Histoire de la médecine marocaine

لا توجد بطاقات

Un aperçu historique de l'évolution de la médecine au Maroc, couvrant les périodes des Idrissides, des Almoravides, des Almohades, des Mérinides, des Saadiens, des Alaouites, et la période du protectorat.

Introduction à l'Histoire de la Médecine

L'histoire de la médecine retrace l'évolution des connaissances scientifiques et des moyens mis en œuvre pour la prévention, le diagnostic, la guérison ou le soulagement des maladies et infirmités à travers les âges et les civilisations.

Définitions Clés de la Médecine

  • Pierre Larousse (1817-1875) : Encyclopédiste et lexicographe français, décrivait la médecine comme "l'ensemble des connaissances scientifiques et des moyens de tous ordres mis en œuvre pour la prévention, la guérison ou le soulagement des maladies, blessures ou infirmités."

  • Émile Littré (1801-1881) : Médecin, philosophe, théologien et homme politique français, définissait la médecine comme "l'art qui a pour but la conservation de la santé et la guérison des maladies, et qui repose sur la science des maladies ou pathologie."

La Santé selon l'OMS

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a défini en 1946 la santé comme "un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité". Cette définition a été adoptée par la Conférence internationale sur la Santé à New York et est entrée en vigueur le 7 avril 1948.

Médecine Préhistorique

La médecine préhistorique est étudiée à travers la paléopathologie, discipline qui se penche sur les maladies et évolutions dégénératives des populations du passé.

La Paléopathologie

  • Étymologie : Du grec Palaios (« ancien »), Pathos (« maladie »), et Logos (« étude théorique »).

  • Définition : Branche de la médecine spécialisée dans l'étude des maladies et des évolutions dégénératives observées chez les populations préhistoriques.

Pionniers de la Paléopathologie

  • Philippe-Charles Schmerling (1790-1836) : Médecin, anthropologue, paléontologue et préhistorien belge. Il fut le premier à identifier des ossements humains comme les restes d'une espèce éteinte d'hommes préhistoriques.

  • Marc Armand Ruffer (1859-1917) : Médecin bactériologiste, considéré comme le fondateur de la paléopathologie.

    • En 1909, il prouve la présence de bilharziose en Égypte antique en découvrant des œufs de Schistosoma haematobium dans les reins de momies de la XXe dynastie.

    • En 1910, il démontre la présence de tuberculose en Égypte ancienne en autopsiant la momie de Nesperenhep, révélant un mal de Pott avec un abcès du psoas.

Exemple de Paléopathologie Organique : Ötzi, l'Homme de Glace

  • Âge : Décédé il y a 3300 ans avant J.-C.

  • Découverte : Retrouvé en 1991 entre l'Italie et l'Autriche.

  • Caractéristiques : 1,65m, 50kg, mort à 45 ans.

  • Maladies : Souffrait d'arthrose, d'athérosclérose, de calculs biliaires.

  • Cause du décès : Blessure mortelle à l'épaule gauche par une flèche, sectionnant l'artère sous-clavière.

  • Étude ADN : Révèle une origine proche du Moyen-Orient.

Pathocénose à la Période Néolithique

La pathocénose représente la communauté de maladies présente dans une population à un lieu et un moment donnés.

Facteurs influençant la Pathocénose

  • Déplacements humains : Ont contribué à la propagation des maladies.

  • Sédentarisation : L'accumulation des déchets a favorisé des maladies à transmission oro-fécale (ex: typhoïde).

  • Promiscuité : A entraîné le développement de maladies contagieuses et les premières épidémies.

  • Domestication animale : A donné lieu à l'apparition de zoonoses.

    • Tuberculose et variole : Transmises par les bovidés.

    • Brucellose : Transmise par les ovins et caprins.

    • Taenia et grippe : Transmises par le porc.

    • Morve : Transmise par le cheval.

    • Rage, gale, toxoplasmose : Transmises par les chiens et chats.

  • Maladies professionnelles :

    • Silicose : Due aux extractions minières.

    • Saturnisme : Chez les peintres et dans le polissage des pierres.

Groupes de Pathologies Principales

  1. Les maladies ostéoarticulaires.

  2. La pathologie traumatique.

  3. Les maladies infectieuses.

Moyens Thérapeutiques Préhistoriques

  • Plantes : Utilisation de végétaux pour leurs propriétés médicinales.

  • Moyens chirurgicaux :

    • Extraction des corps étrangers.

    • Parage des plaies.

    • Immobilisation des os fracturés.

    • Amputations.

    • Trépanation : Pratiquée notamment à la Grotte de Taforalt (Maroc) il y a environ 15 000 ans, consistant à réaliser une découpe circulaire dans le crâne.

  • Soins dentaires : Pratiqués au Néolithique en Inde et au Moyen-Orient.

    • Un cas d'abcès dentaire a révélé l'utilisation de saule blanc (Salix alba), source d'acide salicylique (antalgique naturel, précurseur de l'aspirine).

    • Le tartre dentaire contenait des séquences de la moisissure Penicillium, productrice de pénicilline (antibiotique naturel).

