mère.

    • Consanguine : Même père, mères différentes.

    • Utérine : Même mère, pères différents [Source 55].

  • Calcul des degrés : Par générations (comput civil) [Source 55].

    • Ligne directe : Autant de degrés que de générations.

    • Ligne collatérale : Remonter à l'auteur commun et redescendre. (ex : frères sont au 2e degré).

Section 3 : L'Alliance

  • Définition : Lien entre les époux et entre chacun d'eux et les parents de l'autre. Naît uniquement du mariage. Seul le conjoint s'allie aux parents de l'autre au même degré que le conjoint. L'alliance s'arrête aux parents du conjoint et dure tant que l'union conjugale [Source 56].

Section 4 : Effets de la parenté et de l'alliance

PARENTÉ

ALLIANCE

Droits liés à l'autorité parentale

        </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>
            Droit de succession
        </td>
        <td>
            Limité : Réserve du conjoint survivant
        </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>
            Obligation alimentaire (pas pour tous les parents)
        </td>
        <td>
            Obligation alimentaire (pas pour tous les alliés)
        </td>
    </tr>
    <tr>
        <td>
            Certaines incapacités quant au mariage et à l'exercice de certaines fonctions publiques.
        </td>
        <td>
            Certaines incapacités quant au mariage et à l'exercice de certaines fonctions publiques (parenté)
        </td>
    </tr>
</table>

L'Obligation Alimentaire

  • Définition : Imposée par la loi, à une personne, de fournir à une autre, dans le besoin et liée par un lien de famille déterminé, les secours nécessaires à la vie. Non absolue, elle se fonde sur l'entraide familiale [Source 58].

  • Conditions [Source 59] :

    • Besoin du créancier : Le créancier doit être dans le besoin (pas nécessairement misère totale), évalué au moment du jugement et par rapport à ses conditions de vie antérieures. Il doit prouver qu'il a tenté de subvenir à ses besoins sans succès.

    • Ressources du débiteur : Le débiteur doit disposer de ressources suffisantes sans que l'obligation ne le mette lui-même dans le besoin. Le juge évalue les ressources (excédent des revenus sur les dépenses nécessaires).

  • Modalités [Source 60] :

    • L'aliment désigne le nécessaire à la vie.

    • Variable, généralement versé en argent, exceptionnellement en nature (débiteur héberge le créancier).

    • Pas de priorité légale entre débiteurs, mais la jurisprudence privilégie les parents avant les alliés. Si plusieurs débiteurs de même rang sont solvables, le créancier doit demander à chacun sa part.

    • Moyens de garantie : Voies d'exécution classiques (saisie de biens, privilège sur revenus), délégation de sommes (saisie-arrêt simplifiée), sanctions pénales (délit d'abandon de famille, jusqu'à déchéance du permis), Service des Créances Alimentaires (SECAL), privilège sur les biens meubles.

  • Types d'obligations alimentaires [Source 61] :

    • Légales : Prévues par la loi (parents-enfants, enfants-parents, époux, certains alliés comme gendre/belle-fille envers beaux-parents jusqu'au divorce).

    • Naturelles : Non légales ni obligatoires (collatéraux, cohabitants).

Cas pratique (obligation alimentaire) [Source 62] : Jean, divorcé, doit une pension alimentaire à sa fille Alice. Ayant perdu son emploi, il ne peut payer. Son obligation alimentaire persiste. Il peut demander au juge de réviser le montant. La mère d'Alice peut demander une exécution forcée ou recourir au SECAL.

Chapitre 5 : Le Mariage

Section 1 : Généralités

  • Définition : Le mariage est un contrat civil solennel qui crée des obligations personnelles entre époux. Il peut être entre homme et femme, deux hommes ou deux femmes, et établit une "communauté absolue et perpétuelle d'existence" [Source 63], [Source 64]. Il prend fin par la mort, le divorce ou l'annulation.

  • Caractéristiques [Source 65] :

    • Contractuel : Exige l'accord des volontés (indissolubilité implicite).