Médecine Antique

Médecine Mésopotamienne

La Mésopotamie, "berceau de la civilisation" entre le Tigre et l'Euphrate (actuel Irak), a vu l'élaboration du premier système d'écriture (cunéiforme) vers 3300 av. J.-C.

Début de la Médecine Babylonnienne

  • Initialement théocratique, exercée par des prêtres.

  • Trois catégories de praticiens :

    • Les Azus : Médecins à proprement parler.

    • Les Barus : Devins chargés des pronostics et de l'identification des causes des maladies et autres catastrophes.

    • Les Ashigus : Exorcistes et purificateurs.

Thérapeutiques et Croyances

  • Hépatoscopie : Lecture des oracles dans le foie d'animaux sacrifiés pour désigner la divinité ou le mauvais esprit responsable d'une maladie. Le foie était considéré comme l'origine de la vie.

Enseignement Médical

  • Les prêtres-médecins enseignaient dans des écoles dépendant des Temples.

  • Les études se basaient sur des textes inscrits sur des tablettes d'argile décrivant les maladies. La bibliothèque d'Assurbanipal comptait près de 20 000 tablettes au VIIIe siècle av. J.-C.

  • Hérodote (Ve siècle av. J.-C.) décrivait l'apprentissage par l'observation publique : les malades étaient transportés sur les places publiques, et les passants, ayant eu une maladie similaire, offraient leurs conseils basés sur l'expérience.

Le Code de Hammurabi (~1750 av. J.-C.)

  • Texte juridique babylonien, un des codes de lois les plus complets de la Mésopotamie antique.

  • Il réglementait l'activité du médecin, fixant ses honoraires et les risques encourus en cas de faute professionnelle.

  • Exemple : « Si un médecin sauve un œil menacé par un abcès, il recevra dix sicles d'argent ; deux sicles seulement, si le patient est un esclave. Si le médecin a crevé l'œil au cours de l'opération, on lui coupera les mains. S'il s'agit d'un esclave, la peine est plus légère. Le médecin paiera en argent la moitié du prix de l'esclave. »

  • Redécouvert en 1901-1902 à Suse (Iran), exposé au musée du Louvre.

Médecine Égyptienne

La médecine égyptienne s'est développée sur trois millénaires, de l'Ancien Empire à la Basse Époque, marquant des avancées significatives jusqu'à la conquête grecque et la fondation d'Alexandrie.

Pratiques Médicales et Connaissances

  • Connaissance des affections (bilharziose, pathologies cardiovasculaires, rhumatologiques, endocriniennes) grâce aux papyrus médicaux et l'examen des momies.

  • L'embaumement traiter un cadavre par des substances destinées à le conserver, bien que rituel, a permis une connaissance rudimentaire de l'anatomie.

Papyrus Médicaux Importants

  • Papyrus Ebers (environ 1550 av. J.-C.) : Premier traité de cardiologie connu.

  • Papyrus de Kahoun (environ 2000 av. J.-C.) : Traité de gynécologie et d'obstétrique.

  • Papyrus Edwin Smith (environ 1500 av. J.-C.) : Traité d'anatomie et de pathologie chirurgicale, notoire pour sa structure méthodique.

Avancées Médicales

  • Rationalisation de la médecine par la classification des maladies par « spécialités ».

  • Établissement d'un diagnostic par interrogatoire soigneux et examen complet.

  • Excellente connaissance des affections ophtalmologiques.

  • Sur le plan chirurgical, techniques de fermeture de plaies et rapprochement des bords de blessures grâce aux méthodes des embaumeurs.

L'Embaumement

  • Opération réalisée dans le secret, débutant par l'extraction de la cervelle par les narines.

  • Enveloppement du corps dans des bandelettes de lin enduites de gomme arabique après 70 jours.

  • Réservé aux pharaons et hauts dignitaires ; des procédures moins complexes existaient pour d'autres catégories, tandis que le peuple était enseveli directement dans le sable.

Hiérarchisation du Corps Médical

  • Le corps médical était très structuré et soumis à un contrôle administratif.

    • Sounou : Médecin (base de l'échelle).

    • Mer Sounou : Chef des médecins.

    • Our Sounou : Grand médecin.

    • Senedj Sounou : Inspecteur des médecins.

  • Types de médecins :

    • Ouabou : Prêtre exorciste.

    • Saou : Prêtre magicien.

    • Sounou : Médecin.

Médecine Chinoise

La médecine chinoise a évolué sur des millénaires, caractérisée par une approche holistique et une observation précise des phénomènes corporels.

Principes Fondamentaux

  • Yin et Yang : Représentent la dualité de tous les phénomènes interactifs dans l'univers.

    • Yin : Terre, froid, féminin.

    • Yang : Ciel, chaleur, masculin.

  • Cinq Éléments : L'Univers est composé de métal, bois, eau, feu et terre, en proportions variables.

Origines et Évolution

  • Peu d'évolution pendant 4 000 ans.

  • Au XIXe siècle, l'acupuncture est une pratique issue de la médecine traditionnelle chinoise qui consiste à insérer de fines aiguilles sur des points spécifiques du corps (méridiens) pour rééquilibrer le flux d'énergie vitale (Qi) et soulager divers troubles, principalement la douleur, mais aussi l'anxiété, les nausées ou l'insomnie. fut interdite au profit de la médecine occidentale, mais continuait d'être pratiquée.

  • En 1950, avec l'arrivée de Mao Zedong, l'acupuncture fut réhabilitée.

Apports de la Médecine Chinoise

  • Compensation de l'ignorance en anatomie, pathologie et physiologie par un esprit d'observation très précis et une connaissance des matières premières.

  • Inspection et état des pouls : L'examen clinique repose sur l'inspection durant un cérémonial et l'évaluation des caractères du pouls, élément fondamental du diagnostic (200 espèces de pouls, dont 26 pronostics mortels).

  • Prévention des épidémies : Pour contrer la variole, une forme d'immunisation, la variolisation, était pratiquée en insufflant des croûtes pulvérisées de pustules de variole dans le nez des enfants (narine gauche pour les garçons, droite pour les filles).

Thérapeutiques Chinoises

  • Pharmacopée :

    • Chanvre indien et opium comme anesthésiques.

    • Arsenic contre les maladies cutanées.

    • Mercure contre la syphilis.

    • Soufre pour la gale.

  • Acupuncture : Introduction d'aiguilles dans les méridiens du corps, arme thérapeutique majeure pour agir sur le cœur et la circulation.

  • Moxibustion qui consiste à chauffer des points d'acupuncture avec du moxa, un bâtonnet d'armoise séchée. : Application sur la peau de cônes de feuilles d'absinthe enflammés pour provoquer une ampoule.

  • Chirurgie : Point faible de la médecine chinoise, le corps étant considéré comme un héritage sacré des ancêtres.

Médecine Indienne

La médecine indienne antique, ou Ayurveda, se caractérise par des traités détaillés et une formation structurée des médecins.

Traités Fondamentaux

  • Traité de Charaka : La santé et la maladie ne sont pas prédéterminées ; la vie peut être prolongée par l'effort humain.

  • Traité de Sushruta : Définit l'objet de la médecine comme la guérison des maladies, la protection de la santé et la prolongation de la vie.

  • Ces deux traités décrivent minutieusement l'examen du malade, le diagnostic, le traitement et le pronostic de nombreuses maladies. Le Suśrutasamhita est notable pour ses descriptions chirurgicales (rhinoplastie, réparation des lobes d'oreille, lithotomie périnéale, chirurgie de la cataracte, etc.).

L'Ayurveda

  • Traité médical majeur de l'Inde ancienne, structuré en 8 branches :

    1. La chirurgie générale.

    2. L'ORL et l'Ophtalmologie.

    3. La thérapeutique générale.

    4. La toxicologie.

    5. La démonologie.

    6. L'obstétrique et la pédiatrie.

    7. La médecine tonifiante. vise à stimuler l'énergie physique et mentale, renforcer le système immunitaire et lutter contre la fatigue. Elle s'appuie sur des plantes adaptogènes des compléments alimentaires, des massages énergétiques et des techniques de médecine esthétique pour raffermir la peau et la silhouette

    8. La médecine aphrodisiaque. vise à stimuler la libido et améliorer les performances sexuelles en agissant sur la circulation sanguine, le système nerveux ou le taux de testostérone

Formation Médicale

  • Durée normale de formation : sept ans.

  • Examen final pour l'obtention du diplôme.

  • Le médecin (Vaidya) devait continuer à apprendre par la lecture, l'observation directe et la déduction, participant à des réunions d'échange de connaissances.

Médecine Gréco-Romaine

La médecine Gréco-Romaine est un pilier de la médecine occidentale, marquée par des concepts philosophiques et des avancées pratiques en anatomie et hygiène.

Médecine Grecque

Les Grecs sont considérés comme les fondateurs de la médecine « moderne ».

Périodes de la Médecine Grecque

  1. Médecine mythologique.

  2. Médecine des philosophes-savants.

  3. Médecine hippocratique : Représentée par Hippocrate (né en 460 av. J.-C.) et le Serment d'Hippocrate.

  4. Médecine post-hippocratique : Avec les sectes médicales et l'école d'Alexandrie.

La Peste d'Athènes (430-429 av. J.-C.)

  • Décrite par Thucydide, une épidémie majeure qui a marqué l'Antiquité.

Médecine d'Alexandrie (Post-Hippocratique)

  • Développement de l'anatomie grâce à la tolérance de la dissection.

  • Anatomistes clés :

    • Érasistrate de Céos (300-240 av. J.-C. environ) : Étude anatomophysiologique du système nerveux, différenciation des nerfs moteurs et sensitifs, importance du cervelet et du bulbe.

    • Hérophile de Chalcédoine (335-280 av. J.-C. environ) : Étude du système nerveux, méninges et cerveau, différenciation des artères et des veines.

Médecine Romaine

Quelques Dates et Personnalités

  • 129 ap. J.-C. : Naissance de Claude Galien.