    • Civil : Seul le mariage civil produit des effets légaux (laïcité), le mariage religieux n'en produit aucun.

    • Solennel : La déclaration doit être faite devant l'officier de l'état civil, en présence de témoins, après accomplissement de formalités.

  • L'amour et la procréation ne sont pas des éléments essentiels du mariage selon la loi.

Section 2 : Les Fiançailles

  • Définition : Promesse mutuelle de mariage. Non obligatoires et sans effet légal.

  • Rupture : Peut être rompue à tout moment sans motif. Peut entraîner des dommages et intérêts en cas de faute [Source 66].

Section 3 : Conditions de fond du mariage

  • Différence de sexe : Plus obligatoire depuis 2003 [Source 67].

  • Âge légal : 18 ans minimum. Le Tribunal de la famille peut déroger pour motifs graves [Source 68].

  • Consentement : Formel et lucide [Source 69].

    • Le dol n'est pas une cause de nullité ("en mariage, trompe qui peut").

    • La violence est un vice de consentement.

    • L'erreur n'est admise que sur l'identité physique ou civile du conjoint.

  • Consentement parental : Requis pour les mineurs. Si refus abusif, le tribunal peut autoriser le mariage [Source 70].

  • Monogamie : La polygamie est interdite [Source 71]. Il faut ne pas être déjà marié.

  • Absence d'empêchements à parenté ou alliance :

    • Ligne directe.

    • Ligne collatérale (jusqu'au 2e degré), y compris le 3e degré pour les parents légitimes.

    • Empêchements pour les adoptions [Source 72], [Source 73].

Section 4 : Conditions de forme du mariage

  • Notions :

    • Déclaration auprès de l'officier de l'état civil.

    • Célébration publique devant l'officier de l'état civil.

    • Présence de témoins (quatre max) est facultative.

    • Acte de mariage rédigé après la déclaration dans les 14 jours [Source 74].

  • Opposition au mariage : Supprimée avant le mariage en 2009 [Source 75].

  • Causes de nullité :

    • Absolues légères : Vices de forme.

    • Absolues graves : Absence de consentement, impubères, simulation, inceste, bigamie, mariage forcé [Source 76].

    • Relatives : Erreurs, vices de consentement [Source 76].

  • Effets de la nullité : Rétroactive, sauf mariage putatif. Un mariage putatif est nul mais produit des effets si au moins un époux était de bonne foi (ex: légitimité des enfants) [Source 77].

Section 5 : Les effets du mariage

  • Effets personnels [Source 78] :

    • Devoir de cohabitation.

    • Devoir de fidélité.

    • Devoir de secours et de contribution aux charges du mariage.

    • Devoir d'assistance.

    • Exercice d'une profession.

    Manquement grave peut entraîner un recours au Tribunal de la famille pour mesures urgentes et provisoires (art. 223 Code civil), pouvant concerner la séparation des époux, l'hébergement des enfants, ou la gestion financière. Ces mesures sont provisoires et peuvent mener au divorce ou à la séparation de corps [Source 79].

Cas pratiques (nullité du mariage) :

  • Pierre et Anne [Source 81] : Si Pierre souffrait de troubles mentaux graves au point de ne pas comprendre son engagement, le mariage pourrait être annulé pour vice de consentement.

  • Sophie et Marc [Source 82] : Si Marc simulait son consentement pour obtenir un visa, Sophie pourrait demander l'annulation du mariage pour simulation.

  • Jean et Élise [Source 83] : Le mariage de Jean et Élise est nul pour bigamie, Jean étant déjà marié. Claire peut demander l'annulation.

  • Sarah et son mariage forcé [Source 84] : Le mariage forcé est une cause de nullité absolue. Sarah peut demander l'annulation en prouvant la contrainte.

  • Mélanie et Paul [Source 85] : Mélanie peut demander l'annulation pour erreur sur l'identité de Paul (nullité relative).

Chapitre 6 : Le Divorce et la Séparation des Corps

Section 1 : Généralités

  • Le mariage prend fin par la mort, le divorce, ou l'absence d'un des époux [Source 80].