  • 165 ap. J.-C. : Peste antonine à Rome.

  • 400 ap. J.-C. : Construction du premier hôpital, le nosocomium.

Enseignement Médical Romain

  • Galien préconisait onze ans de formation pour un médecin.

  • Thessalos de Tralles : Cycle de six mois.

  • Le titre de medicus a republica était attribué aux médecins diplômés.

  • Écoles de médecine fondées dans les cités de l'Empire (Athènes, Alexandrie, Marseille, Lyon, Saragosse).

  • La patente de médecin était accordée après l'approbation des meilleurs praticiens.

Types de Médecins à Rome

  • Médecins exerçant en libéral dans les cités.

  • Archiatres (médecins officiels).

  • Médecins militaires.

Innovations de la Médecine Romaine

  • Hygiène publique : Développement des égouts pour l'évacuation des eaux usées.

  • Naissance des « infirmières » : Phoebe, l'Impératrice Héléna, Olympia et Fabiola sont considérées comme les premières infirmières.

Thérapeutiques

  • La thériaque : Préparation complexe de plus de 60 substances, utilisée contre diverses affections (céphalées, vertiges, épilepsie, asthme, peste, etc.).

  • La saignée : Médication la plus courante, employée dans presque toutes les maladies.

  • Le thermalisme : Utilisation des vertus des eaux (alcalines pour l'estomac, sulfureuses pour la peau et les rhumatismes, cuivreuses pour les muqueuses, salines pour les « lymphatiques » et la dysménorrhée).

  • Hospitalisation : Le nosocomium (premier hôpital en 400 ap. J.-C.), et les xenodochiums (lieux d'accueil pour les infirmes ou les pauvres).

Grandes Épidémies

  • Paludisme : Dont certains auteurs pensent qu'il a contribué au déclin de l'Empire.

  • La peste.

Médecine Perse et Hébraïque

Médecine Perse

  • Avicenne (Ibn Sīnā) est perse, pas arabe

  • est né vers 980 près de Boukhara (dans une région alors persane, aujourd’hui en Ouzbékistan) et son origine ethnique et culturelle est persane.

  • En revanche, il a écrit la majorité de ses œuvres en arabe, parce que c’était la langue scientifique et intellectuelle dominante à l’époque.

  • Rhazès (Muhammad ibn Zakariya al-Razi, 850-925) : Premier médecin à utiliser systématiquement l'alcool en médecine.

    • Auteur du Kitab al-Hawi fi al-Tibb (Le Continent), grand traité de médecine.

    • A formulé des observations cliniques et décrit des maladies.

    • A écrit le Kitab fi al-Jadari wa-al-hasbah, traité sur la variole et la rougeole

Médecine Hébraïque

  • Les Hébreux considéraient les maladies comme des châtiments divins, la guérison étant l'apanage de Dieu.

  • Haute estime pour le médecin, comme en témoignent des citations : « Honore le médecin dont tu as besoin et avec les honneurs qui lui sont dus » ; « Le savoir d'un médecin élèvera son esprit et ainsi qu'un grand Homme il doit être admiré » ; « Si tu es malade, implore Dieu et appelle le médecin, car un homme prudent ne méprise pas les remèdes terrestres ».

Épidémies Notables

  • Lèpre.

  • Peste.

Apports de la Médecine Hébraïque

  • Rôle majeur dans l'hygiène et la médecine préventive, souvent pour des raisons religieuses.

  • Mesures préventives dans plusieurs domaines :

    • Alimentation : Abattage codifié des animaux, interdiction de la consommation de porc (qui pouvait causer des affections parasitaires).

    • Hygiène corporelle.

    • Hygiène de la menstruation et de la gestation.

    • Funérailles : Modalités et lieux régis par des lois.

La Médecine au Moyen Âge en Occident

Le Moyen Âge occidental a vu la médecine évoluer de pratiques monastiques vers une période scolastique, avec le développement d'écoles universitaires et d'institutions hospitalières.

Deux Périodes de l'Exercice Médical

  1. Période monastique : Pratique médicale exercée par les moines, seuls capables de lire le latin et de dispenser des soins.

  2. Période scolastique :

    • Développement de l'École de Salerne (Xe siècle), au rayonnement européen, attirant des praticiens et assurant un renouveau médical.

    • Création et développement d'universités :

      • Bologne (XIe siècle).

      • Montpellier (enseignement dès 1137, statuts en 1220).

      • Padoue (1228).

      • Paris (1215).

      • Salamanque (1230).

      • Oxford (1214), Cambridge (1229).

      • Toulouse (1229).

    • L'enseignement était fortement dépendant de l'Église.

Méthodes d'Enseignement Scolastique

  1. La lectio : Lecture et commentaire des auteurs médicaux antiques et arabes.

  2. La disputio : Débat et confrontation des solutions aux problèmes.

Hôpitaux au Moyen Âge

  • Hospices et Hôtels-Dieu : Fondés dans les villes pour l'accueil des pauvres, infirmes et mendiants (principe de la « Miséricorde » chrétienne). L'Hôtel-Dieu de Paris fut construit en 829.

  • Maladreries ou « hostels de ladress » : Situées à l'extérieur des villes (200-300 mètres), elles étaient dédiées aux lépreux. Au début du XIIIe siècle sous Louis VIII, on comptait environ 2 000 maladreries en France.

Grandes Épidémies

  • La lèpre : Connut son apogée en Europe occidentale entre le XIIe et le XIVe siècles.

  • La Grande Peste ou Peste Noire (1347-1352) : En 5 ans, elle causa la mort de 25 millions d'individus, soit environ la moitié de la population européenne ou le tiers de la population mondiale connue.

Médecine Arabo-Musulmane

La période arabo-musulmane fut une ère d'innovation et de synthèse, intégrant les savoirs antiques et y ajoutant des contributions originales qui ont eu un impact profond sur la médecine mondiale.

Dates Clés

  • Vers 570 : Fondation de l'Islam par Mahomet (SAAW).

  • 873 : Fondation du grand hôpital El Mansouri (Bimarestan El Manour) au Caire.

  • 910 : Publication par Rhazès de son ouvrage majeur, Le Continent ou Kittab Al Hawi.

  • 932 : Le calife Al Muktadir impose l'obligation d'un diplôme pour exercer la médecine.

  • Vers 1000 : Publication du traité de chirurgie d'Abulcasis, le Kittab Al Tasrif.

  • Vers 1020 : Publication de l'œuvre majeure d'Avicenne, le Qanun fit-tibb (Le Canon de la Médecine).

Médecine Prophétique

  • Axée sur la prévention des maladies.

  • Importance de la diète.

  • Insistance sur l'hygiène.

Figurent Clés de la Médecine Arabo-Musulmane

  • Rhazès de Bagdad (850-925) : Premier à décrire la variole et la rougeole de manière distincte.

  • Avicenne (980-1037) : Surnommé le « Prince des médecins », auteur de 150 livres, dont le célèbre Canon de la médecine, ouvrage de référence jusqu'au XVIIe siècle.

  • Abulcasis de Cordoue (Abou Al-Qasim, 936-1013) : Auteur d'excellents traités de chirurgie, notamment le Al-Tarsif.

  • Moïse Maïmonide (1138-1204) : Médecin et rabbin, a écrit sur l'hygiène, les régimes et les premiers soins.

  • Avenzoar de Séville (Ibn Zuhr, 1073-1162) : Auteur du Taysir.

  • Averroès de Cordoue (Ibn Rushd, 1126-1198) : Auteur du Kolliyat.

Innovations Médicales

  • Maladies infectieuses :

    • Rhazès a réalisé des études sur les maladies éruptives, offrant des descriptions précises de la variole et de la rougeole.

    • Les médecins arabes ont perfectionné la variolisation (pratique originaire de Chine).

    • Identification du sarcopte, parasite de la gale.

  • Hygiène : Développement de l'hygiène corporelle et alimentaire.

  • Chirurgie :

    • Pratique de gestes de petite chirurgie (incisions d'abcès, cautérisation).

    • Utilisation de l'anesthésie par éponges imbibées d'anesthésiques.

    • L'ouvrage Al Tasrif d'Abulcasis a eu un grand retentissement en Occident.

  • Ophtalmologie : Domaine essentiel.

    • Ibn al-Haytham de Bassorah (965-1038) : Établit les bases de l'optique physiologique (traité d'optique El Hazen) et de la réfraction, menant à la découverte des verres correcteurs.

    • Al Mawsili (1256) : Invente l'aiguille creuse et réalise la première succion de la cataracte.

  • Enseignement de la médecine :

    • Le calife Al Muktadir a rendu le diplôme obligatoire (932), sous la forme d'un certificat d'aptitude appelé Idajza.

  • Physiologie :

    • Ibn al-Nafis (1210-1288) : Description précise de la petite circulation pulmonaire.

  • Obstétrique : Les sages-femmes s'occupaient de cette spécialité, et Averroès s'y est intéressé.

  • Thérapeutiques et Pharmacie :

    • Maîtrise de la chimie (distillation, sublimation, filtration, dissolution, calcination) a permis le développement de la pharmacie galénique et chimique.

    • Invention de l'eau-forte, de l'huile de vitriol, du sublimé corrosif et du nitrate d'argent.

    • Utilisation de l'alambic pour la préparation d'alcool, alcoolats, essences et eaux aromatiques.

Hôpitaux Arabo-Musulmans

  • Système hospitalier performant et original, en avance sur l'Occident.

  • Dès le VIIIe siècle, création de maisons pour les malades.

  • Construction de grands hôpitaux entre les IXe et XIIIe siècles :

    • Damas.

    • Le Caire : Le grand hôpital El Mansouri (Bimarestan El Mansour), fondé en 873 par Ahmed Ibn Touloun, agrandi et rénové en 1283 par Qalawun.

    • Bagdad : Haroun Al Rachid a fait construire l'hôpital « Al Adud » au début du IXe siècle.

  • En 850, 34 hôpitaux existaient dans l'Empire Islamique.