Section 2 : Le Divorce

  • Définition : Rupture du mariage prononcée par la justice du vivant des époux. Dissolution complète et définitive du lien conjugal avec effet pour l'avenir [Source 86].

  • Types de divorce [Source 86] :

    • Divorce pour cause de désunion irrémédiable (DDI).

    • Divorce par consentement mutuel (DCM).

Divorce pour cause de désunion irrémédiable

  • Causes [Source 87] :

    • Preuve de la désunion irrémédiable par un ou les deux époux.

    • Séparation de fait de plus d'un an (demande par un seul époux) ou de plus de six mois (demande conjointe).

    • Volonté de divorcer exprimée à deux reprises au juge sur une période d'un an (époux seul) ou trois mois (les deux époux).

  • Procédure [Source 87] : Introduite par requête ou citation devant le Tribunal de la famille du lieu de la dernière résidence conjugale. Ce Tribunal statuera aussi sur le régime matrimonial, la pension alimentaire, les enfants.

Divorce par consentement mutuel

  • Définition : Manifestation persistante et solennelle de la volonté des deux époux de mettre fin à leur union. Exige un accord sur le divorce et tous ses effets.

  • Conventions préalables : Les époux doivent signer des "conventions préalables à divorce par consentement mutuel" réglant tous les problèmes pécuniaires et personnels (eux-mêmes et enfants) [Source 87].

  • Procédure [Source 88] :

    • Nécessite l'intervention d'un notaire si des immeubles sont concernés. Sans immeuble, les conventions peuvent être rédigées par avocats sous seing privé.

    • Dépôt d'une requête au greffe du Tribunal de la famille. Procédure exclusivement écrite, sans comparution sauf exception.

    • Le Tribunal de la famille prononce le divorce et homologue les conventions relatives aux enfants mineurs.

    • L'appel doit être interjeté dans le mois. Le divorce est transcrit en marge de l'acte de mariage par l'officier de l'état civil.

Cas pratique (Divorce DDI) [Source 94] : Monsieur X et Madame Y sont séparés de fait depuis 18 mois. Monsieur X peut demander le divorce pour désunion irrémédiable en invoquant la séparation de plus d'un an. La procédure est introduite devant le tribunal de la famille.

Cas pratique (Divorce DCM) [Source 95] : Monsieur et Madame Z souhaitent divorcer d'un commun accord. Ils doivent s'entendre sur toutes les conséquences et rédiger des conventions préalables. En présence d'immeubles, un notaire doit intervenir pour la transcription des actes. La procédure est généralement écrite devant le tribunal de la famille.

Section 3 : Les Effets du Divorce

  • Effets découlant du jugement [Source 89] :

    • Fin des devoirs réciproques entre époux.

    • Rétroactivité des effets concernant les biens au jour de l'introduction de la procédure.

    • Les enfants conservent tous leurs droits et devoirs.

  • Pension alimentaire après divorce [Source 91] : Chaque époux peut réclamer une pension s'il est dans le besoin. La durée est identique à celle du mariage mais peut être prolongée par le Tribunal. La "faute" d'un époux peut contester le droit à une pension.

  • Convention préalable : Pour le DCM, les conventions règlent en principe les problèmes. Si des circonstances nouvelles et imprévisibles surviennent dans le mois suivant la demande, un époux peut demander au juge de réviser les accords initiaux [Source 90].

  • Autorité parentale et hébergement des enfants :

    • Pour le DCM, les conventions règlent ces questions.

    • Pour le DDI, le Tribunal de la famille prend des mesures révisables à tout moment [Source 92].

Cas pratique (Contestation de pension alimentaire) [Source 96] : Madame C conteste la pension alimentaire demandée par Monsieur D après leur divorce. Elle peut le faire si elle prouve une faute grave de Monsieur D (ex: coups et blessures) ayant rendu impossible la vie commune.

Section 4 : La Séparation de Corps

  • Définition : Simple relâchement du lien conjugal. Le mariage est maintenu, mais le devoir de cohabitation et d'assistance est supprimé [Source 93].