  • Originalité : Services spécialisés avec un chef de service.

Personnalités Influentes

  • Averroès (Abou El Walid Mohamed Ibn Rushd, 1126-1198) :

    • Né à Cordoue, élève d'Avenzoar.

    • Intérêt pour le droit, la physique, l'astronomie, les mathématiques, la théologie et la philosophie.

    • Auteur du Le Colliget.

    • Médecin des sultans Almohades à Marrakech.

  • Abulcasis (Aboul Qasim Khalaf Ibn Abbas ou Al Zahrawi, 950-1013) :

    • Né près de Cordoue.

    • Auteur du Kitab Al Tasrif, encyclopédie de 30 volumes.

    • La partie chirurgicale (1/5e de l'œuvre), traduite en latin par Gérard de Crémone, a eu une influence majeure sur la chirurgie occidentale, notamment sur Guy de Chauliac (XIIIe siècle) et Fabrice d'Acquapendente (XVIe siècle).

La Renaissance

La Renaissance (XVe-XVIe siècles) fut une période de bouleversements et de progrès majeurs pour la médecine, marquée par des découvertes géographiques, l'essor de l'imprimerie, le développement de l'anatomie et l'émergence de fléaux épidémiques.

Contexte Général

  • Découverte de l'Amérique : A favorisé la survenue de nouvelles épidémies.

  • Développement de l'imprimerie : A permis la diffusion rapide du savoir médical au XVIe siècle. Le premier livre médical (calendrier des purgations) fut imprimé à Mayence en 1457.

  • Fléau majeur : La syphilis, décrite par Jérôme Fracastor en 1530 as Syphilis sive morbus gallicus.

  • Essor de l'anatomie : Grâce aux autorisations de dissections anatomiques.

Médecine de la Renaissance

Enseignement de la Médecine

  • À la fin du XVIe siècle, la profession médicale était réservée aux laïcs et nécessitait un doctorat d'état ou d'université.

  • Redécouverte du corps humain :

    • La première dissection publique fut autorisée à Paris vers 1478.

    • L'« amphithéâtre anatomique » de la faculté de médecine de Padoue fut inauguré en 1490.

  • Artistes et anatomie : Léonard de Vinci est reconnu comme l'un des anatomistes les plus réputés de la Renaissance, grâce à la qualité de ses travaux de dissection (descriptive, topographique, fonctionnelle et comparative) qui ont permis l'étude du mouvement des muscles, de la mécanique cardiaque, du rôle des poumons et de la structure de l'œil.

Noms Influents

  • Ambroise Paré (1517-1590) : Surnommé le « père de la chirurgie moderne » et de l'orthopédie.

    • Introduisit les pansements propres plutôt que l'huile bouillante.

    • Proposa la ligature artérielle pour arrêter les hémorragies.

    • Nommé barbier-chirurgien à l'Hôtel-Dieu en 1533.

    • Sa célèbre phrase : « Je le pansai, Dieu le guérit. »

  • Vesale (André Vésale, 1514-1564) : Anatomiste majeur de la Renaissance.

  • Gabriel Fallope (1523-1562) : Décrivit la corde du tympan, l'intestin grêle, les nerfs de l'œil et les vaisseaux cérébraux.

  • Bartolomeo Eustachi (1510-1574) : Donna son nom à la trompe de l'oreille, étudia les reins, la circulation lymphatique, les dents et les surrénales.

Thérapeutiques Disponibles

  • Introduction de la teinture de gaïac et des sels de mercure pour traiter la syphilis.

  • La balnéothérapie.

Hospitalisation

  • Deux types d'établissements :

    • Les « santés » ou « sanistats » : Établissements provisoires servant uniquement en période d'épidémie.

    • Les hôpitaux ou hospices : Destinés à l'hébergement des indigents et infirmes, souvent d'anciennes léproseries reconverties après la disparition progressive de la lèpre. Certaines salles étaient réservées aux personnes atteintes de troubles mentaux.

Grandes Épidémies

  • Syphilis ou verole (Mal de Naples, mal des Français) : Dénomination popularisée au milieu du XVIIIe siècle.

  • Autres épidémies : Variole, rougeole, grippe, peste, typhus exanthématique.

XVIIe au XXe Siècles

Cette période marque une transformation radicale de la médecine, passant des concepts anciens à la médecine scientifique moderne, avec des découvertes fondamentales en anatomie, physiologie, microbiologie et pharmacologie.

XVIIe Siècle

  • Découverte majeure : De la grande circulation sanguine par William Harvey (1578-1657 à Londres).

  • Progrès technologiques : Perfectionnement du microscope par Robert Hooke (1665) et Antoni van Leeuwenhoek, menant à des avancées en histologie.

  • Thérapeutiques : Découverte du quinquina (ou cinchona) pour soigner les fièvres, notamment celles dues à la malaria (paludisme).

  • Hospitalisation : Développement des hôpitaux pour héberger les pauvres et les infirmes ; l'hôpital Saint-Louis fut créé à Paris par Henri IV.

  • Grandes épidémies : La peste, le paludisme.