  • Types : Séparation de corps pour désunion irrémédiable, ou par consentement mutuel.

  • Effets : Entraîne la séparation de biens du régime matrimonial.

  • Fin : Réconciliation des époux, décès de l'un d'eux, ou divorce [Source 93].

Chapitre 7 : La Filiation

Section 1 : Notions

  • Définition : Situation créée par la descendance en ligne directe, désignant les rapports immédiats entre parents et enfant. Le principe est l'égalité des enfants et la primauté de la recherche de la vérité biologique (preuve de sang) [Source 97].

  • Principes fondateurs :

    • Toute filiation doit être légalement prouvée.

    • Les effets de la filiation sont indépendants de la manière et de l'époque où elle a été établie.

  • Période de conception : Du 300e au 180e jour avant la naissance, et au moment le plus favorable à l'enfant [Source 97].

Section 2 : La Filiation Maternelle

  • Preuves [Source 98] : L'accouchement et l'identité de l'enfant né.

    • Acte de naissance : Titre régulier. Établie dès les premiers jours. Peut être contestée, sauf si confirmée par la possession d'état [Source 99].

    • Reconnaissance de maternité : Acte solennel (officier d'état civil ou notaire) par lequel une personne déclare volontairement un lien de maternité. Contestable, sauf si confirmée par possession d'état ou si le consentement n'est pas vicié. La première reconnaissance est efficace en cas de multiples reconnaissances [Source 100].

    • Possession d'état : En l'absence d'acte de naissance ou de reconnaissance, l'enfant peut établir le lien si la possession d'état est prouvée (aveu des parents corroboré par circonstances) [Source 101].

    • Expertise scientifique : L'enfant peut demander un examen sanguin ou autre pour établir la filiation [Source 102].

Section 3 : Filiation Paternelle

Enfant né d'une femme mariée

  • Présomption de paternité : Le mari de la mère est présumé être le père si l'enfant est né ou conçu pendant le mariage. Cette présomption est aussi applicable si l'enfant naît dans les 300 jours après la dissolution ou l'annulation du mariage.

  • Contestation de la présomption : La présomption est réfragable (peut être contestée ou renversée par preuve du contraire).

    • Existent des exceptions (ex: séparation de fait) et un droit de contestation [Source 104].

    • La paternité du mari peut être contestée s'il est prouvé qu'il ne peut être le père par toutes voies de droit [Source 105].

    • Dénégations (sans preuve complémentaire) : Dans les cas visés à l'article 316bis du Code Civil (ex: séparation des époux depuis 300 jours), quand la filiation maternelle est établie par reconnaissance ou décision judiciaire, ou quand le mari conteste avant l'établissement de la filiation maternelle (désaveu préventif).

    • La paternité du mari ne peut être contestée s'il a consenti à une PMA, sauf si l'enfant ne peut en être la conséquence [Source 105].

    • Action en contestation : Ouverte au mari, à la mère, à l'enfant, et aux tiers intéressés [Source 106].

      • Mère : Dans l'année de la naissance.

      • Mari (ou précédent mari) : Dans l'année de la découverte qu'il n'est pas le père.

      • Épouse (ou coparente) : Dans l'année de la découverte de non-consentement à l'acte procréatif ou que l'enfant n'est pas issu du projet parental.

      • Enfant : Entre 12 et 22 ans, ou dans l'année de la découverte que le mari/coparente n'est pas son parent.

      • Tiers (père biologique/coparente) : Dans l'année de leur découverte de la réalité biologique ou du consentement à une PMA.

      • Ascendants/descendants du mari décédé : Dans l'année du décès ou de la naissance si celle-ci est postérieure au décès [Source 107].

Cas pratique (Contestation de paternité) [Source 115] : Jean, marié à Marie, doute de sa paternité de Paul né pendant leur mariage. Il est présumé être le père. Il peut contester la paternité en prouvant qu'il ne peut être le père (ex: tests ADN). Le délai est d'un an après la découverte du fait qu'il n'est pas le père.