XVIIIe Siècle : Le Siècle des Lumières et des Révolutions

  • Innovations scientifiques :

    • Anders Celsius (1701-1744) et Daniel Fahrenheit (1686-1736) : Invention du thermomètre.

    • Edward Jenner (1749-1823) : Première vaccination antivariolique.

  • Pharmacopée : La colchique commence à être utilisée pour le traitement de la goutte.

  • Grande épidémie : La peste de Marseille.

XIXe Siècle : Révolution Scientifique et Médicale

  • Pharmacologie :

    • 1805 : Découverte de la morphine par Friedrich Sertürner.

    • 1819 : Rudolph Brondes isole l'atropine.

  • Technologie médicale :

    • 1815 : Invention du stéthoscope par René Laënnec.

  • Microbiologie et Infectiologie :

    • 1880 : Alphonse Laveran découvre l'agent responsable du paludisme.

    • 1880 : Louis Pasteur découvre le staphylocoque et le streptocoque, et développe la vaccination.

    • 1881 : Découverte de l'agent de la fièvre jaune par Ross et Finlay.

    • 1882 : Robert Koch découvre le bacille de la tuberculose.

    • 1882 : Klebs découvre l'agent de la diphtérie.

    • 1884 : Nicolaïer (Allemagne) découvre l'agent du tétanos.

    • 1894 : Alexandre Yersin découvre le bacille de la peste lors d'une épidémie à Hong-Kong.

    • 1873 : Gerhard Hansen identifie le Mycobacterium leprae (bacille de Hansen) responsable de la lèpre.

  • Anesthésie et Antiseptie :

    • 1844 : Horace Wells découvre l'anesthésie par le protoxyde d'azote.

    • 1863 : Joseph Lister met au point l'antisepsie.

  • Neurologie :

    • Joseph Babinski (1857-1922) : Différenciation des maladies nerveuses organiques et psychiques.

    • Guillaume Duchenne de Boulogne (1806-1875) : Description du tabès.

    • Alfred Vulpian (1826-1887) : Identification de la sclérose en plaques.

    • James Parkinson (1755-1824).

    • Jean-Martin Charcot (1825-1893) : Identification de la sclérose latérale amyotrophique.

    • Carl Wernicke (1848-1905) : Identification des aphasies sensitives (1874) et intérêt pour les encéphalites opto-pédonculaires (1881).

    • Pierre Paul Broca (1824-1880) : Découverte du centre du langage (1863).

XXe Siècle : Médecine Moderne et Spécialisée

  • Découvertes majeures :

    • 1901 : Karl Landsteiner découvre les groupes sanguins.

    • 1901 : Willem Einthoven met au point l'électrocardiographie.

    • 1906 : Clemens von Pirquet élabore le concept de l'allergie.

    • 1916 : William Howell découvre l'héparine.

    • 1923 : Frederick G. Banting et John J.R. Macleod découvrent l'insuline.

    • 1928 : Alexander Fleming découvre la pénicilline.

    • 1929 : Hans Berger met au point l'électroencéphalographie.

    • 1940 : Karl Landsteiner identifie le facteur Rhésus.

    • 1953 : James D. Watson et Francis H. Crick élaborent le modèle de la double hélice de l'ADN.

  • Avancées chirurgicales et transplantation :

    • 1958 : John P. Merrill et Joseph Murray réalisent la première transplantation rénale réussie.

    • 1963 : Thomas E. Starzl réalise la première greffe du foie.

    • 1967 : Christiaan Barnard réussit la première transplantation cardiaque.

Médecine Marocaine

L'histoire de la médecine au Maroc est riche et traversée par des influences diverses, des savoirs antiques à la modernisation contemporaine, en passant par l'apport arabe et les défis épidémiques.

Période Idrisside (789-985)

  • Arrivée des Arabes en 681 et construction de Fès.

  • Transfert de la médecine orientale au Maroc.

  • Construction d'hôpitaux inspirés de Damas.

  • Médecine basée sur la théorie des quatre éléments (feu, terre, air et eau) de Galien et Hippocrate, imprégnée de la médecine prophétique (juste milieu, tempérance, modération).

  • Peu de noms de médecins ont marqué explicitement cette période.

Périodes Almoravide et Almohade (1069-1269)

  • Moment historique majeur de la médecine marocaine, étroitement liée à celle de l'Espagne musulmane.

  • Échanges constants entre l'Andalousie et le Maghreb par des médecins comme Avenzoar (Ibn Zuhr), Avenpace (Ibn Bajjah), Averroès (Ibn Rushd), Ibn Tufail.

  • Pratiques médicales :

    • Observation attentive du malade au lit.

    • Analyse et définition précises des maladies infectieuses éruptives (rougeole, varicelle, variole).

    • Développement de la chirurgie grâce aux techniques d'anesthésie (Abulcasis).

  • Institutions :

    • Création des premières Écoles de médecine à Marrakech, Tanger et Fès.

    • Réunions scientifiques animées par des médecins comme Ibn Rushd et Ibn Tufail, souvent dirigées par les califes.

    • Création d'une bibliothèque médicale par Yacoub El Mansour à Marrakech.

    • Mise en place d'un corps de femmes-médecins (dont les nièces d'Ibn Zuhr).

    • Organisation de la « maison des sirops et des pommades » (pharmacie centrale).

    • Hôpitaux : outre le « Dar El Faraj » (maison de la miséricorde) de Yacoub el Mansour à Marrakech, d'autres hôpitaux à Chellah et Ksar El Kebir, et des léproseries (ex. : Bab Aghmat à Marrakech).

    • Hôpitaux ambulants : militaires (suivant l'armée) et civils (déployés en cas de catastrophe).

Période Mérinide (1269-1465)

  • Grand encouragement des souverains aux hommes de lettres et de sciences.

  • Période de gloire pour l'Université Al Quaraouiyine, qui délivra les premiers Ijaza (diplômes) dès 1207.

  • Médecins et apports :

    • Al Idrissi : Amélioration des techniques chirurgicales.

    • Ibn Khatib : Hypothèses avancées sur la genèse du fœtus (embryologie).

    • Tadili : Étude des maladies épidémiques.

  • Institutions hospitalières psychiatriques :

    • Les malades n'étaient pas attachés.

    • Séances de musicothérapie (concerts par des orchestres andalous).

  • Premières stations de cures thermales à Moulay Yacoub et Sidi Hrazem.

Période Saadienne (1465-1663)

  • Grande ouverture sur le monde occidental, avec la venue de médecins étrangers (Delisles de Paris, Étienne Hubert, Jean Mocquet) pour s'initier à la médecine marocaine.

  • Médecins : Aboul Kassim Ben Mohamed Al Wazir Al Ghassani, médecin du roi Ahmed Al Mansour.

  • Développement des pharmacies.

  • Agrandissement des institutions hospitalières par le roi Abdellah Al Ghalib.

Période Alaouite (à partir de 1664)

  • Continuité du progrès scientifique.

  • Moulay Errachid : Assistait aux cours de l'Université Al Quaraouiyine et encourageait la recherche par des bourses d'étude.

  • Moulay Ismael : Réorganisation de l'Université Al Quaraouiyine, titularisation des professeurs, légalisation des diplômes (y compris celui de médecine). L'enseignement relevait du « Qadi » et du recteur de l'université.

  • Fin XIXe - début XXe siècle : Déclin de la médecine traditionnelle marocaine, l'Université Al Quaraouiyine cessant d'enseigner la médecine en 1893. D'autres foyers persistaient (Taghzoute, médersa Ben Youssef à Marrakech).

  • Ophtalmologistes : Mohamed Ben Lancen Alouadissi traitait les taies de la cornée par thermocautérisation et extrayait le cristallin.

  • Les hôpitaux se sont transformés en asiles pour aliénés.

Période du Protectorat (1912-1956)

Période des épidémies (1912-1938)

  • Les épidémies furent dévastatrices après celle de choléra en 1895.

  • Principaux fléaux : Variole (1913), peste (hiver 1911), typhus (hiver 1914, très meurtrier en 1927-28).

  • Grippe espagnole (1918) : Cause plus de morts dans le monde que la Première Guerre Mondiale.

  • Paludisme : Fléau traditionnel (environ 10 000 morts en 1928).

  • Autres maladies : Tuberculose, bilharziose, syphilis, lèpre, maladies oculaires.

Institutions sanitaires (Protectorat)

  • 1921 : Hôpital Marie Feuillet à Rabat (futur Hôpital Mohamed V).

  • 1922 : Création d'un hôpital à Larache.

  • 1928 : Inauguration de l'hôpital civil de Casablanca (futur Hôpital Ibn Rochd, section Colombani).

  • 1929 : Création de l'Institut Pasteur (fonctionnel en 1932).

  • 1930 : Inauguration de l'Institut d'Hygiène à Rabat.

Période de décollage sanitaire (1946-1956)

  • Construction de nombreux hôpitaux : Maurice Gaud à Casablanca, Oujda, Meknès et Rabat (Hôpital Avicenne/Ibn Sina en 1953).

  • Modernisation des hôpitaux d'El Ank à Casablanca et Cocard de Fès.

  • Construction d'hôpitaux à Safi et Essaouira.

  • 1949 : Création de l'hôpital ophtalmologique de Salé, d'un sanatorium à Azrou et d'un préventorium à Ben Ahmed.

Après l'Indépendance

  • 1956 : Adhésion du Maroc à l'OMS.

  • 1959 : Première conférence nationale sur la santé.

  • Développement des Facultés de Médecine et de Pharmacie (FMP) :

    • Rabat : Octobre 1962.

    • Casablanca : Septembre 1975.

    • Fès : Octobre 1999.

    • Marrakech : Octobre 1999.

    • Oujda : Septembre 2008.

    • Tanger : Septembre 2016.

    • Agadir : Septembre 2016.

    • Laâyoune : Octobre 2021.

بودكاست

استمع في التطبيق

افتح Diane للاستماع إلى هذا البودكاست

ابدأ اختبارًا

اختبر معارفك بأسئلة تفاعلية