Cas pratique (PMA et contestation) [Source 118] : Pierre ayant consenti à la PMA ne peut contester sa paternité de Lucas, sauf s'il peut prouver que l'enfant n'a pas été conçu dans ce cadre (ex: relation extra-conjugale). Il doit apporter des preuves médicales ou scientifiques dans un délai d'un an après la découverte de ce fait.

Enfant né d'une femme non mariée

  • Reconnaissance de paternité : Permise si la filiation paternelle n'est pas établie (sauf relations incestueuses). La procédure est similaire à celle de la maternité, mais il existe des différences de droits entre hommes et femmes. Le père doit obtenir le consentement de l'enfant (majeur/émancipé), de la mère (si l'enfant est mineur), et de l'enfant lui-même (s'il a 15 ans et plus). Si refus de consentement, le Tribunal de la famille intervient en tenant compte de l'intérêt de l'enfant et de la preuve de filiation biologique. Un homme marié doit obtenir l'homologation du tribunal et l'avis de son épouse. Une femme mariée n'a pas besoin d'homologation pour un enfant né d'un autre homme [Source 108].

  • Action en recherche de paternité : Recevable dans presque tous les cas (sauf inceste). La preuve peut être apportée par toutes voies de droit (expertises médicales). Aucun sanction n'est prévue pour refus d'expertise.

  • Prescription : Se prescrit par trente ans à partir de la fin de la possession d'état ou de la naissance. Pour le mineur, la prescription est suspendue jusqu'à ses 48 ans [Source 109].

Cas pratique (Reconnaissance de paternité) [Source 116] : Thomas, père biologique de Clara (enfant de Sophie, femme non mariée), souhaite la reconnaître. Le consentement de Sophie est requis si Clara est mineure. En cas de refus, Thomas peut saisir le Tribunal de la famille qui statuera en fonction de l'intérêt de l'enfant et des preuves de filiation biologique (tests ADN).

Action alimentaire non déclarative de filiation

  • Définition : Permet aux enfants dont la double filiation est interdite (ex: inceste) d'obtenir une pension alimentaire de la part du parent biologique sans établir la filiation.

  • Objectif : Couvrir les besoins de l'enfant (entretien, éducation, formation) [Source 110].

  • Délais/Conditions : L'action doit être exercée dans les trois ans suivant la naissance ou la fin du soutien financier du parent. Le tribunal peut accepter au-delà de ce délai pour justes motifs.

  • Montant et durée : Fixé selon les besoins de l'enfant et les ressources du parent débiteur et de la mère. Peut se prolonger au-delà de la majorité si la formation n'est pas terminée. Le montant peut être ajusté [Source 110].

Cas pratique (Pension alimentaire sans filiation) [Source 117] : Lucie, née d'une relation extra-conjugale, peut réclamer une pension alimentaire à Marc, son père biologique, même si la filiation n'est pas établie. L'action doit être introduite dans les trois ans suivant la naissance ou la cessation de l'aide de Marc. Le Tribunal de la famille ordonnera la pension selon les besoins de Lucie et les ressources de Marc.

Section 4 : Les Effets de la Filiation

L'Autorité Parentale

  • Définition : Ensemble des droits, pouvoirs et obligations des parents à l'égard de la personne et des biens de leurs enfants mineurs non émancipés [Source 111].

  • Titulaires : Les parents exercent conjointement l'autorité parentale, même en cas de séparation. Le juge peut confier l'exercice exclusif à un parent. Les grands-parents et proches ont un droit de relations avec l'enfant [Source 112].

  • Contenu [Source 113] :

    • Droit d'éducation et de correction (inclut l'obligation d'entretien, d'éducation, de formation).

    • Droit d'administration légale (gestion du patrimoine, actions judiciaires).

    • Droit de jouissance légale (parents peuvent s'approprier les revenus des biens personnels de l'enfant jusqu'à sa majorité).

  • Déchéance de l'autorité parentale : Pour mauvais traitements ou condamnations. La personne déchue perd ses droits d'administration, d'éducation et de succession [Source 114].

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